Au sans pareil

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Au sans pareil[1] est une maison d'édition française créée à Paris en 1919 par René Hilsum qui fut le premier éditeur des surréalistes. Elle disparut en 1936.

Histoire de la maison d'édition[modifier | modifier le code]

Exposition Marx Ernst à la librairie Au sans pareil, avenue Kléber, le 2 mai 1921 : René Hilsum, Benjamin Péret, Serge Charchoune, Philippe Soupault (en haut de l'échelle), Jacques Rigaut (la tête en bas), André Breton et Simone Kahn (à l'entrée).

René Hilsum (1895-1990), ancien condisciple d'André Breton au collège Chaptal (1912) est contacté par ce dernier en mars 1919 pour éditer des textes de Philippe Soupault, Louis Aragon et de lui-même ; ils venaient de lancer Littérature, la revue séminale du groupe surréaliste. René Hilsum fonde sa maison le 2 mai 1919 au 102 rue du Cherche-Midi[2]. Après un poème d'Arthur Rimbaud, le deuxième ouvrage publié fut Mont de Piété de Breton. Dans la foulée, Hilsum accepte de reprendre la publication mensuelle de la revue Littérature. Il ouvre également une librairie 37 avenue Kléber[3] en janvier 1920 à son nom et y organise en mai 1921 la première exposition consacrée à Max Ernst. Ce lieu est aussi le dépositaire pour un temps du mouvement Dada. En 1920, Philippe Soupault y publie pour la première fois les Poésie I et II de Lautréamont et, en 1927, l’œuvre complète.

Au mois d'août 1922, la décision prise par Breton de confier à Gaston Gallimard la publication de Littérature provoque la rupture avec Hilsum. Par la suite, Breton et ses amis confièrent également des textes à Léon Pierre-Quint, directeur aux Éditions du Sagittaire.

Après cet épisode surréaliste, la maison[4] s'ouvre à de multiples auteurs comme Blaise Cendrars, Jean Paulhan, Paul Morand, Pierre Bost, Pierre Jean Jouve, François Mauriac, Jean Giraudoux, Pierre Mac Orlan, Max Jacob, Pierre Drieu la Rochelle, Charles Du Bos, Georges Ribemont-Dessaignes, etc. Elle fut le premier éditeur de Marguerite Yourcenar en tant que romancière[5].

Début 1934, la société d'édition est en difficultés financières : en juin, Hilsum tente de négocier le rachat de son fonds avec un confrère parisien puis, en septembre, vend sa collection « Génie de la France »[6] à Gallimard[7]. Le siège est transféré au 22 rue Lalande.

La maison cesse son activité en avril 1936, son catalogue comprend quelques 170 titres. Hilsum devient ensuite directeur des Éditions du Parti communiste[8], puis, plus tard, des Éditions Sociales, dirigés par son fils François Hilsum, fondateur des éditions Messidor[9].

Avec plus de quinze ans d'activité, Au sans pareil demeure, tant par la qualité de ses impressions que par ses choix éditoriaux, une expérience littéraire tout à fait remarquable. Les bibliophiles recherchèrent très vite à collectionner les ouvrages de cet éditeur, parfois illustrés, sur beau papier et numérotés.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Littérature, reprint de la revue (1919-1924), Éditions Jean-Michel Place, 1978.
  • Mireille Hilsum : « René Hilsum, un éditeur des années vingt », In: revue Bulletin du bibliophiles, 1983.
  • Pascal Fouché, Au Sans Pareil, Paris, Imec, collection « L’Édition contemporaine » no 1, 1989, 448 p.
  • « Au Sans Pareil », article de Pascal Fouché, In: Dictionnaire encyclopédique du Livre, Paris, Cercle de la Librairie, 2002, tome 1, p. 180 - Index (ISBN 2765409102).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'après Pascal Fouché (cf. biblio.), ce nom proviendrait des « magasins de nouveautés » qu'à l'époque l'on baptisait ainsi.
  2. Sources : Pascal Fouché, chronologie du Sans Pareil, en ligne.
  3. C'est aussi le siège de la maison d'édition pendant un temps puis on trouve l'adresse du 17 rue Froidevaux.
  4. Inscrite au registre du commerce sous le nom René Hilsum & Cie.
  5. Sous le nom de Marg. Yourcenar, Alexis ou le traité du vain combat, 1929.
  6. Collection à succès reprenant sous petits formats les grands classiques, une quarantaine de titres y furent publiés, avec, sur la couverture, la marque d'un coq noir chantant et la mention suivante en page de titre : « René Hilsum, éditeur à Paris ».
  7. D'après Henri Thyssens : "Robert Denoël éditeur", biographie de l'éditeur en ligne.
  8. René Hilsum, entretien avec Claude Willard, in « Du dadaïsme aux éditions du PCF », Cahiers d’histoire de l’Institut de recherche marxiste, 1983, no 12, p. 89-108 - réf. citée par Cairn.info.
  9. P. Fouché, op.cit., chronologie en ligne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]