Ayerdhal

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Ayerdhal
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Ayerdhal en 2010.
Nom de naissance Marc Soulier
Alias
Yal Ayerdhal
Naissance
Lyon, Drapeau de la France France
Décès (à 56 ans)
Bruxelles, Drapeau de la Belgique Belgique
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Œuvres principales

Yal Ayerdhal, né le à Lyon et mort le à Bruxelles, est un écrivain français qui a commencé par écrire de la science-fiction avant de se lancer dans le thriller. En 25 ans, il a entre autres obtenu deux grand prix de l'Imaginaire, deux prix Ozone, un prix Tour Eiffel de science-fiction, un prix Michel-Lebrun, un prix Bob-Morane, un prix Rosny aîné et un prix Cyrano pour l'ensemble de son œuvre et de ses actions en faveur des auteurs. Son nom a été donné à l'astéroïde (434453) Ayerdhal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ayerdhal est né Marc Soulier le à Lyon dans le quartier de La Croix-Rousse ; il grandit dans le quartier des Minguettes, à Vénissieux. Il « tombe » très jeune dans le domaine de la science-fiction puisque son père, Jacky Soulier, détient l'une des plus grandes collections d'ouvrages du genre en Europe, avec par exemple l'intégrale de la collection « Anticipations » de Fleuve noir[1]. À 13 ans, il décide de changer de prénom d'usage, lassé d'avoir de nombreux homonymes en classe, et adopte celui d'Ayerdhal[2].

Sans diplôme (y compris le bac), il exerce de nombreux métiers (et petits jobs, tels que vendre des brioches en porte à porte[2]) en parallèle de l'écriture[3], dont moniteur de ski, footballeur professionnel, éducateur, commercial et chef d’entreprise[1]. Il a 28 ans lorsqu'il envoie son premier manuscrit, celui de La Bohème et l'Ivraie, à un éditeur, en l'occurrence Fleuve Noir[1]. Il vit à l'époque dans une ferme à Écully, dans la région lyonnaise[3]. Dans les années 1990, ses ouvrages participent largement au renouveau de la science-fiction française, alors dominée par les auteurs américains : 40 000 exemplaires de Balade choreïale, L'Histrion et Sexomorphoses trouvent leur public[3].

Selon Ayerdhal, « la SF est un puissant outil pédagogique, un véhicule idéologique non négligeable et la plus riche expression de l'imagination créatrice… ». Les couvertures de ses premiers romans sont illustrées par le dessinateur Gilles Francescano. Dessins qui, aux dires de l'auteur, lui auraient inspiré le personnage de l'Histrion[4]. Son œuvre Transparences, publiée en 2004, marque son entrée dans le domaine du thriller, suivie en 2010 par une suite non prévue, Résurgences, puis par Rainbow Warriors en 2013 et Bastards en 2014. Il a été primé pour ses romans Demain, une oasis, Parleur ou les chroniques d'un rêve enclavé, Rainbow Warriors, RCW, Étoiles mourantes et Transparences.

Diagnostiqué atteint d'un cancer en 2015, il informe régulièrement ses lecteurs de l'évolution de son état[5]. Il meurt le [6] à Bruxelles, des suites de ce cancer[7].

Influences[modifier | modifier le code]

Influences revendiquées : Ray Bradbury[8], Sartre, Norman Spinrad[2], Frank Herbert, John Varley. Ayerdhal revendique d'autre part un intérêt poussé pour les sciences, car « la littérature d’anticipation, par essence, se doit d’inclure les découvertes scientifiques et les progrès technologiques dans les hypothèses qu’elle met en scène »[1], et éviter les trop grandes approximations.

Un auteur engagé[modifier | modifier le code]

Ayerdhal est parfois désigné comme « l'homme en colère de la SF française », il est célèbre pour ses coups de gueule, sa franchise[9] et son engagement. Il a d'ailleurs reçu le Prix Cyrano en 2011 pour l'ensemble de son œuvre mais surtout pour son travail au service des auteurs.

Il dénonce tout particulièrement des injustices et la dégradation du monde[10], comme le démontrent les sujets de ses romans, volontiers qualifiés d'anarchistes[11].

Il est l'initiateur du collectif de défense des droits des auteurs Le droit du Serf, qui s'est fait connaître par sa défense du prêt gratuit, son engagement contre la loi Hadopi de 2009, son travail sur les contrats d'édition, particulièrement en matière numérique. Lors de la fermeture du site Megaupload, il dénonce la « fortune engrangée par ce site sur le dos des auteurs »[12].

