Attaque de Tombouctou (2018)

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Attaque de Tombouctou
Informations générales
Date
Lieu Tombouctou
Issue Victoire de la MINUMSA et de la France
Belligérants
Flag of the United Nations.svg MINUSMA Drapeau de la France France ShababFlag.svg Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans
Forces en présence
Flag of the United Nations.svg
inconnues

Drapeau de la France
inconnues
4 avions Mirage 2000[1]
2 hélicoptères Tigre[1]
3 hélicoptères Caïman[1]
1 avion CASA CN-235[2]
ShababFlag.svg
inconnues
Pertes
Flag of the United Nations.svg
1 mort[1]
7 blessés[1]

Drapeau de la France
7 blessés[4]
ShababFlag.svg
15 morts[4]
Civils : 2 blessés[3]

Guerre du Mali

Coordonnées 16° 46′ 00″ nord, 3° 00′ 00″ ouest

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Attaque de Tombouctou

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Attaque de Tombouctou

L'attaque de Tombouctou du a lieu pendant la guerre du Mali. Elle est menée par des djihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans contre le camp de MINUSMA. L'attaque est repoussée par les casques bleus et les soldats français.

Déroulement[modifier | modifier le code]

L'attaque est menée par un petit groupe de djihadistes contre le camp de militaire de Tombouctou, situé près de l'aéroport de la ville[5]. Surnommé le « Super Camp », celui-ci abrite le quartier-général de MINUSMA et un détachement de la force française Barkhane[5],[6]. Les contingents d'une dizaine de pays y sont présents au sein des casques bleus : principalement du Burkina Faso, mais aussi du Ghana, du Bangladesh, du Salvador, du Liberia, du Nigeria, de la Suède, du Cambodge, d'Égypte et de la Côte d'Ivoire[7],[8].

L'attaque débute à 14H00, heure locale, par les tirs de dizaines d'obus de mortiers et de lances-roquettes[9],[6],[10],[11]. Un peu avant 15H00, les djihadistes envoient ensuite trois véhicules piégés conduits par des kamikazes[3],[6]. Deux d'entre-eux sont repeints aux couleurs des forces armées maliennes et l'autre porte le sigle des Nations unies[9],[6]. Un des véhicules se fait exploser devant l'entrée principale du camp et les deux autres à proximité de check-points protégeant l'accès à celle-ci[6]. Des combattants tentent ensuite de s'infiltrer dans le camp : certains sont vêtus de casques bleus, de treillis ou de ceintures explosives[6],[5]. Les habitants, paniqués, s'enferment quant à eux dans leurs maisons[3].

L'armée française fait alors décoller quatre chasseurs Mirage 2000 depuis Niamey, deux hélicoptères Tigre et trois hélicoptères Caïman[1],[4]. Les Caïman et un avion de transport tactique CASA CN-235 déposent des commandos, qui contribuent à reprendre le contrôle complet du camp avec les casques bleus et qui sécurisent la piste de l'aéroport[5],[4],[2]. Les avions ne mènent pas de frappes et se contentent d'assurer une couverture aérienne aux forces héliportées[2].

Les combats s'achèvent vers 18H30, après avoir duré plus de quatre heures[9]. Les assaillants ont été tués ou repoussés, sans être parvenus à prendre le contrôle de l'enceinte du camp[6],[10],[2],[1].

Les pertes[modifier | modifier le code]

Selon l'armée française, sept de ses soldats sont blessés et au moins 15 terroristes ont été tués[4],[1]. Selon le colonel Patrick Steiger, le porte-parole de l'État-Major des armées, deux des assaillants tués portaient des ceintures explosives[2]. Le nombre total des assaillants n'est pas déterminé[2]. Le général de division Bruno Guibert, commandant en chef de la force Barkhane, indique également qu'une femme faisait partie des kamikazes au volant des véhicules-suicides[6]. Ce qui sera démenti par le GSIM qui publiera les photos des assaillants[12]. Les blessés français ont été pris en charge par les casques bleus suédois et les quatre blessés les plus touchés ont été évacués par avion vers Gao[2].

La MINUSMA annonce pour sa part le lendemain de l'attaque que les casques bleus déplorent un mort et sept blessés[1]. Les principales pertes ont été subies par le contingent burkinabé : l'armée burkinabée fait état d'un mort et cinq blessés dans ses rangs[13],[10].

La MINUSMA déclare également que deux civils maliens ont été blessés[3],[2]. RFI indique de son côté que le directeur de l'hopital de Tombouctou avait affirmé le soir de l'attaque avoir pris en charge six civils, dont un enfant de 10 ans[11].

