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Autonomie

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L'autonomie désigne la capacité d'un objet, individu ou système à se gouverner soi-même, selon ses propres règles. Le terme d'autonomie vient du grec autonomia qui signifie le pouvoir de celui qui est autonomos, c'est-à-dire celui qui détermine lui-même la loi (nomos) à laquelle il obéit. C'est la capacité de faire une tâche seul.

L'autonomie est la capacité d'une personne à subvenir à ses propres besoins ; on distingue parfois l'autonomie personnelle de l'autonomie sociale. Comparés aux autres animaux, les êtres humains ont besoin de beaucoup d'attention et de soins, et d'un grand nombre d'années avant de devenir autonomes. Par exemple, un cheval sait se tenir debout, se nourrir et marcher seulement quelques minutes après sa naissance, tandis qu’un être humain a besoin d’environ un an pour atteindre ce point[1].

Étymologie

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D’origine grecque le mot se décompose ainsi : « autos » signifie le même, ce qui vient de soi et évoque les actions individuelles du sujet « nomos », règles établies par la société, lois. Donc « Autonomos » : qui se régit par ses propres lois[réf. nécessaire].

Philosophie

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L'autonomie en morale est comme concept charnière entre la philosophie et la théologie. Nous poursuivons là un travail dont les prémices avaient été annoncées dans notre thèse de doctorat centrée sur la confrontation entre la morale de la foi et la morale autonome. Bien que celle-ci ne portât point directement sur Kant et sur son concept d'autonomie , elle approfondissait un débat qui se passait à son ombre.

II s'agit maintenant de porter à la lumière sur le concept kantien d'autonomie. de considérer les possibilités d'articulation avec le discours théologique. et d'élaborer ainsi un essai de morale fondamentale (aux niveaux philosophique et théologique) articulé sur la notion d'autonomie

En prenant comme point de départ Kant et son concept d'autonomie. nous nous adressons à un interlocuteur de première importance pour la recherche éthique actuelle. Son influence ne cesse en effet de se manifester autant dans la mise en avant de concepts qu'il a lui-même soulignés (ceux d'autonomie et de liberté) que dans le processus normatif lui-même: le Kantisme et l'utilitarisme (qui sy oppose) sont les deux grands modèles normatifs de l'éthique actuelle. Bien que l'autonomie ne soit pas exclusivement fondée sur la pensée kantienne et plonge aussi, comme nous le verrons ses racines dans l'humanisme de la culture chrétienne du Moyen Âge.

il revient à la philosophie des Lumières d'avoir exprimé de la façon la plus pertinente et de la manière la plus précise son idéal de liberté par ce concept[2].

Dans la suite des champs disciplinaires, cette idée se comprendrait mieux dans la relation entre autonomie et hétéronomie et avec l'anomie. En effet, ce sont des formes de relation dans les sciences sociales, de la psychologie à la sociologie.

Selon Auguste Comte, l'autonomie de l'homme est atteinte lorsqu'il réussit à s'affranchir de l'influence des religions et de la métaphysique pour atteindre l'« état positif », dans un processus qu'il appelle loi des trois états. Le positivisme du XIXe siècle a permis à la sociologie de réorganiser la société en tenant compte de lois scientifiques[3].

Ivan Illich et Jean-Paul Berthelon ont, dans La convivialité (1973), inauguré la question de l'autonomie à travers les notions d'outils conviviaux et de simplicité volontaire : l'autonomie pourrait être une façon de vivre qui cherche à être moins dépendante de l’argent, de la vitesse et du système industriel, et moins gourmande des ressources de la planète.

Technologie

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Pour un appareil ou une machine, l’autonomie est la durée pendant laquelle elle peut fonctionner sur ses réserves et avec ses capacités propres, soit en utilisant ses propres sources d'énergie, soit en utilisant une énergie tirée de l'environnement naturel (énergie solaire), sans recours à des sources d’énergie externes (recharge sur le réseau électrique ou ravitaillement en carburant). Il serait plus juste ici de parler d’autarcie provisoire, dans la mesure où les machines peuvent se suffire à elles-mêmes un certain temps - ce qui est la définition de l'autarcie -, mais non se gouverner selon des règles qu'elles ont elles-mêmes définies.

