Aymon de Savoie (évêque de Sion)
| Abbé de Saint-Maurice-d'Agaune | |
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| à partir de | |
| Prévôt Abbaye territoriale de Saint-Maurice d'Agaune | |
| - | |
| Évêque de Sion Diocèse de Sion | |
| - | |
| Naissance |
Date inconnue |
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| Décès | Lieu inconnu |
| Famille | |
| Père | |
| Mère |
Ancilie (d) |
| Fratrie |
Aymon de Savoie, né au début du XIe siècle et mort le , est un ecclésiastique savoyard, issu de la dynastie des Humbertiens, qui fut prince-évêque de Sion probablement de 1034 à 1054.
Biographie
[modifier | modifier le code]Origines
[modifier | modifier le code]Il « semble confirmé » qu'Aymon ou Aimon (Aimo) soit le fils du comte Humbert († v. ), premier membre mentionné des Humbertiens à l'origine de la maison de Savoie, seigneur en Maurienne, Val d'Aoste, Savoie Propre, Chablais et Valais, et de sa femme Ancilie / Auxilia / Auxiliende[1], considérée comme la sœur d'Ulric le Riche († av. )[2],[3].
Il est mentionné pour la première fois le [4],[3].
Troisième fils du comte Humbert, Aymon est destiné comme son second frère Bouchard ou Burckard ou Buchard à l'état ecclésiastique[5]. Ce dernier est fait coadjuteur puis évêque d'Aoste, prévôt de Saint-Maurice d'Agaune et archevêque de Lyon[5],[6]. L'aîné, Amédée Ier succède à leur père, jusqu'à sa mort vers 1051/1060, où leur frère cadet, Othon Ier hérite des titres et biens[7].
Carrière ecclésiastique
[modifier | modifier le code]Aymon est élu évêque de Sion vers 1034 (acte de consécration et de dotation de l'église de Nax)[4],[3],[8]. Les évêques de Sion sont princes d'Empire, possèdent les pouvoirs spirituel et temporel sur leur diocèse et sont titrés préfet et comte du Valais (praefectus et comes)[9]. Le placement d'Aymon à la tête de l'évêché indique de l'influence des Humbertiens en Valais et sur l'Abbaye territoriale de Saint-Maurice d'Agaune[8]. Son père était l'avoué et prieur laïc de l'abbaye[10],[11]. Son frère, Buchard, est d'ailleurs prieur du couvent et Aymon semble lui succéder comme prévôt vers 1046, puis abbé en 1049/1050[3],[8],[10].
Durant cette période, en 1049, le pape Léon IX soustrait l'abbaye de Saint-Maurice au pouvoir de l'évêque de Sion. C'est dans ce contexte que l'évêque de Sion devient vassal des Humbertiens[12].
Lors du décès de leur frère Amédée, vers 1051, Buchard et Aymon sont écartés de la succession au profit de Othon[5].
L'abbé fribourgeois Jean Gremaud, dans ses Documents relatifs à l'histoire du Vallais (1875-1898), mentionne une donation d'Orsières (Valais) détenu par le comte Ulric, à l'évêque[13]. L'évêque fait don de l'église d'Orsières avec d'autres possessions[Note 1] au Chapitre[13] le , d'après le Régeste genevois[14]. Le comte Ulrich est considéré comme un parent de l'évêque Aymon, peut être un beau-frère du comte Humbert[13].
Mort et succession
[modifier | modifier le code]Aymon meurt au « III des ides de juillet » (Nécrologe de l'église de Sion)[16], soit le [3].
Ermenfroi, dont certains auteurs en font un neveu d'Aymon, mais sans qu'il n'existe des sources, monte à sa suite sur le siège épiscopal de Sion[17].
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Selon le Régeste genevois, la donation comprend l'église d'Orsières, une manse à Vissoye, le château de Saillon, la co-seigneurie d'Ayent ainsi que son château, dont c'est la première mention, ainsi que ses terres de Suen près de Saint-Martin (Valais), à Sierre ou encore la seigneurie de Grengiols[14],[15].
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Laurent Ripart, « Le diocèse de Belley comme foyer de la principauté savoyarde », Le Bugey, no 102, , p. 51-64 (lire en ligne).
