Attaque d'ours

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Illustration représentant l'attaque d'ours subie par Hugh Glass.

Une attaque d'ours est une attaque sur un être humain ou un animal de compagnie par un ou plusieurs ours. Selon une étude dirigée par Giulia Bombieri, le nombre d'attaques d'ours bruns contre les humains augmente : elle en recense 664 dans le monde entre 2000 et 2015, dont 183 en Amérique du Nord, 291 en Europe, et 190 en Asie. 95 de ces attaques ont été mortelles pour l'homme, soit 14,3 %[1].

Attaques d'ours contre l'homme[modifier | modifier le code]

En Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

Les attaques d'êtres humains par des ours se produisent chaque année en Amérique du Nord. Elles sont le fait d'ours bruns (grizzlys, Ursus arctos horribilis), d'ours noirs (Ursus americanus) et d'ours blancs (Ursus maritimus).

Parmi les victimes de grizzlys, Timothy Treadwell et son amie ont été tués et largement dévorés en 2003, en Alaska[2]. En 2019, le musicien franco-canadien Julien Gauthier a été tué au Canada, dans les Territoires du Nord-Ouest, non loin du fleuve Mackenzie[3].

Selon une étude, les ours noirs ont tué au moins 63 personnes entre 1900 et 2009, principalement au Canada et en Alaska. La grande majorité de ces attaques (88 %) est de nature prédatrice, et elles sont le fait de mâles adultes ou jeunes : les femelles accompagnées d'oursons ne seraient pas le danger principal[4]. En 1978, c'est un ours noir mâle qui a tué trois garçons de 12, 15 et 16 ans qui pêchaient dans le parc provincial Algonquin, au Canada[5].

Les attaques d'ours blancs sont plus rares, mais elles sont très dangereuses. En 1990, un jeune homme qui se promenait dans un village au nord de l'Alaska a été chassé, tué et largement dévoré par un ours polaire[6].

En Europe[modifier | modifier le code]

La Roumanie est le pays européen où la population d'ours bruns est la plus nombreuse. C'est aussi celui qui compte le plus d'attaques d'ours contre l'homme[7] : selon une chronologie établie en 2016, sept Roumains ont été tués, et quarante-sept blessés par des ours entre 2006 et 2016[8]. Il faut ajouter pour cette période une randonneuse américaine tuée dans les Carpates en 2007[9]. Les attaques d'ours ont continué depuis cette période en Roumanie[10].

En Suède, un employé du parc animalier d'Orsa a été tué par un ours en 2017, au cours d'une visite[11]. Plusieurs personnes ont été attaquées par des ours blancs au Svalbard[12], dont un jeune Britannique, Horatio Chapple, qui a été tué en 2011[13].

En Espagne, dans la cordillère cantabrique, cinq attaques d'ours ont fait des blessés entre 1990 et 2015[14]. Depuis l'introduction d'ours slovènes dans les Pyrénées, on a enregistré une seule attaque : Luis Turmo, chasseur du Val d'Aran blessé au bras et à la jambe en 2008 par l'ourse Hvala[15]. En 2018, un randonneur français a été menacé par une ourse qui était accompagnée de ses oursons, en bordure d'un précipice près du Port de Girette, mais il a réussi à faire partir le plantigrade[16].

En Italie, un père et son fils adulte ont été attaqués par un ours dans les Dolomites en 2020. Le père a notamment subi une fracture du péroné[17].

On signale aussi des attaques en Russie d'Europe. En 2019, une jeune fille, Sonia Tchernigova, a été tuée dans un village de la République des Komis alors qu'elle se rendait à un magasin. L'enquête a conclu à une attaque de loup[18], alors que la mort de Sonia avait été attribuée à un ours[19].

En Asie[modifier | modifier le code]

En 1996, le photographe japonais Michio Hoshino a été tué par un ours brun au Kamtchatka[20]. De telles attaques se produisent régulièrement dans cette péninsule de l'Extrême-Orient russe[21]. En 2016, quatre personnes (deux sexagénaires et deux septuagénaires) ont été tuées par l'ours dans la préfecture d'Akita, au Japon[22]. L'attaque la plus meurtrière eut lieu en 1915, à Hokkaido : dans un village de défrichement, sept personnes ont été tuées par un ours brun, durant la période d'hibernation[23].