Ces technologies concernent la prévention des pathologies, leur dépistage et, dans le cas de maladies chroniques invalidantes, leur traitement pour éviter ou pallier leurs effets délétères.

Le rapport Alcimed distingue les technologies fondées sur la transmission de paramètres physiologiques et physiques du sujet de celles fondées sur les paramètres numériques de son environnement. Il cite notamment, parmi sept domaines d’applications actuelles :

- Les dispositifs médicaux implantables actifs : Ces dispositifs, efficaces pour améliorer les soins et l’autonomie des patients et moins de passages obligés à l’hôpital dans le cas des maladies chroniques invalidantes telles que le diabète et ça restent toutefois fort couteux et parfois mal tolérés, comme les électrodes implantées pour stimuler l’activité cérébrale, utilisées dans le traitement de la maladie de Parkinson, qui provoquent des inflammations.

- Les techniques de l’imagerie médicale assistée par ordinateur appliquées notamment à la chirurgie. Ces techniques sont aussi utilisées en détection, pour permettre un diagnostic précoce peu ou non invasif (ex. : coloscopie virtuelle, examen de l’extension d’une tumeur).

- L’ingénierie tissulaire qui vise à utiliser les cellules saines du patient pour amorcer la régénération des tissus. Déjà appliquée pour les tissus osseux et pour la peau, elle est promise à une extension rapide (muscles, ligaments, nerfs, implantation dentaire, ostéoporose).

- Les systèmes embarqués mobiles et/ou portés par la personne, qui combinent des capteurs de ses paramètres vitaux (rythme cardiaque, actimétrie pour la détection des mouvements et des chutes, température, glycémie, etc.) à des systèmes de transmission automatiques à distance et à des logiciels d’interprétation des données sur place ou à distance. Ces systèmes permettent d’anticiper les crises et de détecter les situations d’urgence pour intervention[4].

En politique moderne, l’autonomie désigne l'autogouvernance d'un groupe ou d'une communauté et a pu prendre plusieurs sens :

  • La théorie classique de la philosophie politique distingue surtout l'autonomie d’un pays dans une situation dans laquelle l'administration locale dispose de nombreux pouvoirs, en matière de culture, d’éducation, de développement économique, mais où elle dépend d’un autre pour certaines compétences, généralement les affaires étrangères, la défense et la monnaie. Voir autonomie territoriale et autodétermination.
  • Dès 1881, Paul Lafargue remarque la polysémie du terme[5] : « Il y a autant d’autonomies que d'omelettes et de morales : omelette aux confitures, morale religieuse ; omelette aux fines herbes, morale aristocratique ; omelette au lard, morale commerciale ; omelette soufflée, morale radicale ou indépendante, etc. L'Autonomie, pas plus que la Liberté, la Justice, n'est un principe éternel, toujours identique à lui-même ; mais un phénomène historique variable suivant les milieux où il se manifeste. Parler d'établir l'autonomie sans tenir compte du milieu économique où elle doit être établie, comme le fait certain personnage, régicide en chambre et docteur en ignorance, qui traite les collectivistes et les communistes de sectaires, c'est démontrer qu'on n'a pas volé son titre ignorantin. Pour dépêtrer le mouvement ouvrier des phrases creuses avec lesquelles on essaie de l'embourgeoiser, nous allons examiner trois formes historiques d'autonomie : autonomie communale, autonomie municipale, autonomie des organismes industriels ».
  • L’autonomie a pris un sens plus radical pour désigner un courant politique pratiquant l'action directe, c'est-à-dire une action politique en dehors des structures des partis politiques et des organisations syndicales reconnues par l'État. Le mouvement autonome contemporain est apparu en France dans les années 1960 dans la mouvance situationniste et dans les années 1970 en Italie. Les premiers groupes, marxistes, se réclament d'un vieux principe, celui de l’autonomie ouvrière des syndicalistes révolutionnaires (comme Georges Sorel) et de l'anarcho-syndicalisme du début du XXe siècle, reprise aussi sous le terme d’autonomie prolétarienne. L'autonomie se développe en France et en Allemagne à la faveur des premières crises sociales des années 1960. Le concept a été repris par la suite par des auteurs comme Hakim Bey (TAZ) ou pm (bolo bolo).
  • Le mouvement autonome en France des années 1960 à 2019 dont n'est issu en partie qu'un groupe armé (Action directe) a, en revanche, beaucoup influencé les résistances nouvelles au capitalisme, au productivisme et au consumérisme (des « alter-mondialistes » non violents aux black blocs, en passant par les squatters) qui se réclament souvent d'une Autonomie mise à l'absolu.
  • Cornelius Castoriadis est connu pour avoir élaboré et promu une démarche d'auto-émancipation autonome visant à rompre avec l'imaginaire social construit sur la croyance en des autorités extra-sociales : Dieu, État, etc. (hétéronomie).
  • Les Communautés autonomes d'Espagne, sur lesquelles repose l'organisation territoriale décentralisée de l'État espagnol, sont également parfois nommées « autonomies ».
  • Les régions autonomes italiennes, visées par les conditions particulières d'autonomie attribuées par l'article 16 de la constitution italienne, sont également parfois nommées « autonomies ».

