Aymery Guénaud

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Aymery Guénaud
Biographie
Naissance Poitiers
Décès
manoir archiépiscopal de Pinterville
Évêque de l’Église catholique
Archevêque de Rouen
70e évêque d'Auxerre
Autres fonctions
Fonction religieuse
Chanoine de Tours
Prévôt d'Antoigne
Trésorier de Saint-Frambourg de Senlis
Fonction laïque
Professeur de lois
Maître des requêtes du roi

Aymery Guénaud ou Aimery Guenand (Amauricus)[1] est un prélat français, évêque d'Auxerre puis archevêque de Rouen.

Famille[modifier | modifier le code]

Aymery est issu d'une famille noble du Poitou selon les uns, de Touraine selon d'autres[2]. Les Guénaud sont seigneurs de La Celle-Guenand et des Bordes, près du Blanc (Poitou). Son frère Jolain est chanoine de Tours et de Rouen, et maître des Eaux et Forêts[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est professeur de lois avant d'entrer au conseil du roi[2].

En 1316, il devient chanoine de la cathédrale de Tours. Puis il prend service chez Philippe de Valois (roi 1328-1350) comme maître des requêtes, probablement avant l'accession de ce dernier au trône[note 1].

Il est nommé trésorier de Saint-Frambourg de Senlis, puis prévôt d'Antoigné vers 1330[1].

Épiscopat d'Auxerre[modifier | modifier le code]

Après le départ en 1330 de son prédécesseur Talleyrand, le collège des cardinaux est divisé quant au remplacement de ce dernier sur le siège d'Auxerre. Certains d'entre eux veulent y installer Pierre de Mornay, ex-chancelier de France et doyen du moment à Saint-Martin de Tours. Voyant la division entre les cardinaux, le roi Philippe de Valois et son épouse Jeanne de Bourgogne demandent aux cardinaux de nommer Aymeric Guénaud. Ce dernier est donc nommé évêque d'Auxerre le samedi de la dernière semaine avant Noël, d'après Lebeuf[3], ce qui correspond au dernier samedi avant Noël 1331[note 2] ; ou le selon un autre[1]. Les registres du Vatican indiquent qu'il n'a fait la cérémonie de prise de possession que le 19 janvier 1332[3].

Guénaud assiste comme élu d'Auxerre à l'assemblée de la chambre des comptes le 8 avril 1332[3],[note 3].

En 1334 il consacre le grand autel de la cathédrale Saint-Étienne d'Auxerre[2] qu'il vient de faire achever[4], et en 1338 l'autel dit de la comtesse au fond du sanctuaire[2].

Pendant son temps à Auxerre le royaume est entre deux guerres : la guerre de Saint-Sardos qui se déroulait en Aquitaine s'est terminée en 1327 et les tensions politiques n'ont pas encore abouti au prochain conflit, la guerre de Cent ans qui commence en 1337 et n'atteint pas la région d'Auxerre avant encore quelques années. Sous son épiscopat le diocèse est généralement marqué par la tranquillité. Guénaud est accommodant avec les communautés religieuses de son diocèse, ne les tracasse pas indûment et est attentif aux prérogatives des religieux. Le 1er septembre 1335 il reconnaît par écrit qu'il n'a pas logé et couché dans la maison des Chartreux à Basseville en vertu d'un quelconque droit de visite ; et que c'est par pure dévotion qu'en 1331 il a autorisé Pierre, patriarche de Jérusalem, de consacrer leur autel. Il s'en rapporte volontiers à des arbitres lorsqu'il s'agit de déterminer qui, de l'évêque ou du chapitre, a droit de juridiction sur les chanoines tortriers ou semi-prébendés[5],[note 4] ; mais ayant été entre-temps transféré à Rouen, il parachève la validation de son approbation par un second acte d'acquiescement qu'il scelle de son sceau d'archevêque de Rouen, envoyé deux mois après depuis sa demeure de Pinterville[6].

Le seul conflit marquant est un grand procès avec le prieur de Bonny, dont l'établissement dépend du monastère de La Charité-sur-Loire[2]. Ce prieur est Guillaume de Sainte-Maure, chancelier de France (1329-1335), et son officier le prévôt de Bonny a fait pendre deux moines passant sur la route - ce qui est contraire aux privilèges de l’Église. Guénaud, outragé, va jusqu'à envoyer en Angleterre deux Auxerrois dont un nommé Boutevillain pour s'assurer que les deux morts sont bien clercs. Ce point étant ainsi attesté[2], Guénaud obtient justice au parlement.

Cet épisode désagréable ne brouille pas ses relations avec Sainte-Maure (qui est aussi doyen de Saint-Gatien et de Saint-Martin de Tours), puisque ce dernier le choisit comme exécuteur testamentaire le mois de sa mort en janvier 1335[note 5] avec le cellerier de La Charité. Guénaud appose son sceau au testament de Sainte-Maure le 9 novembre 1338, alors qu'il réside à son château de Beauretour[5] (paroisse de Charbuy à 11 km au nord-est d'Auxerre).

