Autonome Nationalisten

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Manifestants nationalistes autonomes allemands.

Autonome Nationalisten (en français: Nationalistes Autonomes) ou AN est un mouvement à l'origine nationaliste d'extrême droite allemand de type strasseriste qui s'est également propagé au Royaume-Uni, en Flandre et aux Pays-Bas[1] qui a repris les concepts de l'Extrême gauche anarchiste ainsi que les tactiques démonstratives (Black Blocks), symbolisme et éléments (Incluant la photo du Che Guevara, T-SHIRT, Keffieh[2] etc...) mais utilisent également des symboles nationalistes (Drapeau allemand noir-blanc-rouge du Deuxième Reich). Des groupes similaires seraient apparus dans les pays d'Europe de l'est tels que l'Ukraine[3], la Grèce, la Tchéquie[4], la Pologne[5],[6] et la Roumanie[7].

Pour la plupart, il s'agissait de jeunes nationalistes issus des rangs des Freie Kameradschaften (Camaraderies libres) en Allemagne. Depuis 2002 environ, ils ont délibérément recours au modèle du mouvement autonome de gauche politique dans leur apparence et leurs formes d'action, représentant entre autres des schémas d'argumentation antisionistes, anti-capitalistes et anti-impérialistes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le phénomène des nationalistes autonomes allemands peut être attribué aux mouvements «Freie Nationalisten» (nationalistes libres), «Freie Kräfte» (Forces libres) et «Freie Kameradschaften» (camaraderies libres), qui se sont développés à l'ombre du Parti national-démocrate d'Allemagne depuis la fin des années 1980. La répression policière contre l'extrême droite après la réunification et la vague d'interdiction du début des années 1990 ("Deutsche Alternative", "Front nationaliste", "Freiheitliche Deutsche Arbeiterpartei", entre autres) a forcé la plupart des membres de l'extrême droite locale et les groupes militants à se scinder en "cellules nationalistes autonomes" de 5 à 20 membres sans appartenance formelle. Au lieu de tenir des réunions régulières, ils ont commencé à utiliser le téléphone et plus tard Internet pour la communication et l'organisation[8]. Les cellules locales ont formé des réseaux de coordination dans les régions pour coordonner les actions[9]. En 2008, on estimait à environ 400 le nombre de nationalistes autonomes allemands, soit 1% de l'extrême droite du pays[10].

L'Office fédérale allemande pour la protection de la Constitution, qui fournit des renseignements nationaux au gouvernement, a estimé le nombre de participants actifs au mouvement d'extrême droite en 2008 à environ 40 000[11]. Selon le Southern Poverty Law Center (SPLC), il existait en Allemagne 75 organisations d'extrême droite comptant 50 000 membres.

L'émergence des nationalistes autonomes était controversée au sein du milieu d'extrême droite allemand, à la fois parce que certains militants plus âgés de l'extrême droite allemande s'opposaient à leur image "de gauche" et parce que le NPD craignait de compliquer ses efforts pour prendre part à la vie politique[12]. Autre controverse dans la vie politique: les nationalistes autonomes avaient parfois exprimé sa sympathie pour certains mouvements islamistes tels que le Hezbollah et le Hamas pour leur opposition au sionisme et à ce que l'on appelle "l'impérialisme américain"[13].

Les nationalistes autonomes d'Europe se sont rendus visibles à partir de 2003-2004 et sont maintenant considérés comme plus violents que les autres membres de l'extrême droite européenne[14],[15].

Les activités des AN reposent sur l'organisation de concerts de musique, de marches et de processions ("Black Block"), l'utilisation de propagande sous forme d'affiches, d'autocollants ou de bannières, la promotion de leurs propres points de vue sur Internet, etc. La Croix celtique est un symbole particulièrement fréquent.

Idéologie[modifier | modifier le code]

Autonome Nationalisten/Nationalistes autonomes allemands arborants le drapeau noir.

Les nationalistes autonomes sont opposés à l'Impérialisme culturel américain. Leur idéologie est fortement inspirée du strasserisme. Ils prônent le nationalisme, l'anticapitalisme, l'anti-américanisme, l'antisionisme et l'anti-imperialisme. Les nationalistes autonomes sont fortement décentralisés[16]. Ils sont idéologiquement proches du nationalisme révolutionnaire, seraient à la fois une organisation, une sous-culture et un concept stratégique[17]. Le mouvement est syncrétique de par son mélange d'idéologies d'extrême droite et de gauche radicale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://www.doorbraak.eu/gebladerte/11479f95.htm
  2. http://www.publiceye.org/magazine/v23n4/rebranding_fascism.html
  3. See: Автономні націоналісти України (Nationalistes autonomes d'Ukraine)
  4. Mareš, Miroslav. National and Right-wing Radicalism in the New Democracies: Czech Republic. Paper for the workshop of the Friedrich Ebert Foundation on “Right-wing extremism and its impact on young democracies in the CEE countries”, Septembre 2012.
  5. https://radicalinfo.wordpress.com/2009/06/18/nowy-styl-narodowej-rewolty/
  6. https://anw14.wordpress.com/category/o-nas/
  7. Romania: Extremists offer Roma women payoffs for sterilization, Budapest Telegraph, 17 Mai 2014.
  8. Jan Schedler. ‚Modernisierte Antimoderne‘: Entwicklung des organisierten Neonazismus 1990-2010. In: J. Schedler, A. Häusler (Hrsg.). Autonome Nationalisten Neonazismus in Bewegung. Wiesbaden: VS Verlag für Sozialwissenschaften, 2011, p. 17-35.
  9. Robert Grimm (Manchester Metropolitan University). The geographic distribution of the extreme right in Germany, 25 Septembre 2012.
  10. Nicola, Stefan (20 May 2008). "Germany's new neo-Nazis". UPI. Retrieved 26 Avril 2010.
  11. Rachel Nolan. Neo-Nazi Fashion: Thor Steinar and the Changing Look of the German Far Right, Spiegel Online International, 20 Novembre 2008.
  12. Mareš, Miroslav (25 March 2010). "Transnational Activism of Extreme Right Youth in East Central Europe". Paper (first draft) for the International Conference "Far right networks in Northern and Eastern Europe”, Uppsala University, March 2010: 5–6.
  13. https://www.doorbraak.eu/gebladerte/11479f95.htm
  14. Glet, Alke (November 2009). "The German Hate Crime Concept: An Account of the Classification and Registration of Bias-Motivated Offences and the Implementation of the Hate Crime Model Into Germany's Law Enforcement System" (PDF). The Internet Journal of Criminology: 16.
  15. Nicola, Stefan (20 May 2008). "Germany's new neo-Nazis". UPI. Retrieved 26 April 2010.
  16. Sommer, Bernd. Anti-capitalism in the name of ethno-nationalism: ideological shifts on the German extreme right, Patterns of Prejudice, V. 42, No. 3 (2008): 305-316.
  17. Mareš, Miroslav (25 March 2010). "Transnational Activism of Extreme Right Youth in East Central Europe". Paper (first draft) for the International Conference "Far right networks in Northern and Eastern Europe”, Uppsala University, March 2010: 5–6.


Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]