L'Europe et l'autonomie

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La Charte impose le respect d'un minimum de droits qui constituent le premier socle européen de l'autonomie locale. En effet, les Etats s'engagent à respecter un certain nombre de principes fondamentaux pour lesquels aucune réserve n'est possible. Par exemple, le droit des citoyens de participer à la gestion des affaires publiques, ainsi que les droits principaux des collectivités à l'autonomie, aux élections des organes locaux, à des compétences, structures administratives et ressources financières propres, ou encore au recours juridictionnel en cas d'ingérence par d'autres niveaux. A travers ce mécanisme de « noyau dur », la Charte s'efforce de concilier la diversité des structures des collectivités locales dans les Etats membres du Conseil de l'Europe. L'objectif final reste cependant le respect de toutes les dispositions de la Charte.

Les Etats membres du Conseil de l'Europe, signataires du présent Protocole additionnel à la Charte européenne de l'autonomie locale (ci-après dénommée « la Charte », STE n° 122),Considérant que le but du Conseil de l'Europe est de réaliser une union plus étroite entre ses membres afin de sauvegarder les idéaux et les principes qui sont leur patrimoine commun; Considérant que le droit de participer à la gestion des affaires publiques fait partie des principes démocratiques communs à tous les Etats membres du Conseil de l'Europe; et que l'évolution dans les Etats membres a montré l'importance primordiale de ce principe pour l'autonomie locale; et qu'il serait d'accord que la Charte soit enrichie de dispositions qui garantissent le droit de participer aux affaires des collectivités locales. [1]

Médecine : autonomie et dépendance

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Les nouveaux outils numériques vont révolutionner nos pratiques. Le rôle de l’éthique est de questionner en gardant toujours en tête que la technique ne doit pas effacer l’humain. En effet, l’éthique place l’homme au centre de ses préoccupations et interroge la façon de mener l’action bonne pour ce patient singulier qui est en face de nous[6]. L'autonomie renvoie notamment à la liberté[7] de choix du patient (Charte de la personne hospitalisée[8]) ou, plus fréquemment, à la capacité pour une personne d'assurer les actes de la vie quotidienne. En cas de perte d'autonomie, on parle alors de dépendance[9]. Dans ce cas, le concept d'autonomie est particulièrement utilisé concernant la personne en situation de handicap et la personne âgée[10].

L'autonomie se définit en fonction de l'indépendance fonctionnelle. La définition de l’autonomie est la même pour tous. Que l’on soit une personne valide ou une personne en situation de handicap, et cela quel que soit le handicap.

La notion d'autonomie renvoie à celle de la dépendance. Les notions de « dépendance » et d'« autonomie » ne sont pas opposées car se complétant mutuellement[11].

Composants de l’autonomie

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Le terme autonomie a la même signification que l’on parle d’une personne valide que d’une personne ayant un handicap ou une déficience. Cela bien entendu sans différence de handicap. Afin d’établir la liste des items ainsi que le dictionnaire de données il est nécessaire de bien cerner l’autonomie et de tirer les éléments qui la composent. Pour cela, décomposons-la de la manière suivante : avant l’action, pendant l’action et après l’action.

