Bāb (prophète)

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Article connexe : Translittération baha'ie.
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Bāb
Haifa-Bahai.jpg

Le sanctuaire du Báb au sommet du mont Carmel à Haifa

Informations
Naissance
Décès
Nationalité
Activité

Sayyid ʿAlī Muḥammad Šīrāzī (سيد علی ‌محمد شیرازی en persan) ( - ), était un marchand de Shiraz, en Iran, qui en 1844 déclara être une manifestation nouvelle de Dieu et le mahdi (ou qāʾim) attendu par les musulmans. Il prit dès lors le titre de Bāb (باب), qui signifie "porte" en arabe, et fonda une nouvelle religion indépendante de l’Islam appelée babisme, ce qui lui valut d'être fusillé en 1850 à Tabriz.

Les baha'is le revendiquent comme prédécesseur de leur propre religion. Bahāʾ-Allāh, le prophète fondateur de la religion baha’ie, était un de ses disciples et annonça être la réalisation de sa prophétie concernant "Celui que Dieu rendra manifeste" (Man yuẓhiru Allāh, en arabe : من یظهر الله et en persan : مظهر کلّیه الهی ).

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Né en 1819 d'un riche marchand de Shiraz, son père mourut assez tôt après sa naissance et l'enfant fut élevé par son oncle Hájí Mirzá Siyyid 'Ali, également marchand.

Il apprit à lire et écrire et fut envoyé dans une école religieuse avec d'autres enfants de son âge : il y montra des capacités exceptionnelles pour son âge et attira rapidement l'attention par ses questions particulièrement pointues qu'il arrivait à résoudre de lui-même.

À l'âge adulte, il rejoint son oncle pour gérer l'affaire familiale et devint marchand. En 1842 il épousa Khadíjih-Bagum et le couple eut un enfant, Ahmad, qui mourut assez rapidement.

Proclamation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Babisme.

Le 23 mai 1844, Mullá Husayn, un mystique en quête du mahdi, fut accueilli par un habitant (le Báb), qui l'invita chez lui. Après avoir demandé à son invité la raison de son voyage, le Báb lui annonça être celui qu'il cherchait.

Mullá Husayn était censé obtenir de l'Élu qu'il écrive un commentaire sur la sourate de Joseph sans qu'on le lui demande ; ce que fit le Báb juste après sa déclaration.

Mullá Husayn fut le premier disciple du Báb. En peu de temps, dix-sept autres disciples (dont une femme, Fatemeh) le rejoignirent. Ces dix-huit disciples seront dès lors connus dans le babisme comme les « Lettres du Vivant ».

Voyages et emprisonnement[modifier | modifier le code]

Après avoir été reconnu par ses 18 disciples, le Báb et son 18e disciple (Quddús) partirent pour un pèlerinage à La Mecque et Médine, lieux saints de l'islam. Arrivé à la Mecque, le Báb écrivit au Chérif de la Mecque, lui expliquant sa "mission". À la fin du pèlerinage, les deux compagnons retournèrent à Bushehr, en Perse.

Après quelque temps, et sous la pression du clergé islamique, le gouverneur de Chiraz ordonna l'arrestation du Báb. Celui-ci décida alors de quitter Bushehr pour Chiraz afin de se rendre aux autorités. Placé en résidence surveillée chez son oncle, le Báb fut relâché lorsqu'une épidémie de peste se déclara dans la ville en 1846.

À sa libération, le Báb parti pour Ispahan, où il attira les foules. De nouveau sous la pression du clergé chiite, le shah Mohammad Shah Qajar lui ordonna de se présenter à Téhéran. Mais avant que la rencontre ait pu avoir lieu, le Báb fut envoyé sur ordre du premier ministre à Tabriz, au nord du pays, où il fut confiné et empêché de recevoir toute visite.

Transféré à la forteresse de Maku dans la province d'Azerbaidjan, il y commença la rédaction du Bayan. Sa popularité grandissante força les autorités à le transférer à Čahrīq, puis finalement de retour à Tabriz, pour être jugé. Lors de l'audience, lorsqu'on lui demanda qui il prétendait être, le Báb annonça être l'Élu attendu par les musulmans : il fut alors renvoyé à Chihriq.

Exécution[modifier | modifier le code]

Peloton d'exécution[modifier | modifier le code]

En 1850, un nouveau premier ministre ordonna l'exécution du Báb : il fut amené à Tabriz, où il était censé être fusillé. La nuit précédant l'exécution, alors qu'on l'amenait à sa cellule, un jeune homme prénommé Anis se jeta à ses pieds et demanda à mourir avec lui. L'homme fut immédiatement arrêté et emprisonné avec le Báb.