- ↑ Helvetia Sacra, p. 147.
- Gilbert Coutaz, « Aimo » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
- Helvetia Sacra, p. 146.
- André Palluel-Guillard, « La Maison de Savoie » (version du sur Internet Archive), p. Fiche page 4 « Humbert Ier ».
- ↑ Léon Dupont Lachenal (version numérique Abbaye de Saint-Maurice 2012), « Les abbés de St-Maurice d'Agaune », Les Échos de Saint-Maurice, t. 42, , p. 86, « Mainmise des Rodolphiens et des Savoie — Les Prévôts » (lire en ligne [PDF]).
- ↑ Michel Germain, Personnages illustres des Savoie : "de viris illustribus", Lyon, Autre Vue, , 619 p. (ISBN 978-2-915688-15-3), p. 20.
- Dossier, « Sion (évêché) » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du , article « 2 - Pouvoir et territoire ».
- ↑ Dossier, « Sion (évêché) » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du , article « 1 - La donation de 999 ».
- Léon Dupont Lachenal (version numérique Abbaye de Saint-Maurice 2012), « Les abbés de St-Maurice d'Agaune », Les Échos de Saint-Maurice, t. 42, , p. 85, « Mainmise des Rodolphiens et des Savoie — Les Prévôts » (lire en ligne [PDF]).
- ↑ Ruth Mariotte Löber, Ville et seigneurie : Les chartes de franchises des comtes de Savoie, fin XIIe siècle - 1343, Librairie Droz - Académie florimontane, , 266 p. (ISBN 978-2-600-04503-2, présentation en ligne), p. 4.
- ↑ d'après Antoine Lugon et François-Olivier Dubuis, 2/3/2004, « L'Eglise du Valais, Xe - XIIe siècle », Valais > histoire > périodes > moyen âge> l'Eglise > l'Eglise du Valais, sur le site Encyclopédie du Valais - www.vs.ch/encyclo/ (consulté le ) : « Histoire du Valais, Annales valaisannes 2000-2001, Sion, 2002 ».
- Pierre Dubuis, Dans les Alpes au Moyen Age : douze coups d'œil sur le Valais, vol. 5, Editions d'en bas, coll. « Mémoires et documents. Quatrième série / Société d'histoire de la Suisse romande », , 256 p. (ISBN 978-2-8290-0227-4, présentation en ligne), p. 130.
- Régeste genevois, GRE SED/1/0/4, acte du 12 juin 1052.
- ↑ Pierre Dubuis, Dans les Alpes au Moyen Age : douze coups d'œil sur le Valais, vol. 5, Editions d'en bas, coll. « Mémoires et documents. Quatrième série / Société d'histoire de la Suisse romande », , 256 p. (ISBN 978-2-8290-0227-4, présentation en ligne), p. 20.
- ↑ Georges de Manteyer, « Les origines de la maison de Savoie en Bourgogne (910-1060) », Mélanges de l'École française de Rome, no 19, , p. 528 (lire en ligne).
- ↑ (de) Johannes Luther, « Kanzler, Bischof, Legat : Leben und Nachwirken des Bischofs Ermenfried von Sitten », Blätter aus der Walliser Geschichte (Feuilles d'histoire valaisanne), no 48, , p. 173-234 (lire en ligne [PDF]).
Voir aussi
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Patrick Braun, Brigitte Degler-Spengler, Elsanne Gilomen-Schenkel, Helvetia Sacra : Section I, vol. 5 : Archidiocèses et diocèses V, Bâle, Helbing Lichtenhahn Verlag, , 564 p. (ISBN 3-7190-1595-5, lire en ligne [PDF]), p. 146-149.
- Réjane Brondy, Bernard Demotz, Jean-Pierre Leguay, Histoire de Savoie : La Savoie de l'an mil à la Réforme, XIe -début XVIe siècle, Rennes, Ouest France Université, , 626 p. (ISBN 2-85882-536-X).
Articles externes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- Dossier, « Sion (évêché) » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
- (en) Charles Cawley, « A. Comtes de Maurienne, Comtes de Chablais : Humbert », sur fmg.ac/MedLands (Foundation for Medieval Genealogy) (consulté en )