Avenida Corrientes

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Mapa Avenida Corrientes.JPG
Au carrefour entre Corrientes et Esmeralda, dans la zone des théâtres
L' Avenida Corrientes à son croisement avec Carlos Pellegrini
Corrientes 348.
Des churros accompagnés d'un chocolat chaud ou chocolate con churros.
Vue de l'Avenida Corrientes avec l'Obélisque dans le fond

L'Avenida Corrientes est une des principales artères de la ville de Buenos Aires, capitale de l'Argentine. Longue de 8,6km, cette avenue est le véritable axe de la vie nocturne et de la culture bohême de la ville C'est dans ses bars et théâtres que le tango a connu ses heures de gloire : l'icône nationale Carlos Gardel, créateur du tango chanté, y a vécu.

Son nom actuel, qui date officiellement de 1822, est un hommage à la ville argentine de Corrientes, en reconnaissance pour sa participation à la Révolution de Mai. La rue a d'abord été assez étroite, avant que ne commencent en 1931 des travaux d'aménagement, qui s'achèvent en 1936. La circulation, à sens unique, s'effectue d'ouest en est, c’est-à-dire, de la périphérie vers le centre de la ville. L'avenue nait à proximité du quartier de Puerto Madero, au numéro 402 de la avenida Eduardo Madero, et s'étend vers l'ouest puis le nord-ouest, et se termine au 4200 de la avenida Federico Lacroze, dans le quartier de Chacarita.

La première section, en partant du centre, traverse une zone d'activité financière, jusqu'au croisement avec la calle Florida. L'avenue devient alors un pôle de divertissement reconnu aussi bien par les porteños que par les touristes, qui parcourent à n'importe quelle heure du jour et de la nuit les nombreux espaces culturels, galeries d'art, salles de théâtre, ou librairies, qui restent ouverts jusqu'à des heures très tardives. Roberto Gil, journaliste dans les années 1950, surnomme ainsi l'avenue la rue qui ne dort jamais.

Après le croisement de l'avenida Callao, Corrientes devient une artère nettement plus commerciale, avec des boutiques de tous types, jusqu'au quartier d'Abasto, autre haut lieu de tourisme autour du tango. L'avenue se termine au niveau du plus grand cimetière de la ville, le cimetière de la Chacarita.

La numérotation des immeubles de l'avenue varie de 1 à 6900, et son tracé de 8,6km croise pas moins de 70 rues ou avenues, dont la célèbre avenida 9 de Julio et son obélisque, situé à l'intersection des deux artères.

Le premier chemin de fer de l'histoire argentine a emprunté l'avenue, et fut surnommé le "train de la mort" lors de l'épidémie de fièvre jaune de 1871, pour avoir servi à transporter de nombreux cercueils du centre au cimetière à l'ouest. De nos jours, la ligne B du métro de Buenos Aires suit l'avenue sur toute sa longueur.

Plusieurs styles d'architecture caractérisent les immeubles donnant sur l'avenue, de la rigueur l'art académique aux couleurs de l'Art nouveau, avec plusieurs bâtiments de style néo-gothique, et même plusieurs gratte-ciel de style international.

L'Association des Amis de la Rue Corrientes (en espagnol Asociación Amigos de la Calle Corrientes) participe à la planification urbaine de l'avenue, et est notamment à l'origine de 40 plaques commémoratives d'illustres figures du tango disposées à des intersections de l'avenue.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines de la rue[modifier | modifier le code]

Au XVIIIe siècle, ce qui est devenu aujourd'hui l'une des avenues les plus importantes de Buenos Aires est un simple chemin de terre appelé camino del Sol, qui s'étend loin du petit village de Buenos Aires. Le tracé débute sur la côte du Rio de la Plata (aujourd'hui la avenida Leandro N. Alem), et s'èvanouit dans les champs, à l'ouest. En 1729, à l'endroit où se trouve aujourd'hui l'obélisque de l'Avenida 9 de Julio, Domingo de Acassuso érige le temple de San Nicolás de Bari, où, pour la première fois à Buenos Aires, a été hissé le drapeau argentin en 1812. La rue prend ainsi le nom de l'église, et devient la Calle San Nicolás.

En 1808, suite aux victoires sur les anglais dans les Invasions britanniques, la rue est renommée Calle Inchaurregui, en hommage à José Santos de Inchaurregui, un régisseur du Cabildo de Buenos Aires qui de distingue en combattant l'ennemi. Cependant, la rue porte ce nom peu de temps ; suite à la Révolution de Mai de 1810, les patriotes décident de l'appeler Corrientes, en hommage à la ville éponyme, première cité à adhérer à la cause indépendantiste. Ce nom devient officiel en 1822.

L'élargissement[modifier | modifier le code]

Le gouvernement de Bernardino Rivadavia décrète en 1822 que la rue doit devenir une avenue de 30 verges de large (26 m), mais le projet ne voit pas le jour. C'est en 1910 qu'une ordonnance du maire Joaquín Samuel de Anchorena ordonne l'élargissement de la voie. Cependant, il faut attendre les années 1930 et la nécessité d'adapter le design urbain à la croissance démographique et à l'augmentation du nombre de voitures pour que l'avenue Corrientes soit élargie, de même que de nombreux axes majeurs de la capitale (Santa Fe, Córdoba, Independencia, Belgrano). C'est également à cette époque qu'est percée la avenida Presidente Roque Sáenz Peña, également appelée Diagonal Norte, qui coupe Corrienter en diagonale au niveau de l'obélisque de la avenida 9 de Julio.

