Aubergine

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Solanum melongena

Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la plante potagère. Pour la couleur à laquelle elle a donné son nom, voir aubergine (couleur).

L’aubergine (Solanum melongena L.) est une plante potagère herbacée de la famille des Solanacées, cultivée pour son fruit consommé comme légume-fruit. Le terme désigne la plante et le fruit. Deux autres aubergines cultivées en Afrique sont appelées couramment "aubergines africaines" : Solanum aethiopicum L. ou gilo et Solanum macrocarpon L. ou gboma.

À la différence de la tomate (Solanum lycopersicum), de la pomme de terre (Solanum tuberosum), ou des poivrons et piments (Capsicum) originaires du Nouveau Monde, et qui ont fait l'objet d'une domestication secondaire en Europe, l'aubergine est une Solanacée de l'Ancien Monde. Sa diffusion spontanée dans le Moyen-Orient et l'Asie du sud précède sa domestication[1].

La domestication est vraisemblablement ancienne (1er millénaire BCE ?) primitivement en Inde et en Chine, puis sur une vaste zone du sud-est asiatique, toujours en climat chaud. Il en résulte une très grande diversité des variétés et cultivars[2]. Sa domestication secondaire dans les pays tempérés est tardive mais avancée, notamment au Japon. Elle est encore peu consommée en Europe du Nord et en Amérique du Nord, voir très peu consommée dans les pays nordiques. Elle reste un légume asiatique (l'Asie produit 93% des aubergines mondiales en 2013) et marginalement méditerranéen.

Dénomination[modifier | modifier le code]

De Candolle donne pour origine de terme français moderne le sanskrit vaatingan qui devient baadangan en hindustani, bâdengân (بادنجان) en persan, bedengiam, baadanjaan, al-bâdinjân en arabe, berenjena en espagnol, albergínia en catalan, aubergine en français.

Le portugais beringela aurait été adopté en Inde sous la forme brinjal que l'on retrouve dans le français béringéde, bringelle employés à la Réunion et à l'île Maurice, brème en français cadien[3].

L'aubergine s'est aussi appelée mélongène (ou mélongine). Avicenne est le premier à la nommer melongena que retient Linné avec le nom binominal solanum melongena.

Le nom latin mala insana (fruit malsain) attribué au XVe siècle par Hermolao Barbaro a été énormément utilisé par les botanistes, il donne l'italien melanzana ou encore en grec melitzána (μελιτζά)

La nom plante aux œufs, anglais eggplant, allemand Eierfrucht, date de l'occupation de l'Inde par les britanniques.

Synonymes : albergine, ambergine, beringène, bréhéme, bringèle, marignan, mayenne, melanzane, melongène, mérangène, méringeane, verinjeane, viadase... R. Arveiller a publié en 1969 une importante étude philologique sous le titre Les Noms français de l'aubergine[4]

Historique et domestication[modifier | modifier le code]

L'aubergine est une plante domestiquée à plusieurs reprises[5] à partir de populations sauvages de S. incanum L. et S. undatum Lam , plantes morphologiquement et génétiquement proches et spontanées en Afrique du Nord et Moyen-Orient[6],[7] Quoi qu'il en soit S. melongena, l'aubergine cultivée, n'existe pas à l'état sauvage[8]. En 2012, une équipe du New York Botanical Garden a reconstitué les routes de diffusion de l'aubergine cultivées depuis deux centres en Inde centrale et la Chine du sud et d'un événement séparé de domestication en Indonésie du Nord-est[9].

Concernant le centre indien, les anciens dictionnaires sanscrits donnent de nombreux noms pour l'aubergine dès avant notre ère. Concernant le centre chinois, la première mention de la culture de la plante date de 59 av. J.-C.[10]. Sa culture est attestée au Japon au VIIIe. Sa présence en Iran semble ancienne, c'est là que les arabes la rencontrent et l'adoptent[11]. Le prophète Mahomet la recommande[12].

Ce sont les arabes qui l'introduisent en Méditerranée, au VIIéme ou VIIIéme siécle, au XIIe siècle l'agronome Ibn al-Awam mentionne 4 cultivars dont 2 andalouses locales. Les premières recettes en dehors de la zone culturelle arabe sont au XIVe siècle en Italie. Dans le sud de l'Europe elle devient de consommation courante à la Renaissance.

