Aven d'Orgnac

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Aven d'Orgnac
image illustrative de l’article Aven d'Orgnac
La salle supérieure de l'aven d'Orgnac
Coordonnées 44° 18′ 47″ nord, 4° 25′ 21″ est
Pays Drapeau de la France France
Auvergne-Rhône-Alpes Auvergne-Rhône-Alpes
Vallée proche des gorges de l'Ardèche
Localité voisine Orgnac-l'Aven
Voie d'accès RD 317
Type de roche Calcaire
Température 11°C

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Aven d'Orgnac

Géolocalisation sur la carte : Ardèche

(Voir situation sur carte : Ardèche)
Aven d'Orgnac

L'aven d'Orgnac est un aven aménagé pour le tourisme et classé Grand site de France, situé au sud du plateau calcaire des gorges de l'Ardèche, sur la commune d'Orgnac-l'Aven dans le département de l'Ardèche, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Historique[modifier | modifier le code]

Avant 1935, les villageois, chasseurs et bergers locaux connaissaient l’existence près du village d'Orgnac d'un gouffre, qu'ils appellent "l'aven du Bertras"[1]. En août 1935, au cours d'une exploration systématique des cavités situées au sud du canyon des gorges de l'Ardèche, une équipe de spéléologues dirigée par Robert de Joly arrive sur la commune.

Conduits à l'entrée du gouffre par les villageois, les cinq spéléologues franchissent au moyen d'échelles de corde la verticale de 50 mètres du puits d'entrée. Une succession de découvertes fabuleuses avec des salles gigantesques et des formations cristallines de la plus grande diversité va représenter la découverte la plus exceptionnelle de sa vie d'explorateur.

Cette première expédition dure 10 heures et permet à Robert de Joly de mesurer la qualité exceptionnelle du site. Le soir même, il provoque une réunion extraordinaire du conseil municipal car la cavité se développe sous des terrains communaux et appartient ainsi à la municipalité d'Orgnac. La commune engage très vite les démarches en vue de l'aménagement de l'aven. Robert de Joly, nommé conseiller technique, en sera le concepteur et contrôlera les travaux.

  •  : découverte de l'aven par Robert de Joly
  • 1938 : travaux d'aménagement[2]
  • 10 juin 1939 : ouverture au public[3] pendant quelques mois seulement (fermée durant la Seconde Guerre mondiale)[réf. souhaitée]
  • 14 avril 1940 : la commune change de nom par décret et devient Orgnac-l'Aven[4]
  • 1946 : réouverture de l'aven[réf. souhaitée], classement "au titre des sites"[4]
  • 1948 : un bâtiment de réception est construit[4]
  • 1954 : l'accès aux salles rouges est équipé ; soit une visite touristique de près d'un kilomètre
  • 1965 : installation de l'ascenseur qui descend à la première salle[4]
  • 1965-1966 : découverte par le CSGA (équipe Trébuchon) de près de 4 km de nouveaux réseaux : Orgnac II, III et IV[4] ; le développement de l'aven est multiplié par 5[5]
  • 1974 : extension du périmètre de classement pour inclure l'ensemble de l'aven et le terrain à la surface[4]
  • 1975 : forage de reconnaissance entre la surface et la salle des Treize[4]
  • 1988 : création du Musée Régional de Préhistoire[6]
  • 12 juillet 1999 : Orgnac IV est classé en protection intégrale (aucune visite)[7]
  • 2004 : le site est labellisé Grand Site de France[6]
  • 2005-2006 : le périmètre de classement est encore agrandi[6]
  • 2010: le label Grand Site de France est renouvelé pour la deuxième fois.
  • 2016: le label Grand Site de France est renouvelé pour la troisième fois consécutive.

Description[modifier | modifier le code]

Le puits Bertras, accès naturel de l'aven, s'ouvre au milieu d'une doline de forme irrégulière : ses côtés nord et ouest sont en pente douce, ses côtés sud et est sont un escarpement rocheux qui plonge directement dans l'aven[8].

Haute de 17 à 40 m, longue de 250 m et large de 125 m, elle[Quoi ?] contient 700 marches afin de descendre le plus bas possible dans l'aven d'Orgnac.

La grotte possède de magnifiques stalagmites[9]. Les plus grosses, au centre de la salle supérieure, montrent des excroissances qui leur donne l'aspect de pommes de pin. Elles n'ont pu, à cause de la hauteur de la voûte, se souder aux stalactites pour former des colonnes, mais elles se sont épaissies à la base, atteignant parfois un diamètre imposant. D'autres, plus récentes et plus grêles, en forme d'assiettes empilées, les surmontent. Sur le pourtour de la salle, on remarque de frêles colonnettes. Certaines ont atteint une grande hauteur, les unes en baïonnette, d'autres très droites.

Les trois salles visitables sont la salle Robert de Joly, la « salle du Chaos » et la salle Rouge.

La salle Robert de Joly[modifier | modifier le code]

Première salle rencontrée, elle tient son nom du découvreur de l'aven. Elle est située à 60 m de profondeur et mesure 125 m de longueur, 90 m de largeur et 30 m de hauteur, soit une superficie d'environ un hectare[10].

En pénétrant dans cette salle par le tunnel artificiel pour la visite de l'aven (créé en 1938), on peut voir l'ouverture par laquelle Robert de Joly et son équipe de spéléologues ont pénétré dans la caverne. Un mannequin représentant Robert de Joly a été placé dans la descente de ce puits. En-dessous de ce dernier, on trouve un cône d’éboulis[11] composé de cailloux, de terre, de feuilles et de restes d’animaux (des crânes sont visibles lors de la visite), il est principalement lié à des chutes accidentelles d'animaux : les chercheurs y ont retrouvé entre autres des squelettes de rennes et de bisons. L'urne funéraire de Robert de Joly est placée dans cette salle aux proportions gigantesques.