  • avant l’action

Avant l’action, il est nécessaire que la personne en ait l’idée. Par idée, on entend le fait que la personne doit pouvoir penser seule à l’action qu’elle va ou qu’elle doit entreprendre. L’idée, va naître d’un ou de plusieurs besoins. Puis vient l’intention, qui est le fait de vouloir entreprendre cette action, et l’autodétermination qui est la volonté d’atteindre l’objectif menant à la réalisation de l’acte. La personne handicapée doit être capable d’anticiper face à la situation présente afin de pouvoir agir ou réagir dans les plus brefs délais, et de mettre en place les moyens nécessaires au bon fonctionnement de l’action qu’elle doit mener.

  • pendant l’action

La personne doit faire preuve de savoir-faire lors de l’accomplissement de l’acte. C’est-à-dire qu’elle doit maîtriser les actions faisant partie de l’acte, et pouvoir remédier aux éventuelles situations difficiles. Lors de contacts avec des tiers, elle doit avoir un comportement adapté. Lors du déroulement de l’action, la personne peut rencontrer certains problèmes et cela à différents niveaux: moteur, sensoriel, affectif et cérébral.

Grille de calcul de dépendance GIR / AGGIR

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AGGIR est une grille d’évaluation utilisé par les professionnels de santé ; permet de déterminer le niveau de dépendance d’une personne âgée selon sa capacité à effectuer certaines tâches du quotidien. Selon le niveau de dépendance, la personne âgée pourra bénéficier ou pas de l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie).

Il existe 6 niveaux de GIR. Pour profiter de l’APA le patient devra se situer entre le GIR 1 et le GIR 4. Si le patient se situe sur un GIR 5 ou 6 il ne pourra pas profiter de l’APA, cependant il pourra demander des aides auprès de sa caisse de retraite.

Les GIR 1 et GIR 2 correspondent aux niveaux de perte d’autonomie les plus forts.

Les GIR 3 et GIR 4 correspondent aux niveaux de perte d’autonomie moyens.

Les GIR 5 et GIR 6 correspondent aux niveaux de perte d’autonomie faibles.

La grille AGGIR évalue plus particulièrement les capacités à accomplir 10 activités mentales et corporelles dites discriminantes et 7 activités domestiques et sociales dites illustratives.[12].

Stabiliser ou augmenter l'autonomie

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L'autonomie peut être, dans certains cas, stabilisée ou même renforcée avec un mode de vie.

  • Renforcement mémoire ;
  • Renforcement musculaire : les chutes sont la cause principale de fractures avec ou sans complications. Il est fortement recommandé de faire une activité physique régulière, même en institution. Dans les recommandations des bonnes pratiques en EHPAD, le ministère de la santé recommande plus de 30 minutes de marche trois jours par semaine[13]
  • Renforcement social : sentir une place dans la société et un apport à celle-ci, est essentiel pour garder la motivation à « être bien ».
  • Renforcement communication : Très lié au point antérieur, car la pratique de communiquer va toujours ensemble avec un rapport aux autres. Des solutions plus adaptées ergonomiquement aux personnes âgées commencent à apparaître, comme des téléphones fixes ou mobiles (Doro par exemple), des services via un mobile (Témo par exemple) ou un opérateur mobile destiné aux seniors, qui propose une combinaison de téléphones mobiles et de services adaptés (Bazile telecom).

Les formes vivantes étant des totalités dont le sens de l'autonomie réside dans leur tendance à se réaliser comme telles au cours de leur confrontation avec leur milieu, elles peuvent être saisies dans une vision, jamais dans une division. Car diviser c'est, à la limite, et selon l'étymologie, faire le vide, et une forme, n'étant que comme un tout ne saurait être vidée de rien. La biologie, dit Goldstein, a affaire à des individus qui existent et tendent à exister, c'est-à-dire à réaliser leurs capacités du mieux possible dans un environnement donné[14].

L'autonomie par rapport au milieu (cf. Claude Bernard) est ce qui caractérise les êtres vivants et les distingue des machines.

