Avril (entreprise)

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Avril
logo de Avril (entreprise)

Création Voir et modifier les données sur Wikidata
Forme juridique Société en commandite par actions (SCA)
Siège social Paris
Drapeau de France France
Direction Jean-Philippe Puig, gérant
Actionnaires Fonds de développement interprofessionnel de la filière des oléagineux et des protéagineux (FIDOP)
Fédération française des producteurs d'oléagineux et de protéagineux (FOP)
Fondation Avril [1]
Activité alimentation humaine, alimentation animale, énergies renouvelables et chimie renouvelable
Produits Lesieur, Puget (huile), Diester, œufs Matines (France), Bunica (Roumanie), Taous, El Kef (Maroc)
Effectif 7 200 (au 30 septembre 2015)[2]
Site web www.groupeavril.com/fr

Chiffre d’affaires 6,5 Mds€ (résultats 2014)[3]
EBITDA : 259 M€ (résultats 2014)[4]
Résultat net 44 M€ (résultats 2014)[4]

Avril est un groupe agro-industriel international d’origine française spécialisé dans l’alimentation humaine, l’alimentation animale, les énergies renouvelables et la chimie renouvelable. Il a été fondé en 1983 par les producteurs d’oléagineux et de protéagineux pour assurer des débouchés aux productions françaises. Le cœur de métiers du groupe Avril repose sur la valorisation des oléagineux - le colza, le tournesol - et des protéagineux - le pois, la féverole, le lupin. En 2014, la moitié de la collecte française de colza et de tournesol a été transformée par Avril[5].

Anciennement connu sous le nom de Sofiprotéol, le groupe a adopté le nom Avril en 2015, à l’occasion d’un changement de gouvernance et de structure juridique, pour devenir une société en commandite par actions (SCA). Cette opération a notamment permis de mieux distinguer les activités industrielles du groupe de celles de sa société d’investissement, qui a conservé le nom de Sofiprotéol[6],[7].

Avril fonctionne sur un modèle de filières intégrées. Les activités du groupe Avril sont déployées dans 22 pays et emploient 7 200 collaborateurs[2]. En 2014, son chiffre d’affaires s’élève à 6,5 milliards d'euros[3] et son résultat net à 44 millions d’euros[4].

Historique[modifier | modifier le code]

1962 -1983 : Du Plan protéines à la CNTA, la genèse de Sofiprotéol[modifier | modifier le code]

En 1962, un accord conclu dans le cadre du Dillon Round entraine une arrivée massive du soja américain, exonéré de droits de douane, en Europe[8]. Le soja, riche en protéines, s’impose comme l’aliment pour le bétail. En juin 1973, à la suite d'une sécheresse exceptionnelle, le gouvernement américain décrète un embargo sur l'exportation de graines et de tourteaux provoquant une flambée des cours. Les éleveurs français et européens prennent conscience de leur dépendance[9].

En 1974, un Plan protéines est lancé en France sous la houlette d'un jeune syndicaliste agricole, Jean-Claude Sabin, avec l'appui des pouvoirs publics[10]. L'objectif : augmenter les productions oléoprotéagineuses de colza, tournesol, pois, lin et féveroles en créant une filière française des huiles et protéines végétales. Deux organisations interprofessionnelles voient alors le jour : l'Union nationale interprofessionnelle des plantes riches en protéines (UNIP) en 1976 et l'Organisation nationale interprofessionnelle des graines et fruits oléagineux (ONIDOL) en 1978[11]. Ces organisations ont fusionné en 2015 pour donner naissance à Terres Univia[12].

Dans les années 1970, le Comptoir national des techniques agricoles (CNTA), acteur clé du Plan protéines, s'impose comme l'outil industriel de la filière française des oléoprotéagineux. Son dépôt de bilan en 1983 fragilise la filière dont il absorbe l'essentiel des productions. Les interprofessions décident alors de créer un fonds financier pour le renflouer : Sofiprotéol[13].

1983 : Naissance de Sofiprotéol[modifier | modifier le code]

Logo de Sofiprotéol.

