Avalanches d'Évolène du 21 février 1999

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Le 21 février 1999, Evolène fut le théâtre de plusieurs avalanches[1] qui causèrent la mort de 12 personnes. Elles étaient dues aux quantités de neige très importantes qui étaient tombées sur les Alpes durant l'hiver 1999[interprétation personnelle].

Les quantités de neige qui sont tombées dès la fin de janvier et durant le mois de février 1999 étaient énormes[non neutre][interprétation personnelle]. Malgré ça, une bonne cohésion au sein du manteau neigeux était maintenue grâce à une température relativement constante. Cela garantissait jusque là une certaine solidité de toute cette masse de neige, ne faisant que reporter le danger dans le temps[réf. nécessaire].

La situation a empiré à partir du jeudi 18, soit trois jours avant le drame. Les bulletins météorologiques notaient à partir de ce jour un fort réchauffement de la température. Ainsi, la température s’éleva de 5 degrés dans la nuit de jeudi à vendredi, ce qui engendra une liaison entre les anciennes et les nouvelles couches de neige. À ce stade-là, le risque d’avalanche était considéré comme marqué, c’est-à-dire de degré 3 sur une échelle de 5. La situation n’était pas encore jugée critique et ne nécessitait donc pas de mesures d’urgence. L’ENA (Institut Fédéral pour l'Étude de la Neige et des Avalanches basé à Davos) prévint cependant du possible déclenchement d’avalanches sur les pentes suffisamment raides situées au-dessus de 1,800 mètres d’altitude[réf. nécessaire].

Le samedi 20 février, le danger d’avalanche augmenta encore pour passer au degré 4 (danger fort). Entre 20 et 30 centimètres de neige sont venus s’ajouter à l’ancienne couche depuis la veille, alors que la température augmentait encore pour atteindre le 0 degré à 1 800 mètres d’altitude (où se trouve la station météorologique de MétéoSuisse). Cette nouvelle couche de neige a encore alourdi le manteau neigeux et, avec le réchauffement de la température, la neige a partiellement fondu et les liaisons entre les cristaux sont devenues très précaires (processus de métamorphose de fonte) pour la zone située vers 1 800 mètres d’altitude, soit 1 000 mètres plus bas que le niveau où se sont déclenchées les avalanches[réf. nécessaire].

La situation à Evolène, de même que dans le reste des Alpes, devint vraiment critique à partir du dimanche 21 février. La température n’avait presque pas changé entre samedi soir et dimanche jusque vers midi. Une accalmie eut lieu durant l’après-midi, ce qui n’arrangea pas les choses. En effet, la neige se retrouva encore plus exposée aux rayons du soleil[réf. nécessaire].

Causes de la catastrophe[modifier | modifier le code]

D’énormes quantités de neige s’étaient accumulées sur les larges pentes dégagées qui surplombent les hameaux de Villaz et La Sage. Ce phénomène était amplifié par le vent fort qui soufflait en transportant la neige pour la redéposer plus loin à l’abri des crêtes.

Deuxièmement, l’observation des températures montrait un réchauffement massif à partir du jeudi. Cette brusque hausse a eu pour effet de faire fondre la neige en surface en dessous de 2 000 mètres. Ce processus physique de métamorphose de fonte a provoqué un affaiblissement des liaisons entre les cristaux de glace au sein du manteau neigeux. L’eau résultant de la fonte pouvait également servir de surface de glissement à une avalanche comprenant les couches supérieures. La neige a de surcroît été fortement alourdie par la pluie qui, grâce à des températures assez douces, était tombée jusqu’à 1 800 m d’altitude. Le manteau neigeux s’était tassé et, sous l’effet des tensions, les nouvelles couches de neige récemment tombées s’étaient petit à petit soudées aux anciennes couches.

Le dimanche 21 février, le jour de la catastrophe, le processus de fonte fut encore amplifié par le rayonnement du soleil apparu en début d’après-midi. Des avalanches se sont donc déclenchées dans la zone située entre 2 600 et 3 000 mètres d’altitude en dessus d’Evolène. Ces coulées étaient une combinaison entre des avalanches de neige poudreuse et des avalanches de fonte. Tout d’abord, des coulées de type poudreuse sont descendues en raison des trop grandes quantités de neige accumulées puis, arrivées vers 2 000 mètres où la neige avait été rendue lourde et mouillée par la pluie et le réchauffement, les avalanches de neige poudreuse ont entraîné avec elles des avalanches de fonte qui ont, elles, causé beaucoup de dégâts sur les zones habitées.

L’ampleur exceptionnelle qu’ont revêtue les deux avalanches meurtrières, qui sont descendues sur Villaz, était due au fait que toutes les couches du manteau neigeux étaient soudées entre elles. De ce fait, quand les avalanches ont eu lieu, elles ont entraîné toute la hauteur du manteau neigeux, ne se limitant pas à une avalanche de surface qui aurait été moins grave.

Déroulement[modifier | modifier le code]

C’est à 20 h 27 très précisément, le dimanche 21 février 1999, que les deux premières avalanches se sont déclenchées sur les hauts de Villaz, à une altitude d’environ 2 600 mètres. Ces combinaisons entre avalanche de neige poudreuse et de neige de printemps ont tout emporté sur leur passage : les arbres, les chalets, mais aussi les personnes qui se trouvaient là.

L’itinéraire des avalanches n’est pas passé directement sur le hameau de Villaz, mais celui-ci s’est retrouvé encadré par les deux coulées qui ont emporté des chalets à l’extrémité de la localité.

Les avalanches ont ensuite poursuivi leur route jusqu’au bas de la vallée. Elles se sont arrêtées, après avoir dévalé plus de 1 000 mètres de pente, à la hauteur de la route cantonale, cette dernière étant dès lors bloquée entre Evolène et les Haudères. Les deux cônes d’avalanche formaient un amas confus de neige et de débris dont la hauteur atteignait jusqu’à 15 mètres. Ceci explique qu’il ait fallu du temps pour déblayer la route.

Les deux coulées dévastatrices ont enseveli 12 personnes au total. Trois autres avalanches importantes ainsi que plusieurs autres plus restreintes se sont également déclenchées, après celles des Maures et du Bréquet, dans la nuit du 21 au 22 février 1999, sans toutefois faire de victimes. L’une d’elle a eu lieu sur le versant opposé aux deux premières et a été arrêtée dans sa course par le torrent qui coule au fond de la vallée en longeant la route. Une autre s’est déclenchée en parallèle et a terminé sa course près des Haudères tandis que la dernière s’est produite à l’entrée de la vallée et a bloqué la seule route qui relie Evolène à la vallée du Rhône.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Évolène : l'angoisse et la douleur », 24 heures,‎ (lire en ligne)