Augustines de l'Ordre de la Pénitence de la Madeleine

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Une Pénitente.

Les Filles Rendues de Paris ou Filles Pénitentes, devenues Augustines de l'ordre de la pénitence de la Madeleine, également dénommées Maglorines, Filles de Saint-Magloire, religieuses Augustines de Saint-Magloire ou religieuses Augustines Pénitentes de Paris, surnommées par le peuple Filles de Paris, est un ordre religieux catholique français fondé à la fin du XVe siècle, à la suite des prédications de Jean Tisserand, prédicateur cordelier, à Notre-Dame de Paris.

Historique[modifier | modifier le code]

Nicole Gilles, Les Annales et Chroniques de France, depuis la destruction de Troye jusques au temps du Roy Louis onziesme, jadis composees par feu maistre Nicole Gilles, Imprimees nouvellement sur la correction du Signeur Denis Sauvage de Fontenailles en Brie, et additionnees, selon les modernes historiens, iusques à cet an Mil cinq cens cinquante trois, page CXIV.

Fondation de l'ordre en 1492-1494[modifier | modifier le code]

Le collège des Filles de Paris de l'ordre de Sainte Marie-Madeleine (appelé ensuite refuge des Filles pénitentes[1], ou simplement Pénitentes, ou encore Repenties[2], parfois confondues avec les Madeleines ou Madelonnettes[3]) a été fondé en 1492 (d'après Félibien), ou en 1493, ou 1494 (d'après Du Tillet dans sa Chronique des Rois de France)[4], à la suite de deux années de prédication du Carême et de l'Avent de Jean Tisserand, prédicateur cordelier, à Notre-Dame de Paris.

Environ deux cents femmes de « mauvaise vie » « jeunes et belles »[5] furent converties : « Dieu donna du courage à Jean Tisserand. Lorsqu'il prêcha à Notre-Dame devant l'évêque de Paris, il convertit à Dieu plusieurs filles et leur donna le statut de Pénitentes. C'était merveille de voir un tel mérite chez ce père. »[6]. Jean Tisserand devint leur aumônier et composa pour elles des Noëls pour « Filles Rendues à Paris » et des hymnes.

Plus tard, Jean Nicot dans son Trésor de la Langue française (1606), reprenant mot pour mot le récit de Nicole Gilles donne cette définition à l'article « Filles » : « Filles Penitentes, ou Repenties, sont celles qui laissants la vie lubrique se pendent au monastere de la religion dressée pour telles Penitentes. Nic. Giles en la vie de Charles VIII. Frere Jan Tisserant, Mineur Observantin, à sa predication convertit la plus grand'partie des filles perduës de Paris, qui vivoient en Lubricité, et jusques au nombre de deux cens ou environ, des plus jeunes et belles, dont a esté dressée une religion en laditte ville de Paris, appelée la religion des filles repenties. et depuis y en ay veu plus de trois cens. Cette compagnie dont le monastere estoit fondé en la ruë d'Orleans, a depuis quelque temps esté translatée en la ruë S. Denys en l'abbaye S. Magloire ». On voit bien ici que si le terme de « repenties » existait déjà ainsi que les ordres de la pénitence, c'est l'institution de Jean Tisserand qui retint l'attention des contemporains, du fait de son alliance avec le roi[7].

Statuts édictés en 1497[modifier | modifier le code]

Leur nombre s'étant accru en peu de temps, on fut obligé de faire la quête dans la ville. Les autorisations furent accordées par les lettres patentes de Charles VIII de France du , le pape Alexandre VI leur donne la Règle de saint Augustin par une Bulle du mois d'octobre 1497. Les rois visitèrent ce couvent, Louis XII (elles sont alors 80, encadrées par une parente du roi), François Ier, Henri II, François II et Charles IX de France. Les statuts furent édictés en 1497 par Jean-Simon de Champigny, évêque de Paris, et Charles VIII de France fut désigné dans les statuts comme leur fondateur[8]. Les statuts édités en lettres gothiques portent au frontispice une image de Sainte Marie-Madeleine entourée de religieuses portant ces mots : « La Règle, et constitutions processions et autres doctrines pour les filles pénitentes : dites les filles repenties, utiles et profitables pour tous ceux qui le liront et considéreront. »

Réforme en 1616[modifier | modifier le code]

L'abbaye Saint-Magloire.

