August Aichhorn

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August Aichhorn
August Aichhorn.jpg
Biographie
Naissance
Décès
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VienneVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
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Vue de la sépulture.

August Aichhorn, né le à Vienne et mort le dans la même ville, est un éducateur et psychanalyste autrichien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études de construction mécanique qui ne l'intéressent pas, August Aichhorn se tourne vers la profession d’instituteur, puis se consacre assez rapidement à l’éducation spécialisée auprès de jeunes délinquants. En 1918, il est nommé directeur de l’institution Ober-Hollabrunn, en Basse-Autriche.

L’institution est alors installée dans des baraquements précaires qui avaient servi de refuge aux populations en exode pendant la guerre. Ce centre est se soucie de l'éducation, une éducation dont le principe est le Fürsorge, « le souci pour »[1].

Il s'engage en faveur d'une éducation guidée par le souci de soi et d’autrui, une éducation qui traite la pente à la jouissance immédiate, en passant par toutes les formes de médiation sociale, notamment la parole et le langage. Il s’occupe également d’un centre, Saint-André, situé sur la Traise. En 1920, la municipalité de Vienne lui demande de prendre la direction d’une autre institution à Eggenburg près de Vienne. Dans les centres que dirige Aichhorn sont accueillis des adolescents issus de familles pauvres. C’est à partir de ces diverses expériences qu’Aichhorn construit ses repères d’une éducation du « souci de soi et d’autrui », et qu’il en rend compte dans dix conférences publiées en 1925, sous le titre de Verwharloste Jugend (Jeunesse à l'abandon). Ces conférences sont publiques et ouvertes aux citoyens viennois. Dès 1922, Aichhorn devient membre de la Société psychanalytique de Vienne et crée, avec Siegfried Bernfeld et Wilhelm Hoffer, un groupe de réflexion sur les problèmes de délinquance infantile et délinquance juvénile. Il estime que les agissements antisociaux des jeunes sont l’équivalent du symptôme dans la cure. Il fonde les principes d’une éducation basée sur la technique analytique à partir d’un repérage du transfert dans la relation éducative.

En 1932 il prend sa retraire et exerce comme analyste libéral. En 1938, il se prépare à quitter Vienne devant la menace nazie mais il ne peut le faire car son fils est arrêté et déporté comme prisonnier politique à Dachau. Il accepte de diriger la formation à l'Institut Göring créé par Matthias Göring à Berlin, en 1936. Bien que l'exercice de la psychanalyse soit interdite sous le régime nazi, il organise dans la clandestinité avec Alfred Fleiter von Wintestein les rencontres d’un petit groupe autour des questions de psychanalyse, malgré la surveillance de la Gestapo.

Après la guerre, August Aichhorn devient responsable de la Société psychanalytique de Vienne, qu’il dirige jusqu’à sa mort en 1949.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Jeunes en souffrance, Nîmes, Champ Social, 2002. (réédition de l'ouvrage de 1925, Jeunesse à l'abandon, Toulouse : Privat, 1973), texte préfacé par Sigmund Freud.
  • « L'éducation non violente », in François Marty et Florian Houssier (dir.), Éduquer l'adolescent ?, Nîmes, Champ Social , 2007, p. 169-185.
  • « La pédagogie psychanalytique viennoise », in François Marty & Florian Houssier (dir.), Éduquer l'adolescent ?, Champ Social Éditions : Nîmes, p. 187-200 (commentaire par T. Aichhorn du texte de son père édité dans le même recueil, voir ci-dessus).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Thomas Aichhorn, « L’abandon, la tendresse, le transfert, la libido. Présentation du travail pratique de Auguste Aichhorn », Le Coq-Héron, « Psychanalyse et éducation, de l'utopie aux expériences » no 199, 2009.
  • Danielle Milhaud-Cappe, Freud et le mouvement de pédagogie psychanalytique, 1908-1937 : A. Aichhorn, Hans Zulliger, Oskar Pfister, Paris, Vrin, 2007, 298 p., préface de Bertrand Saint-Sernin (ISBN 2-7116-1900-1)[2],[3].
  • Florian Houssier, « Un pionnier dans l’histoire de la psychanalyse : August Aichhorn et le traitement de la délinquance dans la première moitié du XXe siècle », Revue d’histoire de l’enfance « irrégulière », no Numéro 6,‎ , p. 45–67 (ISSN 1287-2431 et 1777-540X, DOI 10.4000/rhei.709, lire en ligne, consulté le 23 avril 2018).
  • François Marty & Florian Houssier August Aichhorn : cliniques de la délinquance, Nîmes, Champ Social

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Joseph Rouzel, La supervision d'équipes en travail social, Dunod, , 304 p. (ISBN 2-1005-2732-0 et 978-2-1005-2732-8, lire en ligne), p. 5 contenu inséré par l’auteur sous licence libre
  2. « Danielle Milhaud-Cappe : éduquer les consciences plutôt que punir », sur Le Monde.fr (consulté le 23 avril 2018).
  3. Filloux, Jean-Claude, « Milhaud-Cappe Danielle. Freud et le mouvement de pédagogie psychanalytique, 1908-1937 : A. Aichhorn, H. Zulliger, O. Pfister. préface de Bertrand Saint-Sernin. Paris : J. Vrin, 2007. – 298 p. (Philosophie de l’éducation). », Revue française de pédagogie. Recherches en éducation, no 160,‎ (ISSN 0556-7807, lire en ligne, consulté le 23 avril 2018)