Le matin du 9 juillet 1850, le Báb et Anis furent suspendus aux murs de la forteresse, devant une foule de curieux et le peloton d'exécution fit feu : les deux hommes s'en sortirent indemnes, les balles ayant apparemment sectionné la corde qui les tenait. Criant au miracle, le régiment composé de chrétiens arméniens se débanda. Peu après, le Báb, retrouvé dans sa cellule en train de dicter une lettre à son secrétaire, fut suspendu à nouveau avec Anis et déchiqueté par la seconde salve tirée par un autre régiment composé de musulmans azéris. Le Báb avait 30 ans.

Les évènements qui entourent l'exécution du Báb font l'objet de nombreuses interprétations : pour les Bahá'is, le fait que la première volée de balles l'aient manqué pour aller couper la corde qui le suspendait est clairement un signe divin. D'autres sources, perses et européennes, font parfois état de la version miraculeuse bahá'ie, ou confirment qu'il a bien été tué dès les premiers tirs. Tous s'accordent cependant pour dire que le Báb finit par mourir.

Enterrement[modifier | modifier le code]

Les dépouilles des deux suppliciés furent jetées dans un fossé à l'extérieur de la ville pour être livrées aux chiens, mais des babis réussirent à les subtiliser de nuit malgré les gardes.

Les restes du Báb furent secrètement transférés de cache en cache pendant plusieurs années, jusqu'à leur inhumation le 21 mars 1909 dans un mausolée situé dans les jardins bahá'is sur les pentes du Mont Carmel, à Haïfa, où est aussi enterré 'Abdu'l-Baha.

Le Bàb, le précurseur de Baha'u'llah[modifier | modifier le code]

Introduction[modifier | modifier le code]

"Sa vie est un des exemples de courage les plus remarquables que l'humanité ait jamais eu le privilège de contempler..."1 L'objet de cet hommage, rendu par l'éminent écrivain français, A.L.M. Nicolas, écrivain français, n'est autre que la figure prophétique du XIXe siècle connu dans l'histoire sous le nom du Báb.

Dans la première moitié du XIXe siècle, une ferveur millénariste s'était emparée de nombreux peuples à travers le monde: alors que les chrétiens attendaient le retour du Christ, le monde islamique était balayé par une vague d'espoir dans l'apparition du "Seigneur de l'Âge". Voyant les prophéties de leurs écritures s'accomplir, les uns et les autres guettaient la naissance imminente d'une nouvelle ère spirituelle.

En Perse, cette effervescence messianique atteint son paroxysme le 23 mai 1844, date à laquelle un jeune marchand, le Báb, annonce qu'Il est porteur d'une révélation divine promise depuis longtemps et destinée à transformer la vie spirituelle de la race humaine."O peuples de la terre, déclare le Báb, prêtez l'oreille à la voix sacrée de Dieu...En vérité, la resplendissante lumière de Dieu est apparue parmi vous, investie de ce Livre infaillible, pour vous guider sur les voies de la paix."2 Sur fond de décadence morale généralisée, la déclaration du Báb pour qui le renouveau spirituel et le progrès social reposent sur "l'amour et la compassion" et non sur "la force et la coercition", fait naître l'espoir, soulève l'enthousiasme de toutes les couches de la société et lui gagne très vite l'adhésion de milliers de fidèles.3

Annonce de la venue du promis de tout les âges[modifier | modifier le code]

De son nom de naissance Siyyid 'Ali-Muhammad, le jeune marchand adopte le titre de "Báb", qui signifie "entrée" ou "porte", en arabe. Le Báb explique qu'Il est venu pour ouvrir la voie à la révélation universellement anticipée par Dieu à toute l'humanité. Le thème central de son principal ouvrage, le Bayan, est l'apparition imminente d'un second messager divin, bien supérieur au Báb, dont la mission serait d'inaugurer l'ère de paix et de justice annoncée dans l'Islam, le Judaïsme, le Christianisme et toutes les autres religions du monde.

Le Báb se réfère à cet Enseignant divin à venir comme à "Celui que Dieu rendra manifeste" et affirme qu'"aucune de mes paroles ne saurait adéquatement Le décrire, ni aucune référence à Lui dans mon livre, Le Bayan, rendre justice à sa cause"4. Il clarifie l'objectif essentiel de sa mission en expliquant que "le but qui sous-tend cette Révélation, ainsi que celles qui l'ont précédée, est d'annoncer l'avènement de la Foi de Celui que Dieu rendra manifeste".5 Le fondement de toute action humaine est à rechercher dans les enseignements de cette manifestation universelle promise par Dieu "et la religion de Dieu toute entière n'a d'autre raison d'être que de la soutenir".6 Pour le Báb, l'histoire humaine est parvenue à un seuil crucial, et lui représente la "Voix du Crieur public, clamant tout haut dans l'étendue déserte du Bayan"7 que l'humanité entre dans l'ère de sa maturité collective.

