Avel Enoukidzé

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Avel Enoukidzé
Avel Enukidze.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 60 ans)
MoscouVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
აბელ ენუქიძეVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
აბელ სოფრონის ძე ენუქიძეVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Activité
Autres informations
Partis politiques
Parti communiste de l'Union soviétique
Parti ouvrier social-démocrate de Russie
Parti ouvrier social-démocrate de Russie (bolchevik) (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Distinctions

Avel Sofronovitch Enoukidzé, dit « tonton » ou « oncle Abel »[1], né le en Géorgie, mort le , est un révolutionnaire géorgien et un dirigeant de l'Union soviétique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ami d'enfance de Joseph Staline, ex-séminariste de Tiflis comme lui, il entre comme lui au POSDR, qu'il organise à Bakou en 1899. Membre de l’Iskra en 1901, il est plusieurs fois arrêté. Il fonde en 1903 une imprimerie bolchevique clandestine à Batoumi[1]. Incorporé dans l'armée au début de la Première Guerre mondiale, il milite dans une organisation bolchevique clandestine au sein de la garnison de Pétrograd.

Après la révolution russe d'octobre 1917, il devient, comme d'autres membres de la diaspora caucasienne proches de Staline (Grigory Ordjonikidze, Lavrenti Beria) l'un des principaux dirigeants soviétiques, occupant un temps les fonctions de secrétaire de l'Exécutif central du Congrès des Soviets.

Membre du Commissariat du Peuple pour l'Éducation, l'Éclaircissement et les Sciences (Narkompros) dirigé par Anatoli Lounatcharski, il est président des conseils du Théâtre Bolchoï et du Théâtre d'art de Moscou de 1922 à 1935.

Staline commence à se méfier de lui en , lui reprochant sa proximité avec les « droitistes »[1]. Le , il cosigne avec Mikhaïl Kalinine et Viatcheslav Molotov la « loi des épis ». Lors du suicide de l’épouse de Staline cette même année, il est le premier dirigeant sur place, ce dont Staline lui tint rigueur ultérieurement[2]. Ce fut lui qui écrivit son avis de décès dans la Pravda, avec une lettre de condoléances des dirigeants et de leurs épouses[3].

Auteur de Mémoires, il s'attire les foudres de Staline et doit publier un article signé dans la Pravda du , dans lequel il affirme avoir exagéré son propre rôle dans l'organisation du mouvement révolutionnaire en Transcaucasie et à tort minimisé l'importance de Staline à cette époque[4].

Il est relevé de ses fonctions en juin 1935, et Nikolaï Iejov obtient son exclusion du PCUS. Jugé en huis clos comme espion et traître, il est fusillé en 1937. Lors du procès de Moscou de 1938, il est accusé d'avoir donné l'ordre à Guenrikh Iagoda d'assassiner Sergueï Kirov en 1934[4].

Enoukidzé fait partie des victimes des Grandes Purges qui ont été réhabilitées.

Son personnage a, au moins en partie, inspiré le personnage d'Arcadi Apollonovitch Simpleïarov, « président de la Commission pour l’acoustique des théâtres de Moscou », à Mikhaïl Boulgakov pour son roman Le Maître et Marguerite.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Montefiore, la cour du tsar rouge, t. I, p. 109.
  2. Montefiore, la cour du tsar rouge, t. I, p. 48.
  3. Montefiore, la cour du tsar rouge, t. I, p. 183.
  4. a et b Alan Bullock, Hitler et Staline, vies parallèles, Éditions Albin Michel et Robert Laffont, 1994 (ISBN 2226064923)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Werth, 1936-1938, les Procès de Moscou, Paris, Éditions Complexe, nouvelle édition revue et augmentée, 2006 (ISBN 2804801012)
  • Simon Sebag Montefiore (trad. Florence La Bruyère et Antonina Roubichou-Stretz), Staline : La cour du tsar rouge, vol. I. 1929-1941, Perrin, , 723 p. (ISBN 978-2-262-03434-4).