Avetik Issahakian

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Avetik Issahakian
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Avetik Issahakian sur le billet de 10 000 drams.
Naissance
Alexandropol (Empire russe)
Décès (à 81 ans)
Erevan (RSS d'Arménie)
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Arménien
Genres
Signature de Avetik Issahakian

Avetik Issahakian (en arménien Ավետիք Իսահակյան), né à Alexandropol le à Alexandropol et mort le à Erevan, est un poète arménien .

Biographie[modifier | modifier le code]

Avetik Issahakian naît en 1875 à Alexandropol, actuellement Gyumri. Il fait ses études primaires dans sa ville natale, il suit les cours du lycée d’Etchmiadzin, après quoi il se rend à l’étranger où il étend encore ses connaissances, notamment à l'université de Leipzig en 1893 ; en 1897, il poursuit ensuite ses études avec des cours de philologie et de philosophie à l'université de Zurich.

Issahakian commence à écrire dès l’âge de douze ans. Son premier recueil : Vers et blessures, paru en 1898, le rend tout de suite populaire ; la publication d’Abou-Lala Mahari, en 1909, consacre sa réputation.

Fils de paysans arméniens, Issahakian pérégrine à travers le monde, il s’initie à toutes les religions et doctrines, aux croyances et aux sectes de Bouddha et de Confucius jusqu'au Christ et au Coran, de Lao-Tseu et Friedrich Nietzsche[1] à Arthur Schopenhauer et il explique ce mélange complexe d’idées et d’émotions humaines dans ses chants candides, presque rustiques. Il est l'ami en France du poète-révolutionnaire Missak Manouchian. Il rentre en Arménie en 1936.

Bien des poètes célèbres comme Louis Aragon, Nikolaï Tikhonov se sont émerveillés du lyrisme d’Issahakian, surtout celui de ses chants d’amour et de nostalgie ; Alexandre Blok, traducteur des poésies d’Issahakian, le considère comme l’un des meilleurs poètes du début du XXe siècle en Europe. Il fut l'ami de Yéghiché Tcharents.

Né à la lueur d’une lampe à huile, il achève sa vie sous les radio-signaux du premier satellite artificiel de la Terre en exprimant le subtil tréfonds et souvent inaltérable de l’être humain, de la caverne de l’homme préhistorique jusqu'à la fusée.

Sous le régime soviétique, il reçoit le prix Staline en 1946, pour les poèmes patriotiques écrits lors de la Seconde Guerre mondiale. Il est également décoré de l'ordre de Lénine, en 1945 et en 1955.

Avetik Issahakian meurt en 1957. Il est enterré au Panthéon de Komitas (en) d'Erevan.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Vers et blessures, Son premier recueil de poésies, 1898.
  • Abou Lala Mahari, Poème très connu[Note 1], 1909-1911.
  • Proses :
    • Le Garibaldien, 1907.
    • La Charrue de mon père, 1912.
    • La Pipe de la patience, 1928.
  • Légendes et contes d’Issahakian :
    • L’Amour éternel, 1919.
    • Le Cœur d’une mère, 1917.
    • Lilith, 1921.
    • Le Dernier printemps de Saadi, 1923.
  • Roman : Maître Karo, 1912.
  • Poème patriotique: Meher le Grand, 1919.
  • Poésies connues :
    • Toutes les nuits dans mon jardin.
    • Ce chemin tortueux.
    • Chant de Zaro.
    • Je rends mon âme, donne-m'en.
    • Je suis là, debout aussi ferme qu'un roc

Poème[modifier | modifier le code]

« De l’antique coupole de l’Ararat
Des siècles sont venus comme une seconde
Et sont passés.


Le glaive des foudres sans nombre
Ont frappé son diamant
Puis ont passé.


L’œil des générations effrayées par la mort
, S’est posé sur son sommet-lumière
Puis ont passé.


Maintenant c’est ton tour
Toi aussi contemple son front altier
Et passe. »

— Le Mont Ararat, 1927 (traduit par Élisabeth Mouradian et Serge Venturini)[2].

Musique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Note[modifier | modifier le code]

  1. Il existe une traduction française et versifiée de cet ouvrage, par Alice Varvarian-Saboundjian, traductrice morte en août 2013 (cf. « Alice Varvarian-Saboundjian », sur ACAM (consulté le 3 août 2013)), publié en Arménie en 2011. Un exemplaire est disponible sous la rubrique 891.9.155. à la médiathèque d'Alfortville.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Après Tourian, c'est notre poète le plus profondément mélancolique. Il est entré dans le sanctuaire des Muses avec, au front, une couronne trop chargée d'épines. Dans ses poésies, toutes voilées d'une tristesse désespérée, Isahakian (sic) arrive souvent à cette sorte de nihilisme philosophique, si cher à Frédéric Nietzsche. Sa dernière œuvre : Abou-Lala Mahari, porte la marque de cette tendance. » Présentation du poète Issahakian, par Astour Navarian, Anthologie des poètes arméniens, avec une préface de M. Henri Lichtenberger, éd. Ernest Leroux, Paris 1928, p. 156.
  2. Serge Venturini, Éclats d'une poétique du devenir transhumain, livre III, (2003-2008), coll. « Poètes des cinq continents », éd. L'Harmattan, Paris, 2009, (ISBN 978-2-296-09603-5), p. 115.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Avetik Issahakian, Abou Lala Mahari, Éditions Haïastan, 1975, Jean Minassian et Guevorg Emine (trad.).
  • Abou Lala Mahari, Les sept chants, trad. d'Alice Varvarian-Saboundjian, édité à Erevan, Arménie, 2011.
  • (hy) A. M. Inchikian, Recueil des poésies d’Issahakian, Éditions Haïastan, 1973.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]