Autour australien
Tachyspiza fasciatus
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Chordata |
| Sous-embr. | Vertebrata |
| Classe | Aves |
| Ordre | Accipitriformes |
| Famille | Accipitridae |
| Genre | Tachyspiza |
Statut CITES
L’Autour australien (Tachyspiza fasciatus[1]) est une espèce d'oiseaux du genre Tachyspiza anciennement classée comme membre du genre Accipiter. Il fait partie de la famille des Accipitridae. Il s'agit d'un oiseau originaire d'Océanie. Il s'agit d'une espèce assez commune classée comme de préoccupation mineure par l'Union internationale pour la conservation de la nature.
Taxonomie
[modifier | modifier le code]L’Autour australien a été formellement décrit en 1827 par le zoologiste et homme politique irlandais Nicholas Aylward Vigors et le médecin et naturaliste américain Thomas Horsfield sous le nom binomial d’Astur fasciatus[2]. La localité type se situe dans l’État de Nouvelle-Galles du Sud, en Australie[3]. L’Autour australien était auparavant classé dans le genre Accipiter[4],[5]. En 2024, une étude phylogénétique moléculaire exhaustive des Accipitridae a confirmé des travaux antérieurs montrant que le genre était polyphylétique[4],[5]. Afin de résoudre cette non-monophylie, le genre Accipiter a été divisé en six genres[4],[5]. Le genre Tachyspiza a été rétabli où se trouve l’Autour australien ainsi que 26 autres espèces qui appartenaient auparavant au genre Accipiter[4],[5]. Ce genre rétabli avait été introduit en 1844 par le naturaliste allemand Johann Jakob Kaup[6]. Le nom du genre combine le grec ancien ταχυς (takhus) signifiant « rapide » avec σπιζιας (spizias) signifiant « faucon »[6]. L'épithète spécifique fasciatus, fasciata est du latin tardif signifiant « à bandes » ou « rayé »[7].
Description
[modifier | modifier le code]L'Autour australien est un Accipitridae de taille moyenne à grande, il mesure 33 à 55 cm de long qui est une taille particulière car les autres Accipitridae sont soit en moyenne plus grand soit plus petit, l'Autour de Meyer ou l'Autour blanc sont en moyenne plus grand, tandis que l'Autour pie est en moyenne plus petit[8]. Son envergure est estimée entre 60 et 98 cm ce qui est plus petit que l'Autour rouge et légèrement plus petit que l'Autour blanc, mais plus grand que l'Autour de Mayr ou l'Autour à manteau noir[8]. Sa queue fait entre 15 et 26 cm soit en moyenne un peu plus petit que la queue de l'Autour de Bürgers[8]. Cela pour un poids estimé entre 220 et 740 g[9]. Les mâles sont plus petits que les femelles puisqu'ils font en moyenne 65% de leur taille. Ce ratio est comparable à ceux des Éperviers de Nouvelle-Bretagne, des Autours à ventre blanc ou des Autours de Doria[8]. Le bec est fort et les pattes sont longues avec des doigts courts jaune clair comme la cire et les yeux, les mains sont effilées[8]. Il n'y a pas de dimorphisme sexuel chez cette espèce[10]. Le dessus est uniformément gris souris, il possède une capuche grise sur la tête qui est séparée du dos par un collier roux[10]. Le dessous est finement et très densément barré de roux[10]. Ainsi, il ressemble à l'épervier à collier roux, mais en nettement plus grand et avec un dos plus clair[8]. La couverture est dans la continuité du dessous, c'est-à-dire finement et très densément barré de roux[10]. Les rémiges et la queue sont grises barrées de sombre[10]. La forme nominale présente en Australie continentale et en Tasmanie présente contrairement aux autres sous-espèces des pennes moins fortement barrées, la femelle est plus brune et barrée que le mâle[8]. La sous-espèce T. f. didimus présente un dessus gris plus pâle et un dessous plus roux, les ailes sont plus pointue et la queue est carrée[8]. La sous-espèce T. f. wallacii présente un dessus bleu-gris rosé ainsi qu'une queue plus courte[8]. La sous-espèce T. f. stresemanni est assez proche de la forme nominale mais est la plus petite des sous-espèces[8]. Les juvéniles sont brun sombre sur le dessus, le dessous est blanc marqué densément de barres brunes épaisses, devenant des stries sur la poitrine[10]. La tête est finement barrée de brun, les cuisses sont barrées de brun roux assez pâle[10]. Cet oiseau a un vol est rapide et flexible[10].