En 2012, il s'oppose (via entre autres la pétition "Le droit d'auteur doit rester inaliénable") à la législation sur les œuvres indisponibles du vingtième siècle[13], ainsi qu'au dispositif ReLIRE[14]. Sa compagne Sara Doke continua ce combat au sein du Syndicat des écrivains de langue française qui obtint en novembre 2016 la condamnation de ReLIRE par la cour de justice de l'Union européenne[15],[16].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Œuvre d'Ayerdhal.

Hommages[modifier | modifier le code]

Macha Séry, pour Le Monde, parle d'Ayerdhal comme d'« un des artisans les plus flamboyants du renouveau de la science-fiction française », avec Pierre Bordage, Serge Lehman et Jean-Marc Ligny[1]. Pierre Bordage, qui le connaissait bien, le considère comme son « grand frère dans la science-fiction », celui qui l'a accueilli à ses débuts[21]. L'astéroïde de la ceinture principale (434453) Ayerdhal lui a été dédié.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Macha Séry, Ayerdhal, auteur de science-fiction, est mort, Le Monde, 29 octobre 2015 (27 octobre pour Le Monde.fr)
  2. a, b et c « Ayerdhal. La science, la politique et la fiction », sur L'Humanité (consulté le 29 octobre 2015).
  3. a, b et c « Spécial XXI° siècle - Le Portrait - Ayerdhal, le mutant de la SF », sur www.lexpress.fr (consulté le 28 octobre 2015).
  4. Réponse à l'enquête 7 questions-pièges pour 20 auteurs-phares !, Planète à vendre no 12, août/septembre 1992
  5. http://www.dailymars.net/interview-ayerdhal-science-fiction/
  6. « Ayerdhal tire sa révérence... », actusf.com, 27 octobre 2015
  7. Ayerdhal est mort Livres Hebdo, 28 octobre 2015
  8. Nicolas Gary, « Décès du romancier Yal Ayerdhal. Ciao, camarade », ActuaLitté, .
  9. « L'auteur de science-fiction Ayerdhal est décédé - France 3 Rhône-Alpes », voir la vidéo de 2007 au bas de l'article, sur France 3 Rhône-Alpes (consulté le 29 octobre 2015).
  10. « Ayerdhal en guerrier de l’arc-en-ciel », sur lesoir.be (consulté le 28 octobre 2015).
  11. « Ayerdhal : Mort d’un bon Parleur », sur Mediapart (consulté le 28 octobre 2015).
  12. « "Cessez de pleurer sur Megaupload" », sur www.levif.be, (consulté le 28 octobre 2015).
  13. Hubert Prolongeau, « Grand nom de la SF, Ayerdhal ne réfléchira plus à l'humanité », 28 octobre 2015éditeur=télérama.
  14. « Ayerdhal tire sa révérence... : ActuSF », sur www.actusf.com (consulté le 28 octobre 2015).
  15. https://www.actualitte.com/article/lecture-numerique/relire-la-machine-a-broyer-le-droit-des-auteurs-hors-d-etat-de-nuire-sara-doke/83221
  16. https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-163889-cjue-le-regime-francais-de-reproduction-numerique-des-livres-indisponibles-a-revoir-2050825.php
  17. « Le 21e Prix Michel Lebrun à Marcus Malte », sur Éditions Zulma (consulté le 29 octobre 2015).
  18. « Grand Prix de l'Imaginaire 2005 », sur Grand prix de l'Imaginaire (consulté le 29 octobre 2015).
  19. Ktimartin, « Prix Bob Morane 2014 », sur Librairie Bédéciné, (consulté le 31 octobre 2015).
  20. « Palmarès du prix Rosny aîné », sur NooSFere (consulté le 31 octobre 2015).
  21. « Nantes. Pierre Bordage: "Ayerdhal était mon grand-frère dans la science-fiction" », sur Presse Océan (consulté le 30 octobre 2015).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Notice biographique et portrait socio-littéraire d'Ayerdhal dans Bernard Lahire, avec la collaboration de Géraldine Bois, La Condition littéraire La double vie des écrivains Éditions La Découverte, 2006, p. 435-441, liste de 29 titres d'Ayerdhal p. 441.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]