Azalaïs de Porcairagues

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Azalaïs de Porcairagues
BnF ms. 12473 fol. 125v - Azalais de Porcairagues (2).jpg

La trobairitz Azalaïs de Porcairagues, d'après un chansonnier provençal du XIIIe siècle (Bibliothèque nationale de France, Paris, ms. français 12473, fol. 125v).

Biographie
Naissance
Date inconnueVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Date inconnueVoir et modifier les données sur Wikidata
Période d'activité
Nationalité
Activités
Autres informations
Mouvement
Musique médiévale, poésie troubadouresque (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres réputées
Ar em al freg temps vengut (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Azalaïs de Porcairagues est une trobairitz, active dans la seconde moitié du XIIe siècle. Une seule de ses compositions a été conservée, Ar em al freg temps vengut.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enluminure représentant Azalaïs de Porcairagues dans un chansonnier du XIIIe siècle, surmontée de sa vida (texte en rouge).

L'unique source pour connaître la vie d'Azalaïs de Porcairagues est sa vida[1], c'est-à-dire une brève biographie occitane en prose écrite au XIIIe siècle. Selon cette vida :

« Dame Azalaïs de Porcairagues, une dame de haute noblesse et de culture, était originaire de la région de Montpellier. Elle s'éprit de sire Gui Guerrejat, le frère de sire Guillaume de Montpellier. Elle s'entendait à la poésie et composa à son propos maintes chansons de qualité.[2],[3] »

Sa vida la dit originaire de « la contrée de Montpellier (de l'encontrada de Monpeslier) » et des recherches confirment qu’elle pourrait être de Portiragnes, à une dizaine de kilomètres de Béziers.

Azalaïs de Porcairagues passe pour la première trobairitz dont le nom soit connu. Bien qu’il ne subsiste d’elle, outre sa vida, qu’une chanson de 52 vers, il semble qu’elle a été comparée, en son temps, à des trobairitz comme Beatritz de Dia ou Castelloza.

Sa vida mentionne qu’elle a aimé Gui Guerrejat, le frère de Guilhem VII de Montpellier et qu’elle a composé beaucoup de bonnes chansons sur lui. La seule chanson qu’on ait d’elle lui est probablement adressée. Bien que cette composition soit habituellement de 52 vers, les considérables variations du texte entre les manuscrits suggèrent qu’elle n’a pas fait immédiatement l’objet d’une transcription. La chanson, vraisemblablement composée peu après la mort en 1173 du troubadour Raimbaut d'Orange (un cousin de Gui Guerrejat) semble faire allusion à cet évènement. Gui lui-même est mort en 1177. La tornada de la chanson semble également mentionner Ermengarde de Narbonne, une mécène bien connue de la poésie troubadour.

Raimbaut d’Aurenga, lui aurait peut-être attribué dans ses propres œuvres le senhal de « Joglar ».

Œuvre[modifier | modifier le code]

Biographie complémentaire[modifier | modifier le code]

  • J. Boutière, A.-H. Schutz, Biographies des troubadours, Paris, Nizet, 1964
  • Pierre Bec, Chants d'amour des femmes-troubadours: trobairitz et chansons de femme, Paris, Stock, 1995 (ISBN 2-234-04476-6)
  • René Nelli, Écrivains anticonformistes du Moyen Âge occitan, I : « La femme et l’amour », Paris, Phébus, 1977 (ISBN 978-2-85940-006-4)
  • (de) Angelika Rieger: Beruf: Joglaressa. Die Spielfrau im okzitanischen Mittelalter, in: Detlef Altenburg u.a. (Hgg.), Feste und Feiern im Mittelalter: Paderborner Symposium des Mediävistenverbandes, Sigmaringen, 1991 (ISBN 3-7995-5402-5)
  • (en) Marcelle Thiébaux, The writings of medieval women : an anthology, New York, Garland Pub., 1994 (ISBN 0-8153-1392-6)
  • Aimo Sakari, « Azalais de Porcairagues, le « Joglar » de Raimbaut d'Orange », Neuphilologische Mitteilungen vol. 50, 1949, p. 23–43; 56-87; 174-198.
  • Aimo Sakari, « À propos d'Azalais de Porcairagues », dans Irénée Cluzel et François Pirot, éd. Mélanges de philologie romane dédiés à la mémoire de Jean Boutière, Liège, Soledi, 1971, vol. 1, p. 517-528.
  • Aimo Sakari, « Un vers embarrassant d'Azalais de Porcairagues », Cultura neolatina, vol. 38, 1978, p. 215-222.
  • Aimo Sakari, « Azalais de Porcairagues, interlocutrice de Raimbaud d'Orange? », Atti del Secondo Congresso Internazionale della "Association Internationale d'Études Occitanes" (Turin, 1987), Turin, 1993, p. 369-374
  • Jean-Charles Huchet, « Trobairitz : les femmes troubadours », dans Danielle Régnier-Bohler (dir.), Voix de femmes au Moyen Âge : savoir, mystique, poésie, amour, sorcellerie, XIIe-XVe siècle, Paris, Robert Laffont, , p. 15-17.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Huchet 2006, p. 15
  2. Traduction française du texte occitan par Jean-Charles Huchet : Huchet 2006, p. 15.
  3. Texte original occitan :« N'Azalais de Porcarages si fo de l'encontrada de Monpeslher, gentils dòmna et ensenhada. Et enamorèt se d'En Gui Guerrejat, qu'èra fraire d'En Guilhem de Monpeslher. E la dòmna si sabia trobar, et fez de lui mantas bonas cansós. »




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