La nouvelle société se veut l'acteur financier de la filière française des huiles et protéines végétales. Elle compte parmi ses actionnaires de nombreux acteurs du monde agricole : l’UNIP, l’ONIDOL et la Fédération française des producteurs d'oléagineux et de protéagineux (FOP), qui réunit près de 100 000 producteurs[14].

Sofiprotéol compte cinq salariés en 1983[15]. Elle est présidée par Jean-Claude Sabin et la direction générale est confiée à Philippe Tillous-Borde, un ingénieur agronome spécialiste des investissements industriels. Ensemble ils dirigent la société pendant près de 20 ans[16].

Dès l'origine, les objectifs de Sofiprotéol sont de sécuriser financièrement les productions des différents acteurs de la filière et d'assurer un débouché industriel aux récoltes d'oléagineux et de protéagineux[17]. Elle joue d'abord le rôle de « banque de développement » de la filière en tant qu'établissement financier[18],[17],[19]. Puis, dans les années qui suivent sa fondation, la société reprend des actifs dans le domaine de la trituration des graines, des semences et du conditionnement d'huiles alimentaires afin de développer les débouchés[20]. C'est le début de la construction de la filière industrielle prolongeant la filière agricole – constituée par les agriculteurs, les organismes stockeurs de graines et les semenciers[18].

1987 – 1993 : Développement d'une filière française des biocarburants[modifier | modifier le code]

En quête de débouchés pour le colza français, l'ONIDOL lance en 1987 avec l'Institut français du pétrole (IFP) les premières études en vue de la création d'un biocarburant élaboré à partir d'esters méthyliques de colza[21]. Après trois ans d'expérimentation, la marque Diester® est lancée en 1990 et Sofiprotéol étoffe son outil de transformation des graines oléagineuses[22].

Sur la période 1991-1995, l'Union européenne alloue une enveloppe de 300 millions de francs pour soutenir des projets innovants dans le domaine des utilisations non alimentaires des produits agricoles dont les biocarburants[23]. En 1992, la France autorise l'incorporation de biocarburants au diesel à hauteur de 5 % et jusqu'à 30 % pour les véhicules appartenant à une entreprise ou à un organisme[23]. Sofiprotéol développe son activité industrielle en s'impliquant dans la gestion des outils de production du biodiesel. C'est le début de la filière biodiesel, marquée par la construction dès 1988 d'une première usine à Compiègne[24].

1993 – 2006 : renforcement de la stratégie de coproduits[modifier | modifier le code]

En 1993, Sofiprotéol inaugure une grande usine de trituration de colza et de tournesol à Grand-Couronne, près de Rouen. D'une capacité de 360,000 tonnes, le site alimente dès 1995 une nouvelle usine dédiée à la fabrication de biodiesel[25]. Dans cette période, l'entreprise complète sa démarche d'économie de la performance où le déchet d'une industrie est revalorisé en coproduits. Sofiprotéol développe ainsi sa filière industrielle dans l'oléochimie, les biotechnologies, l'alimentation animale et l'alimentation humaine.

En 1996, Sofiprotéol crée Novance en partenariat avec Rhône-Poulenc Chimie[26]. La société commercialise les produits dérivés des huiles végétales pour des utilisations non-alimentaires, comme la glycérine. Le groupe prend une participation en 1998 dans Glon Sanders, leader en France de l'alimentation animale[27],[28], qu'il acquiert en totalité en 2012. En rachetant Lesieur en 2003[29] et Puget en 2004[30], Sofiprotéol devient le premier fabricant d'huiles alimentaires en France[31]. Entre 2007 et 2008, six nouvelles unités permettent de tripler la production de biodiesel encouragée par les Plans biocarburants[32].

2007 – 2015 : Restructuration et internationalisation[modifier | modifier le code]

Les années 2000 sont marquées par un essor de Sofiprotéol. Le groupe évolue dans ses métiers. En 2007, Sofiprotéol crée deux pôles d'activité : un pôle végétal est chargé de valoriser les huiles végétales ; un pôle animal assume le développement des activités du groupe dans le domaine de la nutrition et des productions animales, et d'expertises connexes (biosécurité, spécialités nutritionnelles, etc.)[33].

