Attentat du 4 avril 2020 à Romans-sur-Isère

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Attentat du 4 avril 2020 à Romans-sur-Isère

Localisation Romans-sur-Isère, Drôme, Drapeau de la France France
Cible Civils
Coordonnées 45° 02′ 47″ nord, 5° 03′ 06″ est
Date
10h45 (UTC+2)
Type Attaque au couteau
Armes Couteau
Morts 2
Blessés 5
Auteurs Abdallah Ahmed-Osman
Mouvance Terrorisme islamiste
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Attentat du 4 avril 2020 à Romans-sur-Isère
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Attentat du 4 avril 2020 à Romans-sur-Isère
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Attentat du 4 avril 2020 à Romans-sur-Isère

L'attentat du 4 avril 2020 est un acte terroriste au couteau perpétré en France, le , dans le centre-ville de Romans-sur-Isère.

Il est le fait d'un réfugié soudanais, Abdallah Ahmed-Osman, rapidement interpellé après ses actes en train de prier. Durant son passage à l'acte, il aurait crié « Allah Akbar », tue deux passants et en blesse cinq autres, leur demandant s'ils sont de confession musulmane[1].

Faits[modifier | modifier le code]

L'attaque a lieu durant la période de confinement en raison de la pandémie de Covid-19.

Le , vers 10 h 41, un homme entre dans le bureau de tabac « Le Flash » de la place Ernest-Gailly à Romans-sur-Isère où, muni d'un couteau, il agresse le couple gérant[2]. Le mari reçoit des coups de couteau à la poitrine et sur le flanc et sa femme aux bras et aux côtes. L'agresseur poursuit son chemin pour entrer dans la boucherie Breyton, cours Pierre-Didier, où il se saisit d'un couteau de boucher pour blesser mortellement un client, Thierry Nivon, au thorax[2].

Sorti cours Pierre-Didier, il demande à un piéton s'il est maghrébin ; après que celui-ci lui a répondu qu’il est français, il le blesse en le poignardant dans le dos[3]. Il blesse ensuite un autre piéton dans le dos puis porte des coups de couteaux mortels au thorax et à l'abdomen de Julien Vinson alors que ce dernier ouvrait les volets de son habitation, sous les yeux de son fils[2],[3]. Il blesse ensuite un autre piéton au thorax et estomac et finit par une ultime agression boulevard Marx-Dormoy sur une passante en la poignardant à l'artère fémorale[2]. Ces attaques ont lieu sur une distance de 400 mètres et ont duré un temps total de 15 minutes[2].

Enquête[modifier | modifier le code]

Le jour même, le Parquet national antiterroriste se saisit de l'affaire[4],[5]. Le colocataire du suspect, un soudanais est placé en garde à vue. Puis le lendemain dans la matinée un troisième soudanais, également proche du suspect est placé en garde à vue. L'un d'eux avait vu Ahmed-Osman la veille de l'attaque, ce dernier se plaignait du confinement et avait peur d'avoir le coronavirus[6].

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner se déplace le jour même des faits à Romans-sur-Isère à la rencontre du maire de la ville Marie-Hélène Thoraval, du préfet de la Drôme Hugues Toumouh, du directeur départemental de la sécurité publique Noël Fayet et du procureur de Valence Alex Perrin pour un état des lieux. Le Ministre qualifie aussitôt ce fait de « parcours terroriste » et salue le courage des équipages de police ayant intercepté Abdallah Ahmed-Osman[7].

Suspect[modifier | modifier le code]

Abdallah Ahmed-Osman
Terroriste islamiste
Information
Naissance
Tendelti (Soudan)
Nationalité Drapeau du Soudan Soudanais
Idéologie Salafisme djihadiste
Sexe Masculin
Actions criminelles Attentat
Victimes 2 morts et 5 blessés

Le suspect, Abdallah Ahmed-Osman, inconnu des services de renseignement[8], est un réfugié soudanais âgé de 33 ans, né le à Tendelti au Soudan[8]. Il a obtenu le statut de réfugié le et un titre de séjour de dix ans cette même année[9] délivré par la préfecture de l'Isère[6]. Il est marié sans enfant avec une Soudanaise restée au pays[10] et est de confession musulmane[11]. Interrogée après l'attaque, la maire de Romans-sur-Isère indique qu'elle ne savait pas que l'assaillant était présent sur le territoire de sa commune[12]. Avant de s'installer en fin d'année 2019 à Romans-sur-Isère dans un logement loué par l'association « Diaconat protestant »[13], il est arrivé dans le département de la Drôme en juin 2018 et a vécu à Moras-en-Valloire[11] de septembre 2018 à janvier 2020 où il avait un contrat de professionnalisation via l'Afpa de Romans dans une entreprise de maroquinerie[14] dénommée Veyret Techniques Découpe où Ahmed-Osman est passé d'intérim à un contrat CDD et devait obtenir un CDI prochainement[15].

Suspicion de motivation terroriste[modifier | modifier le code]

Le suspect aurait crié « Allah Akbar » au moment de lancer son agression[16]. Lors de son arrestation, selon des témoins arabophones, il se serait mis à genoux et aurait récité la profession de foi des musulmans : « il n’est de Dieu que Dieu et Mahomet est son prophète »[17]. L’enquête retient rapidement la qualification d'attentat terroriste à caractère religieux. Le parquet anti terroriste souligne notamment que la perquisition effectuée au domicile du suspect a révélé des notes manuscrites en arabe dans lesquelles il « se plaint de vivre dans un pays de mécréants »[18]. Les enquêteurs mettent également la main sur cinq portables[6]. Le 8 avril, Abdallah Ahmed-Osman est mis en examen pour « assassinats et tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste »[19],[20].