Au nord de l'Europe, elle attire la défiance depuis sa première mention vers 1280 par Albert le Grand dans de Vegetabilibus. Le nom italien melongiane signifie mala insana : fruit malsain. En français la "mélongène" est également nommée "pomme des fous". Hildegarde de Bingen (XIIIe siècle) la considère comme un médicament, il faut attendre le XIXe siècle pour qu'elle devienne un légume alors qu'elle est déjà cultivée en Amérique où les Portugais l'ont diffusée depuis le XVIIe siècle. En 1808 Jaume Saint-Hilaire écrit encore à son propos « dans nos climats on ne la cultive que par curiosité et pour la singularité de ses fruits... Quelques médecins conseillent néanmoins d'en faire peu d'usage, parce qu'ils donnent des vents , des indigestions et des fièvres »[13].

C'est en 1825 que le marchand de primeur Decouflé[14] la fait venir de Provence sur les marchés parisiens. De cette lente arrivée dans le nord de la France il reste une méfiance envers l'aubergine qui n'a jamais totalement disparue. Sa consommation annuelle reste inférieure à 1 kg par habitant en 2013, à comparer aux 10 kg par habitant au Moyen-Orient. Michel Pitrat écrit "encore récemment un procès de l'aubergine fut fait dans la presse, pour les infimes traces de nicotine que ces fruits contiennent"[14]. Darra Goldstein, Kathrin Merkle rappellent qu'en Europe du Nord " la plupart des gens n'avaient encore jamais vu d'aubergines dans les années 1960"[15]

Variétés, sélection et amélioration[modifier | modifier le code]

Différentes variétés d'aubergines

En culture potagère on cultive toujours des cultivars locaux ou fixés traditionnels. En culture intensive les hybrides F1 sont généralisés, les premiers hybrides F1 ont été mis au point au Japon dans les années 1930.

Plus de 320 variétés sont inscrites au Catalogue officiel des espèces et variétés végétales[16] et plus de 40 au Catalogue français[17], dont 2 sur la liste Sans Valeur Intrinsèque (SVI : qui correspond à la liste des anciennes variétés pour amateurs) et 3 en Belgique. La plupart des cultivars actuels sont des hybrides F1, sans pour autant que l'érosion génétique ne soit importante au niveau mondial. Depuis 50 ans d'énormes ressources génétiques ont été rassemblées en Chine (3000 accessions), en Inde (1000 accessions) en Russie [18] et en Europe dans le cadre du réseau "EGGplant genetic resources NETwork" [1] l'INRA indique 1122 accessions en collection.

Améliorations variétales[modifier | modifier le code]

Aubergine japonaise Ryoma

L’amélioration des caractéristiques agronomiques répond dans un premier temps à la demande de la production intensive : taille, forme, poids, couleur, homogénéité des fruits, rendement et rapidité de la mise à fruit, adaptation aux conditions climatiques (lumière, chaleur) adaptation à la culture sous serre : réduction de la masse foliaire[19]. Le cultivar japonais Ryoma est destiné à la culture en pot en appartement et en hiver[20].

Plus récemment, résistance aux maladies et propriétés organoleptiques et nutritionnelles sont devenus des axes de sélection[19]. La cartographie génétique de l’aubergine progresse depuis 2012, en 2014 le séquençage du génome était réalisé à 90%[21], il est centralisé sur Eggplant Genome DataBase[22].

À partir d'une variété traditionnelle locale, Mahyco, filiale indienne de Monsanto, a développé une aubergine OGM (aubergine Bt) qui possède un gène de Bacillus thuringiensis (abrégé Bt), une bactérie qui secrète une toxine insecticide. En effet, de nombreux insectes attaquent les cultures potagères d'aubergine sous les tropiques [23]. La diffusion de cette variété est actuellement interdite sous moratoire en Inde[24] et en test au Bangladesh.