Le château de Régennes, grand et ancien domaine de l'évêché, hérité de saint Germain (év. 418-448) et à l'origine du village d'Appoigny à 12 km au nord d'Auxerre, se voit qualifier d'hospice dans une sentence arbitrale du 23 février 1338 (celle répondant à fla question de juridiction sur les chanoines tortriers), « quoique plusieurs siècles auparavant ce fut un château très fort »[5] ; les bâtiments se sont donc dégradés depuis les aménagements de Guy de Mello (62e évêque d'Auxerre 1247-1269), sans que l'on en connaisse la cause[7]. Guénaud se plaît toutefois assez à Régennes[5] pour doter le lieu d'une première garenne[6].

Épiscopat de Rouen[modifier | modifier le code]

Le , le pape Benoît XI le transfère à l'archevêché de Rouen. Le pallium lui est remis par Philippe de Melun, archevêque de Sens et Jean de Meulan, évêque de Meaux le . Il prend possession par procureur durant le mois[1]. Il bénit Renaud du Quesnay, nouvel abbé de l'abbaye Saint-Ouen à Rouen et successeur de Marc-d'Argent.

Probablement malade, il ne préside pas le concile provincial tenu à Rouen en décembre 1342. Il meurt le au manoir archiépiscopal de Pinterville. Il est inhumé dans la chapelle de la Vierge de la cathédrale de Rouen[1].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Ses armes sont : d'or, à la fasce fuselée de gueules, brochante sur une croix haute du même[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jean Lebeuf indique qu'en 1330 Guénaud était conseiller du roi Philippe « et depuis longtemps l'un de ses maîtres des requêtes », ce qui suggère que Guénaud a eu la charge de maître des requêtes quelque temps avant l'accession de Philippe au trône en 1328. Voir Lebeuf 1743, p. 448.
  2. Lebeuf rapporte ainsi la date indiquée à l'époque pour l'élection de Guénaud par les cardinaux : « le samedi de la semaine des Quatre-Temps de l'Avent ». La semaine des Quatre-Temps de l'Avent est la semaine suivant le troisième dimanche de l’Avent. Or l'Avent commence au plus tôt le 17 novembre et au plus tard le 3 décembre, et se finit le 24 décembre. Donc le samedi des Quatre-Temps de l'Avent, qui est le repère de date rapporté par Lebeuf pour le vote des cardinaux en faveur de Guénaud à l'épiscopat d'Auxerre, est le samedi de la dernière semaine avant Noël.
  3. . L'indication de date inscrite à l'époque de Guénaud pour cette assemblée de la chambre des comptes est rapportée par Lebeuf : « le mercredi précédant les Rameaux ». Le jour des Rameaux est le dimanche précédant celui de Pâques. Pâques en 1332 est le dimanche 19 avril. Le dimanche des Rameaux en 1332 est donc le 12 avril, le mercredi précédant étant donc le 8 avril. Par ailleurs l'année indiquée par Lebeuf pour l'assemblée de la chambre des comptes est 1331 ; il précise que c'est la datation de l'époque concernée, quand Pâques - et non le 1er janvier - marquait le début de l'année. Donc à l'époque toute date entre le 1er janvier et Pâques est donnée comme appartenant à l'année précédente.
    Pour les dates de Pâques de l'époque, voir Dates de la fête de Pâques au XIVe siècle.
  4. Les arbitres agréés par les deux parties pour cette occasion sont Étienne Gachet, docteur en décret, et Raymond de Colombier chanoine d'Auxerre. Il est décidé à Régennes le 23 février 1338 que dans les actions civiles, les chanoines tortriers ne peuvent pas être traduits malgré eux devant l'évêque ou devant son officier, mais seulement lorsqu'eux-mêmes le choisissent. Voir Lebeuf 1743, p. 450.
  5. La date indiquée par Lebeuf 1743, p. 450, pour le testament de Sainte-Maure est janvier 1334 selon le calendrier de l'époque ; ce qui correspond à 1335 selon le calendrier de nos jours.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Vincent Tabbagh (préf. Hélène Millet), Fasti Ecclesiae Gallicanae 2 Diocèse de Rouen : Répertoire prosopographique des évêques, dignitaires et chanoines des diocèses de France de 1200 à 1500, Turnhout, Brepols, , 447 p. (ISBN 978-2-503-50638-8, LCCN 98229968), p. 99-101.
  2. a, b, c, d, e et f Lebeuf 1743, p. 449, vol. 1.
  3. a, b et c Lebeuf 1743, p. 448, vol. 1.
  4. Ducourneau 1840, p. 204.
  5. a, b, c et d Lebeuf 1743, p. 450, vol. 1.
  6. a et b Lebeuf 1743, p. 451, volume 1.
  7. Ducourneau 1840, p. 414.
  8. Arnaud Bunel, Armorial illustré des Archevêques de Rouen, v.1.1, 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Guenaud