La randonnée pédestre, le ski de randonnée, l'alpinisme sont des disciplines sportives qui peuvent se pratiquer en totale autonomie en termes d'hébergement et d'alimentation ; la pratique d’une activité physique constitue l’un des atouts majeurs pour prévenir la perte d’autonomie et favoriser un vieillissement en bonne santé. L’un des aspects les plus complexes de l’autonomie du sport est de savoir comment concilier les règles des organisations sportives avec les lois du pays. On prétend souvent qu’en raison des spécificités du secteur « sport », la justice sportive serait mieux dispensée par ceux qui savent, plutôt que part les tribunaux traditionnels[15].

L'analyse sociologique et l'intervention sociale utilisent aussi beaucoup la notion d’autonomie pour définir dans un sens restreint l'aptitude d'une personne à s'intégrer de manière individuelle dans la société par opposition à la situation d'assistance de la part de tiers et des pouvoirs publics : autonomie des personnes âgées, des personnes en situation de handicap, des personnes en situation précaire, etc.

Les sociologues s’interrogent sur le degré d’autonomie des différents espaces sociaux, mais assez rarement sur l’autonomie dont bénéficie leur propre activité. En l’absence de réflexion le risque est grand de réduire la question de l’autonomie de la sociologie à des notions plus communes, comme la « neutralité », l’existence d’une déontologie, le principe du jugement des pairs[16].

Au point de vue de l'analyse sociale, le terme d'autonomie correspond à la capacité à s'auto-suffire dans le sens strict ou à pouvoir s'auto-gérer dans le sens courant. Ainsi, quand on parle d'autonomie pour une personne handicapée, on l'oppose à l'idée communément admise de dépendance. Une personne handicapée est dite autonome quand elle peut dépasser cette dépendance, « se débrouiller seule » sans devoir avoir systématiquement avoir besoin de l'aide d'autrui. Cela est également valable pour une personne valide, qu'elle soit dans une situation de handicap (stress, peine, douleur, solitude, dépression…) ou non. À la différence près que pour une personne valide, l'imaginaire collectif attribue automatiquement une autonomie et un droit à l'autonomie que l'on n'accorde pas à la personne handicapée. On ne met pas en avant l'autonomie d'une personne valide car « cela va de soi ».

Pourtant, l'autonomie et la dépendance doivent être distinguées conceptuellement. L'autonomie se distingue de l'indépendance, en ce qu'elle consiste à reconnaître la personne comme sujet disposant de la capacité de décider pour elle-même. Ainsi, une personne dépendante d'une assistance ou d'un accompagnement extérieur ne perd pas nécessairement son autonomie si la personne aidante veille à respecter au mieux ses décisions d'organisation, tant que celle-ci est capable de décider pour son propre bien-être.

La notion d'autonomie fait aujourd'hui partie du vocabulaire usuel de la sociologie des biens symboliques, tout particulièrement quand elle prend pour objet les champs intellectuels, artistiques ou scientifiques. Supposant leur caractère relativement différencié, elle est couramment utilisée pour analyser leur processus historique de spécialisation, pour rendre compte de leurs dynamiques propres, et pour appréhender la manière dont leurs membres peuvent s'investir dans d'autres espaces [17].