Variété décorative[modifier | modifier le code]

L'aubergine nommé Plante aux Poules, Œuf Végétal, qui ressemble de près à l'œuf de poule aussi bien en forme qu'en dimension est classée actuellement comme une sous espèce : "S. melongena subsp. ovigerum" (ex S. ovigerum Dunal). Elle aurait été domestiquée séparément aux Philippine en tant que plante décorative. Son fruit amer n'est pas comestibles[25].

Description[modifier | modifier le code]

Fleur d'aubergine

L'aubergine appartient au clade Leptostemonum (subgénero Leptostemonum Bitter) dont la taxinomie a été synthétisée en 2013[5].

Son port est dressé, buissonnant, et 50 cm à 2 m de hauteur selon le climat.

Les fleurs, de couleur blanche ou violette, solitaires, sont portées à l'aisselle des feuilles. Les fruits sont d'une grande variété de forme (ovoïdes, piriformes, sphériques, cylindriques et très allongées) et de couleurs différentes (du blanc ivoire, jaune, vert, et plus généralement pourpre, violacé jusqu'à presque noir) uniformes, dégradées ou striée, comme la superbe Listada de Gandia violet sombre à raies et points crème.

Culture[modifier | modifier le code]

La plante est cultivée comme annuelle dans les pays tempérés, et comme vivace dans les pays tropicaux. La culture de l'aubergine nécessite de la chaleur (la croissance s'arrête en dessous de 12 °C), de la lumière et de l'eau. Dans les climats tropicaux et subtropicaux, l'aubergine peut être semée directement dans le jardin. Dans des climats tempérés la plantation se fait après tout danger de gel est passé par repiquage de jeunes plants de 6 à 7 semaines. La grande culture se fait en hydroponie et sous serre, la production est permanente.

Au potager l'aubergine se taille en dégageant les rameaux des 10 premiers centimètres au-dessus du sol, dans les climats tempérés on laisse 3 charpentières et pince au-dessus du 2e étage de fleurs de façon que les fruits murissent. En climat chaud le tuteurage est de rigueur.

Le fruit est consommé immature quand il se colore en violet, vert ou blanc selon les cultivars, avant que les graines ne durcissent et quand il est brillant.

Selon Karagiannidis & al (2002), parmi les oligoéléments qu'elle trouve normalement dans le sol et/ou dans l'eau, elle a notamment besoin de manganèse[26].

Aubergines

Maladies et ravageurs[modifier | modifier le code]

Les maladies et ravageurs de l’aubergine sont proches de ceux de la tomate, sachant que l'aubergine est plus rustique, notamment les cultivars locaux.

Selon les climats et conditions de culture, les principaux ravageurs et maladies sont les maladies cryptogamiques : flétrissement verticillien, anthracnose, mildiou, divers phytophora, pourriture du collet, rouille de l’aubergine (aecidium habunguense), etc; les parasites : acariens, pucerons, mineuses dont tuta absoluta, nématodes à galles, le doryphore dans les climats tempérés, les punaises et les noctuelles...

Moins fréquentes sont les maladies bactériennes (maladie du flétrissement) mais non moins graves, tels les phytoplasmes provoquant le jaunissement de la feuille puis la mort, et les maladies virales : virus mosaïque.

Le site ephytia de l'INRA apporte une aide au diagnostique[27], une publication synthétique en anglais décrit les principales affections et la conduite à tenir [28].

L'amélioration variétale met à notre disposition de plus en plus de variétés résistantes, en climat tropical [29], comme en climat tempéré. Dans ces climats les cultivars les plus citées sont "Baluroi F1" , "Bonica F1 ®"  "Cristal"  résistante à la mosaïque, "Megal F1 ®"... Le GNIS indique dans ses conseils de culture  : "Les variétés greffées ont une plus grande productivité et sont plus résistantes aux maladies"[30].

Production[modifier | modifier le code]

Une travailleuse agricole contrôlant la qualité des aubergines en Inde

La Chine, l'Inde à eux seuls représentent 85% de la production mondiale d'aubergine. La production chinoise a connu une croissance incroyable[31] depuis le début du XXIe siècle, les chinois et les taïwanais ont industrialisé la production de plants greffés en serre hors sol. La Chine est premier producteur mondial depuis 35 ans, elle a vigoureusement augmenté sa productivité.