Revendication[modifier | modifier le code]

L'attaque est revendiquée le 20 avril par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) qui indique que l'assaut a été mené « par une poignée de candidats au martyre et un groupe d'infiltrés »[14],[15]. Le groupe djihadiste affirme avoir mené l'attaque en représailles à des raids de la force Barkhane fin mars et début avril, au cours desquels plusieurs de ses chefs avaient été tués, notamment Abou Abdallah Ahmed al-Chinguiti ou Haidar al-Maghribi[14],[15].

Selon Andrew Lebovich, chercheur associé au Conseil européen des relations internationales : « Cette attaque n’est pas nécessairement plus grosse, en termes de nombre de morts ou même de dommages causés. Mais c’est la première attaque de cette ampleur contre le camp de Tombouctou. [...] Cette attaque est aussi une combinaison de plusieurs tactiques qui avaient déjà été mises en œuvre auparavant, mais qui n’avaient pas jusqu’ici été utilisées au sein d’une seule opération »[3].

Le général de division Bruno Guibert, commandant en chef de la force Barkhane, déclare pour sa part : « Je pense que cette attaque avait été préparée de longue date par les terroristes. [...] A mon sens, le GSIM ayant achevé sa phase de restructuration et de régénération après nos frappes de la mi-février, il cherchait un événement fondateur du renouveau de sa capacité opérationnelle et tenait à faire la démonstration, qu'il espérait éclatante, de son potentiel militaire et de son aptitude à frapper les forces internationales. La Minusma certes, mais aussi et surtout Barkhane. Nous avons la quasi-certitude que c'était bien notre dispositif qui était principalement ciblé. [...] Il s'agit d'une attaque d'ampleur, menée avec des moyens que l'on voit rarement au Mali. [...] Sans doute les assaillants étaient-ils confiants dans leur capacité de franchir l'enceinte et de faire exploser plusieurs 4X4 à l'intérieur de la plate-forme, prélude à l'intrusion de combattants à pieds. Reste qu'ils n'y sont pas parvenus et ont donc essuyé un échec flagrant, ayant été soit neutralisés pendant les combats, soit contraints de s'exfiltrer »[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i Tombouctou: les assaillants voulaient "prendre le contrôle" du camp de l'ONU et de Barkhane, AFP, 15 avril 2018.
  2. a, b, c, d, e, f, g et h Mali : 7 Français blessés et 15 terroristes tués à Tombouctou, Ouest-France, 15 avril 2018.
  3. a, b, c, d et e Morgane Le Cam, Attaque à Tombouctou contre les casques bleus et les soldats français, Le Monde, 16 avril 2018.
  4. a, b, c, d et e Point de situation du 13 au 19 avril 2018, Ministère de la Défense, 19 avril 2018.
  5. a, b, c et d Serge Daniel et Philippe Siuberski, Une quinzaine d'assaillants tués lors de l'attaque de Tombouctou, AFP, 15 avril 2018.
  6. a, b, c, d, e, f, g, h et i Vincent Hugeux, "Face à Barkhane, un ennemi aux abois", L'Express, 20 avril 2018.
  7. MINUSMA 4506 R22 Feb18
  8. Mali: attaque armée contre la Minusma à Tombouctou où se trouve le contingent ivoirien, APA, 14 avril 2018.
  9. a, b et c Attaque à Tombouctou. Un mort et une vingtaine de blessés parmi les Casques bleus, Ouest-France avec AFP, 15 avril 2018.
  10. a, b et c Assaut contre la Minusma et Barkhane au Mali: «une attaque sans précédent», RFI, 15 avril 2018.
  11. a et b Le camp de la Minusma à Tombouctou victime d'une «importante attaque», RFI, 15 avril 2018.
  12. Wassim Nasr, #Mali #JNIM #AQMI nie avoir eu recours à « une femme kamikaze » ds l’attaque de #Tombouctou et diffuse les photos des assaillants en réponse au commandant #Barkhane #France, Twitter, 27 avril 2018.
  13. Mali : Un militaire burkinabè tué et cinq autres blessés dans l’attaque du camp de la MINUSMA à Tombouctou, Le Faso.Net, 16 avril 2018.
  14. a et b Mali: le GSIM revendique l'attaque contre le camp de la Minusma et de Barkhane, RFI, 20 avril 2018.
  15. a et b Mali : un groupe lié à Al-Qaïda revendique l'attaque de Tombouctou, Europe 1 avec AFP, 20 avril 2018.