Dans ses écrits, le Báb ne cesse de prôner la vigilance à ses fidèles et de leur enjoindre, aussitôt que l'Enseignant promis se sera révélé, de Le reconnaître et de Le suivre. Il les exhorte à voir avec "l'oeil de l'esprit" plutôt qu'à travers le prisme de leurs "imaginations fantasques".8 Etre digne de "Celui que Dieu rendra manifeste" exige d'adhérer à de nouvelles normes de conduite, d'acquérir une noblesse de caractère jusque-là inaccessible aux êtres humains. "Purgez vos coeurs des désirs terrestres," enjoint-Il à son premier groupe de disciples, "et parez-vous de vertus angéliques...L'heure est venue où seuls les motifs les plus purs, étayés par des actes d'une pureté immaculée, peuvent s'élever jusqu'au trône du Très-Haut et trouver grâce auprès de Lui...."9

A de multiples reprises, le Báb fait allusion à l'identité du Promis: "Bienheureux celui qui fixe son regard sur l'ordre de Bahá'u'lláh et rend grâce à son Seigneur! Car Il sera, assurément, rendu manifeste"10 Et plus loin: "Lorsque l'Étoile matinale de Bahá brillera, resplendissante, à l'horizon de l'éternité, il vous incombera de vous présenter devant son trône".11 En 1848, à l'occasion d'un rassemblement, Husayn-Alí, un des principaux disciples du Báb, connu dans l'histoire sous le nom de Bahá'u'lláh, adopte le titre de Bahá ("gloire" ou "splendeur" en arabe) titre que le Báb lui-même confirmera plus tard.

A certains égards, le rôle du Báb ressemble à celui de Saint-Jean Baptiste à la naissance du Christianisme. En effet, Le Báb annonce la venue de Bahá'u'lláh: sa mission principale est de préparer la voie pour l'accueillir. Aussi les bahá'ís fixent-ils la naissance de leur religion à celle de la Foi bábíe, le dessein du Báb s'étant réalisé dès l'instant où Bahá'u'lláh annonça en 1863 qu'il était le Promis prédit par le Báb. Bahá'u'lláh affirmera plus tard que le Báb était "le héraut de son nom et l'annonciateur de sa grande révélation qui ... a fait rayonner la splendeur de sa lumière de l'horizon du monde"12 L'apparition du Báb marque ainsi la fin du "cycle prophétique" de l'histoire religieuse, et inaugure le "cycle de l'accomplissement".

Parallèlement, toutefois, le Báb fonde une religion indépendante, distincte et propre. Appelée la Foi bábíe, cette dispensation religieuse dispose de sa propre communauté vigoureuse, de ses propres écrits, et laissera une marque indélébile dans l'histoire. Les écrits bahá'ís attestent que"la grandeur du Báb tient non tant au fait d'avoir été le précurseur divinement choisi d'une révélation aussi transcendante, mais à celui, essentiel, d'avoir été investi des pouvoirs propres à inaugurer une dispensation religieuse distincte, et d'avoir brandi bien haut, plus haut que tous les Messagers qui l'ont précédé, le sceptre de la mission prophétique indépendante."13 En appelant à la réforme spirituelle et morale de la société persane et en insistant sur l'amélioration de la condition des femmes et des pauvres, le Báb assumait un rang qui évoque celui des prophètes d'antan. Mais contrairement à ces visionnaires d'autrefois qui ne pouvaient que fixer l'avenir lointain dans l'attente du jour où "la terre se remplirait de la connaissance de la gloire du Seigneur"14 le Báb inaugurait enfin, par sa simple venue, l'aube du "Jour de Dieu".

Or l'auditoire du Báb avait le coeur et l'esprit prisonniers d'un univers mental qui avait peu évolué depuis le moyen-âge. Outre son appel à la renaissance spirituelle, ses prises de position en faveur de l'éducation et de l'apprentissage des sciences utiles ne pouvaient que leur apparaître révolutionnaires. En proclamant une religion entièrement nouvelle, Il donnait à ses fidèles les moyens de se défaire du cadre de référence islamique et de se mobiliser pour accueillir Bahá'u'lláh.

