Atanasio Cruz Aguirre

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Atanasio Cruz Aguirre
Image illustrative de l'article Atanasio Cruz Aguirre
Fonctions
Président de la République orientale
de l'Uruguay

(intérim)

(11 mois et 14 jours)
Prédécesseur Bernardo Prudencio Berro
Successeur Tomás Villalba (intérim)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Montevideo, Bande orientale, Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg Vice-royauté du Río de la Plata
Date de décès (à 74 ans)
Lieu de décès Montevideo,Drapeau de l'Uruguay Uruguay
Nationalité Uruguayenne
Parti politique Parti national
Père Martín de Aguirre Gaviria Algorta
Mère Juana María Aguado Morales
Conjoint Rosario Carrasco Martínez

Atanasio Cruz Aguirre
Présidents de la
République orientale de l'Uruguay

Atanasio de la Cruz Aguirre Aguado (Montevideo, Vice-royauté du Río de la Plata, 2 juin 1801 – Montevideo, Uruguay, 28 septembre 1875) est un homme politique uruguayen (membre du Parti National) et président de la République Orientale de l’Uruguay par intérim entre le 1er mars 1864 et le 15 février 1865.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Sa première apparition publique date de la Cruzada Libertadora, révolte contre la domination brésilienne à laquelle il participa dans le camp patriote entre 1825 et 1828. Commissaire de guerre entre 1833 et 1838, il resta fidèle au président légal Manuel Oribe lors de la révolte de Fructuoso Rivera, puis rallia le gouvernement du Cerrito durant la Grande Guerre.

La paix revenue, il devint député du département de Minas en 1852 et soutint la politique du président Juan Francisco Giró. Mais lorsque les colorados renversèrent ce dernier et le remplacèrent par un triumvirat en 1853, Aguirre se réfugia en Argentine.

Finalement, l’élection de Gabriel Antonio Pereira à la présidence de la République lui permit de rentrer en Uruguay et d’occuper divers postes au sein de l’administration, avant d’être élu député de Paysandú en 1858 puis sénateur de Salto en 1861. Le 1er mars 1864, en sa qualité de président du Sénat [1]et en raison de l’impossibilité d’élire le successeur de Bernardo Prudencio Berro, il assura la présidence de la République par intérim.

La présidence de la République par intérim[modifier | modifier le code]

Son mandat intervint au cours d’une guerre civile débutée le 19 avril 1863 avec l’insurrection du colorado Venancio Flores. Soutenus par le président argentin Bartolomé Mitre et – de manière discrète dans un premier temps – par le Brésil, les insurgés contrôlèrent la campagne. Aguirre dut faire face également aux pressions diplomatiques du Brésil. Le 6 mai 1864, l’envoyé de Rio de Janeiro – José Antônio Saraiva – remit au gouvernement oriental une série de réclamations, dont une demande d’indemnisation pour les dommages subis par les sujets brésiliens vivant en Uruguay.

À l’invitation de l’ambassadeur du Royaume-Uni en Argentine – Edward Thornton –, Saraiva se rendit le 31 mai à Buenos Aires où il rencontra le ministre des Relations extérieures argentin, Rufino de Elizalde. Officiellement, l’entrevue avait pour objectif de mettre fin au chaos oriental. En réalité, le représentant britannique travaillait au rapprochement de l’Empire du Brésil et de l'Argentine pour contrecarrer la puissance montante du moment, le Paraguay. Quant à la crise uruguayenne, il s’agissait en fait d'écarter du pouvoir les blancos (trop proches d’Asuncion) et de favoriser le colorado Flores, un caudillo susceptible d’appuyer la nouvelle alliance.

Finalement, une « mission de médiation » composée des représentants anglais (Thornton), brésilien (Saraiva) et argentin (Elizalde) se rendit à Montevideo en juin. Elle négocia avec les différentes parties, mais échoua à trouver un compromis car Flores, fort de l'appui tacite des émissaires, se montra intransigeant. De son côté, Aguirre parut disposé à négocier, mais les ministres blancos les plus bellicistes[2] l’obligèrent finalement à rejeter les exigences de son rival.