Sofiprotéol renforce son positionnement international. Avec l'acquisition de la société belge Oleon en 2008, le groupe devient le leader européen de l'oléo-chimie[34]. Avec le rachat en Roumanie d'Expur en 2010, le groupe s'implante au cœur du bassin de production d'oléagineux d'Europe de l'Est et de la mer Noire, l'un des plus vastes d'Europe[35]. En 2011, Lesieur reprend Lesieur Cristal, le leader marocain d'huiles alimentaires d'olive, de graines et de savons. Sofiprotéol accompagne le développement des filières marocaines de colza, tournesol et olive dans le cadre du Plan Maroc Vert[36].

En 2012, Jean-Philippe Puig succède à Philippe Tillous-Borde à la tête du groupe[16]. À partir de 2015, le groupe adopte une nouvelle gouvernance et une nouvelle identité[1]. Les activités industrielles sont dévolues à la société en commandite par actions (SCA) Avril. Sofiprotéol subsiste en tant que société d'investissement, sous contrôle du Groupe Avril[37].

Activités[modifier | modifier le code]

Pôle végétal[modifier | modifier le code]

En 2014, le pôle végétal du groupe Avril a généré un chiffre d'affaires de 4,58 milliards d'euros[38].

Alimentation humaine[modifier | modifier le code]

Le groupe Avril est le principal producteur d’huiles de table en France (Lesieur, Puget, Soléou, Guénard), au Maroc (Lesieur Cristal) et en Roumanie (Bunica)[37]. En contribuant au conditionnement de 1,2 millions de tonnes d'huile en 2014, le groupe Avril a participé à l'approvisionnement journalier de 75 millions d'individus[39]. Le groupe confectionne également des sauces et des condiments, à base d'huile, de tomates, etc.[40].

Énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

Avril produit sous la marque Diester, un cinquième des 11 millions[41] de tonnes de biodiesel consommés annuellement par l'Union européenne. Il est le premier producteur européen de biodiesel[39]. Incorporé au diesel à hauteur de 8 %, le Diester est distribué dans toutes les stations-services françaises[39]. Diester est un biocarburant dit de première génération. Il est issu d'huile végétale colza et tournesol.

Avril investit dans la recherche pour développer les biocarburants dits de deuxième génération capables de valoriser les parties non comestibles des plantes et les déchets agricoles (lignines, celluloses). L'idée étant de permettre de produire, sur une même surface, des aliments et de l’énergie. Le groupe s'est lancé en 2013 dans la production de biodiesel à base de graisses animales et d'huiles usagées. Le groupe participe ainsi au programme BioTfueL[42] qui vise à produire du biodiesel et du biokérosène à partir de résidus agricoles et de déchets forestiers (paille, bois, etc.). Avril a également initié l'Institut PIVERT, en Picardie, le premier centre européen de valorisation de la plante oléagineuse entière en produits chimiques et en énergie. L'Institut PIVERT fait collaborer une centaine de chercheurs[43].

Oléochimie et chimie renouvelable[modifier | modifier le code]

Grâce à la création de Novance en 1996 et le rachat d'Oleon en 2008, Avril domine le marché européen de l'oléochimie[44]. L'oléochimie est une branche de la « chimie du végétal » développant des molécules chimiques, communément appelées molécules biosourcées[45]. Avril fabrique et commercialise une gamme de molécules biosourcées à partir d'huiles végétales (colza, tournesol, palme, soja, coco). Entre autres molécules, Avril produit du glycérol, un coproduit de la fabrication du biodiesel. La glycérine est un liquide non toxique, au goût sucré, utilisée dans de nombreuses compositions pharmaceutiques, cosmétiques ou alimentaires[46].

Avril, à travers Lesieur Cristal, produit des savons au Maroc commercialisés sous les marques Taous et El Kef[36].

Pôle animal[modifier | modifier le code]

En 2014, le pôle animal du groupe Avril a généré un chiffre d'affaires de 1,82 milliard d'euros[38].

Nutrition et productions animales[modifier | modifier le code]

Via les entreprises Sanders ou Adonial, Avril produit et commercialise des tourteaux de colza et de tournesol[47]. Ces résidus solides issus de l'extraction de l’huile sont riches en protéines. Broyés et mélangés à d'autres ingrédients (protéagineux, céréales, vitamines…), ils sont destinés aux animaux d'élevage comme les porcs, les bovins, les volailles ou les lapins. Cent millions de poulets sont nourris chaque année par le groupe Avril[48]. Les tourteaux européens de colza et de tournesol sont des substituts aux tourteaux de soja américain[9].