Conséquences[modifier | modifier le code]

La maire de Romans, Marie-Hélène Thoraval, dénonce l'opacité de l'accueil des migrants et « demande au gouvernement et au représentant de l'État dans la Drôme que les maires puissent être informés des projets d'installations de migrants sur leur territoire communal », déplorant qu'au lendemain du drame « six mineurs non accompagnés d'origine africaine n'étaient pas en règle au niveau de leurs attestations bien que logés au centre-ville » et « que certains ne parlent même pas français et soient livrés à eux-mêmes »[21]. Des associations liées à l'accueil des migrants réagissent par un communiqué rappelant au maire d'éviter les amalgames[13].

Les habitants de la ville déplorent toutefois que cet attentat, survenu au début du confinement, ait été trop vite oublié[22].

Victimes[modifier | modifier le code]

Il y a deux morts et cinq blessés[23], dont deux toujours en soins intensifs au lendemain de l'attaque[24].

Nom Situation Âge Infos Sources
Thierry Nivon Décédé 55 ans Ingénieur informatique, il est tué alors qu'il faisait ses courses à la boucherie. [25],[26]
Julien Vinson Décédé 44 ans Copropriétaire du café-théâtre « La Charette » à Romans, il est tué devant son fils de douze ans. [26]
Serge Fournier Blessé 65 ans Buraliste à Romans. Gravement blessé. [26],[1]
Ghislaine A. Blessée 49 ans Buraliste à Romans. [26],[1]
Abdellak M. Blessé 59 ans Blessé dans le dos. [26],[1]
Jean-François S. Blessé 63 ans Travaille dans la soudure et l'électricité. Victime d'une perforation du poumon. [26],[1]
Emmanuelle Blachon Blessée 48 ans Professeure de sport, blessée à la cuisse. [27]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Jérémie Pham-Lê et Geoffroy Tomasovitch, « Attaque au couteau de Romans-sur-Isère: l’état de santé des blessés est rassurant », Le Parisien,‎ (lire en ligne, consulté le 7 avril 2020).
  2. a b c d et e Un effroyable périple de 400 mètres et de 15 minutes, Thomas Zimmermann, p. 24, Le Dauphiné libéré, le
  3. a et b « A Romans-sur-Isère, un effroyable « parcours terroriste » », sur lemonde.fr, (consulté le 30 avril 2020).
  4. Le Figaro, « Attaque à Romans-sur-Isère : le parquet national antiterroriste se saisit », sur Le Figaro.fr, (consulté le 4 avril 2020)
  5. « Attaque au couteau de Romans-sur-Isère. La thèse terroriste ne fait pas de doute », sur actu.fr (consulté le 5 avril 2020)
  6. a b et c Thomas Zimmermann, « Romans : le tueur « craignait » le virus », Le Dauphiné libéré,‎ , p. 22
  7. Fabrice Margaillan, « Castaner : « Un drame » », Dauphiné Libéré,‎ , p. 7
  8. a et b « L'auteur de l'attentat de la Drôme a le statut de réfugié », Louis de Raguenel, p. 29, Valeurs actuelles, .
  9. Attaque de Romans-sur-Isère : le point sur l’enquête
  10. Thomas Zimmermann, « Le suspect se sentait « persécuté ». », Le Dauphiné libéré,‎ , p. 24
  11. a et b Thomas Zimmermann, « Un réfugié soudanais inconnu de la police », Le Dauphiné libéré,‎ , p. 2
  12. Attaque au couteau de Romans-sur-Isère : "C'est encore l'état de choc", réagit la maire de la commune drômoise
  13. a et b « Les associations prônent l'apaisement », F. L., p. 10, Le Dauphiné libéré, .
  14. Carole Raynaud, « Il payait son loyer, disait bonjour à tout le monde… », Le Dauphiné libéré,‎ , p. 7
  15. Thomas Zimmermann, « Un jeune homme très discret, apprécié de tous », Le Dauphiné libéré,‎ , p. 22
  16. « Romans-sur-Isère : après l’attaque meurtrière, les enquêteurs cherchent le motif », sur www.francetvinfo.fr (consulté le 17 avril 2020).
  17. Attaque de Romans-sur-Isère : ce que l'on sait de l'assaillant et des possibles raisons de son geste
  18. « Attaque de Romans-sur-Isère : les premiers éléments de l’enquête », sur L'Obs, (consulté le 6 avril 2020).
  19. « Attaque au couteau à Romans-sur-Isère : l'assaillant mis en examen, indique le parquet national antiterroriste », sur LaProvence.com, (consulté le 9 avril 2020).
  20. « Romans-sur-Isère: la lutte sans fin contre le terrorisme islamiste », sur Le Figaro.fr, lefigaro, (ISSN 0182-5852, consulté le 28 avril 2020).
  21. Le maire dénonce « l'opacité autour de l'accueil des migrants », F. L., p. 10, Le Dauphiné libéré, .
  22. https://www.marianne.net/societe/romans-sur-isere-le-difficile-deuil-d-un-attentat-trop-vite-oublie-au-debut-du-confinement
  23. (en) « Romans-sur-Isère : France launches terror probe after knife attack », sur bbc.com, (consulté le 6 avril 2020).
  24. Le Monde avec AFP, « Attaque au couteau de Romans-sur-Isère : trois Soudanais en garde à vue », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  25. « Attaque au couteau à Romans : les hommages à Julien Vinson et sa famille se multiplient », sur France Bleu, (consulté le 5 avril 2020)
  26. a b c d e et f Attaque de Romans-sur-Isère : les deux hommes tués s'appelaient Thierry et Julien, Stanislas Poyet, Lefigaro.fr, le 5 avril 2020.
  27. https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/l-attaque-a-l-arme-blanche-a-paris-reveille-de-mauvais-souvenirs-a-romans-1601142257