Aurora consurgens

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Aurora-birdsonthechurch.jpg

L'Aurora consurgens est un traité d'alchimie médiéval autrefois attribué à Thomas d'Aquin, enluminé de 37 miniatures à l'aquarelle. Le plus ancien manuscrit (Zurich Zentralbibliothek MS. Rhenoviensis 172), incomplet, date de ~1420. Une version complète date d'environ 1450 (Prague, Universitni Knihovna, MS. VI. Fd. 26).

L'ouvrage[modifier | modifier le code]

Le texte est en grande partie[1] un commentaire d'un traité arabe Xe siècle, la Tabula Chemica de Senior Zadith Filius Hamuel (ou Senior Zadith, ou encore simplement Senior), c'est-à-dire l'alchimiste arabe Ibn Umail. Une mauvaise traduction latine en avait été faite dès le XII° ou le XII° siècle[1]. Ce texte est la description (ekphrasis) des fresques de la chambre souterraine d'une pyramide, dans laquelle une table de marbre ou d'émeraude, gravé de symboles supposés hiéroglyphiques, reposant sur les genoux d'Hermès Trismégiste, le fondateur mythique de l'alchimie[2]. Les illustrations ont été ensuite rajoutées pour illustrer le texte dans sa version de l' Aurora consurgens. Selon la Tabula chemica, les pictogrammes furent copiés, ce qui garantit l'intégrité et la véracité de l'enseignement d'Hermès. L'Aurora consurgens est donc l'expression visuelle du mythe, important à la Renaissance, de la redécouverte du savoir antique - la transmission de ce savoir, d'origine divine, sous forme de pictogrammes hiéroglyphiques lui permet d'échapper aux déformations de l'interprétation humaine et verbale[3].

Traductions notables[modifier | modifier le code]

Ce texte a notamment été traduit et commenté, Aurora Consurgens le lever de l'aurore (1966), par la psychologue Marie-Louise von Franz, collaboratrice du psychanalyste Carl Gustav Jung[4].

Listes des manuscrits[modifier | modifier le code]

  • Zurich Zentralbibliothek MS. Rhenoviensis 172 ;
  • Glasgow University Library MS. Ferguson 6 ;
  • Leiden, MS. Vossiani Chemici F. 29 ;
  • Paris, Bibliotheque Nationale, MS. Parisinus Latinus 14006 ;
  • Prague, Universitni Knihovna, MS. VI. Fd. 26 ;
  • Prague, Chapitre Métropolitain, MS. 1663. O. LXXIX ;
  • Berlin, Staatsbibliothek Preussischer Kulturbesitz, MS. Germ. qu. 848.

Enluminures[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Présences d’Hermès Trismégiste Albin Michel - Cahiers de l’Hermétisme. Visages d'Hermès Trismégiste (documents iconographiques), Antoine Faivre, p. 49
  2. Stapleton, H.E.: 1933, Three Arabic Treatises on Alchemy by Muhammad bin Umail (10th Century A.D.). Memoirs of the Asiatic Society of Bengal, XII, Calcutta. : "I saw on the roof of the galleries a picture of nine eagles with out-spread wings […] On the left side were pictures of people standing ... having their hands stretched out towards a figure seated inside the Pyramid, near the pillar of the gate of the hall. The image was seated in a chair, like those used by the physicians. In his lab was a stone slab. The fingers behind the slab were bent as if holding it, an open book. On the side viz. in the Hall where the image was situated were different pictures, and inscriptions in hieroglyphic writing [birbawi]"
  3. Barbara Obrist Visualization in Medieval Alchemy International Journal for Philosophy of Chemistry, Vol. 9, No.2 (2003), pp. 131-170 en ligne
  4. Aurora Consurgens, le lever de l'aurore sur le site cgjung.net

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Barbara Obrist, Les débuts de l’imagerie alchimique (XIV-XVe siècles), Le Sycomore, coll. « Féodalisme »,‎ 1982 (revue par William Newman Medieval Academy of America 1985)

Liens externes[modifier | modifier le code]