Voici comment un membre du clergé persan, Mulla Husayn-i-Bushrú'í, décrit l'effet produit sur lui par le Báb lors de leur première rencontre: "Je me suis senti empli d'un tel courage et d'une telle puissance que si le monde, tous ses peuples et ses potentats s'étaient ligués contre moi, j'aurais résisté à leur assaut, seul et inébranlable. L'univers ne m'apparaissait plus que comme une poignée de poussière au creux de ma main. J'eus l'impression d'être la Voix de Gabriel s'adressant à toute l'humanité: "Réveillez-vous et regardez! La lumière du jour s'est levée."15

Le message du Báb a opéré son influence transformatrice essentiellement par la dissémination de ses épîtres, de ses commentaires, et de ses ouvrages mystiques et doctrinaux. Certains, cependant, à l'instar de Mulla Husayn, ont eu un contact direct avec lui. Voici comment un de ses fidèles décrit l'effet que produisait sur eux la voix du Báb: "La mélodie de son chant, le flux rythmé des versets qui sortaient de sa bouche captivaient nos oreilles et pénétraient au tréfonds de notre âme. Montagnes et vallées renvoyaient l'écho de la majesté de sa voix. Nos coeurs vibraient au son de sa parole"16

Le courage du Báb et l'audace de sa proclamation, appelant à l'instauration d'une société entièrement nouvelle, sema la panique parmi les membres de l'ordre établi, tant religieux que laïque. Aussi la persécution des bábís gagna-t-elle rapidement tout le pays. Des milliers d'entre eux furent mis à mort dans d'horribles massacres en série. Leur courage moral extraordinaire face à ces attaques est rapporté par un certain nombre d'observateurs européens. Des intellectuels occidentaux, parmi lesquels Ernest Renan, Léon Tolstoï, Sarah Bernhardt et le Comte de Gobineau, furent profondément bouleversés par ce drame spirituel qui se déroulait dans ce qu'il était convenu d'appeler une terre décadente. La noblesse de la vie du Báb et de ses enseignements et l'héroïsme de ses fidèles était un sujet fréquent de conversation dans les salons d'Europe. Le récit de Táhirih, grande poétesse et héroïne bábíe, déclarant à ses bourreaux "Vous pouvez me tuer quand vous voudrez, mais sachez que vous ne pourrez pas arrêter l'émancipation des femmes"17 se propagea aussi loin et aussi vite que l'histoire du Báb lui-même.

Accusé non seulement d'hérétique mais de dangereux rebelle par ses ennemis, le Báb fut finalement condamné à mort par les autorités. Le 9 juillet 1850, la sentence fut mise à exécution dans la cour de la caserne militaire de Tabriz, devant quelque 10 000 personnes entassées sur son toit et sur celui des maisons qui donnaient sur la place. Le Báb et un jeune fidèle furent suspendus par deux cordes contre un mur. Un régiment de 750 soldats arméniens placés sur trois rangées, ouvrirent le feu en trois salves successives. La fumée libérée par la poudre et la poussière étaient si opaques qu'elles plongèrent la cour dans l'obscurité.

Le rapport de l'exécution adressé à Lord Palmerston, Ministre d'État britannique des affaires étrangères, le 22 juillet 1850, par Sir Justin Shiel, Emissaire spécial de la reine Victoria et Ministre plénipotentiaire à Téhéran, établit les faits suivants: "Lorsque la fumée et la poussière provoquées par la salve se furent dissipées, le Báb avait disparu, et le bruit courait parmi la populace qu'Il était monté au ciel. Les balles avaient déchiqueté les cordes qui Le retenait mais après recherche, Il fut traîné de l'endroit où on le découvrit, et tué".18

En effet, après la première tentative d'exécution, le Báb est retrouvé dans sa cellule, donnant ses dernières instructions à l'un de ses disciples. Plus tôt dans la journée, Il avait prévenu les gardes venus Le conduire à la caserne, qu'"aucune puissance terrestre" ne pourrait Le réduire au silence tant qu'Il n'aurait pas terminé tout ce qu'Il avait à dire. Quand on vient le chercher la seconde fois, Il dira alors calmement: "A présent, vous pouvez mettre votre dessein à exécution"19

On reconduit donc le Báb et son compagnon devant le peloton. Les troupes arméniennes refusant de faire feu à nouveau, ce sont des soldats musulmans qui reçoivent l'ordre de tirer. Cette fois, les deux corps sont déchiquetés au point qu'os et chair ne font plus qu'une masse uniforme. Curieusement cependant, les visages sont restés intacts. L'éclat du "Temple mystique", expression employée par le Báb pour parler de Lui-même, venait de s'éteindre sous l'effet de circonstances dramatiques.20 Avant de mourir, Il adressa ces dernières paroles à la foule: "Si vous aviez cru en moi, ô génération rebelle, chacun d'entre vous aurait suivi l'exemple de ce jeune, qui possède désormais un rang bien supérieur à la plupart d'entre vous, et vous vous seriez sacrifiés de bon coeur dans mon chemin. Le jour viendra où vous me reconnaîtrez; ce jour-là, j'aurai cessé d'être parmi vous."21

