Autoréduction

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L’autoréduction est une pratique anticapitaliste et collective qui consiste pour un groupe de personnes à imposer la baisse du prix d'un produit ou d'un service voire sa gratuité. Le service ou produit ciblé est généralement considéré par les militants comme étant de première nécessité et devant être accessible de manière égalitaire pour tous. Les détracteurs des autoréductions ne font pas la distinction entre ce type de pratique et des vols ou braquages criminels.

Cette action prend des formes variées, du non-paiement des transports en commun aux réquisitions dans les supermarchés. Elle peut résulter du refus d'intégrer une augmentation du loyer, de l'électricité, du gaz ou de l'eau.

Historique[modifier | modifier le code]

En Italie, les grèves de loyers sont nombreuses et touchent les grandes villes (Rome, Milan, Turin) au milieu des années 1970. Cette pratique de réappropriation prolétarienne a été systématisée par le mouvement autonome qui parlait aussi de communisme immédiat. En France, ce fut le cas lors de la grève des loyers à la Sonacotra à partir de 1975.

Après un accalmie dans la pratique de ce type d'actions, ces dernières ont subi un regain d'intérêt en 2008 : la crise sociale provoquée par la spéculation boursière semble constituer un contexte favorisant le renouveau de cette pratique. Fin 2008, plusieurs autoréductions sont organisées par des groupes politisés composés de salariés précaires, de chômeurs, d'intermittents, et d'étudiants en lutte, notamment à Paris, Rennes et Grenoble.

Réquisitions dans les supermarchés[modifier | modifier le code]

L'autoréduction concerne aussi les denrées alimentaires dans les grandes chaînes de distribution, considérées comme des symboles du capitalisme et de l'exploitation des plus précaires. L'action consiste à remplir plusieurs caddies de produits alimentaires de base (pâtes, fruits & légumes...) et de bloquer les caisses par refus de payer. Commencent alors les dialogues avec la direction. Les militants comptent sur le temps du blocage aux caisse qui peut représenter un manque à gagner pour le magasin supérieur au montant des produits réquisitionnés dans les caddies, quand certains clients décident d'abandonner leurs achats du fait de la situation. Si la direction accepte de laisser passer les militants avec leurs caddies, il ne s'agit pas légalement d'un vol, mais d'une extorsion[1]. Les produits réquisitionnés sont alors partagés collectivement ou redistribués dans des quartiers populaires, pour montrer le caractère militant et désintéressé de l'action.

Transports en commun[modifier | modifier le code]

La pratique consiste à entrer en grand nombre dans un transport en commun sans payer et en distribuant des tracts parmi les passagers pour faire connaître la démarche. Le but affiché est la gratuité de ce type de transport en ville, par exemple, comme c'est déjà le cas dans certaines villes de France[2]. La démarche aurait aussi une dimension écologique, dans l'optique que la gratuité des transports en commun favoriserait leur utilisation et réduirait le parc automobile en ville, générateur de pollution. Ce type d'action a donc été repris par des mouvements écologistes militant dans le cadre du camp action climat, par exemple.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Yann Collonges, Pierre Georges Randal, Les autoréductions : grèves d'usagers et luttes de classes en France et en Italie (1972-1976), Genève : Entremonde, 2010, 147 pages, notice en ligne.
  • David Servenay, Autoréduction au Monoprix : pour redistribuer, partir sans payer, 01/01/2009, Rue89, lire en ligne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]