Il fallut cependant faire venir huit religieuses de Montmartre le , dont mère Marie Alvequin (qui restera supérieure pendant 32 ans, jusqu'à sa mort en 1648) et Adrienne Colbert, parente du grand Colbert pour rétablir la Règle, après un relâchement de l'ordre (dû à la Ligue) qui les avaient forcées en 1616 à sortir quêter[9]. Ensuite, en 1617, les religieuses portèrent un voile noir à la place du blanc. On ne devait y admettre que des femmes avant l'âge de trente ans. On reçut au XVIIe siècle dans cette abbaye des femmes d'une conduite honnête, Vierges Consacrées, qui devinrent les Filles ou Dames de Saint-Magloire et non plus Pénitentes de Saint-Magloire[10]. Au XVIIIe siècle, le couvent servit aux femmes de « mauvaise vie » qui faisaient pénitence et y demeuraient enfermées, mais sans vœu, comme maison de correction.

Mères et mères supérieures[modifier | modifier le code]

  • Jehanne Bordière (1510)
  • Louise Bustangière (1572)
  • Jeanne Giffart (1575)
  • Guillemette Bezart( 1579)
  • Marguerite Tesson (1602)
  • Marie Alvequin (1616-1648)

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Mode de vie et admission[modifier | modifier le code]

« Voyant les filles de Paris qui toutes sont vestues de blanc,
Suyvant Iesus et ses amis suivant Iesus […] »

Ce Noël dépeint les Filles de Paris toutes vêtues de blanc[11]. Elles portaient un voile blanc, symbole et la pureté reconquise et du sang de l'Agneau qui les avait rachetées, et en 1550 elles furent obligées de garder la clôture, dans le parc entouré d'une muraille sans échelle et sans ouverture, et nul n'était admis chez ces « encloses et recluses » que les ouvriers (maçons, couvreurs), le médecin chirurgien, le roi, la reine et les princes de sang, les évêques et les prélats, en présence de sœurs. Il y avait une sœur guichetière chargée de clefs et, en plus des mères et sous-mères, comme dans les autres monastères, deux cellérieres, deux sœurs boursières, tourière, portière, secretaine (chargée des calices), chantre, etc. Terrasson nous dit qu'il y avait des gouvernantes, Gubernatrices Filiorum Paenitentium et une Maîtresse, Magistra Filiorum Paenitentium et sous-maîtresses. Les aumônes en linge étaient enfermées dans un coffre à quatre serrures. Plus tard, elles furent vêtues comme les minimes en gris avec un voile noir.

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Le Pérugin, Sainte Marie Madeleine (vers 1482), Washington DC, National Gallery of Art.

La vêture se faisait en présence du peuple : revêtue d'un simple couvre-chef, les cheveux pendants qu'on leur coupait alors, une pièce d'étoffe noire sur la poitrine, un cierge ardent devant elles. Un an plus tard, elles pouvaient prononcer leurs vœux religieux sur des papiers, qui étaient écrits et signés, parfois d'une simple croix à l'encre si elles ne savaient pas écrire, et remis aux mères et sous-mères. Cependant pour y être admises, elles devaient jurer (et les femmes qui les visitaient) sur les Évangiles, avoir eu une vie dissolue et vécu dans le libertinage. Elles devaient aussi jurer, devant le confesseur et six religieuses sous peine de damnation éternelle, ne pas être prostituées exprès pour devenir religieuses et qu'elles avaient péché sans intention pieuses[12]. Cet examen n'était pas réitérable afin que les jeunes filles ne se prostituent pas volontairement pour y entrer, et si on découvrait ce fait alors qu'elles étaient religieuses, elles étaient renvoyées : beaucoup de filles pressées par la misère ou par leurs parents, cherchaient en effet à devenir religieuses. Plus tard ne furent admises à prononcer leurs vœux et devenir religieuses que celles qui le désiraient, et non les filles enfermées par leur famille, parfois de force. Leur nombre ne fit que décroître avec le temps : au début 200 (prédication de Jean Tisserand) ; puis 300 peu après ; mais 80 ensuite en 1580, en 1729 en comptait encore 52 religieuses et en 1756 on en comptait que 23, en 1790 elles étaient 18 servies par neuf domestiques.

