Automatisme mental

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L'automatisme mental, défini dans les années 1920 par le psychiatre français Gaëtan Gatian de Clérambault (1872-1934) qui en a fait le titre d'un de ses ouvrages, se caractérise par un ensemble d'hallucinations dans lesquelles une personne est persuadée que quelqu'un ou quelque chose s'est emparé de sa conscience ou guide ses actes. Dans le contexte de la psychiatrie de l'époque, la notion d'automatisme est très présente mais Clérambault le raffine en distinguant deux formes principales d'automatisme mental : les automatismes mineurs (qui correspondent à ce qu'on appelle aujourd'hui les pensées intrusives) et les automatismes majeurs (les hallucinations proprement dites accompagnées de délires, tels que dans la psychose hallucinatoire chronique).

Mineur[modifier | modifier le code]

Un automatisme mental mineur se limite essentiellement à la pensée : des pensées perçues comme étrangères envahissent la conscience, ou des souvenirs défilent, d'une façon qui semble échapper totalement à la volonté.

Majeur[modifier | modifier le code]

Nettement plus grave, un automatisme mental majeur se caractérise par diverses hallucinations, notamment psychiques (intuitions, révélations, injonctions), psychomotrices (inhibition ou impulsion motrice, sensation de courant, de torsion des viscères ou des organes génitaux...), auditives (voix épisodiques notamment des reproches, par exemple « C'est idiot ce que tu dis ! »), gustatives, olfactives, cénesthésiques ainsi que par une impression angoissante de dépossession du comportement. Cette forme, par ces hallucinations associées à l’énonciation des actes et à l’écho de la pensée, présente des analogies avec la psychose hallucinatoire chronique.

Caractérisé par une altération profonde du sens de l'agentivité, l'automatisme mental se distingue d'autre formes de délire d'influence par le fait que le sujet a l’impression que son comportement et sees pensées se déroulent hors de son contrôle d'une manière automatique, et non pas sous l'emprise d’un agent extérieure, qui l’influence soit de façon maléfique, soit avec une inspiration bénéfique, et lui dicte sa conduite. Le lien avec certaines formes de schizophrénie est possible[1].

Cette forme pathologique aiguë est génératrice d'importantes angoisses à type de périls imminents et/ou d'irrépressibles injonctions, pouvant mener à des passages à l'acte auto-agressifs et dans de rare cas hétéro-agressifs.

Un processus mental pathologique[modifier | modifier le code]

L'automatisme mental, enchainement automatique de pensées qui peut aller jusqu'à s'accompagner d'une agitation gestuelle et que le patient ressent comme lui étant imposé, s'oppose à l'automatisme psychologique, états de conscience concomitants à des gestes accomplis automatiquement et indépendamment d'une pathologie mentale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nicolas Frank, « Clinique de la schizophrénie », EMC Psychiatrie,‎ (lire en ligne)