La salle du Chaos[modifier | modifier le code]

L'aven d'Orgnac s'est creusé au fil des années sur le lit d'une ancienne rivière souterraine disparue depuis, ce qui explique que toutes les salles vues lors de la visite soient reliées entre elles. Ceci a aussi permis une descente moins rude pour l'équipe de spéléologues lors de la découverte de cette salle, formée il y a 15 000 ans environ.[réf. souhaitée]

Dans la « salle du Chaos », encombrée de concrétions tombées de la salle Supérieure, de magnifiques draperies aux colorations variées s'échappent d'une fissure de la voûte. Au niveau du belvédère de la première « salle Rouge », les eaux d'infiltration, enrichies en carbonate de calcium par la traversée de la couche calcaire, ont permis aux concrétions de se multiplier.[réf. souhaitée]

Tout proche, le puits intérieur le plus profond de l'aven (34 m) conduit à une salle enfouie à 180 m de profondeur.[réf. souhaitée]

La salle Rouge[modifier | modifier le code]

La deuxième salle rouge de l'aven d'Orgnac

C'est dans cette salle que s'achève la visite grand public de l'aven d'Orgnac, à 120 m de profondeur. Un spectacle son et lumière composé par Yann et Guilhem Cléophas se tient dans cette salle pour clôturer la visite.

Classement[modifier | modifier le code]

En 1999 un dossier de 18 sites et 24 grottes à concrétions du sud de la France est proposé pour une inscription sur la liste indicative du patrimoine mondial naturel, antichambre de la liste du patrimoine mondial[12],[13]. En octobre 2001 un avis défavorable est émis par l'union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Fin 2005, l'état Français pense représenter une demande d'inscription. En 2007 le projet est retiré et l'association de valorisation des cavités Françaises à concrétions (AVCFC) regroupant 23 cavités du sud de la France est créée [14].

Grand site de France[modifier | modifier le code]

Site touristique majeur avec près de 5 km de galeries et 140 000 visiteurs annuels, l'aven d'Orgnac a obtenu le label Grand site de France au cours de l'année 2004 avec trois autres sites : la montagne Sainte-Victoire (Grand Site Sainte-Victoire), le Pont du Gard et la Pointe du Raz.

Transports[modifier | modifier le code]

Orgnac-l'Aven est desservi par la ligne B20 du réseau Edgard[15] (autocars départementaux du Gard). De là il reste à peu près 30 minutes de marche.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Delannoy et al. 2007, p. 33.
  2. Delannoy et al. 2007, p. 14.
  3. Delannoy et al. 2007, p. 15, 34.
  4. a, b, c, d, e, f et g Delannoy et al. 2007, p. 34.
  5. Delannoy et al. 2007, p. 39.
  6. a, b et c Delannoy et al. 2007, p. 35.
  7. Delannoy et al. 2012, p. 102.
  8. Delannoy et al. 2012, p. 150.
  9. Delannoy et al. 2012, p. 141.
  10. Ardèche Attitude vol. 2, Comité Départemental du Tourisme de l'Ardèche
  11. Delannoy et al. 2012, p. 149.
  12. UICN – Union mondiale pour la nature, « Évaluation UICN des propositions d’inscription de sites naturels et mixtes sur la Liste du patrimoine mondial », sur whc.unesco.org, (consulté le 23 février 2017).
  13. « Ensemble de grottes à concrétions du Sud de la France », sur whc.unesco.org (consulté le 23 février 2017).
  14. Roger Parzybut, « Une canditature pour figurer au patrimoine mondial de l'humanité-Un projet ambitieux. », Spéléo, Corenc, Spéléo magazine, nos 97-98,‎ janvier/juin 2017 (ISSN 1629-1573).
  15. Le Conseil général vous transporte

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ardèche Attitude vol. 2, Comité Départemental du Tourisme de l'Ardèche
  • R. de Joly, Guide de L'Aven d'Orgnac, Gap (Hautes-Alpes), Louis Jean, 76 p.
    Vues et dessins : Photographies A. Perret, Pont-Saint-Esprit et R. Orengo
  • Jean-Jacques Delannoy, Christophe Gauchon et Stéphane Jaillet, L'Aven d'Orgnac, valorisation touristique, apports scientifiques, coll. « Edytem », , 185 p. (ISSN 1762-4304, lire en ligne [PDF]), chap. 5.
  • Jean-Jacques Delannoy, Christophe Gauchon, Fabien Hobléa, Stéphane Jaillet, Richard Maire, Yves Perrette, Anne-Sophie Perroux, Estelle Ployon et Nathalie Vanara, « Le karst : des archives paléogéographiques aux indicateurs de l’environnement », Géomorphologie : relief, processus, environnement, Paris, vol. 15, no 2,‎ , p. 85-86 (ISSN 1266-5304, lire en ligne).
  • Jean-Jacques Delannoy, Stéphane Jaillet, Benjamin Sadier, Karsts - Paysages et Préhistoire, Le Bourget-du-Lac, , 194 p. (ISSN 1762-4304, lire en ligne [PDF]), chap. 13, p. 139-182.
  • Site d'Orgnac, « Le grand site de France de l'Aven d'Orgnac », Spéléo, Corenc, Spéléo magazine, nos 97-98,‎ janvier/juin 2017, p. 12-17 (ISSN 1629-1573).

Liens externes[modifier | modifier le code]