Avril commercialise également sous la marque Sopral des produits spécifiques à la nutrition des animaux domestiques : le chien, le chat et le cheval[49].

Biosécurité et spécialités nutritionnelles[modifier | modifier le code]

La biosécurité recouvre l'ensemble des méthodes d'hygiène préventive qui permettent de limiter l'introduction et la diffusion des maladies dans les élevages. En 2014, le groupe crée les sociétés Mixscience et Theseo dans le but stratégique de développer son expertise en France et à l'international sur le marché des produits et services pour l'hygiène des bâtiments et des animaux, le matériel d'élevage et le traitement de l'eau, de l'air et des surfaces[50].

Transformation et distribution de produits alimentaires[modifier | modifier le code]

Depuis 2005, Avril produit et commercialise des œufs notamment sous la marque Matines[51] et élabore avec les entreprises Ovoteam et 3 Vallées des produits à base d'œufs à destination de la restauration collective et de l'industrie agro-alimentaire[52].

Avec Abera et Porcgros, Avril est également engagé dans la filière porcine, via des opérations d'abattage et de découpe de viande de porc[53].

Métier d'investisseur : Sofiprotéol[modifier | modifier le code]

Sofiprotéol accompagne via des prêts et des prises de participation plus d’une centaine de sociétés représentant environ 80 000 emplois[54] dans l'agro-industrie, l'agro-alimentaire et des secteurs connexes comme la transformation laitière[55]. Sofiprotéol s'engage auprès de ses partenaires de façon pérenne. La société renforce les capitaux propres des entreprises, les accompagne dans leurs décisions stratégiques et leur modernisation[18].

À la suite de la restructuration entérinée en 2015, Sofiprotéol connaît une plus grande implication de ses actionnaires – Crédit agricole, Natixis, Unigrains – et des interprofessions. Avec une dotation en fonds propres qui passe de 70 à 330 millions d’euros[56], Sofiprotéol entend élargir son champ d’intervention à de nouveaux secteurs des filières agricoles et agroalimentaires[55].

Les activités dans lesquelles Sofiprotéol est engagée sont[57] :

Gouvernance[modifier | modifier le code]

Actionnariat[modifier | modifier le code]

Les actionnaires historiques du groupe sont :

Avec la restructuration, un nouvel acteur est entré dans le capital du groupe : la Fondation Avril, créée en 2014[1].

Organisation du groupe Avril[modifier | modifier le code]

Le groupe Avril est une société en commandite par actions (SCA) comprenant deux catégories d'associés :

  • Les associés commanditaires, sont les représentants de l'actionnariat du groupe. Ils exercent un contrôle à travers le Conseil de surveillance.
  • L'associé commandité décide des grandes orientations. L'associé commandité est la société Avril gestion, dont le Conseil d'administration nomme le gérant de la SCA. Le gérant est appuyé par un Comité exécutif[58].

En adoptant le statut d'une SCA, les actionnaires historiques de Sofiprotéol, les producteurs d’oléoprotéagineux, entendent se maintenir au cœur du projet porté par Avril[6].

Conseil de surveillance[modifier | modifier le code]

Le Conseil de surveillance est composé de huit membres, six représentent l'Interprofession des oléagineux et protéagineux, la FOP et la Fondation Avril. Au sein de ce conseil siègent également deux membres élus du personnel du groupe Avril. Le Conseil de surveillance est actuellement présidé par Jacques Siret, président de Terres Univia[58].

Conseil d'administration[modifier | modifier le code]

Le conseil d'administration d'Avril Gestion compte neuf membres[59] :

Comité exécutif[modifier | modifier le code]

Le comité exécutif est dirigé par le gérant du groupe Avril et directeur général de Sofiprotéol, élu par le conseil d'administration d'Avril Gestion, Jean-Philippe Puig[60].

