Au diable Staline, vive les mariés !

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Au diable Staline, vive les mariés !
Titre original Nunta mută
Réalisation Horațiu Mălăele
Scénario Horațiu Mălăele
Adrian Lustig
Pays d’origine Drapeau de la Roumanie Roumanie
Genre Comédie dramatique
Durée 87 minutes
Sortie 2008

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Au diable Staline, vive les mariés ! (Nunta mută, littéralement Noces muettes) est un film roumain réalisé par Horațiu Mălăele, sorti sur les écrans en 2008.

1953, La Roumanie communiste décrète un deuil officiel suite au décès de Staline. Touts rassemblements et festivités sont interdits durant la période de ce deuil. Néanmoins un petit village rural décide de passer outre de cette interdiction, et va donc célébrer en secret et en silence des noces prévues bien avant la mort inopinée de Staline ...

Synopsis[modifier | modifier le code]

En Roumanie, après la libération, une équipe de reporters TV cherche en pleine campagne des personnes ayant vécu une histoire suffisamment extraordinaire pour que cela puisse constituer un sujet de reportage. Guidés par un maire local qui ironise sur les critères d'attribution des aides européennes, ils aperçoivent une vielle femme habillée tout en noir, qui erre à l'intérieur d'une sinistre friche industrielle. Le maire explique qu'il y avait ici jadis un joli village, mais qu'il fut totalement rasé par les forces répressives du régime communiste pour laisser place à cette usine, aujourd'hui abandonnée et en ruine.

Le destin tragique du village rasé remonte à 1953. Cette année-là, tout le village s'active joyeusement dans la perspective de célébrer les noces de la fille du maire de l'époque avec son beau fiancé. Le jour du mariage, tandis que la cérémonie a déjà eu lieu, que les tables sont dressées et que chacun a mis ses beaux habits, arrivent dans le village les dirigeants communistes régionaux accompagnés d'un capitaine soviétique, qui annoncent au maire et aux villageois que le camarade Staline vient de mourir la veille et qu'en conséquence, un deuil officiel international de sept jours est décrété dans tous les pays communistes, dont la Roumanie. Ce deuil qui commence dès aujourd'hui interdit en autre "tout rassemblement festif, tout rire, tout match de foot et tout mariage". Il est précisé que tout contrevenant à ce décret sera jugé pour haute-trahison. Les noces doivent donc cesser immédiatement. Une fois leur annonce faite, les officiels repartent, laissant les villageois dépités de ne pas pouvoir festoyer, de la nourriture qui va être gâchée alors qu'on était dans une époque de pénurie. Ils finissent donc par décider d'outre-passer les ordres, en poursuivant les noces en silence à l'intérieur de la grange. Ils festoient donc en chuchotant et en mimant le toast, la musique, la danse, le discours des mariés, des invités…

Lorsqu'un orage bruyant s'abat sur le village, le maire prend une funeste décision : reprendre une noce normale sous le crépitement de l'averse et les coups de tonnerre. Mais un char soviétique défonce la grange, et des soldats tabassent les noceurs tandis que le capitaine soviétique abat le maire. Toute la nourriture de la noce est confisquée, tous les hommes présents y compris le marié sont arrêtés pour être déportés. La mariée dans sa robe blanche ensanglantée du sang de son père, reste hagarde, plantée dans la boue et sous l'averse, et voit son époux s'éloigner, emmené avec les autres hommes du village vers une destination inconnue.

Retour à la période contemporaine : le maire actuel a fini de raconter l'histoire des noces muettes de l'ancien village et des crimes alors commis contre les villageois. Le chef des reporters tente maladroitement d'interviewer la vielle dame aperçue au début du film pour savoir si elle aussi, elle connaît cette tragique histoire. Mais elle refuse de répondre, préférant retourner vers son cénotaphe de fortune. Soudain la pluie se met à tomber : en voulant se couvrir la tête de son châle, la vieille dame découvre brièvement son cou qui porte la même tâche de vin que la mariée des noces muettes de 1953.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

  • Meda Andreea Victor: Mara
  • Alexandru Potocean: Iancu
  • Valentin Teodosiu: Grigore Aschie
  • Alexandru Bindea: Gogonea
  • Tudorel Filimon: Haralamb Vrabie
  • Nicolae Urs: Mutu
  • Luminița Gheorghiu: Fira
  • Ioana Anton: Smaranda
  • Dan Condurache: Mardare
  • Doru Ana: Cârnu
  • Serban Pavlu: Coriolan

Accueil[modifier | modifier le code]

Accueil critique[modifier | modifier le code]

En France, l'accueil critique est positif : le site Allociné recense une moyenne des critiques presse de 3,2/5, et des critiques spectateurs à 3,6/5[1].

Autour du film[modifier | modifier le code]

Le joyeux titre français peut faire croire à une comédie de fiction du type Twist again à Moscou mais le film, même s'il y a des situations tragi-comiques par leur absurdité, est en fait un drame décrivant la répression totalitaire dans un village roumain en 1953 de façon réaliste et conforme aux sources historiques, telle qu'elle est redécouverte fortuitement par des jeunes journalistes actuels. Le titre français a été choisi pour ne pas décourager le public francophone, réputé (dans les pays de l'Est) peu sensibilisé aux œuvres dénonçant la dictature communiste[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Au diable Staline, vive les mariés ! », sur Allociné (consulté le 6 septembre 2017).
  2. Iulia Blaga - „Horațiu Mălăele, un debut regizoral care promite să facă vâlvă - Nunta mută”, dans le journal "România Liberă" d'août 2007.

Liens externes[modifier | modifier le code]