Elles formaient un ordre régulier de religieuses Augustines : elles se levaient à minuit, et offices religieux et heures de travail se succédaient, jours de chapitres, d'abstinence, trois fois par semaine, et aussi de « discipline ». Tous les trois ans on y élisait une supérieure, laquelle pouvait être reconduite jusque cinq fois (la première supérieure fut Louise de la Bustangière) et furent nommées « religieuses Augustines de Saint-Magloire » ou « religieuses Augustines Pénitentes de Paris »[13] mais étaient surnommées par le peuple « Filles de Paris » car elles devaient, comme les autres ordres mendiants, vivre d'aumônes (elle recevaient aussi des donations annuelles du roi, en grain et en sel) et quêtaient dans les rues de Paris, jusqu'à ce que dotées, elles observent une stricte clôture. Ces Augustines Pénitentes eurent des frères quêteurs et religieux confesseurs (selon les statuts de Jean Simon de Champigny) demeurant hors de la clôture et dont les vœux se faisaient à la grille entre les mains de la supérieure et du père confesseur, vêtus de chaperons et de robes de laine grise avec une autre robe de laine blanche par dessous. On pressa le curé Olier de devenir leur supérieur mais il refusa cet emploi.

Revenus[modifier | modifier le code]

« Aux pauvres filles pénitentes, dix livres parlsis, en pitié et aumosme, pour avoir du. pain dont elles ont grand nécessité et souffrette […] »[14]

Au début de leur fondation, les Repenties ont vécu d'aumônes et de quêtes : une sœur s'occupait des ressources et aumônes ainsi reçues[15].

Le , un don de 1 200 francs aux Filles Repenties de la maison ou hôtel d'Orléans fut prodigué par le roi et l'archevêque de Rouen et le maître d'hôtel Raoul du Refuge[15].

Pour les dédommager de la perte de leur hôtel, Marie de Médicis engagea ses enfants à leur faire du bien : Charles IX de France leur assura une rente de 2 000 écus à perpétuité accordée par le roi Henri II de France pour neuf ans et la Reine Marie de Médicis leur donna mille livres tournois de rentes à prendre sur l'hôtel de ville de Paris, et s'engagea à leur faire donner par les ducs d'Alençon et d'Anjou, mille livres de rente par un acte passé en bonne et due forme[16] :

Le roi Henri IV les exempta d'impôts au même titre que les ordres mendiants et leur donna une rente de 450 livres (lettres patentes du ).

Plus tard, les revenus varièrent souvent et ne furent pas considérables. En 1729, les recettes montaient à 10 836 livres 14 sous 11 deniers et les charges à 4,59 livres 4 sous et 11 deniers, ce qui donnait un revenu net de 16 277 livres et 10 sous.

Le , Adrien François Oudin, procureur au Châtelet, déclara au nom des dames religieuses de Saint-Magloire que le revenu de ce monastères consistait en :

  • 4 500 livres provenant des locations des appartements occupés par les dames pensionnaires ;
  • 5,9146 19s. provenant des loyers des maisons situées rue saint Denis ;
  • 5 200 1,4. de rentes sur l'hôtel de Ville ;
  • 2 390 livres payées par les fermiers généraux comme indemnité de l'entrée sur les vins ;
  • 6 livres 15 sous dus par l'hôtel Dieu de Paris pour fondations.

Les charges consistaient en frais de sacristie et de fondation : 663 livres, 15 s. en décime, frais de culte, capitations : 7 674 livres 5 s. et 3 livres de cens pour une maison payée au grand prieur de France[17].

Logements[modifier | modifier le code]

Nous ne savons pas où elles furent tout d'abord logées[18]. La Maison du chaudron (à l'enseigne du chaudron) est achetée le , dans laquelle se trouvait enclavé l'hôtel d'Orléans. Installées en couvent en l'hôtel du Bouchage (ou de Brehaigne, c'est-à-dire de Bohême), appelé aussi l'hôtel d'Orléans par le duc Louis d'Orléans[19] futur le roi Louis XII, elles occupèrent tout d'abord dès 1498 la première moitié de l'hôtel, ou une petite partie, et le roi ayant donné une autre à son valet Pierre Le Brun ou ayant perdu l'autre moitié au jeu contre Robert de Framezelles, elles le lui rachetèrent pour le prix de 2 000 écus d'or couronnés, un 6 avril à Lyon, et purent occuper l'hôtel d'Orléans tout entier, nommé ensuite hôtel de Soissons et situé rue d'Orléans-Saint-Honoré, rue de Grenelle, à charge de prier chaque jour pour la santé et prospérité du roi. Il fallut murer les portes à cause de la clôture, n'en laissant qu'une seule mais elles avaient propriété du parc et du jardin[20].