Ce comité exécutif se compose de 7 autres membres[60] :

  • Michel Boucly, directeur général adjoint, chargé de l’engagement durable, de l’innovation et de la stratégie ; directeur général délégué de Sofiprotéol
  • Yves Delaine, directeur général adjoint, chargé du Pôle végétal
  • Eric Philippe, directeur général adjoint, chargé du Pôle animal
  • Gabriel Krapf, directeur du développement et de la performance industrielle
  • Philippe Lamblin, directeur des ressources humaines, communication et prévention santé/sécurité.
  • Aymeric Mongeaud, directeur administratif et financier ; directeur général délégué de Sofiprotéol.
  • Stéphane Yrles, directeur des affaires publiques et des relations institutionnelles.

Fondation Avril[modifier | modifier le code]

La Fondation Avril est reconnue d’utilité publique par un décret du [61].

La Fondation Avril soutient des causes d’intérêt général, et est attachée à trois objectifs de développement durable [62] :

  • « contribuer à la préservation d’un environnement de qualité dans les territoires et au développement solidaire du monde rural, ainsi qu’à la revitalisation des campagnes et des petites villes ;
  • œuvrer dans les régions du monde en développement, notamment en Afrique, à protéger la biodiversité d’une part et à anticiper d’autre part l’impact des changements climatiques sur les productions agricoles ;
  • promouvoir des alimentations saines et durables issues de productions de qualité, respectueuses de l’environnement et accessibles à l’ensemble des populations. »

La fondation est présidée par Philippe Tillous-Borde, cofondateur du Groupe en 1983 [63]. Son directeur nommé en juillet 2015 est Philippe Leroux[64]. Son trésorier est Jean-Michel Severino, ancien directeur de l'Agence française de développement (AFD) [65].

Communication[modifier | modifier le code]

Activité de lobbying auprès des institutions de l'Union européenne[modifier | modifier le code]

Le groupe Avril est inscrit depuis 2015 au registre de transparence des représentants d'intérêts auprès de la Commission européenne. Il déclare en 2014 pour cette activité des dépenses d'un montant compris entre 300 000 et 400 000 euros[66].

Critiques et controverses[modifier | modifier le code]

Controverses autour des agrocarburants[modifier | modifier le code]

L'ONG les Amis de la Terre France estime en novembre 2015 que « les agrocarburants sont aujourd’hui de plus en plus discrédités. Non seulement leur développement empiète sur les terres agricoles et contribue à l’élévation des prix alimentaires, mais les bénéfices allégués pour le climat sont contestés. Ils représentent par contre une manne financière pour certaines entreprises, comme la française Avril-Sofiprotéol, dirigée par le président de la FNSEA Xavier Beulin »[67] jusqu'à sa mort en février 2017.

Le groupe Avril répond en mai 2016 via son directeur général Jean-Philippe Puig en dénonçant les « amalgames » des détracteurs des agrocarburants qui les mettent tous « dans le même sac, sans la moindre nuance » et met en avant les propriétés et contributions spécifiques du biodiesel qu’il produit[68].

Sur le volet environnemental, le groupe Avril estime également que « l’utilisation du biodiesel issu de la filière française évite aujourd’hui le rejet de dioxyde de carbone de plus d’un million de véhicules » et permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 60 % par rapport au pétrole. Il cite une étude, commandée par le Groupe Avril, de l'IFP Energies Nouvelles pour qui l’ajout de biodiesel dans le diesel permettrait de diminuer le niveau de particules dispersées dans l'atmosphère de façon significative (jusqu'à 43 % en masse et 25 % en volume[69]).

Sur les aspects financiers, le groupe Avril ne bénéficie plus d’aides publiques depuis 2016, les biocarburants n’étant plus défiscalisés[70][réf. à confirmer]

Position de la Cour des comptes sur les « cotisations volontaires obligatoires »[modifier | modifier le code]

La Cour des comptes estime dans son rapport public annuel de 2002 que « les « cotisations volontaires obligatoires » constituent un dispositif original de prélèvement obligatoire créé par la loi du 10 juillet 1975 relative aux organisations interprofessionnelles agricoles », et rappelle que ces cotisations ne sont portées à la connaissance ni du Parlement, ni de la Commission européenne[71]. Le contrôle réalisé sur l'activité de Sofiprotéol montre, selon la Cour « un dispositif d’intervention à la légalité douteuse ».

