Atanda

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Les traditions des fermes d’élevage de Larrau / Les atandes de Larrau *
Domaine Savoir-faire
Lieu d'inventaire Nouvelle-Aquitaine
Pyrénées-Atlantiques
Soule
Larrau
* Descriptif officiel Ministère de la Culture (France)

L’atanda (ou atandes) est un type de maison pratiquant un élevage particulier à la commune de Larrau, dans la Soule (département des Pyrénées-Atlantiques), en Nouvelle-Aquitaine.

Historique[modifier | modifier le code]

Les éleveurs ont depuis toujours recherché la meilleure qualité d’herbe possible pour leur troupeau. Ainsi, ils se sont rapprochés au maximum des sommets, là où la végétation offre aux animaux une qualité d’alimentation et de fourrage exemplaire. Cependant, si les fermes ont toujours monté en altitude, elles n’ont jamais dépassé les 800 mètres. Au-delà, les conditions de vie ne sont pas compatibles la culture céréalière. La pratique de l’élevage n’arrive que plus tardivement, en réponse aux rendements trop aléatoire des récoltes en altitude. Les éleveurs vont se servir des ressources naturelles qui leur sont proposées pour subvenir aux besoins de leur troupeau. C’est comme cela qu’ils vont commencer à appréhender la montagne et à mettre en place des pratiques pastorales reliant directement la nature aux bêtes. Ils entretiennent également de nombreuses relations avec les bergers pyrénéens transhumants et se rendent des services, notamment au niveau de la surveillance des troupeaux.

Ces atandes, fermes de moyenne altitude, servaient également de relais entre le village et les cayolars, dans les estives, notamment dans les périodes de transhumance. Ici sont stockés des outils, du matériel pour le cayolar, les cloches des animaux, en échange de victuailles provenant du village.

Aujourd’hui, seul un petit nombre d’éleveurs reste dans les atandes et pratique les savoir-faire liés à ce mode d’élevage. Cette pratique est en voie de disparition. Pour la qualité de ce savoir-faire, elle est inscrite à l’Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France[1].

L’atandes[modifier | modifier le code]

L’atandes comprend en fait la maison et les dépendances qui l’entourent. Elle se situe en moyenne montagne. Cette installation bénéficie de droits particuliers sur la montagne : elle n’est par exemple pas soumise aux dates de transhumance des troupeaux. L’atandes s’inscrit dans un ensemble de pratiques d’élevages particulier :

  • Bortüsorhoka : les troupeaux sont emmenés en estive chaque jour à la fin de l’hiver et redescendent le soir à l’atandes ;
  • Erekinka : feu pastoral autour des atandes à la fin de l’hiver ;
  • Zerailu ou zeratu : haies en arbustes tressés qui délimitent les exploitations ;
  • Sendatu : savoir-faire lié à la guérison par des rituels et par les plantes. Les atandes étant éloignés des villages, il fallait savoir se guérir par les moyens mis à disposition par la nature en particulier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fiche d’inventaire des « Atandes de Larrau » : Des fermes d’élevage aux portes des estives au patrimoine culturel immatériel français, sur culturecommunication.gouv.fr (consultée le 23 novembre 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • D. Cunchinabe & ali. 2011. Histoire de l’écosystème cultivé et de la biodiversité à Larrau. Analyse de l’impact agropastoral dans la gestion du milieu. Université de Pau et des Pays de l’Adour. ITEM-Equipe d’Accueil N° 3002. 200 pages et annexes.
  • D. de Bortoli, D. Cunchinabe, F. Hautefeuille P Heiniger-Cateret & ali. 2006 Patrimoine « matériel » et « immatériel » : La famille, facteur de stabilité et d’évolution des milieux naturels en vallée de Soule. Université de Pau et des Pays de l’Adour. ITEM-Equipe d’Accueil N° 3002. 36p
  • E Bille, M. Conesa et R. Viader, 2007. « L’appropriation des espaces communautaires dans l’est des Pyrénées médiévales et modernes. Enquêtes sur les cortals ». In Les espaces collectifs dans les campagnes. XIe-XXIe siècle. Actes du colloque, université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand, 15-, éd par. Pierre Charbonnier, Pierre Couturier, Antoine Follain, et Patrick Fournier, 179–192. Presses universitaires Blaise Pascal.
  • B. Cursente, 2005. « Essai sur la borde médiévale dans la France du Sud-Ouest ». In La maison rurale en pays d’habitat dispersé de l’Antiquité au XXe siècle, éd par. Annie Antoine, Martine Cocaud, et Daniel Pichot, 271–278. Presses Universitaires de Rennes. Rennes
  • M. Le Couedic, 2010. Les pratiques pastorales d’altitude dans une perspective ethnoarchéologique. Cabanes, troupeaux et territoires pastoraux pyrénéens dans la longue durée. Thèse de doctorat, Tours, université François-Rabelais de Tours. http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00543218/fr/
  • R. Cierbide, 1994, Le censier gothique de Soule, Ed. Izpegi, 265 p.
  • E. Bosserup, 1970, Évolution agraire et pression démographique. Ed. Flammarion Paris 207p
  • Michel Grosclaude, 1993, La Coutume du Pays de Soule. Texte gascon de l’édition de 1760, Traduction, notes et commentaires, Ed. Izpegi, 164 p.
  • Pierre Lhande, 1926, Dictionnaire Basque / Français – dialecte Souletin., Tome I, Paris, Ed. Gabriel Beauchesne, 1117 p.
  • C. Rendu, E. Bille, M. Conesa & ali. Marges et centres dans la construction des versants pyrénéens. Les dynamiques médiévales au regard de la longue durée. In Ruralia N° 7. 3-16p

Articles connexes[modifier | modifier le code]