Marie de Médicis à laquelle un astrologue venait de prédire qu'elle mourrait près de Saint-Germain[21], voulut y faire construire un palais, et les fit déménager dans la chapelle Saint-Georges de l'abbaye de Saint-Magloire, par lettres du . Arnoul Boucher seigneur d'Orsay, maître des requêtes ordinaires et premier président au grand conseil, et A. de Masparnault, conseiller et maître de requêtes furent chargés de la translation des pénitentes et des religieux[22], abbaye située no 166 rue Saint-Denis[23] au coin de la rue Saint-Magloire, dont elles prirent le nom. Marguerite Motrot était alors leur supérieure. Les anciens religieux durent déménager malgré leurs protestations dans l'église Saint-Jacques-du-Haut-Pas[24].

Elles eurent droit à l'hôtel d'Orléans comme à l'abbaye Saint-Magloire, à une fontaine dite fontaine des Pénitentes, « du gros du rond d'un pois » selon la classification des fontaines de l'époque (concessions de Louis XII et Charles IX de France)[15].

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Cimetière[modifier | modifier le code]

Les religieuses étaient inhumées dans une sorte de niche creusée dans le mur. Diane de Poitiers demanda qu'on fit pour elle un service funèbre aux Filles Repenties de Paris en 1564[25],[26],[27].

Dans le monastère de Saint-Magloire se trouvait le mausolée d'André Blondel de Rocquencourt, mort en 1558, contrôleur général des finances. Il avait voulu être inhumé chez les Filles Pénitentes lorsque ces religieuses occupaient l'hôtel d'Orléans et sa veuve orna sa sépulture d'un mausolée de bronze dû à Jean Goujon (jadis attribué à Ponce Jacquiot). Les Filles Repenties déménageant à Saint-Magloire laissèrent les restes de Blondel à l'hôtel d'Orléans, mais elles emportèrent le mausolée de bronze qui fut après 1789, transféré au musée des monuments français[28]. À Saint-Denis on put aussi y être enseveli comme le montrent ces épitaphes : « Appelé Jean Aumont, vigneron de Montmorency, depuis retiré à Paris, chez M. Prévost, marchand de fromage, rue des Prêtres à la Halle, et enterré aux Filles pénitentes, rue Saint-Denis » ; « D. O. M. - Ici repose le corps - de Jean Aumont - dit de la Croix de Montmorency - âgé de 80 ans, 5 mois - décédé le 19° d'avril - et inhumé le 21 du même mois 1689 - Requiescat in Pace. - Aux filles Pénitentes de Saint-Magloire, rue Saint-Denis à Paris, première chapelle, joignant la sacristie, du côté de l'Epître. »

François Poilly fit deux gravures représentant le costume des religieuses.

Le couvent fut fermé en 1790 pendant la Révolution, vendu le 6 vendémiaire de l'an V () et sur son emplacement on ouvrit l'impasse Saint-Magloire[29].

Autres ordres de filles repenties[modifier | modifier le code]

Dès l'origine la religion chrétienne fait une place aux prostituées repenties dans le Royaume de Dieu . « Jésus leur dit : Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean Baptiste est venu à vous, vivant selon la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; tandis que les publicains et les prostituées y ont cru. Mais vous, même après avoir vu cela, vous ne vous êtes pas repentis pour croire à sa parole. » (Matthieu, Chapitre 21, 28-32).