Elle indique également que ce prélèvement a été plusieurs fois reconduit, alors même que ces ressources sont nettement sous-employées, et conduisent à « alimenter une trésorerie surabondante ». Enfin, la Cour juge le contrôle de l'État sur l'emploi des fonds insuffisant, et note que des « interventions critiquables » ont été réalisées « au profit du groupe interprofessionnel ou de structures qui lui sont liées », pour « des opérations éloignées de l’intérêt général de la filière »[72].

Suite à la publication du rapport de la Cour des comptes, qui montre des irrégularités au sujet de la gestion de Sofiprotéol, le syndicat agricole coordination rurale dépose plainte pour abus de confiance[73].

Position dominante et rente de situation[modifier | modifier le code]

La Cour des comptes, dans son rapport sur les biocarburants de janvier 2012, estime que « jusqu'en 2010, Sofiprotéol avec sa filiale Diester Industrie, a été l'acteur dominant de la filière biodiesel ». La Cour indique que « les rapports entre Sofiprotéol/Diester Industrie et les pétroliers/distributeurs ont été, jusqu'à la période récente, assez conflictuels. Contraints par la TGAP, les distributeurs ont été obligés d'accepter les conditions de prix fixées par Sofiprotéol faute d'une concurrence significative. Ces conditions étaient d’autant plus dures que le prix de l'huile alimentaire était élevé, puisque, dans ces conditions, Sofiprotéol avait tout intérêt à produire de l'huile pour l'alimentation et non pas pour l’estérification, contraignant les distributeurs à accepter des prix élevés pour l’EMHV »[74].

La Cour considère ainsi que Sofiprotéol « qui fut en situation quasi monopolistique jusqu'en 2008, en a retiré pendant cette période une rente de situation et un effet d'aubaine qui lui aurait rapporté 0,5Md€ » alors même que « le consommateur (...), sans le savoir, supporte la charge de cette politique » d'aide fiscale aux biocarburants[75].

Le groupe Avril, parfois appelé « la pieuvre » dans le monde agricole français[76], ou « le maître caché de l’agriculture française »[77] semble ainsi selon le quotidien Libération « un empire agro-industriel et financier aussi puissant que peu connu du grand public », présent tant dans l'alimentation humaine et animale que « dans le financement de l’agriculture industrielle. Dans la presse agricole. Dans l’huile de palme, dans les semences ou dans les OGM (avec Biogemma)... »[78].

Soupçons de conflits d'intérêts[modifier | modifier le code]

Selon Joël Labbé, sénateur Europe Écologie-Les Verts, la position de Xavier Beulin, président du groupe Avril et dirigeant de la FNSEA est problématique : « La situation de Xavier Beulin est quand même ambiguë, il y a mélange des genres, cela ressemble à un conflit d’intérêts », car « c’est un interlocuteur privilégié du gouvernement et le président d’une société directement intéressée par une aide gouvernementale »[79].

Contrairement à ce qu'il avait annoncé, le président de la FNSEA n'a pas renoncé à ses différents mandats en accédant à ce poste, et préside notamment le port de commerce de la Rochelle, important port céréalier, et le conseil économique et social régional du Centre[78].

Références[modifier | modifier le code]