En Europe, les principaux producteurs sont l'Italie, l'Espagne et la Grèce. En France, la production est concentrée dans le Midi (vallées du Rhône et de la Garonne). Les rendements y sont en moyenne de 25 t/ha.

Production en tonnes. Chiffres 2012-2013[32]
Données de FAOSTAT (FAO)

Drapeau de la République populaire de Chine Chine 27 698 600 58 % 28 433 500 58 %
Drapeau de l'Inde Inde 12 634 000 26 % 13 444 000 27 %
Drapeau de l'Iran Iran 1 300 000 3 % 1 345 185 3 %
Drapeau de l'Égypte Égypte 1 193 854 3 % 1 194 115 2 %
Drapeau de la Turquie Turquie 799 285 2 % 826 941 2 %
Drapeau de l'Indonésie Indonésie 518 827 1 % 509 380 1 %
Drapeau de l'Irak Irak 422 336 1 % 510 918 1%
Drapeau du Japon Japon 327 400 1 % 321 200 1 %
Drapeau de l'Espagne Espagne 245 900 1 % 206 300 0 %
Autres pays 2 581 638 5 % 2 617 673 5 %
Monde Monde 47 721 840 100 % 49 418 212 100 %

Nutrition[modifier | modifier le code]

L'aubergine se consomme cuite ou crue, notamment dans certaines cultures asiatiques, au Japon les "aubergines d'eau" (水ナス) se font en tsukemono ou au sel. On conserve la peau des variétés sans amertume, les cultivars modernes ont une peau de plus en plus fine et digeste.

Le goût de l'aubergine cuite évoque celui des champignons, Georges Cuvier le compare à celui de l'oronge[33], les aubergines longues vertes sont réputée sucrée.

Elle est très peu calorique (24 calories pour 100 g, 2% de l'AJR pour 100 g[34]), ne contient pas de graisses, et est riche en fibres solubles dont 100 g assure 10% de l'AJR. Elle apporte des minéraux, spécialement le potassium, le manganèse, le cuivre et le sélénium. Elle est riche en de nombreuses vitamines B (B1 ou thiamine, B5 ou acide pantothénique, B6 ou pyridoxine, B9 ou acide folique). Elle constitue donc une bonne candidate pour la diète anti-obésité, sous réserve de la cuisiner sans huile qu'elle prend plaisir à absorber (cuire à l'eau, à la vapeur, au four sous sac de cuisson, à sec où au jus de lime à la poêle, grillée, marinées, etc).

Les propriétés antioxydantes de l'aubergine sont remarquables, en particulier de l'aubergine cuite[35]. Une étude algérienne a montré en 2014 que "les extraits des cortex présentent une propriété antioxydante très élevée par rapport au fruit entier et la pulpe", en particulier la variété violette pourpre. Les anthocyanes de la peau ne sont pas seules concernés, les composés phénoliques totaux, les flavonoïdes, l'acide ascorbique permettent de qualifier son activité antioxydante de "puissante". Les études réalisées sur un grand nombre de cultivars montrent une variabilité significative, les pourpres ressortent toujours en tête[36].

Ce sont ces propriétés qui suscitent les recherches actuelles dans le domaine de la nutrition, dont les résultats corroborent des observations traditionnelles sur ses propriétés pharmaceutiques : Les extraits d'aubergine ont chez le rat un effet hypotenseur et diurétique (1991), l'American Diabetes Association recommande une diète basée sur l'aubergine dans le cadre du contrôle du diabète type 2 [37], les résultats d'une étude publiée en 2011 montrent que l'aubergine crue ou grillée contient des composés puissamment cardioprotecteurs, une étude égyptienne publiée en 2013 montre que les extraits de peau d'aubergine (Methanol Extract of the Peels : MEP) ont une activité anticancéreuse.

L'aubergine a une teneur en nicotine double de celle de la purée de tomate, largement inférieure au seuil de toxicité, environ 100 ng/g.[2][38] dont l'effet serait hypotenseur.

