Au revoir là-haut

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Au revoir là-haut
Auteur Pierre Lemaitre
Pays Drapeau de la France France
Genre Roman
Éditeur Éditions Albin Michel
Date de parution
Nombre de pages 576
ISBN 978-2226249678

Au revoir là-haut est un roman de Pierre Lemaitre paru le aux éditions Albin Michel. Il reçoit plusieurs prix littéraires la même année, dont le prix Goncourt.

Historique[modifier | modifier le code]

Le roman est retenu dans les premières listes des principaux prix littéraires 2013 dont le prix Goncourt[1], le grand prix du roman de l'Académie française[2] et le prix Femina[3]. Le , il est lauréat du prix Goncourt au douzième tour de scrutin par six voix contre quatre à Arden de Frédéric Verger[4]. Les autres principaux prix ayant récompensé Au revoir là-haut sont :

  • Prix des libraires de Nancy Le Point, 2013
  • Roman français préféré des libraires à la rentrée, 2013[5]
  • Meilleur roman français 2013 décerné par le magazine Lire[6]
  • Prix roman France Télévisions 2013[7]
  • Coup de cœur 2014 de l'Académie Charles-Cros pour sa version livre-audio[8]
  • Prix Tulipe du meilleur roman français 2014[9]
  • Premio letterario internazionale Raffaelo-Brignetti 2014[10]
  • Nommé aux Globes de Cristal 2014 dans la catégorie Meilleur Roman-Essai.

Résumé[modifier | modifier le code]

Au sortir de la Première Guerre mondiale, deux anciens Poilus, Édouard Péricourt (fils de la haute bourgeoisie, dessinateur fantasque, homosexuel, rejeté par son père) et Albert Maillard, modeste comptable, font face à l'incapacité de la société française de leur ménager une place. Leur relation naît le 9 novembre 1918, juste avant la fin de la Grande Guerre. Albert est le témoin d'un crime : le lieutenant Henri d’Aulnay-Pradelle, aristocrate arriviste qui veut gagner ses galons de capitaine, parvient à lancer une dernière offensive en faisant croire que les Allemands, qui attendent pourtant l'Armistice comme les Français, ont tué deux de ses hommes éclaireurs, mais Albert a compris que c'est son lieutenant qui leur a tiré une balle dans le dos. Pendant l'offensive, Pradelle, se voyant démasqué, pousse Albert dans un trou d’obus, ce dernier se retrouve alors enterré vivant face à une tête de cheval mort. In extremis Édouard sauve Albert d’une mort atroce au prix de sa défiguration par un éclat d’obus, faisant de lui une gueule cassée, alors qu'Albert, traumatisé, devient paranoïaque[11].

Démobilisés, Albert et Édouard, amers, vivent difficilement à Paris. Ces deux laissés-pour-compte se vengent de l'ingratitude de l’État en mettant au point une escroquerie qui prend appui sur l'une des valeurs les plus en vogue de l'après-guerre : le patriotisme. Ils vendent aux municipalités des monuments aux morts fictifs. Quant au lieutenant Pradelle, il profite des nombreux morts inhumés dans des tombes de fortune sur le champ de bataille pour signer un contrat avec l’État qui prévoit de les inhumer à nouveau dans des cimetières militaires, vendant « aux collectivités des cercueils remplis de terre et de cailloux, voire de soldats allemands[12] ».

Analyse[modifier | modifier le code]

Réalité historique d'une escroquerie[modifier | modifier le code]

Pierre Lemaitre a emprunté le titre de son roman à la dernière lettre adressée à sa femme par le soldat Jean Blanchard injustement fusillé en 1914 et dans laquelle il écrit « Au revoir là-haut ma chère épouse »[13].

L'écrivain Alexandre Vialatte évoque déjà plusieurs escroqueries dans ses romans sur la Grande Guerre[14].

