Augustin Matata Ponyo

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Augustin Matata Ponyo Mapon
Illustration.
Portrait officiel de Matata Ponyo Mapon en 2018.
Fonctions
Premier ministre du Congo-Kinshasa

(4 ans, 6 mois et 8 jours)
Président Joseph Kabila
Gouvernement Matata I et II
Prédécesseur Louis Koyagialo (intérim)
Adolphe Muzito
Successeur Samy Badibanga
Ministre des Finances congolais

(2 ans, 1 mois et 30 jours)
Premier ministre Adolphe Muzito
Louis Koyagialo
Prédécesseur Athanase Matenda Kyelu
Biographie
Nom de naissance Augustin Matata Ponyo Mapon
Date de naissance (54 ans)
Lieu de naissance Kindu (Congo-Kinshasa)
Nationalité congolaise
Parti politique PPRD
Diplômé de Université de Kinshasa

Augustin Matata Ponyo
Premiers ministres du Congo-Kinshasa

Matata Ponyo Mapon, né le 5 juin 1964 à Kindu (RDC)[1], est un haut fonctionnaire et homme d'État de la République Démocratique du Congo, Premier Ministre du 18 avril 2012 au 20 décembre 2016.

De 2003 à 2010, il devient directeur général du Bureau Central de Coordination (BCECO) où il coordonne les financements des bailleurs de fonds destinés à la reconstruction de la République Démocratique du Congo. Le 19 février 2010, il devient ministre des finances jusqu’en avril 2012. Il est le Président du Conseil d'Administration d’un think tank dénommé Congo Challenge et d’une organisation non gouvernementale (Fondation Mapon) qui finance des œuvres caritatives dans les secteurs de la santé, de l’éducation et du développement communautaire depuis 2017[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Il commence ses études à l'école primaire Mwanga (ex Saint Gaston) en 1970 à Kindu. Il obtient son certificat d'école primaire à l'école Tuendelee en 1976 dans la même ville. En 1983, il décroche son diplôme d'État à l'Institut Bwindi à Bukavu en section commerciale et administrative[3]. La même année, il débute ses études à l'université de LUBUMBASHI et obtient son diplôme de graduat en sciences économiques en 1986.

Il rejoint la même année l'université de Kinshasa qui le proclame en 1988 licencié en sciences économiques, option économie monétaire et internationale. Son second cycle d'études universitaires a été sanctionné en 1988 par la rédaction - sous la direction du Prof. Kabamba Ntenta - d'un mémoire portant sur le flottement du taux de change en République démocratique du Congo, autrefois Zaïre.

En 2006, il obtient son diplôme d’Études Approfondies (DEA) en économie de développement à l’université de Kinshasa[4].

Directement après, il s'est engagé dans la rédaction de sa thèse de doctorat intitulée « la qualité de l'ajustement budgétaire et croissance économique en RDC »[5]. En février 2018, il est proclamé docteur en sciences économiques de l’université protestante au Congo[6].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

De 1988 -1995, il assiste le Professeur Tshiunza Mbiye dans les enseignements d’économie monétaire internationale à l’Université de Kinshasa. Il adjoint à ses connaissances théoriques son expérience de banquier central pour donner un contenu pratique aux enseignements assurés. Dans le cadre de ses activités scientifiques, Matata Ponyo se spécialise dans l'analyse macroéconomique, la conduite des politiques budgétaire et monétaire et s'intéresse spécialement aux questions de développement économique, de bonne gouvernance, du climat des affaires et de mobilisation des recettes publiques[7].

Cadre à la Banque centrale du Congo (1988 à 2000)[modifier | modifier le code]

De 1988 à 2000, il travaille au sein de la Banque centrale du Congo (BCC) comme économiste. Il s’occupe notamment de la politique du crédit à la direction du crédit, puis de la monnaie et des comptes nationaux à la direction des études. Il est membre du comité de politique monétaire et effectue plusieurs stages de perfectionnement, notamment à la Banque de France, à la banque centrale du Pérou, au Fonds monétaire international, et dans plusieurs autres pays et institutions. Il voyage beaucoup dans le cadre des réunions internationales où il représente son pays[8].

