Auguste Audollent

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Auguste Audollent est un historien, archéologue et épigraphiste français né à Paris le et mort à Clermont-Ferrand le , spécialiste de la Rome antique, en particulier des inscriptions magiques (tabellæ defixionum) et dont la thèse principale porta sur Carthage romaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Auguste Marie Henri Audollent est né à Paris le 14 juillet 1864[1], fils de Félix Jean Audollent, employé au ministère des finances, et d'Adèle Depontaillier. Son frère Georges (1867-1944) sera évêque de Blois de 1925 à 1944. Un autre frère, Paul, est médecin. Sa sœur Marie épouse Marcel Husson, un officier d'artillerie de marine[2].

« Né à Paris, le 11 juillet 1864, d'un père qui était sous-chef de bureau au ministère des Finances, Auguste Audollent fit ses études secondaires d'abord au Petit Séminaire de Séez, où il eut comme maître de grec l'abbé Maunoury et de latin l'abbé Lejard ; à tous les deux et spécialement au dernier, il garda toujours une franche reconnaissance. Il acheva ses classes au lycée Louis-le-Grand. A la Sorbonne, il prépara son agrégation des Lettres, mais, en même temps, s'inscrivit à l'École pratique des Hautes Études, où il étudia l'épigraphie latine sous la direction d'Héron de Villefosse. En 1888, il fut envoyé à l'École française de Rome ; il y eut pour directeur Auguste Geffroy et, comme camarades, Stéphane Gsell et Jules Toutain, Éd. Jordan, Jean Guiraud, André Baudrillard, Léon Dorez, Frédéric Soehnée, Camille Enlart. C'est de là qu'il fut, en 1889-1890, chargé d'une mission épigraphique en Algérie, près de Biskra. Professeur à l'École Normale de Cluny, puis au lycée de Sens, il fut, en 1893, chargé du cours d'épigraphie latine à la Faculté des Lettres de Clermont. Il devait y rester quarante-quatre ans, jusqu'à sa retraite en 1937. Il en avait été nommé doyen en 1914. Correspondant de notre Académie dès 1917, il fut élu membre libre le 4 mars 1933. Il s'intéressa vivement aux antiquités gallo-romaines de l'Auvergne, et les fouilles qu'il y poursuivit donnèrent lieu à de nombreuses communications à l'Académie. »

« Les voix autorisées qui ont fait l'éloge funèbre de M. Audollent s'accordèrent pour observer que sa personnalité débordait son œuvre scientifique. M. Dupont-Ferrier a dit excellemment : « Ce savant n'était pas un livresque. Les vieilles pierres ne l'accaparaient pas tout entier. Il savait être un homme d'action. Sur toutes les routes de sa vie, il sema le bien autour de lui ». C'est qu'Audollent n'a jamais été tenté d'oublier ou de faire oublier aux autres en quelle foi il avait été élevé et sur quelle foi il avait fondé sa nouvelle famille ; frère de Mgr l'évêque de Blois, beau-frère de Mgr Petit de Julleville, qui fut évêque de Dijon, puis archevêque de Rouen, sa foi lui était, pour ainsi dire, un drapeau familial, mais elle était aussi le foyer toujours vif où s'alimentaient ses activités inséparables de savant, d'homme, de professeur et de chrétien. Pendant la guerre 14-18, il fut, comme on l'a dit, la Providence des réfugiés français, belges et serbes ; plus tard, il se dévoua aux familles nombreuses du Puy-de-Dôme et du Secours National, à l'œuvre des « Enfants à la Montagne», aux Pupilles de la Nation ; mais, à peine arrivé à la Faculté des Lettres de Clermont, il avait tout de suite fondé, parmi ses étudiants, une Conférence de Saint-Vincent-de-Paul. Dieu lui donna un foyer heureux : huit enfants, trente-six petits-enfants ; mais ne lui ménagea pas les épreuves : son aîné, dès 1917, tombait au champ d'honneur ; en 1941, sa fille, Mme Robert Ricard, mourait, laissant après elle six enfants ; en janvier 1942, sa compagne elle-même, Mme Auguste Audollent, tombait épuisée par son dévouement aux œuvres de la Croix-Rouge. Il ne lui a pas survécu de longtemps ; il est mort, plein d'œuvres et de mérites, en avril 1943. »[3]

Il fut élu à l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1932. Il exerça en outre les fonctions de conservateur du musée de Clermont-Ferrand auquel il légua sa collection d'antiquités.

Ses papiers scientifiques, ses notes de cours et sa correspondance sont conservés aux Archives départementales du Puy-de-Dôme[4].

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Une rue porte son nom à Clermont-Ferrand.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Mission épigraphique en Algérie de MM. Aug. Audollent et J. Letaille octobre 1889 à février 1890. Rapport rédigé par M. Audollent, 1890, ASIN B001CH4WJU.
  • Carthage romaine : 146 avant Jésus-Christ - 698 après Jésus-Christ, Paris, Fontemoing, 1901 (thèse de doctorat).
  • Les Tabellae defixionum d'Afrique, Extrait du 'Bulletin archéologique', 1905.
  • Les tombes à incinération du musée de Clermont-Ferrand, 1911, ASIN B0000DUK01.
  • L'énigme de Glozel, 1927[5].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gustave Dupont-Ferrier, « Éloge funèbre de M. Auguste Audollent », Comptes rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, 1943, p. 194-199.
  • Auguste Diès, « Notice sur la vie et les travaux de M. Auguste Audollent, membre de l'Académie », Comptes rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, 97e année, n° 3, 1953, p. 334-350 (en ligne).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Auguste Diès, op. cit., le fait naître à tort le 11 juillet.
  2. Inventaire du fonds Georges Audollent des Archives nationales (Cote 466 AP/2, centre de Pierrefitte-sur-Seine).
  3. Résumé succinct de la notice d'Auguste Diès
  4. Fonds Auguste Audollent 19 J 1-25.
  5. Site du musée de Glozel.

Liens externes[modifier | modifier le code]