Si l'arnaque des monuments aux morts est inventée par l'auteur, celle du trafic des cercueils se base sur une réalité historique. À l'issue de la Première Guerre mondiale, la majorité des familles endeuillées souhaite exhumer le corps de leur parent mort au feu afin de l’inhumer dans le cimetière communal mais le gouvernement interdit cette pratique par souci d'hygiène, d'économie et pour ne pas mettre en danger l’intégrité et l'identité des cadavres. Bravant cette interdiction, ces familles entreprennent par elles-mêmes ou en faisant appel à des « mercantis de la mort[15] » (entrepreneurs locaux ou « maisons » de pompes funèbres parisiennes, voire des escrocs), de violer les sépultures militaires et ramener clandestinement les corps[16]. Le développement de cette pratique illicite dans les années 1919 et 1920 incite le ministère de l'Intérieur à prendre des décisions, oscillant entre prévention et répression, jusqu'à la loi du 31 juillet 1920 qui prévoit que la totalité des frais de transfert autorisé des corps de soldats morts sont désormais à la charge de l’État[17].

Une analyse historique, « Le ballet des morts » a été réalisée par Beatrix Pau, suite au succès du roman de Pierre Lemaitre, pour étudier dans le détail la réalité des faits évoqués et des malversations autour des cadavres de soldats. il permet de mesurer l'ampleur réelle du phénomène.

Place de ce roman dans l'œuvre de son auteur[modifier | modifier le code]

Au revoir là-haut marque dans l'œuvre de Pierre Lemaitre un important changement : il signe, cette fois, un roman picaresque[18], et non un roman historique[19]. Délaissant le genre policier, l'auteur reste néanmoins fidèle à l'esprit de ses premiers romans puisqu'il cite (d'Émile Ajar à Stephen Crane et de Victor Hugo à La Rochefoucauld) plusieurs auteurs qu'il salue dans ses remerciements avec, notamment, un hommage appuyé à Louis Guilloux et Carson McCullers.

Liste exhaustive des œuvres et auteurs cités :

Pour le contexte :

Pour le style :

Réception critique et ventes[modifier | modifier le code]

Au revoir là-haut a été salué par la presse unanime[20].

Le roman s'est vendu à 490 000 exemplaires durant l'année 2013 et figure parmi les dix livres les plus vendus cette année-là[20].

Adaptations[modifier | modifier le code]

En bande dessinée[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Prix Goncourt 2013 : la première sélection dévoilée dans Télérama du 6 septembre 2013.
  2. Première sélection du Grand Prix du Roman de l'Académie française, dans La Croix du 26 septembre 2013.
  3. Prix Femina: première sélection dévoilée dépêche AFP du 12 septembre 2013.
  4. "Pierre Lemaitre Goncourt 2013 pour "Au revoir là-haut"" dans L'Express du 4 novembre 2013.
  5. « Palmarès complet des libraires de la rentrée littéraire 2013 », Livres-Hebdo, 6 septembre 2013.
  6. « Palmarès Lire : les 20 meilleurs livres de l'année 2013 révélés », sur le site de L'Express, le 26 novembre 2013.
  7. « Après le Goncourt, Pierre Lemaitre reçoit le prix Roman France Télévisions » sur le site de France Télévisions, le 12 décembre 2013.
  8. Le cœur de l'Académie Charles Cros bat pour Audiolib ! sur le site www.audiolib.fr le 16 juin 2014.
  9. Prix Tulipe du meilleur roman français 2014 sur le site de l'Institut français aux Pays-Bas
  10. (it) “Ci rivediamo lassù” di Pierre Lemaitre vince il 42° Premio Brignetti dans Il Tirreno du 12 juillet 2014.
  11. Brigit Bontour, « Pierre Lemaitre : "Je m'identifiais à ces jeunes gens morts dans les tranchées" », sur Nouvel Obs,
  12. Bernard Gensane, « Au revoir là-haut, par Pierre Lemaitre », sur logs.mediapart.f,
  13. « "Au revoir là-haut" de Pierre Lemaître, la révélation de la rentrée littéraire », sur RTL,
  14. Alain Schaffner, Le porte-plume souvenir : Alexandre Vialatte romancier, Honoré Champion, , p. 34.
  15. Appelés ainsi dans la presse de l’époque.
  16. Béatrix Pau, « La violation des sépultures militaires, 1919-1920 », Revue historique des armées, no 259,‎ , p. 33-43 (lire en ligne)
  17. Béatrix Pau-Heyriès, « La démobilisation des morts français et italiens de la Grande Guerre », Revue historique des armées, no 250,‎ , p. 66 (lire en ligne)
  18. Voir sur france24.com.
  19. Voir sur histoire.presse.fr du 1er novembre 2013.
  20. a et b « Les dix best-sellers français de l'année 2013 », sur Le Figaro,

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