Toxicité et allergie[modifier | modifier le code]

Composés potentiellement toxiques[modifier | modifier le code]

L'aubergine est une solanacée qui contient (comme la tomate ou la pomme de terre) des composés anti-nutritionnels : alcaloïdes stéroïdiques (glycoalcaloïdes) SGA, dont la solasodine, et des saponosides. Ces substances ont, selon leur dosage, des effets pharmaceutiques (hypocholestérolémique, hypotensives, anticancéreuse...) ou une toxicité plus ou moins grande. Elles étaient surtout présentes dans la peau du fruit des anciennes variétés. C'est pourquoi jadis on pelait les aubergines dont la peau était amère, ou on les dégorgeait au sel... les aubergines actuelles ont perdu beaucoup de leurs composants toxiques, en Asie les cultivars actuels locaux sont consommés crus avec leur peau. L'amélioration des qualités nutritionnelles de l'aubergine est un objectif prioritaire. En 2008, une publication espagnole sur les teneurs en composés phénoliques des aubergines a conclu qu'il existe des variations de compositions suffisantes entre cultivars pour poursuivre l'amélioration de l'aubergine et notamment à partir de cultivars locaux. En 2016 une publication italienne décrit la carte locus de caractères quantitatifs (LCQ ou QTL, parties de l'ADN) déterminant la biochimie et la morphologie de l'aubergine [39]ouvrant ainsi la voie à l'élimination totale des composés anti-nutritionnels.

En 2013 une expérience égyptienne chez le rat arthritique a montré une amplification des douleurs[40] en fonction directe des quantités de solanine de pomme de terre présente dans le sang. Cette publication affirme que de très faibles doses de solanine peuvent être toxiques. Dans la mesure où la solanine se concentre dans la peau et sous la peau des aubergines, consommer des aubergines pelées est une façon de limiter le risque pour les arthritiques.

En 2003, une étude approfondie réalisée par les pays nordiques - où il ne se consomme que 0,2 kg d'aubergine par an et par habitant - avait conclu que "dans l'état des connaissances, il est impossible de dire si la très faible exposition à ces substances lors de la consommation d'aubergine a une incidence sur notre santé"[41]

Les taux de métaux lourds trouvés lors recherches (Pb, Zn, Cd et Ni) réalisées en Bulgaire[42], en Iran (800 échantillons)[43], en Irak (2010)[44] étaient inférieurs aux normes OMS en vigueur. Cultivées sur des sols ou avec des eaux pollués l'aubergine peut être contaminée[45],[46]. Au-delà d'un certain seuil le cuivre[47] ou le chrome[48] peuvent avoir un effet phytotoxique[49].

Allergie[modifier | modifier le code]

Des cas d’allergie à l'aubergine sont documentés dans des publications indiennes. En 2008, une étude sur 761 sujets montre 1,4% de symptômes allergiques en réaction à un test cutané, avec prédominance féminine [50]. Un cas a été analysé en Inde en 2008[35]. En 2009 une évaluation sur 6 sujets a permis d'identifier 6 allergènes présents "dans toutes les parties comestibles avec prépondérance dans la peau". La même année une recherche de cultivars allergènes (à forte teneur teneur en histamine, qui est à peu près la même crue ou cuite) montre une forte hétérogénéité entre cultivars, les vertes sphériques ayant le plus fort pourcentage. "On peut en conclure écrivent les auteurs, que la quantité d'histamine présente dans l' aubergine ne produit pas une réponse SPT positive dans la majorité des sujets sans antécédents allergique aux aubergines, et qu'une réponse positive chez quelques sujets est susceptible d'être diagnostiquée à tort comme une allergie".

Utilisation et recettes par régions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste de mets à base d'aubergine.

En Asie de l'est et du sud[modifier | modifier le code]

En Chine, on aime l'aubergine ("tsié" 茄 ) en beignet ou frite, souvent servie en ragout avec du porc, en aigre doux et toujours assaisonnée d'ail, oignon, graines de sésame, etc. les sites de recette chinois donnent une majorité de recette en sauce. Au Japon, cuite au four gratinée ou simplement ouverte coupée en deux, elle est servie avec un vinaigre sucré ou au miellé, tout comme la tempura d'aubergine. Dans l'infinie variété des recettes indiennes à noter les aubergines farcies d' oignon, fenouil, coriandre, poudre mangue sèche. Al-Wusla Ila Al-habib, auteur arabe égyptien du XIIIe siècle donne une recette d'aubergine à la mode indienne : "frites à l'huile de sésame... qui ont une saveur merveilleuse" [51]

