Axel Cassel

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Axel Cassel
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Naissance

Cassel (Allemagne)
Décès

Lisieux (Normandie)
Nationalité
Activité
Formation
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Axel Cassel, né le 30 avril 1955 à Kassel, Allemagne ; décédé le 9 mai 2015 à Lisieux, France [1],[2]. Sculpteur [3], graveur, illustrateur d’ouvrages bibliophiliques, il travaillait principalement le bois. Il vivait en France depuis 1969. Il s’installe dans un village normand où il établit sa maison familiale et son premier atelier. Marié à Malgorzata Paszko, artiste peintre d’origine polonaise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en Allemagne, il grandit dans le Midi de la France. Il fait des études de droit à La Sorbonne qu'il abandonne pour la peinture et s’inscrit à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris. Plus tard, il découvre la sculpture qui deviendra son activité principale. En 1990 il quitte Paris pour la Normandie où il installe ses deux ateliers.

Il avait une profonde admiration pour les travaux de Constantin Brancusi.

Observateur passionné de la nature, il construit ses œuvres en regardant le mouvement de l'eau dans les rivières, le craquèlement de la terre, le positionnement des feuilles sur une branche. A partir de là, il crée des suites de sculptures en forme des feuilles [4], graines [5], toupies [6] et diabolos, assemblages de coupelles en hommage au poète chinois Li Po [7], vortex, volutes et fumées [8]. Il réalise également des installations [9].

Il crée principalement des sculptures sur bois ainsi que des bronzes, des plâtres et des terres cuites.

Axel Cassel expose ses œuvres de 1978 à 2015 dans plusieurs musées et galeries, à Paris, en province et à l’étranger [10].

Graveur hors pair, il a illustré une quarantaine de livres bibliophiliques dont plusieurs avec Michel Butor, Fernando Arrabal, Pascal Quignard.

Comme le collectionneur américain Michael C. Rockefeller, il fait plusieurs longs voyages en Papouasie Nouvelle-Guinée et Irian Jaya au début des années 1980. Ensuite il visite plusieurs pays : Java, Bali, Burkina Faso, Népal, Inde, Togo, Bénin, Tanzanie.

Il aime les arts premiers et s’entoure de sculptures africaines et océaniennes. Amateur de jazz, il organise des concerts chez lui, en Normandie et un festival à Paris [11] Plusieurs musiciens ont créé et dédié leurs œuvres à Axel Cassel [12].

Style[modifier | modifier le code]

Au début des années 1980, il réalise une suite de performances, ses “archéologies imaginaires”, dans le chantier des Halles à Paris. Cet événement est filmé par le Centre National d’Art et de Culture George Pompidou à Paris (Installation urbaine, 1982, Centre George Pompidou).

En 1984, ses premières sculptures peintes en terre crue et matériaux mixtes sont montrées pour la première fois à la galerie La Hune. Ensuite, la galerie Albert Loeb expose ses œuvres inspirées de l‘art africain et océanien. A ce moment l’artiste introduit dans son travail des éléments bruts des chantiers [13].

A partir des années 1990, où il s’établit à la campagne, les formes végétales deviennent de plus en plus présentes dans sa sculpture, rattachée à la figure humaine. (Figure feuille, Entre la tige et la feuille) [14].

Une partie de son œuvre vient de l’observation du mouvement, comme la suite de Diabolos et des Toupies (6) en terre cuite, plus tard les Vortex. Ses dernières œuvres viennent de l’observation des volutes de la fumée et de l’idée de matérialiser l’éphémère. (Cloud, Petite usine et volutes, 2011-2013) [15]. Il envisageait une suite dédiée aux coquillages. « Développement d’un coquillage » en 2015 est sa dernière sculpture.

Son style évolue constamment. L'artiste considère qu’en général, un cycle de travail sur un sujet dure en moyenne 2 ans, ensuite il devient répétitif. Donc il faut impérativement changer pour éviter l’ennui.