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  4. a, b et c Groupe Avril : Rapport d'activité 2014, p. 4
  5. Groupe Avril : Rapport d'activité 2014, p. 42
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  68. « "Délit de sale gueule" pour le biodiesel français », sur LeMonde.fr, (consulté le 15 février 2017)
  69. « Le biodiesel émet moins de particules que le diesel », sur www.formule-verte.com/, (consulté le 15 février 2017)
  70. « La défiscalisation sera supprimée en 2016 », sur La France agricole/, (consulté le 15 février 2017)
  71. Cour des comptes, « L’utilisation de « cotisations volontaires obligatoires » prélevées sur les producteurs d’oléo-protéagineux », sur Cour des comptes, (consulté le 11 décembre 2016), p. 579
  72. « L’utilisation de « cotisations volontaires obligatoires » prélevées sur les producteurs d’oléo-protéagineux », sur Cour des comptes, (consulté le 11 décembre 2016), p. 579-593
  73. « Sofiproteol visée pour abus de confiance », sur La France agricole, (consulté le 11 décembre 2016)
  74. « La politique d’aide aux d’aide aux d’aide aux d’aide aux biocarburants », sur la documentation française, (consulté le 11 décembre 2016), p. 102
  75. « La politique d’aide aux biocarburants », sur La documentation française, (consulté le 11 décembre 2016), p. 200
  76. Aurélie Trouvé, Le business est dans le pré : les dérives de l'agro-industrie, Paris, Fayard, , 218 p. (ISBN 9782213678870), p. 102
  77. « La grande enquête sur le maître caché de l’agriculture française », sur Reporterre, (consulté le 11 décembre 2016)
  78. a et b Coralie Schaub, « Xavier Beulin, le céréale-killer de la FNSEA », Libération,‎ (lire en ligne)
  79. « Agrocarburants : le cadeau de 54 millions d'euros au président de la FNSEA », sur Association des producteurs de lait indépendants (consulté le 11 décembre 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres édités[modifier | modifier le code]

  • Centre national de la coopération agricole (CNCA), Cooperation agricole, vol. 21, Paris, Société auxiliaire pour la distribution des éditions de productivité, , 220 p.
  • Alain Azouvi, Les industries agricoles et alimentaires en 1983, Paris, INSEE, coll. « Séries statistiques 1976-1983 », , 112 p.
  • Christian de Perthuis, Agriculture 2000 : le livre blanc, les stratégies agricoles face à la nouvelle PAC. Un enjeu majeur pour la France : l'adaptation de la filière grains, Paris, Economica, coll. « Economie Agricole et Agroalimentaire », , 192 p. (ISBN 9782717824759)
  • Jean-Claude Jamet, Le Diester, les enjeux du diesel vert : un avenir pour l'agriculture, Paris, Edition de l'environnement, , 365 p. (ISBN 9782908620092)
  • Daniel Ballerini, Les biocarburants : état des lieux, perspectives et enjeux du développement, Paris, Éditions Technip, , 352 p. (ISBN 9782710808695)
  • Observatoire économique, social et territorial de la Vendée (OESTV), Réflexions sur la valorisation non alimentaire de la biomasse, La-Roche-sur-Yon, OESTV, , 54 p.
  • (en) EurObserv’ER, Biofuel barometer, , 7 p. (lire en ligne), consulté en ligne le 20 septembre 2015
  • Anne Schneider et Christian Huyghe, Les légumineuses pour des systèmes agricoles et alimentaires durables, Versailles, Éditions Quæ, coll. « Synthèses », , 512 p. (ISBN 978-2-7592-2334-3)
  • Yannick Le Bourdonnec et Philippe Tillous-Borde, Un homme d'entreprise visionnaire : 40 ans au service d'une ambition agricole pour la France, Paris, Éditions Eyrolles, , 180 p. (ISBN 978-2-212-56174-6)
  • Aurélie Trouvé, Le business est dans le pré : les dérives de l'agro-industrie, Paris, Fayard, , 218 p. (ISBN 9782213678870)

Articles publiés[modifier | modifier le code]

La France agricole

  • « Sofiprotéol et Cereol concluent un accord financier sur Lesieur », La France agricole, no 2963,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 18 septembre 2015
  • « Alimentation animale : Sofiproteol reprend Glon », La France agricole,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 18 septembre 2015
  • « Diester Industrie acquiert le belge Oleon », La France agricole,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 21 septembre 2015
  • I. E., « La filière se structure autour de Terres Univia et Terres Inovia », La France agricole,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 17 septembre 2015

