Au gré du courant

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Au gré du courant
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Affiche japonaise du film

Titre original 流れる
Nagareru
Réalisation Mikio Naruse
Scénario Toshirô Ide, Sumie Tanaka
d'après un roman de Aya Konda
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau du Japon Japon
Durée 117 minutes
Sortie 1956

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Au gré du courant (流れる, Nagareru?) est un film japonais réalisé par Mikio Naruse et sorti en 1956. Le film est une adaptation d'un roman d'Aya Koda.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le déclin de la maison de geishas de Tsutayako (Otsuta) à Tokyo : les filles s'en vont, les dettes s'accumulent... Envoyée par une agence de placement, Rika, qui a perdu mari et fille, parvient pourtant à y être embauchée comme bonne. Dévouée, discrète et polie, Rika, appelée désormais Oharu, gagne l'estime et l'affection des habitantes de la maison. Mais le bonheur d'une soirée musicale fêtant la réconciliation de Otsuta et de Someka, une des employées mécontentes, n'est qu'illusion. L'avenir de la maison tenue par Otsuta est, en réalité, compromise car Ohama, une de ses anciennes amies, aujourd'hui enrichie, acquiert la propriété des lieux et projette de transformer l'endroit en restaurant. Par fidélité à Otsuta, Rika/Oharu décline l'offre de travailler dans le futur établissement d'Ohama.

Selon Max Tessier, ce film est « une des œuvres les plus poignantes de Naruse : une plongée envoûtante dans le monde de la grisaille des geishas sur le déclin, d'une tristesse à pleurer. »

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution artistique[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

Le nom de « Oharu »

Héroïne préférée de Kenji Mizoguchi, Kinuyo Tanaka avait été l'actrice principale d'un de ses films les plus célèbres, La Vie d'O'Haru femme galante (1952). Or, ici, pour pouvoir travailler dans une maison de geishas, son personnage prend le nom de « Oharu ».

Isuzu Yamada

Isuzu Yamada, grande vedette japonaise des années 1930, s'était imposée chez Mizoguchi également, dans L'Élégie d'Osaka et Les Sœurs de Gion, deux films réalisés en 1936. Elle incarne ici le rôle de la patronne de la maison de geishas, Otsuta. Elle est évoquée dans le roman de Fumiko Hayashi Nuages flottants qu'avait adapté Mikio Naruse l'année précédente, quand Yukiko le personnage féminin y prononce les paroles suivantes (évocation nostalgique des instants amoureux passés en Indochine) : « Sur le chemin du cimetière, il y avait d'énormes cactus, je m'en rappelle très bien. Si j'avais été aussi belle qu'Isuzu Yamada, le voyage aurait été bien plus intéressant. » La romancière poursuit : « Yukiko tenait des propos pour le moins étrange. » [1] Ces phrases ne sont pas reprises par Naruse dans son adaptation cinématographique ; cependant il fait appel à Isuzu Yamada, l'année suivante, pour jouer dans un film à l'atmosphère si proche.

À la suite du décès d'Isuzu Yamada, Charles Tesson écrit : « Mikio Naruse lui confie le rôle de tenancière d'une petite maison de geishas dans Au gré du courant, où elle a pour domestique Kinuyo Tanaka, et comme employée Hideko Takamine. Tout un symbole, puisqu'elle est la "patronne", celle qui a ouvert la voie à toutes les grandes actrices du cinéma japonais, par son charisme et sa personnalité. »[2]

Références[modifier | modifier le code]

  1. F. Hayashi : Nuages flottants, p.171, trad. Corinne Atlan
  2. Cahiers du cinéma, septembre 2012, n° 681.

Liens externes[modifier | modifier le code]