Le style d’Axel Cassel a peut-être été inspiré par Alberto Giacometti, encore que l'on ne puisse pas rapprocher ses sculptures de « L'Homme qui marche », ainsi que l'indique Olivier Cena. C'est l'aspect longiligne de ses premières productions qui a suggéré ce rapprochement.

Axel Cassel est surtout un sculpteur voyageur qui s'est imprégné des méthodes des sculpteurs Asmats de Papouasie Nouvelle Guinée en 1984 [16] et qui les a traduites en un style personnel. C'est au cours de ces voyages qu'il a attrapé la malaria, titre que Michel Butor a donné à l'un des nombreux ouvrages qu'il a réalisés en collaboration avec le sculpteur [17]

Le bois, notamment l’iroko est sa matière de prédilection. Peu d'ouvrages ont été rédigés sur son œuvre et sa vie, mais il existe un grand nombre de catalogues d'exposition : les sculptures de Cassel ont été montrées dans de nombreuses galeries et musées. Artiste discret, il entretient des rapports amicaux avec Gérard Barrière (décédé en 2010) et Michel Butor (décédé en 2016).

Œuvres[modifier | modifier le code]

Axel Cassel a fait une soixantaine d'expositions personnelles dans des galeries et des musées (entre autres : musée du Château de Montbéliard, galeries Biren, Albert Loeb, Koralewski et Sellem à Paris, Fred Lanzenberg à Bruxelles, Alice Mogabgab à Beyrouth, Simoncini à Luxembourg).

Catalogues d'exposition[modifier | modifier le code]

  • Installations, Galerie Biren, 1982
  • Sculptures, Galerie Albert Loeb, 1986
  • Sculptures / Assemblages, Keats Gallery, 1988
  • Axel Cassel / Malgorzata Paszko, Galerie Titanium, 1991
  • Sculptures, Galerie Albert Loeb, 1988, 1990 (texte de Gilbert Lascault), 1992 (texte de Gérard Barrière)
  • Sculptures, Galerie de l’Étoile, 1994
  • Sculptures, texte de Pascal Bataille, Galerie Pierre Nouvion, 1994
  • Conversations, texte de Marc Sagnol, Institut Français de Dresde, 1995
  • Sculptures, Galerie Simoncini, La Tour des Cardinaux, Koralewski, 1999
  • Terres Cuites, Galerie Albert Loeb, 2001
  • Figures / Feuilles, Galerie Capazza, 2003
  • Bois et Bronzes, Galerie Fred Lanzenberg, 2003
  • Sculptures récentes, Galerie Koralewski, 2005
  • Sculptures récentes, texte de Gérard Barrière, poèmes de Li-Po, Galerie Simoncini, 2007
  • Sculptures, texte de Françoise Pirovalli, Clairmarais Kunsthuis, 2008
  • Sculptures, textes de Michel Butor, Françoise Monnin, Galerie Sellem, Galerie Koralewski, 2009
  • Volutes et Fumées, texte de Emmanuel Dayde, Galerie Fred Lanzenberg, 2013

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Gheerbrant, Axel Cassel, sculptures peintes, Paris, Galerie la Hune, 1984
  • Michel Butor, Axel Cassel, Paris, Albert Loeb, 1986
  • Olivier Cena, Voyage en Papouasie, Paris, Télérama n°1918, 15 octobre 1986
  • Liliane Thorn-Petit, Portraits d’artistes, RTL édition, 1987
  • Gilbert Lascault, Axel Cassel, sculptures 1990, Paris, Galerie Albert Loeb, 1990
  • Itzkak Goldberg / Françoise Monnin, La sculpture moderne, éd. Scala, 1995
  • Phyllis Richardson / Solvi dos Santos, Contemporary natural, Thames & Hudson, 2002
  • Phyllis Richardson / Solvi dos Santos, Naturel et Contemporain, EpA, 2002
  • Arnauld Le Brusq, L'Atelier d'Axel Cassel. Mouvements immobiles, Espace Culturel Les Dominicaines, avril 2015, 215 pages

