Avenue Habib-Bourguiba

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Avenue Habib-Bourguiba
Image illustrative de l'article Avenue Habib-Bourguiba
Perspective sur l'avenue Habib-Bourguiba
Situation
Coordonnées 36° 48′ 00″ nord, 10° 11′ 06″ est
Pays Drapeau de la Tunisie Tunisie
Région Gouvernorat de Tunis
Ville Tunis
Tenant Avenue de France
Aboutissant Route de La Goulette
Morphologie
Type Avenue
Histoire
Anciens noms Avenue de la Marine
Avenue Jules-Ferry
Monuments Cathédrale Saint-Vincent-de-Paul de Tunis
Ambassade de France en Tunisie
Théâtre municipal de Tunis

Géolocalisation sur la carte : Tunisie

(Voir situation sur carte : Tunisie)
Avenue Habib-Bourguiba

Géolocalisation sur la carte : Tunis

(Voir situation sur carte : Tunis)
Avenue Habib-Bourguiba

L'avenue Habib-Bourguiba (شارع حبيب بورڨيبة) est la principale avenue de la ville de Tunis (Tunisie). Elle porte le nom du premier président de la République tunisienne et figure du mouvement national tunisien.

Aujourd'hui, l'avenue et son prolongement, l'avenue de France, sont le véritable centre de la capitale. C'est pourquoi, elles rassemblent plusieurs des monuments de la ville européenne.

À noter que la plupart des villes de Tunisie possèdent leur propre avenue Habib-Bourguiba.

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'origine, la « promenade de la Marine » n'est qu'une médiocre esplanade boueuse en hiver et poudreuse en été[1].

Avenue de la Marine vers 1885

Dans les trente années qui suivent l'instauration du protectorat français de Tunisie en 1881, se constitue une ville nouvelle à l'est de la médina. Le consulat de France, devenu le siège de la résidence générale, fait l'objet d'importants travaux pour le restaurer et y ajouter deux ailes ainsi qu'une salle des fêtes (1890-1892)[2].

L'avenue se voit également dotée d'un lieu de distraction : le Théâtre municipal y est ainsi élevé en 1902[3]. Par ailleurs, sur l'emplacement de l'ancien cimetière catholique de Saint-Antoine situé en face de la résidence générale, est élevée la cathédrale Saint-Vincent-de-Paul dont les travaux sont achevés en 1897[4].

À la veille de la Première Guerre mondiale, le nouveau centre a pour artère maîtresse l'« avenue de la Marine » dénommée après 1900 « avenue Jules-Ferry » (du nom du ministre instigateur du protectorat). Large de soixante mètres, elle comporte deux chaussées carrossables de part et d'autre d'un terre-plein planté d'une quadruple rangée de ficus[5]. Aux constructions publiques s'ajoutent peu à peu d'importantes constructions privées telles que Le Colisée (galeries, café et salle de cinéma) en 1931 et l'Hôtel Claridge en 1932[6].

Avenue Jules-Ferry (1954)
Manifestation du

À l'avènement de l'indépendance en 1956, la statue de Jules Ferry est déboulonnée et l'avenue prend le nom du nouveau président Habib Bourguiba[7]. De nouvelles constructions privées voient le jour telles que l'immeuble de la Société nationale d'investissements ou les hôtels Africa et Tunisia International[8]. L'avenue Habib-Bourguiba ayant été partiellement défigurée par des constructions modernes, comme la tour de l'hôtel Africa qui en brise net la perspective, c'est dans les rues parallèles et adjacentes qu'il faut aller chercher les belles façades : avenues de Carthage et de Paris, avenue Habib-Thameur, rues Radhia-Haddad et de Rome, etc.

Durant la révolution tunisienne, elle accueille nombre de manifestations appelant à la chute du président Zine el-Abidine Ben Ali puis à celle du gouvernement d'union nationale.

Place de l'Indépendance[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Place de l'Indépendance (Tunis).
Statue d'Ibn Khaldoun devant la cathédrale sur la place de l'Indépendance

À l'ouest, l'artère se termine sur la place de l'Indépendance. Au centre de celle-ci se trouve une statue du père de la sociologie moderne et philosophe Ibn Khaldoun. La place est également encadrée par deux symboles de l'ancienne présence française, d'une part la résidence générale devenue l'ambassade de France en Tunisie et d'autre part la cathédrale Saint-Vincent-de-Paul.

Ambassade de France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ambassade de France en Tunisie.

L'ambassade de France en Tunisie, ouvrant sur la face sud de la place, se situent dans des bâtiments construits en 1861. Ils abriteront vingt ans plus tard la résidence générale. Ce terrain était auparavant occupé par le consulat de France[9].

Cathédrale Saint-Vincent-de-Paul[modifier | modifier le code]

La cathédrale Saint-Vincent-de-Paul, cathédrale de rite catholique, succéda à une pro-cathédrale — la cathédrale de l'archidiocèse étant alors à Carthage — située un peu plus bas sur l'avenue de la Marine.

Bâtie dans un style romano-byzantin à la fin du XIXe siècle, elle est inaugurée en 1897[10] ; l'édifice s'ouvre sur la face nord de la place.

Théâtre municipal[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Théâtre municipal de Tunis.
Façade du Théâtre municipal de style Art nouveau

Le Théâtre municipal, inauguré le 20 novembre 1902[11], est l'un des rares théâtres de style Art nouveau au monde. Partiellement démoli en 1909, il est transformé et agrandi pour être inauguré à nouveau le 4 janvier 1911. Une rénovation totale du théâtre est effectuée en 2001 en vue de son centenaire.

Place du 14-Janvier 2011[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Place du 14-Janvier 2011 (Tunis).

À l'est, en direction du port, on trouve l'ancienne place d'Afrique qui est aujourd'hui appelée place du 14-Janvier 2011, en référence à la révolution tunisienne de 2011.

La statue équestre du président Bourguiba y est retirée le 11 octobre 1988 et installée à La Goulette au profit d'une horloge rectangulaire ; l'esplanade devient la place du 7-Novembre 1987 en référence à la date du coup d'État du nouveau président, Zine el-Abidine Ben Ali. Le « réveil-matin », comme l'appellent alors les Tunisois, est sans doute la seule horloge au monde sur laquelle le chiffre 7 est gravé en lieu et place du 6. Après la fin des travaux de rénovation de l'avenue en 2001, l'ancienne horloge est remplacée par une nouvelle horloge obélisque de style moderne[12].

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Références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Sebag, Tunis. Histoire d'une ville, éd. L'Harmattan, 1998, p. 338
  2. Paul Sebag, op. cit., p. 347
  3. Paul Sebag, op. cit., p. 348
  4. Paul Sebag, op. cit., p. 349
  5. Paul Sebag, op. cit., pp. 346-347
  6. Paul Sebag, op. cit., p. 441
  7. Paul Sebag, op. cit., p. 626
  8. Paul Sebag, op. cit., p. 638-639
  9. Jacques Revault, Palais, demeures et maisons de plaisance à Tunis et ses environs : du XVIe au XIXe siècle, éd. Édisud, Aix-en-Provence, 1984, p. 92
  10. IBLA, vol. IV, éd. Institut des belles lettres arabes, Tunis, 1941, p. 26
  11. Théâtre municipal (Municipalité de Tunis)
  12. Colette Vallat et Antoine Le Blanc, Pérennité urbaine ou la ville par-delà ses métamorphoses : traces, éd. L'Harmattan, Paris, 2009, p. 244

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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