Cet ordre de Repenties Sainte-Magdeleine existait donc déjà en Allemagne depuis le Moyen Âge, et en France (par exemple dans l'hôpital de Saint Quirin à Huy, les religieuses repenties de Saint Augustin, 1288). Il se répandit dans toutes les grandes villes de France comme Avignon, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier ou Metz, Strasbourg, Saint-Omer en 1485. Il existait différents ordres pour filles repenties : il ne faut pas confondre les Filles-Pénitentes avec les Filles-Dieu — les Religieuses de Fontevrault — ou les Madelonnettes. Il ne s'agit pas d'un ordre religieux à proprement parler, puisqu'il n'existe aucune règle monastique distincte, mais d'un processus de modification des perceptions et de l'idéologie des autorités municipales[30]. Si l'on considère les maisons de Repenties d'Avignon et de Montpellier, toutes deux ont été créées par les consuls et non par l'évêque ou la papauté. Un autre ordre les imitant se créa également, les Filles pénitentes de Sainte-Valère, en 1706, dans une maison située rue de Grenelle-Saint-Germain. Leur règle fut aussi appliquée par le père Matthieu de Toulouse au début du XVIe siècle pour réformer de filles auxquelles il fit embrasser la profession religieuse. Plus tard l'ordre des Filles Repenties de Saint-Magloire se scinda en trois congrégations différentes qui avaient le même but : la première ou ordre de Sainte-Madeleine, pour celles qui observaient la pénitence et continence totale, la seconde celle de Sainte-Marthe, n'avaient pas que des vœux simples et on leur permettait de se marier si elles étaient recherchées par des « hommes d'honneur », la troisième celle de Saint-Lazare, était une maison de correction pour « filles perdues » qu'on retenait de force[31].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Antoine Dulaure , Histoire physique, civile et morale de Paris : depuis les premiers temps [lire en ligne].
  2. Le nom de « repenties » est traditionnellement attribué aux filles de mauvaises mœurs qui se repentaient et faisaient pénitence de désordres passés ou de prostitution.
  3. terme qui désigne surtout le couvent de la rue des Fontaines pour Repenties fondé au XVIIe siècle.
  4. Jean Du Tillet, La chronique des roys de France… jusques en l'an 1551, page XCV [lire en ligne].
  5. Ce fait est attesté par Nicole Gilles (mort vers 1503), chroniqueur de Rois de France.
  6. « Deus habeat animam fratris Ioannis Tisserand. Dum praedicaret Parisius coram episcopo parisiensis, ad Deum convertit plures filias et ad statum penitentie induxit. Erat pulchrum videre tantum meritum in isto sancto patre. » — Menot, Sermons choisis de Michel Menot (1508-1518), p. 329.
  7. Nicot : « Repenties, f. penac. En pluriel, qu'on dit par adjection, les filles Repenties, voyez Filles penitentes. » Le Dictionnaire d'Estienne donne pour synonyme de repenti, « dolent » c'est-à-dire triste et plein de pleurs : « Estre marri, dolent de quelque chose s'en repentir ». et aussi « Poenitet, pen. corr. poenitebat, penituit, poenitere. » (« Se repentir d'avoir faict quelque chose. »)
  8. Camille Piton, Histoire de Paris, chapitre VI : « Règlement et constitutions des Filles Pénitentes, Statuts et Constitutions de Jean-Simon de Champigny », p. 553-589, 1891, réédition de 2005, [lire en ligne].
  9. Alban Butler et l'abbé Brémond, Vies des pères des martyrs et des autres principaux saints, Volume 16, « Histoire littéraire du sentiment religieux en France, les Grandes Abbesses » : « En 1616, Marie Alvequin, accompagnée de sept religieuses de Montmartre, parmi lesquelles se trouvait Adrienne Colbert, tante du futur ministre, avait quitté son abbaye pour aller réformer les Augustines Pénitentes de Paris qui habitaient depuis 1572 l'antique monastère de Saint-Magloire. Marivaut nous rappelle, très à propos, qu'il ne faut pas confondre pénitentes et repenties, et nous donne une foule de détails intéressants sur la fondation de ces pénitentes, sous Charles VIII et Alexandre VI ; sur leur première maison, si belle et commode que Catherine de Médicis la leur enleva pour y fixer sa cour en 1572, et sur leur église de Saint-Magloire, qui renfermait encore, à la fin du XVIe siècle, des « restes vénérables de l'antiquité…. des figures, les unes d'une grandeur extraordinaire, vêtues en habits de pénitents, le casque en tête et chargées de chaînes de fer, et les autres comme des enfants parfaitement bien faits ». Je note au passage ces curieux détails, pour rappeler aux travailleurs le multiple intérêt de ces livres pieux que les conservateurs de nos dépôts publics ont dédaignés pendant si longtemps et qu'on ne trouvera bientôt plus que dans les bibliothèques d’Amérique. Marivaut nous dit aussi que les augustines étaient l'objet d'une prédilection particulière de la part - de nos rois, depuis Charles VIII et Louis XII, jusqu'à Henri IV qui « fit l'honneur à ces religieuses de les visiter les premières après son entrée dans Paris. »
  10. Charles Lefeuve, « Histoire de la rue Saint Denis », in Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, 1875 [lire en ligne].
  11. Les Noëls attribués à Jean Tisserand.
  12. Père Héliot, Histoire des Ordres religieux.
  13. Écrit en lettres d'or sur du marbre noir sur le portail.
  14. Antiquités de de Paris par Sauval, Comptes de la prévate, année 1503 et 1510, cité par Monteil.
  15. a, b et c Camille Piton, Histoire de Paris. Topographie. Murs - usages - origines de la haute bourgeoisie parisienne : Le quartier des Halles. Avec 300 illustrations, portraits et plans, Chapitre sur les « Filles Repenties », illustrations de Poilly (ISBN 1-4212-4396-2), [lire en ligne].
  16. Archives royales de Chenonceau. Debtes et créanciers de la reine mère Catherine de Médicis par Chenonceaux, p.114 : « Quittances des Filles Pénitentse » [lire en ligne].
  17. Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, Volume 2, 1864
  18. Terrasson, « Histoire de l'Hôtel de Soissons », in Mélanges d'histoire, de littérature, de jurisprudence littéraire, de critique…, 1768.
  19. Comme le montrent trois vers de l'époque :

