Association française des entreprises privées

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Association française des entreprises privées
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L'Association française des entreprises privées ou AFEP est une organisation française patronale fondée en 1982.

Elle réunit les patrons des plus puissantes entreprises françaises, ceux-ci estimant que le MEDEF ne leur donne pas assez d'influence et que leurs intérêts peuvent parfois diverger[1].

Réputée influente et discrète, elle possède le statut de lobby[2].

Historique[modifier | modifier le code]

L'Afep a été fondée en décembre 1982 par Ambroise Roux, ancien président de la Compagnie générale d'électricité, après l'arrivée de François Mitterrand au pouvoir. Dès sa première année d'existence, elle regroupe 38 des principales grandes entreprises privées françaises. En 1990, plus de 60 groupes adhèrent à l'Association.

L'Afep réunit presque tous les patrons du CAC 40 et des grandes sociétés françaises et de grandes entreprises étrangères ayant une présence importante en France[3]. En , les 112 entreprises adhérentes totalisent un chiffre d'affaires consolidé de 2 600 milliards d'euros et emploient 8,5 millions de personnes dans le monde[4]. En France, le nombre d'emplois directs est supérieur à 2 millions de personnes[4].

L'Afep est à l'origine de la création de EuropeanIssuers (en)[5], l'Association européenne des émetteurs (sociétés cotées), permettant d'élaborer des positions communes sur les problématiques des émetteurs avec les principales organisations européennes similaires, telles que le Deutsches Aktieninstitut (de)[6] (Allemagne), Assonime (it)[7] (Italie), Quoted Companies Alliance (en)[8] (Royaume-Uni), etc.

Mode de fonctionnement[modifier | modifier le code]

Les travaux de l'Afep reposent sur la participation directe des dirigeants des entreprises (présidents, directeurs-généraux) et de leurs équipes à la définition des orientations de politique économique et sociale ainsi qu'à la détermination des actions à mener par l'association. Celle-ci conduit ensuite des échanges avec les pouvoirs publics sur la base de ses analyses et de propositions argumentées, afin de contribuer aux débats, consultations et travaux législatifs et règlementaires français et européens.

Les décideurs politiques (ministres, commissaires européens…) sont régulièrement invités à venir défendre leur point de vue devant les dirigeants d'entreprise. L'Afep reçoit aussi régulièrement des responsables d'administrations et des personnalités du monde économique.

Elle siège à Paris et dispose d'un bureau de représentation à Bruxelles depuis 1987[9]. En 2016, elle emploie 25 personnes[9].

Présidée par Laurent Burelle depuis [10], l'Afep a porté à sa tête six autres présidents depuis sa création : Ambroise Roux, son fondateur, jusqu'en , Didier Pineau-Valencienne (Schneider Electric) jusqu'en , Bertrand Collomb (Lafarge) jusqu'en , Jean-Martin Folz (Peugeot SA) jusqu'en , Maurice Lévy (Publicis) jusqu'en , Pierre Pringuet jusqu'en .

Son directeur général est, depuis , François Soulmagnon, ingénieur issu du corps des mines.

Activités de lobbying[modifier | modifier le code]

L'Afep est inscrite depuis au registre de transparence des représentants d'intérêts auprès de la Commission européenne. Elle déclare en pour cette activité des dépenses annuelles d'un montant compris entre 900 000 et 1 000 000 euros[11].

Pour l'année , l'Afep déclare à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique exercer des activités de lobbying en France pour un montant qui n'excède pas 600 000 euros[12].

L'organisation s'engage à chaque mandature pour flexibiliser le travail, pour réduire la fiscalité des entreprises et des grandes fortunes, et pour défendre la rémunération de ses adhérents. Selon elle, tout doit reposer sur l'autodiscipline des managers, capables de faire preuve de retenue sur les bonus et autres parachutes dorés, sans régulation de l’État[13].

Été , peu après les Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, une délégation de l'Afep se réunit secrètement à l'Élysée pour obtenir une accélération du calendrier politique concernant le remplacement de l'ISF par l'IFI : initialement prévue en , la réforme entre en vigueur dès , au regret de Philippe Aghion, économiste ayant participé à l'élaboration du programme économique d'Emmanuel Macron[14],[15].

En , le député Matthieu Orphelin écrit à plusieurs organismes, dont l'Afep, pour leur demander des comptes sur leurs « actions de lobbying pendant la crise du coronavirus », pointant des actions concertées avec le Medef, le Comité des constructeurs français d'automobiles, l’Association internationale du transport aérien (Iata) et visant à annuler ou retarder des normes environnementales[16].

La rencontre, à Bruxelles en , entre l'AFEP et la présidente du Comité d’examen de la réglementation suscite une controverse[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Afep et Medef : les deux faces du lobbying patronal », sur Contexte
  2. Clément Lacombe, « Laurent Burelle, le patron des grands patrons qui prend le chômage partiel et garde ses dividendes », sur L'Obs, .
  3. http://www.afep.com/contenu/association/histoire
  4. a et b AFEP - Chiffres clés, consulté le 13 août 2016
  5. http://www.europeanissuers.eu/en/
  6. https://www.dai.de/en/home.html
  7. http://www.assonime.it/AssonimeWeb2/home_eng.jsp
  8. http://www.theqca.com/
  9. a et b Afep. La voix des entreprises depuis trente ans, consulté le 13 août 2016
  10. Alain-Gabriel Verdevoye, « Laurent Burelle, PDG de Plastic Omnium, devient patron de l'Afep », Challenges,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. « Registre de transparence », sur le site de la Commission européenne (consulté le )
  12. « Fiche Organisation « Haute Autorité pour la transparence de la vie publique », sur hatvp.fr (consulté le )
  13. « Pascal Lamy, Pierre Moscovici, Jacques Attali… Les cerveaux du naufrage », sur Marianne,
  14. Jacques Monin, « ISF : comment une réunion secrète a précipité la réforme sous la pression d’économistes et de grands patrons » Accès libre, sur France Info, (consulté le )
  15. « ISF : les grands patrons ont-ils influencé le choix du gouvernement ? » Accès libre, sur Le Point, (consulté le )
  16. Laure Equy, « Le lobbying du monde d'avant se porte bien au temps du Covid-19 », sur Libération.fr, (consulté le )
  17. Cédric Vallet, « À Bruxelles, le lobbying en zone grise des grandes entreprises françaises », sur Mediapart (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]