Les Échos

  • Marie-Josée Cougard, « Glon et Coopagri s'allient dans les ovoproduits », Les Échos,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 21 septembre 2015
  • « Bretagne : le Groupe Glon acquiert Porcgros », Les Échos,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 21 septembre 2015
  • Stanislas du Guerny, « Le Groupe Glon s'empare de Sopral », Les Échos,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 21 septembre 2015
  • Sabine Delanglade, « Sofiprotéol, l'essence du succès », Les Échos,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 18 septembre 2015
  • Guillaume Roussange, « L'institut Pivert va activer la chimie végétale française », Les Échos,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 21 septembre 2015
  • Marie-Josée Cougard, « Avec Matines, le groupe Sofiprotéol veut réveiller le marché de l’œuf », Les Échos,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 21 septembre 2015
  • Marie-Josée Cougard, « Avril crée une filière huile au Maroc avec Lesieur Cristal », Les Échos,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 21 septembre 2015
  • Marie-Josée Cougard, « Sofiprotéol se rebaptise Avril et change de gouvernance », Les Échos,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 22 octobre 2015
  • Valérie Landrieu, « La mutation juridique de Sofiprotéol », Les Échos,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 21 octobre 2015

L'Usine nouvelle

  • « Chimie : Partenariat dans la lipochimie », L'Usine nouvelle, no 2553,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 18 septembre 2015
  • Catherine Moal, « Lesieur rachète l'huile d'olive Puget », L'Usine nouvelle,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 18 septembre 2015
  • Stanislas du Guerny, « Sofiprotéol prend le contrôle de Glon », L'Usine nouvelle,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 18 septembre 2015
  • Adrien Cahuzac, « Sofiprotéol adopte Avril comme nouveau nom », L'Usine nouvelle,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 20 septembre 2015

Autres

  • Marie-Hombeline Vincent, « Oléagineux et protéagineux - Soja : le seul et même concurrent », Réussir Grandes Cultures, no 148,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 17 septembre 2015
  • « Chimie verte », Entrepreneur Vert,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 21 septembre 2015
  • Ministère de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie (MEDDE), « Les EMAG : esters méthyliques d’acide gras », La filière biocarburant gazole,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 21 septembre 2015
  • Juliette Garnier, « Sofiprotéol, ce conglomérat qui veille sur l'avenir de Doux », La Tribune,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 21 septembre 2015
  • Pascal Le Douarin, « Le groupe Sofiprotéol mise sur le développement international », Réussir Aviculture,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 18 septembre 2015
  • Philippe Duboelle, « Sofiproteol souffle ses 30 bougies », Horizons Nord-Pas de Calais,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 17 septembre 2015
  • L. Monnier, « Biocarburants : Total lancera à l'automne le chantier BioTfuel à Dunkerque », Agri44,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 21 septembre 2015
  • Robin Vergonjeanne, « Sofiprotéol : deux nouvelles sociétés pour renforcer son pôle animal », Terre-Net,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 21 septembre 2015
  • « Jean-Baptiste Bachelerie », Ouest-France Entreprises,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 22 octobre 2015
  • Samuel Laurent, « Que reprochent ses détracteurs à Xavier Beulin, patron de la FNSEA ? », Le Monde,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 22 octobre 2015
  • « Philippe Leroux, directeur de la Fondation Avril », Le Syndicat agricole,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 22 octobre 2015
  • Keren Lentschner et Eric de La Chesnais, « Avril, un géant de l'huile au cœur de l'agroalimentaire français », Le Figaro,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 11 janvier 2016
  • Michel Monteil, « Philippe Tillous-Borde, plus de 30 ans au service de l'agro-industrie », Sud Ouest,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 11 janvier 2016
  • Perrine Delfortrie et Hervé Plagnol, « La Fondation Avril annonce ses objectifs », Agra Presse Hebdo,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 11 janvier 2016

Travaux universitaires[modifier | modifier le code]

  • Catherine Boemare, Quel système de régulation des activités polluantes ? Le cas des sources mobiles de pollution atmosphérique, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, coll. « Thèse de doctorat », , 366 p.
  • Alain Mathieu, L'interface entre secteur agricole et secteur petrolier: Quelques questions au sujet des biocarburants, Université Montpellier-I, coll. « Cahiers du CREDEN », , 38 p.

Sources primaires[modifier | modifier le code]

  • Michel Boucly, « Sofiprotéol répartit la valeur ajoutée au sein de la filière des oléagineux et des protéagineux », BipiZ,‎ (lire en ligne), consulté en ligne le 18 septembre 2015
  • Groupe Avril, Un nouveau printemps : Rapport d’activité 2014, Paris, Avril, , 65 p. (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]