    « Puis on mis hors de prison
    Louis duc d'Orléans : pour Filles Repenties
    Furent dedans Paris lors des maisons bâties »

    et encore ces vers mais dont on ne sait pas de quelles repenties il s'agit puisqu'il s'agirait du règne de Charles V :

    « En cestui temps les filles repenties
    Dedans Paris eurent places parties
    Pour se retraire et vivre en sainteté
    Closes en Dieu en toute chasteté »

    — Cité in Le Rocquez, « Le miroir d'éternité, comprenant les sept ages du monde », Des Rois de France, Robert, 1589.
  20. Camille Piton, « Charte de la donation de l'Hôtel par Louis XII le 16 juin 1499 », in Histoire de Paris. Topographie. Murs - usages - origines de la haute… [lire en ligne].
  21. Amédée Renée, Les nièces de Mazarin, 1837 [lire en ligne].
  22. Date incertaine, dit un auteur, la bulle papale de Grégoire XIII ordonnant le déménagement des religieux de Saint Magloire date de 1680, enregistrées au Parlement en 1686, mais le Plan de Belleforest indique bien en 1575 « 46. Les Filles Repenties ou l'endroit où elles étaient » ainsi que le nouvel emplacement. Cf. illustration : Plan de Belleforest.
  23. Émile Raunié, Max Prinet, Hélène Verlet, André Lesort, Epitaphier du vieux Paris : Saint-Landry-La Merci : nos 3638 à 3956.
  24. Alors située dans les faubourgs de la ville. Un auteur de l'époque affirme que cela fut si « désagréable à Dieu » que la foudre tomba sur l'église de Saint-Magloire moins de six semaines après (cf. Étienne Pasquier, Les œuvres d'Estienne Pasquier, 1723 [lire en ligne]).
  25. Jean-Aimar Piganiol de La Force, Description historique de la ville de Paris et de ses environs, volume 2, p. 133-140 [lire en ligne].
  26. Jean-Marie Le Gall, Les moines au temps des réformes : France, 1480-1560, p. 31-32 [lire en ligne].
  27. A. J. Meindre, Histoire de Paris et de son influence en Europe, 1855 [lire en ligne].
  28. Dalle Funéraire de Blondel.
  29. les archives du couvent sont conservées aux Archives nationales : Saint-Magloire (Religieuses de), rue Saint-Denis, 1493-1790. H5 4176 et 4177, H5 4212, L 1063, LL 1683 à 1688, S 4742 à 4746.
  30. (en) Leah Otis-Cour, « Prostitution and Repentance in Late Medieval Perpignan », in Julius Kirshner et Suzanne Wemple (éd.), Women of the Medieval World: Essays in Honor of John H. Mundy, Oxford, Blackwell, 1985.
  31. Charles Chabot, Encyclopédie monastique, ou, Histoire des monastères, congrégations.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Camille Piton, Histoire de Paris. Topographie. Murs - usages - origines de la haute bourgeoisie parisienne : Le quartier des Halles. Bois sur le titre représentant les filles repenties agenouillées devant Sainte Marie-Madeleine avec en fond les tours de l'hôtel d'Orléans qui leur fut donné. L'adresse sur le titre Au pellican en la grant rue Sainct Jaques près Sainct Yves est celle de Marnef, entre 1481 et 1526. L'édition est postérieure au don fait par Louis XII aux religieuses de l'hôtel de Behaigne ou d'Orléans en mars 1499, et sans doute pas être très postérieure à la mort de l'évêque de Paris, Jehan Simon de Champigny en 1502.