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Immature T. f. fasciatus, Tasmanie.
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Adulte vu de dos.
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T. f. wallacii.
Sous-espèces
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Selon la classification de référence du Congrès ornithologique international (15.1, 2025)[11] il se répartit en treize sous-espèces (ordre philogénique) :
- T. f. natalis (Lister, 1889) — île Christmas ;
- T. f. wallacii (Sharpe, 1874) — Petites îles de la Sonde ;
- T. f. tjendanae (Stresemann, 1925) — Sumba ;
- T. f. stresemanni (Rensch, 1931) — îles au sud de Célèbes ;
- T. f. savu (Mayr, 1941) — Savu ;
- T. f. hellmayri (Stresemann, 1922) — Rote, Semau et Timor ;
- T. f. buruensis (Stresemann, 1914) — Buru ;
- T. f. dogwa (Rand, 1941) — Trans-Fly, Boigu et Saibai ;
- T. f. polycryptus Rothschild & Hartert, 1915 — est de la Nouvelle-Guinée ;
- T. f. vigilax (Wetmore, 1926) — Nouvelle-Calédonie [10];
- T. f. didimus (Mathews, 1912) — façade nord de l'Australie ;
- T. f. fasciatus (Vigors & Horsfield, 1827) — Australie, Tasmanie, Rennell et Bellona (îles Salomon), Vanuatu et Fidji ;
- T. f. rosselianus (Mayr, 1940) — Rossel.
Répartition et habitat
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L'Autour australien est présent presque partout en Australie, Il réside principalement dans le sud-est et sud ouest de l'Australie, ainsi qu'en Tasmanie, il est fréquent sur le reste du territoire australien, il réside également sur les îles de Trans-Fly, Boigu et Saibai au nord de l'Australie continentale[8],[12],[13]. On le trouve également en Nouvelle-Guinée ou il vit principalement en Papouasie-Nouvelle-Guinée et est présent jusqu'à la péninsule de Huon, ainsi que sur l'île de Rossel[8],[12],[13]. Il est présent en Nouvelle-Calédonie, sur les îles Loyauté, au Fidji et au Vanuatu[8],[10],[12],[13]. On le retrouve dans le sud-ouest des Îles Salomon sur les îles de Rennell et Bellona[8],[12],[13]. On le retrouve aussi dans les Petites îles de la Sonde, sur l'île Christmas, Sumba, dans les Célèbes. On le retrouve également au Timor, sur l'île Rote, Semau et Buru[8],[12],[13].
L'Autour australien fréquente principalement les forêts de mousson, les bois, les lisières forestières, les savanes et les terres cultivées peu couvertes[10],[12]. Il occupe généralement des milieux boisés plus ouverts et arides que ceux fréquentés par l'Autour blanc[10],[12]. Son habitat de prédilection comprend des perchoirs plus ou moins élevés, d'où il peut parfois chasser à l'affût[10],[12]. En Nouvelle-Calédonie, cet oiseau préfère les zones très ouvertes, les broussailles, les savanes ou les prairies bordant les cours d'eau[10],[12]. Dans les îles Loyauté, il privilégie les cocoteraies et les milieux boisés clairsemés aux forêts denses[10],[12]. On peut également le retrouver dans des zones plus urbaines comme à Melbourne[8]. On le retrouve jusqu'à 2 000 m d'altitude comme l'Épervier à poitrine rousse ou l'Épervier des Célèbes[8].
Alimentation
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L'Autour australien se nourrit principalement d'oiseaux de taille moyenne, mais aussi de petits mammifères comme des rats et des lapins[9]. Il chasse souvent près des terres agricoles ou des zones humides, où abondent les canards, les cacatoès et les pigeons[9]. Il s'attaque également à de plus petites proies comme les pinsons, les pipits et les mérions, jusqu'à des oiseaux de la taille de poules domestiques, voire à de grands oiseaux agressifs comme les Strepera et les Martin-chasseur géant[9]. Il consomme aussi occasionnellement des chauves-souris, de petits reptiles, des amphibiens et de gros insectes[9],[14]. Ses principales techniques de chasse sont la chasse à l'affût, où l'autour attend, caché sur un perchoir, qu'une proie soit à portée de frappe, et le vol à travers les sous-bois pour débusquer les petites proies[9]. Plus rarement, il fond sur sa proie depuis les airs, ou poursuit même les petits mammifères à pied[9].