Face à l’impasse politique, et après avoir obtenu l’accord de l’Argentine[3], Saraiva adressa un ultimatum aux autorités uruguayennes le 4 août. Il leur donnait six jours pour répondre favorablement aux exigences de son gouvernement, sans quoi son pays menaçait d’intervenir militairement.

Le gouvernement Aguirre rejeta l’ultimatum, entraînant l’invasion du territoire oriental par les troupes impériales et leur soutien, désormais officiel, au général Flores. Sans réel appui du Paraguay[4] et des fédéraux argentins[5], Montevideo ne pouvait résister longtemps. Les forces brésiliennes s'emparèrent de Melo dès le 16 octobre 1864, tandis que Flores prenait Salto le 27 novembre et assiégeait Paysandú à partir du 2 décembre avec l'aide de troupes impériales et portègnes[6].

Aguirre décida alors d’abroger les traités signés par le gouvernement de la Défense avec le Brésil, le 12 octobre 1851. Les traités, qui scellaient l’alliance des deux pays, furent solennellement brûlés le 18 décembre 1864 sur la Plaza Independencia à Montevideo, en présence du gouvernement, de la Garde Nationale et de la population. Le président tenta également – mais sans succès – d’obtenir l’appui des puissances européennes. C’est ainsi, qu’en janvier 1865, Cándido Juanicó prit la tête d’une mission diplomatique envoyée en France pour négocier avec Napoléon III.

Le 15 février 1865, acculé dans une capitale assiégée par les insurgés et les Brésiliens, Aguirre remit son mandat au président du Sénat, Tomás Villalba, qui capitula cinq jours plus tard. Les troupes impériales défilèrent dans les rues de Montevideo le 20 février[7] et le général Flores fit son entrée dans la ville. Le nouvel homme fort du pays établit alors un gouvernement provisoire – en réalité, une dictature – et signa, le 1er mai 1865, un traité d’alliance avec l’Argentine et l’Empire du Brésil. Dirigé contre le Paraguay, cette alliance allait déboucher sur la guerre de la Triple-Alliance.

Les dernières années[modifier | modifier le code]

Bien que le nouveau gouvernement n’eût pris aucune décision à son encontre, Aguirre quitta le pays et se réfugia à Paraná, en Argentine. Il ne rentra qu’en mai 1867 et vécut à Montevideo dans sa quinta[8] du Reducto[9]avant de s’éteindre, malade, le 28 septembre 1875.

Références[modifier | modifier le code]

  1. La constitution ne prévoyait pas de poste de vice-président. C’était donc le président du Sénat – le deuxième personnage de l’État – qui assurait l'intérim en cas de vacance de la Présidence de la République.
  2. Les blancos intransigeants – appelés amapolas – comptaient sur une intervetion paraguayenne. Ils avaient pour principaux dirigeants Antonio de las Carreras et Jaime Estrázulas.
  3. Saraiva et Bartolomé Mitre se rencontrèrent le 11 juillet 1864 à Buenos Aires et, le 22 août, la signature du « protocole Elizalde-Saraiva » scella le rapprochement des deux pays.
  4. Malgré de véhémentes protestations, notamment celles du 30 août 1864.
  5. Contre toute attente, le puissant caudillo entrerriano Justo José de Urquiza se refusa à intervenir dans le conflit. Les autorités brésiliennes lui achetèrent 30 000 chevaux à des conditions très avantageuses pour prix de sa neutralité.
  6. La ville tomba le 2 janvier 1865 après une héroïque résistance.
  7. Cette date représentait une revanche symbolique aux yeux des Brésiliens. En effet, le 20 février 1827, une armée composée d’Orientaux et d’Argentins triompha des troupes impériales à Ituzaingó, contraignant Rio de Janeiro à signer le Traité de Montevideo en 1828 (l’empire renonçait à la Province cisplatine, qui accédait à l’indépendance et prenait le nom de République Orientale de l’Uruguay).
  8. Terme désignant une propriété en périphérie de la ville.
  9. Quartier montevidéen, situé au nord de la vieille ville.

Source[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • José María Fernández Saldaña, Diccionario uruguayo de biografías (1810-1940), Montevideo, Editorial Amerindia, 1945, 1366 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]