Attentat du RER B à Port-Royal

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Attentat du RER B à Port-Royal
Image illustrative de l'article Attentat du RER B à Port-Royal
La plaque « À la mémoire des victimes de l'attentat du 3 décembre 1996 » est fleurie aux dates anniversaires de l’attentat (photo prise en décembre 2014).

Localisation Paris, France
Cible Gare de Port-Royal
Coordonnées 48° 50′ 24″ nord, 2° 20′ 13″ est
Date
18 h 2 (UTC+1)
Type Attentat meurtrier
Armes Engin explosif improvisé
Morts 4
Blessés 91
Auteurs Inconnus

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Attentat du RER B à Port-Royal

L'attentat du RER B à Port-Royal s’est déroulé le à Paris.

Contexte[modifier | modifier le code]

Cet attentat survient après ceux de 1995, également à Paris, qui avaient fait huit morts et cent cinquante et un blessés. Par deux fois, pour les deux attentats les plus sanglants, les 25 juillet et , une bonbonne de gaz a explosé dans une rame du RER[1].

Le , une note de la direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) adressée au secrétaire général de l’Élysée, Dominique de Villepin, et au directeur du cabinet du Premier ministre, Maurice Gourdault-Montagne conclut que « tous les indices recueillis sur le terrain laissent à penser que le débat qui ne peut s'exprimer à l'intérieur se transportera rapidement à l'extérieur en prenant à témoin, voire en otage, les communautés émigrées et les sociétés européennes, dont on peut attendre une caisse de résonance qui n'existe plus en Algérie »[2].

Déroulement des faits[modifier | modifier le code]

Le à 18 h 2, une bonbonne de gaz remplie d’explosif éclate dans une rame de la ligne B du RER en direction de Saint-Rémy-lès-Chevreuse, à la gare de Port-Royal dans le 5e arrondissement de Paris. Deux personnes décèdent le jour-même[3]. Le bilan final sera de quatre morts et 91 blessés[4].

L’explosion a été provoquée par une bonbonne de gaz, cachée dans un sac bleu, et déposée au départ du RER, à la gare Aéroport Charles-de-Gaulle 2 TGV. Elle contenait, en outre, de la poudre noire et du soufre, tandis que des clous avaient été ajoutés pour renforcer son effet meurtrier. Un minuteur d’un modèle courant, en vente dans le commerce et à usage ménager, faisait office de retardateur. Ces mêmes ingrédients ayant servi à la fabrication de plusieurs des engins explosifs lors de la campagne d’attentats de 1995, ces constatations ont permis de supposer l’origine islamiste de cet attentat[5],[6],[7]. Peu de temps après, une lettre du groupe islamique armé (GIA) à Jacques Chirac, sans revendiquer explicitement l’attentat, réclame notamment la libération d’Abdelhak Layada, l’un des chefs du GIA, emprisonné à Alger et condamné à mort. Le GIA, indique Antar Zouari, émir du GIA, « est dans la voie des tueries et des massacres. Nous faisons ce que nous disons. Les événements de ces derniers jours le prouvent[8] ».

Trois des quatre juges antiterroristes sont chargés de l’instruction : Jean-Louis Bruguière, Laurence Le Vert et Jean-François Ricard[9],[10].

Mis en place le à la suite de l’attentat à la voiture piégée devant une école juive de Villeurbanne, allégé en , le plan Vigipirate est réactivé après cet attentat[11].

L’attentat n’a pas été revendiqué[12], et les auteurs n’ont pas été identifiés[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Franck Johannes, « En 1995, la police avait manqué le chef du réseau. Les enquêteurs avaient réussi à arrêter presque tous les terroristes. Rappel des faits », Libération,‎ (lire en ligne)
  2. Jacques Follorou, « L'alerte de la DGSE, deux semaines avant l'attentat du RER », Le Monde,‎
  3. Michel Henry, Nidam Abdi et Patricia Tourancheau, « Le plan Vigipirate rétabli dans tout le pays : Explosion meurtrière dans le RER, à la station Port-Royal. », Libération,‎ (lire en ligne)
  4. « Attentat de Port-Royal: la poudre noire interrogée », Libération,‎ (lire en ligne)
  5. Hervé Gattegno et Ericg Inciyan, « La nature de la bombe du RER semble confirmer la piste islamiste », Le Monde,‎
  6. Ericg Inciyan, « L'enquête sur l'attentat du RER se poursuit tous azimuts », Le Monde,‎
  7. a et b Julien Heyligen, « Dix ans après, l'attentat du RER B reste un mystère », Le Parisien,‎
  8. « Le GIA menace de «détruire la France». Les islamistes algériens lancent un ultimatum à Chirac. », Libération,‎ (lire en ligne)
  9. Patricia Tourancheau, « Attentat du RER: des miettes d'indices. Débris de la bombe, sac de sport, appel à témoins: le point sur l'enquête », Libération,
  10. Franck Johannes, « L'antiterrorisme, un clan autour de Bruguière. Exclu de la famille: Gilbert Thiel, juge systématiquement tenu à l'écart des affaires importantes », Libération,‎ (lire en ligne)
  11. « Bilan du plan Vigipirate en 1997 à Paris », Le Monde,‎ .
  12. Ericg Inciyan, « Le GIA revendique des attentats en France », Le Monde,‎

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]