Lorsqu'un Autour australien est repéré par d'autres oiseaux, les espèces plus petites paniquent et se mettent à couvert, tandis que les oiseaux plus grands comme les corbeaux, les corneilles et les pies l'assaillent agressivement jusqu'à ce qu'il quitte les lieux[9].
Reproduction
[modifier | modifier le code]En Australie, la saison de reproduction va de juillet à décembre[15]. Les Autours australiens construisent un grand nid de branches sur un arbre le plus grand et disponible à proximité d'un point d'eau ou à la lisière d'une forêt, entre 2 et 36 mètres du sol[15]. En Nouvelle-Guinée, le nid peut être situé à proximité immédiate d'un jardin[15]. Les nids peuvent également être réutilisés par d'autres espèces de rapace[15]. Le fond du nid est rempli de branche d'eucalyptus. Les adultes défendent de manière agressive leur territoire et la zone située autour de leur nid[15]. Un même couple reste dans un même endroit pendant plusieurs années consécutives[15]. La ponte comprend généralement 3 œufs, de couleur blanche. La période d'incubation dure environ 30 jours. C'est la femelle qui couve généralement les œufs[15]. Les jeunes restent au nid pendant 28 à 37 jours, cependant après cette période ils ne sont pas complètement autonomes[15].
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Œufs d'Autour australien au Delaware Museum of Natural History.
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Jeunes Autours australien dans le nid.
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Femelle T. f. fasciatus au nid dans le 7th Brigade Park à Chermside, Queensland.
Comportement
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On observe l'Autour australien le plus souvent seul, parfois en couple[10],[12]. Son comportement très discret et son attitude prudente font qu'il est rarement aperçu[10],[12]. C'est pourquoi sa population est souvent sous-estimée. Cependant, les individus vivant sur l'île Christmas sont peu craintifs et suivent parfois les visiteurs en forêt[10],[12],[16]. L'Autour australien se cache dans la canopée moyenne et basse, surgissant soudainement pour fondre sur sa proie. Pour la capturer, il utilise ses longues pattes et ses serres puissantes[10],[12]. Il lui arrive aussi de traquer les insectes au sol et de les attraper en courant. Une fois sa proie capturée, l'Autour australien retourne à son perchoir où il la consomme après l'avoir partiellement plumée ou écorchée[10],[12]. En Nouvelle-Calédonie, lorsqu'il ne chasse pas, l'Autour australien effectue des démonstrations aériennes et des acrobaties, enchaînant tonneaux, loopings et piqués à plusieurs dizaines de mètres d'altitude[10],[12]. Il s'agit d'un migrateur partiel, c'est le cas en particulier de la population australienne[12]. En hiver, les juvéniles et certains adultes, notamment ceux vivant en altitude, s'approchent des côtes du nord de l'Australie[12]. Après leur envol, les jeunes peuvent parcourir plus de 900 km depuis leur lieu de naissance[12]. Au début de l'automne, ils se regroupent aux abords des villes[12]. Les espèces insulaires sont sédentaires[12].
Statut de conservation
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L'Autour australien est généralement considéré comme une espèce commune, voire répandue[17]. Si son habitat est préservé, son avenir ne semble pas menacé[17]. C'est pour cela que l'espèce est classée comme de préoccupation mineure par l'UICN[17]. Cependant, la sous-espèce de l'île Christmas est classée en danger critique d'extinction[18],[19]. Dans certaines régions, notamment les îles Loyauté, l'autour australien a une mauvaise réputation : il est considéré comme un nuisible car il peut s'attaquer aux oiseaux de basse-cour[17]. D'après Birdlife International les effectifs de l'espèce sont en diminution[17].
Confusion possible
[modifier | modifier le code]Il est possible de confondre l'adulte Autour australien avec le Busard de Gould du fait de sa silhouette, cependant le vol de ses deux oiseaux est très différent, ou avec le Milan siffleur[10]. Le juvénile peut être confondu avec l'Autour à ventre blanc ou le Faucon pèlerin[10].