Conseiller au ministère des finances (2000 à 2003)[modifier | modifier le code]

De 2000 à 2003, il est conseiller au ministère des finances chargé des questions macro-économiques et des relations avec les institutions internationales. Il travaille étroitement à la création du Bceco dont il devient le premier président du comité de pilotage. Il participe à l’élaboration et au suivi du programme économique du gouvernement qui permet d’arrêter l’hyperinflation qui ravage l’économie congolaise depuis le début des années 1990[8].

Directeur Général du Bureau Central de Coordination BCECO (2003 à 2010)[modifier | modifier le code]

En octobre 2003, il est nommé directeur général du Bceco[9]. C’est la principale agence gouvernementale d’exécution des projets financés par les bailleurs des fonds mis en place en 2001 au lendemain de la reprise de la coopération structurelle entre la RDC et la communauté internationale. Le Bceco, sous tutelle du ministère des finances, exécute des projets dans les divers secteurs de la vie nationale (éducation, santé, développement communautaire, infrastructures routières, protection sociale, énergie électrique, ect…). Parmi les principaux bailleurs des fonds, l’on retrouve la Banque mondiale, la Banque Africaine de Développement, l’Union Européenne et la BEI.

Ministre des Finances (2010 - 2012)[modifier | modifier le code]

En février 2010, il prend les commandes du ministère des finances jusqu’au 18 avril 2012, date à laquelle il est nommé Premier ministre[9]. Il rejoint ce ministère alors que le pays vient de conclure un programme avec le FMI dans le cadre de l’Initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (IPPTE). Dans un contexte économique international marqué par les effets pervers de la crise financière, il redresse les principaux équilibres de l’économie nationale jadis rompus. Il mène à terme avec succès la première revue du programme économique. Ce qui permet à la RDC d’atteindre le point d’achèvement en juin 2010 induisant l’effacement de plus ou moins 10 milliards USD de la dette extérieure du pays.

Sous sa nomination, plusieurs réformes sont menées dont certaines aboutissent à des lois, notamment un nouveau code des douanes, la loi sur les finances publiques, le nouveau code des marchés publics, la taxe sur la valeur ajoutée… Après l’atteinte du point d’achèvement, il conduit des négociations avec les pays du Club de Paris et des créanciers commerciaux pour les allègements à consentir dans le cadre de l’IPPTE[10].

Il lance dès 2010 un programme de modernisation et de rajeunissement de l’administration des finances au travers d’un programme de recrutement et de placement des jeunes universitaires congolais, recrutés sur base extrêmement compétitive. En tant que ministre des finances, il est le président du caucus africain (organisation réunissant tous les ministres des finances de l’Afrique sub-saharienne au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale), et président du conseil des gouverneurs de l’ACA (Agence pour l’Assurance du Commerce en Afrique) basée à Nairobi au Kenya.

Il met en place, en 2011, une équipe stratégique responsable de Doing Business en vue d’accompagner l’amélioration du climat des affaires qui constitue un des axes clés de sa politique. Il mène aussi une lutte contre la corruption et la fraude dans la gestion des finances publiques. Ce qui permet de presque doubler les recettes publiques en trois ans. Le financement des projets sociaux et des infrastructures est alors assuré en partie par des ressources internes[11].

Premier ministre (de 2012-2016)[modifier | modifier le code]

Nommé Premier ministre en avril 2012[12], il assigne cinq objectifs principaux à son programme économique : (1) poursuivre et finaliser les réformes institutionnelles en vue de renforcer l’efficacité de l’État ; (2) consolider la stabilité du cadre macro-économique et relancer la croissance et la création d’emploi ; (3) poursuivre la construction et la modernisation des infrastructures de base : routes, voiries, chemins de fer, voies d’eau, ports et aéroports, écoles et hôpitaux ; (4) améliorer les conditions de vie des populations congolaises, renforcer le capital humain et faire de la société congolaise un vivier de la nouvelle citoyenneté ; et (5) renforcer la diplomatie et la coopération au développement.