Bahá'u'lláh rendit hommage au Báb en ces termes: "Voyez de quelle fermeté cette Beauté de Dieu fit preuve! Le monde entier s'est dressé pour Le retenir, mais en vain! Plus les persécutions infligées à cette arbre de sainteté (arbre du Paradis) étaient sévères, plus sa ferveur était forte et la flamme de son amour éclatante. C'est là une évidence que nul ne peut contester. Il a fini par rendre l'âme et s'est envolé vers les royaumes célestes"22

A.L.M. Nicolas, auteur d'une chronique sur la vie du Báb, écrit: "Il s'est sacrifié pour l'humanité; pour elle, Il s'est donné corps et âme; pour elle, Il a enduré privations, insultes, tortures et martyre. Il a scellé, de son propre sang, l'alliance d'une fraternité universelle. A l'image de Jésus, Il paya de sa vie la proclamation d'un règne de concorde, d'équité et d'amour fraternel"23

La brièveté de la mission du Báb, longue de 6 ans seulement, symbolise à certains égards, la transition abrupte et saisissante vers la conscience mondiale à laquelle Il avait appelé l'humanité. Depuis son audacieuse proclamation au milieu du siècle dernier, des progrès scientifiques et technologiques sans pareil ont effectivement commencé à faire entrevoir les premières lueurs d'une société mondiale. Dans son rôle de "Premier Point à partir de qui ont été engendrées toutes choses créées",24 le Báb a initié un nouveau cycle spectaculaire de créativité humaine et de découvertes Les "brises" de la "connaissance" de Dieu ont "secoué les hommes"et poussé les "esprits à s'élever".

L'apparition presque concomitante de deux Manifestations divines, déclare Bahá'u'lláh lui-même,"est un mystère qu'aucune intelligence ne peut pénétrer"25 Pour les bahá'ís, cela revient à affirmer la proximité de l'établissement d'une paix universelle, du "Royaume de Dieu", et à témoigner de la grandeur de la révélation de Bahá'u'lláh. Selon 'Abdu'l-Bahá, le successeur nommé de Bahá'u'lláh:

"Le Báb, l'Exalté, est le matin de vérité, la splendeur dont l'éclat rayonne sur toutes les régions. Il est aussi l'annonciateur de la Lumière suprême, l'astre d'Abha (Bahá'u'lláh). La Beauté bénie (Bahá'u'lláh) est Celui qui a été promis par les livres sacrés du passé, la révélation de la source de lumière qui brillait sur le Mont Sinaï, dont le feu flamboyait au coeur du buisson ardent. Nous sommes, tous sans exception, les serviteurs de leur seuil, et chacun de nous se tient, humble et soumis, sur le pas de leur porte".26 

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources officielles bahá'íes[modifier | modifier le code]

  • (en) Effendi, Shoghi, 1974, God Passes By, Bahá'í Publishing Trust, Wilmette, Illinois 60091, (ISBN 0-87743-020-9);
  • (en) Ferraby, John, 1975, All Things Made New: A Comprehensive Outline of the Bahá'í Faith, Bahá'í Distribution Service, (ISBN 81-86953-01-9);
  • (en) Taherzadeh, Adib, 1987, The Revelation of Bahá'u'lláh, G. Ronald éd., (ISBN 0-85398-052-7);
  • (en) Effendi, Shoghi, 1932, Dawn Breakers - Nabil's Narrative, Bahá'í Publishing Trust, (ISBN 0-900125-22-5) [1].

Autres[modifier | modifier le code]

  • (en) Abbas Amanat, Resurrection and Renewal : The Making of the Babi Movement in Iran, 1844-1850, Ithaca, Cornell University Press,‎ (ISBN 0801420989);
  • (en) Denis MacEoin, « Bāb (1) », Encyclopædia Iranica, Costa Mesa, Mazda, vol. 3,‎ (lire en ligne)
  • (en) Denis MacEoin, « Bāb, ʿAli Moḥammad Širāzi », Encyclopædia Iranica, Costa Mesa, Mazda, vol. 3,‎ (lire en ligne)
  • (en) Denis MacEoin, « Bayān (2) », Encyclopædia Iranica, Costa Mesa, Mazda, vol. 3,‎ (lire en ligne)