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Tachyspiza fasciata (Autour australien) - Avibase », sur avibase.bsc-eoc.org (consulté le )
- ↑ Linnean Society of London., Linnean Society of London et Linnean Society of London, Transactions of the Linnean Society of London, vol. v.15 (1827), [The Society], 1791-1875, (lire en ligne)
- ↑ Cottrell, G. William,, G. William Cottrell, James C. Greenway et Ernst Mayr, Check-list of birds of the world, vol. v.1:ed.2 (1979), Harvard University Press, (lire en ligne)
- (en) Therese A Catanach, Matthew R Halley et Stacy Pirro, « Enigmas no longer: using ultraconserved elements to place several unusual hawk taxa and address the non-monophyly of the genus Accipiter (Accipitriformes: Accipitridae) », revue scientifique, (lire en ligne
[doc])
- (en) David P. Mindell, Jérôme Fuchs et Jeff Allan Johnson, « Phylogeny, Taxonomy, and Geographic Diversity of Diurnal Raptors: Falconiformes, Accipitriformes, and Cathartiformes », revue scientifique, (lire en ligne
[PDF])
- « Hoatzin, New World vultures, Secretarybird, raptors – IOC World Bird List », sur www.worldbirdnames.org (consulté le )
- ↑ (en) « The Key to Scientific Names - Birds of the World », sur birdsoftheworld.org (consulté le )
- James Ferguson-Lees, David A. Christie, Kim Franklin et David Mead, Rapaces diurnes du monde, Delachaux et Niestlé, (ISBN 978-2-603-02059-3), p. 180, 181
- Oiseaux.net, « Autour australien - Tachyspiza fasciata - Brown Goshawk », sur www.oiseaux.net (consulté le )
- Paul Bonfils, Oiseaux de Nouvelle-Calédonie: Grande Terre, îles Loyauté et archipels éloignés, Paris, Éditions Biotope Publications scientifiques du Muséum Société calédonienne d'ornithologie, coll. « Guide expert des », , 384 p. (ISBN 978-2-36662-310-9, 978-2-9579972-2-0 et 978-2-38327-015-7), p. 151, 152
- ↑ Congrès ornithologique international, 15.1, 2025.
- « Autour australien - eBird », sur ebird.org (consulté le )
- (en-GB) « Brown Goshawk - BirdForum Opus », sur BirdForum (consulté le )
- ↑ (en) Peter Mikula, Federico Morelli, Radek K. Lučan et Darryl N. Jones, « Bats as prey of diurnal birds: a global perspective », Mammal Review, vol. 46, no 3, , p. 160–174 (ISSN 1365-2907, DOI 10.1111/mam.12060, lire en ligne, consulté le )
- (en) Stephen Debus, Jeffrey S. Marks et Peter F. D. Boesman, « Brown Goshawk (Tachyspiza fasciata), version 1.3 », Birds of the World, (ISSN 2771-3105, DOI 10.2173/bow.brogos1.01.3, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Jeffrey Marks, Stephen Debus et Peter Boesman, « Brown Goshawk (Tachyspiza fasciata) », revue scientifique, (lire en ligne
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- (en) « Brown Goshawk Accipiter Fasciatus Species Factsheet », sur BirdLife DataZone (consulté le )
- ↑ (en) « Christmas Island goshawk | Christmas Island National Park | Parks Australia », sur christmasislandnationalpark.gov.au (consulté le )
- ↑ (en-US) « Brown Goshawk (Australische Havik) by Rick & José van der Weijde », sur PBase (consulté le )
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Oiseaux.net : Tachyspiza fasciatus (+ répartition)
- (en) Congrès ornithologique international : Tachyspiza fasciatus dans l'ordre Accipitriformes
- (en) Zoonomen Nomenclature Resource (Alan P. Peterson) : Accipiter fasciatus dans Accipitriformes
- (fr + en) Avibase : Tachyspiza fasciatus (+ répartition)
- (fr + en) ITIS : Accipiter fasciatus (Vigors & Horsfield, 1827)
- (en) UICN : espèce Accipiter fasciatus (Vigors & Horsfield, 1827)
- (en) Animal Diversity Web : Accipiter fasciatus
- (en) CITES : Accipiter fasciatus (Vigors & Horsfield, 1827) (+ répartition sur Species+) (consulté le )
- (fr) CITES : taxon Accipiter fasciatus (sur le site du ministère français de l'Écologie) (consulté le )
- (fr) eBird : Tachyspiza fasciatus