Association refaire l'école

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L'Association refaire l'école (ARLE) est une association genevoise créée statutairement le 27 novembre 2001[1] par environ 120 enseignants[2] du primaire, du Cycle d'orientation et du post-obligatoire. Son premier président fut Jean Romain, écrivain et philosophe romand, qui en a été ensuite le porte-parole de 2005 à 2009.

Création de l'association[modifier | modifier le code]

Les enseignants à l'origine de ARLE disent défendre une pédagogie centrée sur les savoirs, et s'opposent aux réformes du système éducatif genevois qu'ils considèrent comme autant de dérives mettant en péril l'avenir des enfants et de l'école publique. Une de leurs premières revendications est le retour des notes à l'école primaire. Les enseignants présents lors de l'assemblée constituante font part des préoccupations suivantes pour motiver la création de l'association :

  • Les savoirs dénigrés par les pédagogues : Les chercheurs de la faculté des sciences de l'éducation estiment que l'école doit transmettre d'autres savoirs que ceux qu'elle a véhiculé jusqu'ici (c'est-à-dire des savoirs plus complexes). En même temps, ces chercheurs admettent que l'institution n'a pas su définir assez clairement les objectifs d'enseignement de ces savoirs complexes.
  • Les enseignants exigeants s'estiment mobbés : Nombre d'enseignants parlent aussi de mobbing à l'encontre de ceux qui tiennent à leurs exigences. Un enseignant qui ose mettre des mauvaises notes risque gros car il passe aisément pour un facho ou un dinosaure réactionnaire. Pour être tranquilles, certains enseignants lâchent donc la bride.
  • Les enseignants se sentent lâchés par les syndicats : Les évolutions actuelles reçoivent l'appui tant de la droite que des syndicats. La droite, parce que la réforme est initiée par la conseillère d'État libérale Martine Brunschwig Graf, et les syndicats parce que l'appareil du département de l'instruction publique voterait majoritairement à gauche et que ces réformes se fonderaient sur une tradition soixante-huitarde et libertaire. Plusieurs écoles ont d'ailleurs démissionné en bloc de ces syndicats.

Initiative 121 « Pour le maintien des notes à l'école primaire »[modifier | modifier le code]

L'initiative 121 « Pour le maintien des notes à l'école primaire » a été lancée par ARLE, à la suite d'une assemblée générale extraordinaire tenue le 15 janvier 2003 à Uni Dufour. L'initiative a été déposée le 24 mai 2003 munie de 28 012 signatures.

Après de nombreuses péripéties parlementaires (formulation de trois contreprojets, puis retrait de deux d'entre eux), l'initiative 121 et un contreprojet interparti furent soumis au vote le 24 septembre 2006. Une question subsidiaire permettait de départager l'initiative et le contreprojet en cas de double oui.

  • Initiative IN 121 : Oui - 75,64 % ; Non - 24,36 %
  • Contreprojet à l'IN 121 : Oui - 57,60 % ; Non - 42,40 %
  • Question subsidiaire : IN 121 - 56,61 % ; Contreprojet - 43,39 %

L'initiative a donc été acceptée et est entrée en vigueur à partir de l'année scolaire 2007/2008.

Autres objectifs[modifier | modifier le code]

L'ARLE, après la victoire de l'initiative, demande davantage de mesures d'appui pour élèves en difficulté. Elle s'oppose particulièrement à l'augmentation de la hiérarchie et bureaucratie scolaire qui, selon elle, détourne des ressources plus utiles dans les classes. L'Association milite aussi pour la création d'une Haute Ecole pédagogique à Genève pour la formation des instituteurs. Elle est intervenue, avec d'autres associations, contre le Plan d'Etudes cadre romand (PECARO / 2004) d'inspiration essentiellement socio-constructiviste. Elle soutient, en 2008, l'initiative populaire (numéro 134) du mouvement RÉEL sur le Cycle d'orientation et participe au recours devant le Tribunal administratif pour demander le report de la votation du 30 novembre 2008. Le Tribunal lui donne raison considérant que la brochure qui accompagne le matériel de vote et qui présente les enjeux de la votation sur l'initiative 134 était rédigée de manière orientée et partisane et condamne le gouvernement genevois[3].

Pour une note de comportement à l’école obligatoire[modifier | modifier le code]

L'ARLE estime qu'il est indispensable de faire respecter les règles à l’école, de valoriser la majorité des élèves qui s’y plient et de disposer de moyens dissuasifs pour les autres. L'association propose de mettre en évidence les attitudes positives des élèves par une évaluation chiffrée de leur comportement. Fort de son succès avec l'initiative sur le retour des notes à l'école primaire, l'ARLE lance une nouvelle initiative intitulée « Pour une note de comportement à l’école obligatoire »[4]. La récolte de signatures se solde par un échec, qui met un terme au processus.[5]

Le président dans la tourmente[modifier | modifier le code]

Au cours de l'été 2018, plusieurs internautes signalent au Département de l'Instruction Publique les publications sur Facebook du président de l'association, jugées islamophobes et xénophobes[6]. A la rentrée scolaire d'août 2018, la presse locale annonce sa mise à pied et l'ouverture d'une enquête administrative le concernant[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. faisant suite à une réunion préparatoire de 70 enseignants le 6 novembre 2001 voir son appel
  2. article du 29 novembre 2001
  3. voir tous les documents juridiques (www.arle.ch)
  4. Tribune de Genève, 12 janvier 2011
  5. « Feuille des Avis Officiels (Genève) », (consulté le 29 août 2018)
  6. « Sur Facebook, les multiples dérapages d'un enseignant - L'Affranchi », L'Affranchi,‎ (lire en ligne, consulté le 29 août 2018)
  7. « Prof très à droite convoqué pour ses posts Facebook », 20 Minutes,‎ (lire en ligne, consulté le 29 août 2018)

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]