En Iran et au proche orient[modifier | modifier le code]

En Iran, on conserve les aubergines confites dans du vinaigre (recette qui se retrouve en Espagne avec la Berenjena de Almagro[52])

Dans la cuisine arabe médiévale et moderne[modifier | modifier le code]

Mulûkhiyya, kibritiyya.... l'aubergine se sert avec de la viande en hachis ou en boulettes dans la cuisine médiévale arabe. De nos jours un penchant marqué de cette cuisine est l'aubergine farcie à la viande, au riz, aux légumes. L'aubergine pannée est également fréquente.

Autour de la Méditerranée[modifier | modifier le code]

Le futur de l’aubergine[modifier | modifier le code]

L’aubergine est un des dix légumes le plus consommé par la majorité des humains. Elle bénéficie d’améliorations constantes.

Les nouveaux cultivars[modifier | modifier le code]

L’apport de la génétique, énorme depuis une décennie, permet d’avancer sur deux problématiques prioritaires :

  • la résistance de la plante aux maladies et parasites, axe prioritaire dans la mesure où le principal de la production se fait, encore pour longtemps, en climats tropical ou subtropical[53].
  • la connaissance et un juste dosage des facteurs antinutritionels (principalement lectines et saponines) «le côté amer des solanacées »[54] :

Les nouveaux marchés[modifier | modifier le code]

L’obtention de cultivars peu sensibles à la lumière et moins gourmands en chaleur est chose acquise, il reste donc à l’aubergine à conquérir les pays septentrionaux.

Au Japon, premier pays développé consommateur d'aubergine, elle est consommée fraîche et juste cuisinée. Cette niche d’aubergine avec un goût délicat, vendues en frais demeurera. Mais son futur (sur le modèle de la tomate[55]) sera son adaptation au mode de vie actuel sous forme transformée, facile à consommer et à conserver (produits dérivés, surgelés, secs, plats cuisinés etc.) ce qui implique un important travail d’innovation.

Miscellanées[modifier | modifier le code]

  • Mr Magoo, personnage principal du dessin animé éponyme, tient une compagnie qui vend des aubergines.
  • Dans le jeu vidéo Kid Icarus, un des ennemis les plus puissants est le Sorcier Aubergine, une aubergine humanoïde qui peut transformer Pit en aubergine à pattes. Le Sorcier Aubergine revient dans la série d'animation américaine Captain N (Captain N: The Game Master) comme un des méchants principaux.
  • Dans le jeu vidéo Princess Tomato in the Salad Kingdom, parmi les nombreux fruits et légumes anthropomorphes qui constituent les personnages, il y a deux aubergines, Mademoiselle Aubergine l'employée de bar et le Soldat Aubergine, second du Ministre Citrouille.
  • Les aubergines sont des ennemis dangereux dans la série des jeux vidéo Adventure Island : elles ne peuvent être détruites et poursuivent le héros continuellement si ce dernier en libère une.
  • Dans le jeu Ice Climber, l'aubergine est le premier légume que l'on ramasse dans le jeu : elle est par la suite devenue emblématique de la série.
  • Dans le conte Le Génie de l'aubergine, dans le recueil du même nom de Pierre Cormon, un fonctionnaire est contraint de jouer aux échecs toutes les nuits avec un personnage se présentant comme le génie de l'aubergine, jusqu'à ce qu'il soit tellement fatigué qu'il se fait renvoyer de son travail.
  • Le Potager d'Alix de Saint Venant cite Guillaume Rouillé qui écrit dans l'Histoire générale des plantes (1615) « Aucuns en mangent pour se rendre plus vaillants champions avec les femmes : peut estre ont-elles cette propriété parce qu'étant de difficile digestion elles engendrent des ventosités... »[56]
  • Un dentifrice à base de cendres d'aubergine était fabriqué au Japon.