Au cours de son mandat comme Premier ministre, le pays réalise des performances économiques exceptionnelles. Le taux d’inflation moyen annuel tombe à 3 %  (parfois, le taux est en dessous de 1 % par an), et la croissance économique moyenne annuelle s’élève à 7,7 %. En 2014, le taux de croissance frôle les deux chiffres (9,5 %). Enfin, monsieur Matata consolide la bancarisation de la paie publique[13] et engage des réformes visant la diversification de l’économie, notamment dans le secteur agricole. La RDC est alors citée parmi les pays les plus réformateurs et les économies les plus dynamiques du monde. Elle gagne beaucoup de place dans le classement de l’indice du développement humain publié par le PNUD.

Publications[modifier | modifier le code]

Matata Ponyo Mapon est auteur des livres suivants :

  • (en collaboration avec le professeur Kabuya Kalala) L'espace monétaire kasaïen : Crise de légitimité et de souveraineté monétaire en période d'hyperinflation au Congo, 1993-1997 ; Edition L'Harmattan, Paris, octobre 1999[14].
  • Pour un Congo émergent, Edition Privé, Paris, avril 2016.
  • Qualité des institutions et résultats économiques en République démocratique du Congo : 1980-2015, Edition L'Harmattan, Kinshasa, octobre 2016[15].
  • Recueil des discours du Ministre des Finances, Edition Michel Lafon, Paris, novembre 2016.

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Docteur honoris causa de l'université Protestante au Congo à Kinshasa en 2016 (Motif : performances économiques exceptionnelles);
  • Docteur honoris causa de l'université de Kindu à Kindu en 2017 (Motif : performances économiques exceptionnelle et contribution appréciable à l'existence de l'université de Kindu) ;
  • Désigné Parrain mondial de l'éducation par le Partenariat Mondial pour l’Éducation (GPE) à Bruxelles en 2014. (Motif : intérêt et attention accordés au secteur éducatif)[16].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Matata Ponyo est marié et père de 4 enfants[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « biographie matata », sur congovirtuel.com
  2. « RDC : que devient Matata Ponyo Mapon, l’homme à la cravate rouge ? », sur jeuneafrique.com
  3. « Visite de travail du Premier Ministre Matata Ponya à Bukavu », sur ambardc.eu
  4. « MATATA PONYO MAPON », sur pprd.cd
  5. « Ajustement budgétaire et croissance économique : Matata Ponyo pour un leadership éclairé et la discipline dans la gestion », sur rdc.news
  6. « UPC : Matata Ponyo confirmé Docteur en économie », sur laprosperiteonline.net
  7. « RDC : Augustin Matata Ponyo nommé Premier ministre »
  8. a et b « AUGUSTIN MATATA PONYO », sur blog4ever.com,
  9. « Congo-Kinshasa: BCECO: Placide Mbuyu a passé la main au DG Matata Ponyo », sur allafrica.com,
  10. « ALLÈGEMENT DE DETTE À LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO », sur clubdeparis.org,
  11. « Biographie Matata », sur congovirtuel.com
  12. « Matata Ponyo, nouveau Premier ministre de la RDC », sur rfi.fr,
  13. « RDC : Matata Ponyo se félicite du faible taux d’inflation et de la stabilité du franc congolais », sur radiookapi.net
  14. « L'espace monétaire kasaïen », sur books.google.cd
  15. « Qualité des institutions et résultats économiques en République démocratique du Congo: 1980-2015 », sur amazon.fr
  16. « A Bruxelles : Matata Ponyo Mapon désigné Parrain du Partenariat Mondial pour l’Education (PME) », sur ecoles-rdc.net
  17. « RDC : Matata Ponyo, l’homme de la rigueur », sur jeuneafrique.com

Articles connexes[modifier | modifier le code]