Les travaux sont entrepris en 1931 entre les rues Uruguay et Paraná, et élargissent la voie par le côté nord de la chaussée. Les travaux s'achèvent en 1936, sous l'administration Mariano de Vedia y Mitre, au moment de la célébration du quatre-centième anniversaire de la première fondation de Buenos Aires par Pedro de Mendoza. Au même moment, l'église San Nicolás de Bari est détruite, de même que d'autres bâtiments, et l'obélisque est érigé à la place.

Transports[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1857 est inauguré le premier chemin de fer argentin, appelé Ferrocarril Oeste de Buenos Aires. Son tracé suit celui de l'avenue sur une courte distance, entre les avenues Riobamba et Pueyrredón. En 1873, l'urbanisation accélérée de la ville rend désuette l'utilisation de ce train.

Cependant, le chemin de fer a son importance : en 1871, pendant l'épidémie de fièvre jaune, afin d'évacuer plus rapidement les corps de la ville, la ligne est prolongée de l'avenue Pueyrredón à un cimetière prévu à cet effet, à proximité du Parque Los Andes, où se trouve aujourd'hui le Cimetière de la Chacarita. La construction de la section, achevée en deux mois, est menée par l'ingénieur Augusto Ringuelet. Le train utilisé pour le transport des cadavres a vite acquis le surnom de "train de la mort", ou "train funèbre".

A la suite de cet épisode, la compagnie Lacroze obtient en 1887 une concession pour l'exploitation et le prolongement de la voie, et la transforme en ligne de tramway. La ligne est prolongée jusqu'au quartier de Belgrano, et de là, permet un accès à la province. Le contrat est accordé à la condition que le tramway, en plus du transport de voyageurs, serve au transport des cadavres jusqu'au cimetière. Ce tramway, à toit ouvert et aux sièges en bois, joue un grand rôle dans l'agrandissement de la ville vers l'ouest et le nord, et la construction de logements dans des quartiers jusqu'alors occupés par des quintas, grandes propriétés appartenant à la haute société argentine.

Plus récemment, entre 2007 et 2012, une station du tramway Tranvía del Este, qui longe Puerto Madero, est placée à une cinquantaine de mètres du début de l'avenue, sur l'avenue Alicia Moreau de Justo.

Métro[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ligne B du métro de Buenos Aires.

En 1912, le Congrès National argentin décide de la création d'une seconde ligne de métro, qui doit relier le bureau de poste central et l'avenue Elcano. Le 17 décembre 1927, l'accord financier sur la construction de la ligne est signé à New York, et l'ouvrage revient à la compagnie Lacroze. La première section, d'une longueur de 7.021km, est inaugurée le 17 octobre 1930, et suit l'avenue entre les intersections Lacroze et Callao. Le 22 juin de l'année suivante, la ligne est étendue jusqu'à la station Carlos Pellegrini, sous l'avenida 9 de Julio. Finalement, la ligne B est achevée le 1er décembre 1931, avec la mise en service de la station Leandro N. Alem.

Lieux d'intérêt particulier[modifier | modifier le code]

De l'Avenida Leandro Alem à l'Obélisque[modifier | modifier le code]

La rue qui ne dort jamais[modifier | modifier le code]

Quantité d'établissements sont ouverts la nuit dans l'Avenida Corrientes. Parmi ceux-ci

  • La pizzería Los Inmortales, auparavant Café de los inmortales, avec photos de ceux qui y passèrent
  • Pizzería Güerrín
  • Café La Paz, centre historique de réunion de militants de gauche
  • Le Bar Ramos
  • Caféteria La Giralda, qui offre d'excellents chocolate con churros
  • Le théâtre General San Martín, de la Municipalité de Buenos Aires
  • Le complexe La Plaza, initiative privée avec des salles de théâtre et des restaurants
  • Nombreuses librairies (Hernández, Liberarte et bien d'autres)

Le off-Corrientes[modifier | modifier le code]

Après avoir dépassé le carrefour avec l'Avenida Callao, on quitte le quartier de San Nicolás, pour entrer dans celui de Balvanera. On se trouve dès lors dans ce qu'on appelle l' off-Corrientes, nom que l'on donne à cette zone de salles de théâtre alternatives.

On y trouve aussi le Centro Ricardo Rojas de l'Université de Buenos Aires, dédié à l'extension universitaire et à l'art expérimental.

Quartier Once de septiembre[modifier | modifier le code]

Le quartier Once de septiembre ou Onze septembre est le quartier juif traditionnel dédié surtout à la vente de vêtements pour les grands et les petits. Actuellement s'y sont ajoutés des commerces de coréens et d'autres nationalités.

Abasto[modifier | modifier le code]

Après avoir croisé l' Avenida Pueyrredón, on entre dans la petite patrie de Carlos Gardel. Ce quartier dégradé ces dernières décennies, est en train de récupérer lentement. Son nom est dû à l'ancien Marché d'approvisionnement de Buenos Aires, ou Mercado de Abasto de Buenos Aires, converti aujourd'hui en un centre commercial, le plus grand de Buenos Aires.

Métro[modifier | modifier le code]

  • La ligne LineaB.png du métro de Buenos Aires l'accompagne sous une grande partie de son parcours (Stations "Leandro N. Alem", "Florida", "Carlos Pellegrini", "Uruguay", "Callao", "Pasteur", "Pueyrredón" (correspondance avec la future Línea LineaH.png en construction en 2006), "Carlos Gardel", "Medrano", "Ángel Gallardo", "Malabia", "Dorrego", et "Federico Lacroze").
  • La ligne LineaC.png (station "Diagonal Norte").
  • La ligne LineaD.png (station "9 de Julio").

Notes et références[modifier | modifier le code]