Archives[modifier | modifier le code]

D'après Jean Leboeuf (Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, Volume 2), restent aux Archives nationales un Inventaire des papiers, titres et contracts quy sont dans le deposl appartenant au monastère de Saint-Magloirc de fondation royale, des religieuses Augustines pénitentes à Paris, faite l'an de grâce 1687. Le premier registre (S. 4743) est intitulé : « Registre contenant tous les revenus de nostre monastère de Saint-Magloire commençant en l'année 1603 », in-fol. ; le second (S. 4746) : « Inventaires des papiers, tiltres et contracts quy sont dans les dépôts apartenanl au monastères [sic] de Saint-Magloire de fondation royal [sic], des religieuses Augustines pénitentes à Paris, fait l'an de grâce 1670 », in-fol.

Sources Historiques[modifier | modifier le code]

  • Dévote contemplation excitant à la crainte de Dieu, moult utile et propice à ung chacum pécheur voulant penser de son salut, laquelle chantent les Filles repenties à Paris, par dévotion. - « À la fin » : Ci finit la Dévote contemplation, nouvellement composée à Paris à la requeste des Filles rendues. Imprimée par maistre Guillaume Guerson de Villelongue, demourant devant le Colliège de Reins, en l'ostel qui fait le coing du costé Saincte Geneviefve, et là on les trouvera avec plusieurs beaux livres nouveaux, tant en latin qu'en françois, de diverses sciences et facultés Tisserand, Jean (O.F.M., Le P.)BnF.
  • Jean Simon de Champigny, Règles et Constitutions des filles repenties, vers 1500, Lettres Gothiques, voir BnF, reproduites dans le livre de Camille Piton.
  • Annales des Filles Repenties (Archives nationales).

Biographies[modifier | modifier le code]

  • René Biesse, La vie de Mère Marie de Alvequin Superieure des filles pénitentes de l'ordre de saint Augustin, Paris, 1649.
  • Jerôme Lacoux de Marivaut, La Vie et de la vénérable Mère Marie Alvequin de Jésus, religieuse de Montmartre supérieure et refomatrice des Dames Augustines de St Magloire, dites Pénitentes, Paris, 1687.

Sources anciennes[modifier | modifier le code]

  • Pierre Helyiot, Histoire des ordres monastiques, religieux et militaires, Volume 3, Chapitre XLVIII (en ligne).
  • Jean Baptiste Michel Jaillot, Recherches critiques : historiques et topographiques sur la ville de Paris (en ligne).
  • Antoine Terrasson, « Histoire de l'hôtel de Soissons, Filles Repenties », in Mélanges d'histoire, de littérature, de jurisprudence littéraire, de critique…, 1768, p. 44. [avec textes originaux et sources] ([lire en ligne]).

Livres contemporains[modifier | modifier le code]

  • Camille Piton, Histoire de Paris. Topographie. Murs - usages - origines de la haute bourgeoisie parisienne : Le quartier des Halles, avec 300 illustrations, portraits et plans, Chapitre sur les Filles Repenties, illustrations de Poilly (ISBN 1-4212-4396-2) [lire en ligne].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]