Notes et références

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  1. « Définitions : autonomie », sur Dictionnaire Larousse (consulté le ).
  2. E.GAZIEUX, « L'autonomie en moral : au croisement de la philosophie et de la théologie » [doc], p. 1
  3. « L'adulte dans la philosophie d'Auguste Comte »
  4. « Technologies pour le soin, l'autonomie et le lien social des personnes âgées : quoi de neuf ? », Article,‎ (lire en ligne [doc])
  5. Paul Lafargue, L'autonomie, L'Égalité, organe du Parti Ouvrier Français, 25 décembre 1881 - 15 janvier 1882.
  6. « E-Santé et autonomie », FICHE THÉMATIQUE,‎
  7. L’autonomie du patient – mythe ou réalité ? http://www.ethikos.ch/606/lautonomie-du-patient-mythe-ou-realite
  8. Charte de la personne hospitalisée http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/charte_a4_couleur.pdf
  9. Qu’est ce que la dépendance ? http://www.radiancehumanis.com/conseils-prevoyance/dependance/la-dependance
  10. Personnes âgées et personnes en situation de handicap http://www.uniopss.asso.fr/resources/trco/pdfs/2012/F_juin_2012/66763_Preoccupations_prioritaires_PA_PH.pdf
  11. [PDF] Autonomie et dépendance, chapitre 8 Ressources d'enseignement, Corpus de Gériatrie, sur http://www.chups.jussieu.fr/polys/geriatrie, relu le 25 février 2013
  12. https://www.ehpad.fr/grille-aggir/#:~:text=La%20grille%20AGGIR%20est%20une,Allocation%20Personnalisée%20d%27Autonomie).
  13. http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/reco_soinsehpad/rbps_ehpad.pdf
  14. Georges Canguilhem, La Connaissance de la vie, (lire en ligne)
  15. Richard PARRISH, « L’autonomie du sport : une analyse juridique » [doc]
  16. Julien duval, « À propos de l’autonomie de la sociologie », Livre,‎ , p. 74 (lire en ligne [doc])
  17. L'autonomie en questions Réflexions sur le concept d'autonomie en sociologie de l'art, des intellectuels et de l'expertise,

Articles connexes

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Bibliographie

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  • Kant, Critique de la raison pratique, L'autonomie de la couleur désigne, en peinture la capacité de la couleur à se suffire à elle-même sans avoir à se référer à autre chose. La peinture devenant ainsi le sujet du tableau. L'autonomie de la couleur s'oppose au ton local qui reproduit l'exacte couleur réelle des éléments représentés.
  • Ralph Waldo Emerson (trad. Stéphane Thomas), Compter sur soi [« Self-reliance »], Éditions Allia, [1841] 2018, 62 p. (ISBN 979-10-304-0939-0)
  • Cornelius Castoriadis & Daniel Cohn-Bendit, De l'écologie à l'autonomie, Le Bord de l'eau, [1981] 2014, 106 p. (ISBN 978-2-35687-292-0)
  • Gabriel Gagnon, « À la recherche de l’autonomie: Cornelius Castoriadis », Sociologie et sociétés, vol. 14, no 2,‎ , p. 113-118
  • Marc Joyau, De l'autonomie des collectivités territoriales françaises. Essai sur la liberté du pouvoir normatif local, L.G.D.J. (Librairie Générale de Droit et de Jurisprudence) 1998, collection "Bibliothèque de droit public", no 198, 362 p. Cet ouvrage pose les bases théoriques d'un modèle d'autonomie « à la française », qui ne se confond pas avec l'autonomie pratiquée dans les États régionaux, mais qui permet malgré tout aux collectivités locales françaises de prendre des décisions de nature politique.
  • Jean-Christophe Goddard, « Autonomie, réduction et réflexivité : la philosophie naturelle de Francisco J. Varela et le projet transcendantal », Intellectica,‎ , p. 205-225 (lire en ligne)
  • Marlène Jouan et Sandra Laugier (dir.), Comment penser l'autonomie ? : entre compétences et dépendances, Presses universitaires de France, , VI-461 p. (ISBN 978-2-13-056552-9)
  • Aurélien Berlan, « Autonomie et délivrance. Repenser l’émancipation à l’ère des dominations impersonnelles », Revue du MAUSS, no 48,‎ 2016(2), p. 59 à 74 (lire en ligne)
  • Loïc Chalmel, « Rudolf Steiner : De la Philosophie de la liberté à une pédagogie de l’autonomie », Revue germanique internationale, no 23,‎ , p. 159-175 (lire en ligne)
  • Philippe Caumières et Arnaud Tomès, Pour l'autonomie : la pensée politique de Castoriadis, L'Échappée, , 234 p. (ISBN 978-2-37309-025-3)
  • Aurélien Berlan, Terre et liberté  : la quête de liberté contre le fantasme de délivrance, La Lenteur, , 220 p. (ISBN 9791095432302)
  • Ludovic Deblois, Autonomies : un sens et une énergie au service du bien commun, L'Arroseur de l'ombre, Candela, , 212 p. (ISBN 978-2-492354-02-1)

Liens externes

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