Azzo VIII d'Este

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Azzo VIII d'Este
Azzo VIII d'Este

Surnom Azzone
Naissance ?
Décès janvier 1308
Distinctions Marquis De Ferrare, Modène et Reggio Emilia
Famille Maison d'Este

Emblème

Azzo VIII d'Este, dit Azzone, est un membre de la Maison D'Este, fils d'Obizzo II et, peut-être, son assassin. Seigneur de Ferrare, Modène et Reggio de 1293 à sa mort en 1308, il doit lutter sa vie durant pour préserver les acquis de ses prédécesseurs, perdant de son vivant les villes de Modène et Reggio. Sa mort et la guerre de succession qui s'ensuit provoquent la première chute de la Maison D'Este. Les chroniqueurs de l'époque et Dante Alighieri en ont dressé un portrait abominable qui contribue à sa légende noire.

Arrivée au pouvoir[modifier | modifier le code]

La rumeur indique qu'il aurait assassiné son père, Obizzo II, de concert avec son frère Aldobrandino. Il passe le plus clair de sa vie à lutter contre ses ennemis : ses frères, d'abord, soutenus par Modène ; contre Padoue dès son accession au pouvoir ; contre Parme et Bologne de 1295 à 1299. Il est soupçonné d'avoir fait assassiner le podestat de Bologne, Jacopo del Cassero, qui s'est opposé à ses ambitions. Il finit par négocier une paix fragile avec ses voisins.

En 1305, à un âge déjà avancé, il épouse la très jeune Béatrice, fille de Charles II d'Anjou. Pour avoir cette jeunesse, Azzo VIII doit payer le prix fort, se contentant d’une dot modeste et versant par contre à son futur beau-père 51 000 florins, à investir dans les domaines de la Maison D'Este[1]. Les clauses du mariage déshéritent par ailleurs son frère Francesco, qui quitte Ferrare à l'arrivée de la promise, pour se joindre à la coalition (1306) assemblée pour barrer la route d'Azzone, alors soupçonné de convoiter la Lombardie. Enfin, la même année, les villes de Modène et de Reggio, un temps destinées à Béatrice, entrent en rébellion contre la Maison D'Este et finissent par échapper à la famille sous les coups d'une coalition réunissant Bologne, Parme, Vérone et Mantoue.

L'alliance avec Venise, la première guerre de Ferarre et la chute de la Maison D'Este[modifier | modifier le code]

Dès 1305-1306 Azzone a demandé l'aide de Venise et accepté, en échange, de partager le pouvoir à Ferrare avec un légat du Doge. Forts de cette concession, les Vénitiens, avertis de la maladie d'Azzone, missionnent trois envoyés[2] qui, sous couvert de soutenir la Maison D'Este, préparent l'annexion de Ferrare à la Sérénissime. À sa mort (fin janvier 1308), Azzone ayant laissé, par testament, l'ensemble de ses biens à son neveu Folco, le père du jeune garçon, Fresco d'Este, appelle les Vénitiens à garantir la succession contre les ambitions de ses frères, Francesco et Aldobrandino, exclus de la succession. Tandis que Fresco et Folco sont exfiltrés vers Venise, les troupes pontificales envahissent Ferrare au nom du Pape et portent Francesco à la tête de la ville, contraignant les Vénitiens à se réfugier au Castel Tedaldo. Ferrare devient alors l'enjeu d'une lutte entre Venise et la Papauté. Après deux années de combats, les Vénitiens, la peste ayant décimé leur armée, abandonnent la partie et laissent massacrer leurs troupes acculées dans Ferrare. Dans la tourmente, la Maison D'Este abandonne la ville et n'y reviendra qu'en 1317, avec Obizzo III d'Este.

Fratrie[modifier | modifier le code]

Azzone est le frère de Fresco, Beatrice, Francesco et Aldobrandino[3],[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La chronique contemporaine s'en offusque, et Dante raconte que « le père vendit sa propre fille et on le vit marchander comme le font les corsaires au marché aux esclaves ».
  2. Giovanni Foscarini, Giovanni Soranzo et Alvise Querini.
  3. Enrico Leo, Storia degli stati italiani dalla caduta dell'impero romano fino all'anno 1840, Adamant Media - (ISBN 0-543-96240-7).
  4. Lodovico Antonio Muratori, Annali d'Italia dal principio dell'era volgare sino all'anno 1750, Leonardo Marchini, 1827.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

liens internes[modifier | modifier le code]