Ouvrages en collaboration avec Michel Butor :

  • La face nord, Michel Butor, Axel Cassel, Paris, André Biren, 1981
  • Pluie sur les frontières 1982 texte Michel Butor, illustrations Axel Cassel et Philippe Hélénon,4 p. Édition originale en 9 ex. numérotés et signés par l'auteur et les artistes Notice : FRBNF34820759
  • Réminiscence du corbeau, Michel Butor, Axel Cassel, L. Mormino, 1982
  • Sifflets, Michel Butor, Axel Cassel, Paris, Moreau 1982
  • Le Scribe, Michel Butor, Axel Cassel, 11 p., tiré à 50 exemplaire, dont 10 avec suite sur Japon, édition Spuren, Paris, 1984, notice : FRBNF34864704
  • Malaria, Michel Butor, Axel Cassel, éditions Spuren, 1985
  • L'enfant satellite, Michel Butor, Axel Cassel, 33 p., édition originale, tirée à 60 + XX ex. sur vélin d'Arches, numérotés et signés par l'auteur et l'artiste, Édition Luxembourg-Galerie Simoncini, 1985, notice : FRBNF35742347
  • Regards entre les branches, Michel Butor, Axel Cassel, éditions Spuren, mai 2001
  • Bosquet de cèdres, Michel Butor, Axel Cassel ; Galerie Alice Mogabgab, 2015

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Devert, Axel Cassel Installation Urbaine, Centre Georges Pompidou, 1982
  • Liliane Thorn-Petit, Axel Cassel, dans la série Portraits d'artistes RTL, 1987
  • Frédéric Gesu, Axel Cassel portrait d'artiste, juillet 1996, sur You Tube [1]
  • Frédéric Gesu, Axel Cassel Nançay Figures / Feuilles, 2003

Notes et Références[modifier | modifier le code]

  1. « Décès du sculpteur Axel Cassel - LeJournaldesArts.fr - 13 mai 2015 », sur www.lejournaldesarts.fr (consulté le 26 décembre 2017)
  2. « Décès du sculpteur Axel Cassel | Connaissance des Arts », Connaissance des Arts,‎ (lire en ligne)
  3. « Axel Cassel : un sculpteur à découvrir », VotreArgent.fr,‎ (lire en ligne)
  4. "La Grande Feuille", exposition "Femme y es-tu ?", Jardin du Luxembourg, Art Sénat, Paris, 2007
  5. Catalogue d'exposition, Galerie Albert Loeb, Paris, 1990
  6. "La Ville", installation permanente de sept sculptures, Bruxelles, Quartier Saint Gilles, 2012
  7. Sculptures monumentales dont "Le Grand Poète Ivre", Musée d'Art Contemporain de Montélimar, octobre 2012
  8. Emmanuel Daydé, Revue Art Absolument n°50, novembre 2012 pour l'exposition à la Galerie Sellem ; Emmanuel Daydé, Sacrifice, Revue Art Absolument n°66, juillet 2015
  9. Catalogue d'exposition, Galerie Biren, "Installations", 1982 ; "Mémoire d'artiste", Musée du Château, Montbéliard, 1990
  10. MoMa New York ; Musée de Gifu, Japon ; Museum Beelden aan Zee, Pays-Bas ; Musée du Château de Poznan, Pologne...
  11. "Da Festival", Théâtre Comédie Nation, Paris, 2014
  12. In love with, Axel erotic, Sylvain Darrifourcq, 2015
  13. Catalogue d'exposition, Galerie Albert Loeb, Paris, 1986
  14. Art Paris, Galerie Koralewski, Grand Palais, Paris, 2016
  15. "De fumées en nuages", Galerie Sellem, Paris, novembre/décembre 2012
  16. Michel Butor, Axel Cassel, "Regards entre les branches", édition Spuren, mai 2001
  17. Michel Butor, Axel Cassel, "Malaria", éditions Spuren, 1985

Liens externes[modifier | modifier le code]