Attaques d'ours contre le bétail[modifier | modifier le code]

Depuis l'introduction d'ours slovènes dans les Pyrénées, les éleveurs se plaignent régulièrement d'attaques contre leurs troupeaux. En Ariège, ces attaques d'ours ont augmenté en 2017[24], 2018 et 2019[25]. Le bilan des pertes inclut les bêtes mortes à la suite d'une chute provoquée par la panique (dérochements). Les victimes sont surtout des ovins : en Ariège, à la suite des attaques d'ours, 259 ovins sont morts en 2015, 655 en 2018, et 1 140 en 2019 (entre le 1er janvier et le 10 octobre)[26].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Giulia Bombieri, Javier Naves, V. Penteriani et N. Selva, « Brown bear attacks on humans: a worldwide perspective », Nature, vol. 9, no 1,‎ , p. 1–10 (ISSN 2045-2322, DOI 10.1038/s41598-019-44341-w, lire en ligne)
  2. (en-US) « Night of the Grizzly – A True Story Of Love And Death In The Wilderness », sur www.yellowstone-bearman.com,
  3. Radio-Canada, « Un compositeur de musique français tué par un grizzly au Canada », sur Radio-Canada.ca,
  4. (en) Stephen Herrero, Andrew Higgins, James E. Cardoza et Laura I. Hajduk, « Fatal attacks by American black bear on people: 1900–2009 », The Journal of Wildlife Management, vol. 75, no 3,‎ , p. 596–603 (ISSN 1937-2817, DOI 10.1002/jwmg.72, lire en ligne)
  5. Hans Kruuk, Chasseurs et chassés, Delachaux et Niestlé, , p. 69.
  6. (en) « Alaska Polar Bear Hunted Down Following Deadly Attack -- Animal Had Dragged Away Villager », sur community.seattletimes.nwsource.com, Seattle Times,
  7. Nicolas Berrod et Stanislas de Livonnière, « Français tué par un ours au Canada : pourquoi y a-t-il de plus en plus d’attaques ? », sur leparisien.fr,
  8. (ro) Roxana Petre, « Cronologie: Oameni atacați de urși, în ultimii 10 ani | Romania Libera », sur romanialibera.ro,
  9. (en) « Woman killed in bear attack a former Antioch resident », sur www.nwherald.com
  10. (ro) AGERPRES, « Oameni atacaţi de urşi în România (cronologie 2018-2019) », sur www.agerpres.ro,
  11. (sv) « Björn dödade skötare - familj tvingades fly », sur Aftonbladet, (consulté le 26 septembre 2019)
  12. (no) « En drept av isbjørn på Svalbard », sur www.vl.no (consulté le 21 octobre 2019)
  13. (en-GB) « Polar bear boy death 'not neglect' », BBC,‎ (lire en ligne, consulté le 26 septembre 2019)
  14. (es) Juan José Alférez Cara, « Ataques de osos en España », sur Informe Insólito, (consulté le 25 septembre 2019)
  15. (es) Mercè March, Cadena SER, « Primer ataque de un oso pardo a un hombre en el Pirineo », sur Cadena SER, (consulté le 26 septembre 2019)
  16. « Ariège : un randonneur nantais poursuivi jusqu'à un précipice par une ourse », sur ladepeche.fr, (consulté le 27 septembre 2019)
  17. (it) « Trentino, dopo l’aggressione a padre e figlio nuova ordinanza per l’abbattimento di un orso », sur lastampa.it,
  18. (ru) « Экспертиза останков волчицы в Едве подтвердила основную версию следствия », sur БНК (consulté le 24 novembre 2019)
  19. « Стало известно, что школьницу в Коми убил медведь, а не волк », sur komi.aif.ru,‎ (consulté le 27 septembre 2019)
  20. (en-US) « Michio Hoshino Dies While Filming Bears », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 27 septembre 2019)
  21. (de) « Russland: Bär tötet zwei Menschen », sur rtl.de, (consulté le 27 septembre 2019)
  22. (en-GB) Justin McCurry, « Warning after four people killed in bear attacks in Japan », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne)
  23. (en) « The Sankebetsu brown bear incident of 1915 was the worst bear attack in Japanese history », sur The Vintage News,
  24. Hélène Menal, « Pyrénées: Les dégâts causés par les ours explosent », sur www.20minutes.fr,
  25. « Attaques d'ours : vers un été record en Ariège ? », sur France 3 Occitanie, (consulté le 3 octobre 2019)
  26. Pierre Carrey, « L’homme et l’ours ne savent plus vivre ensemble », sur Libération.fr,

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stephen Herrero, Bear Attacks: Their Causes and Avoidance, Piscataway [New Jersey], Winchester Press, 1985 ; 2e édition, 2002 (ISBN 978-1-58574-557-9)
  • Hans Kruuk, Chasseurs et chassés. Relations entre l'homme et les grands prédateurs, Paris, Delachaux et Niestlé, 2005 (ISBN 2-603-01351-3)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]