Galerie photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Terri L. Weese et Lynn Bohs, « Eggplant origins: Out of Africa, into the Orient », Taxon, vol. 59,‎ , p. 49–56 (lire en ligne)
  2. (en) Giambattista Polignano, Pasquale Uggenti, Venturino Bisignano et Carlo Della Gatta, « Genetic divergence analysis in eggplant (Solanum melongena L.) and allied species », Genetic Resources and Crop Evolution, vol. 57,‎ , p. 171–181 (ISSN 0925-9864 et 1573-5109, DOI 10.1007/s10722-009-9459-6, lire en ligne)
  3. Amanda Lafleur, Benjamin Forkner, « A Cajun French-English Glossary », sur Louisiana State University (consulté le 30 octobre 2010)
  4. R. Arveiller, « Les noms français de l'aubergine », Revue de linguistique romane,‎ (lire en ligne)
  5. a et b Sandra Knapp, Maria S. Vorontsova et Jaime Prohens, « Wild Relatives of the Eggplant (Solanum melongena L.: Solanaceae): New Understanding of Species Names in a Complex Group », PLoS ONE, vol. 8,‎ (ISSN 1932-6203, PMID 23451138, PMCID 3579775, DOI 10.1371/journal.pone.0057039, lire en ligne)
  6. Mangin L, L'épopée de l'aubergine sauvage, Pour la Science, janvier 2009, p. 94-95
  7. (es) Maria de la O Plazas Ávila, Caracterización y mejora genética de la berenjena para compuestos bioactivos, Valencia, Universitat Politècnica de València, (lire en ligne), p. 37
  8. Sandra Knapp, Maria S. Vorontsova et Jaime Prohens, « Wild Relatives of the Eggplant ( Solanum melongena L.: Solanaceae): New Understanding of Species Names in a Complex Group », PLOS ONE, vol. 8,‎ , e57039 (ISSN 1932-6203, PMID 23451138, PMCID 3579775, DOI 10.1371/journal.pone.0057039, lire en ligne)
  9. Rachel S. Meyer, Kenneth G. Karol, Damon P. Little et Michael H. Nee, « Phylogeographic relationships among Asian eggplants and new perspectives on eggplant domestication », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 63,‎ , p. 685–701 (DOI 10.1016/j.ympev.2012.02.006, lire en ligne)
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  11. (en) Jaime Prohens-Tomás et Fernando Nuez, Vegetables II: Fabaceae, Liliaceae, Solanaceae, and Umbelliferae, Springer Science & Business Media, (ISBN 9780387741109, lire en ligne)
  12. http://french.almaaref.org/essaydetails.php?eid=1380&cid=239
  13. Jean Henri Jaume Saint-Hilaire, Plantes de la France: décrites et peintes d'après nature, Volume 3, Paris, l'Auteur, (lire en ligne)
  14. a et b Michel Pitrat,Claude Foury,, Histoires de légumes: des origines à l'orée du XXIe siècle, Editions Quae, (lire en ligne), p. 259
  15. Darra Goldstein, Kathrin Merkle, Cultures culinaires d'Europe, Bruxelles, Council of Europe, (lire en ligne), p. 506
  16. Catalogue européen des espèces et variétés , sur le site de la Commission européenne
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  18. G. J. H. Grubben, Légumes - Volume 2 de Ressources végétales de l'Afrique tropicale, PROTA CTA Editions, , 727 p. (ISBN 9057821494, lire en ligne), p. 553
  19. a et b Laura Toppino, Lorenzo Barchi, Roberto Lo Scalzo et Eristanna Palazzolo, « Mapping Quantitative Trait Loci Affecting Biochemical and Morphological Fruit Properties in Eggplant (Solanum melongena L.) », Frontiers in Plant Science, vol. 7,‎ (ISSN 1664-462X, PMID 26973692, PMCID 4777957, DOI 10.3389/fpls.2016.00256, lire en ligne)
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  21. (en) Hideki Hirakawa, Kenta Shirasawa, Koji Miyatake et Tsukasa Nunome, « Draft Genome Sequence of Eggplant (Solanum melongena L.): the Representative Solanum Species Indigenous to the Old World », DNA Research,‎ , dsu027 (ISSN 1340-2838 et 1756-1663, PMID 25233906, PMCID 4263298, DOI 10.1093/dnares/dsu027, lire en ligne)
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

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