Association française d'épargne et de retraite

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L'Association Française d'Épargne et de Retraite (Afer) est une association d’épargnants. En 2015, elle compte 730 000 adhérents représentant 51 milliards d’euros d’épargne gérée. L’Afer se donne pour objectif de permettre à ses adhérents de se constituer une épargne dans les meilleurs conditions financières et juridiques possibles. Dans les années 2000, toutefois, deux de ses dirigeants-fondateurs ont été condamnés, pour des détournements effectués dans les années 1980 et 1990, au détriment des adhérents, ce qui a conduit à la mise en place d’une nouvelle équipe dirigeante. Son président actuel est Gérard Bekerman..

Historique[modifier | modifier le code]

L’idée initiale est de créer une association d'assurés et de souscrire en son nom un contrat, en négociant les tarifs, auprès d'une compagnie d'assurances, avec des frais de gestion minimaux. Cette idée est de Gérard Athias. Celui-ci a une vingtaine d’années d’expériences dans l’assurance, lorsqu’il se retrouve au chômage. Il décide alors de lancer ce projet. Il s'associe à André Le Saux, un polytechnicien, ayant une expérience de gestionnaire[1],[2].

Une compagnie d’assurance accepte d’être leur opérateur et de gérer les fonds recueillis par cette association d’épargnant, c’est la société La Paix, qui fusionne ensuite avec Abeille Assurances, une compagnie fondée en 1854 par des agriculteurs bourguignons. Cette compagnie d'assurance impose toutefois à Gérard Athias et André Le Saux la présence de trois de ses cadres dans l'équipe qui fonde l'associaton : Pierre Charpenel, Jean-Claude Lasserre et Claude Gallet[1],[2].

Le 16 juin 1976, l’Afer est créée par ces cinq membres fondateurs[1],[2].

L’Association modifie par ses choix le marché de l’assurance vie qui, dans les années 1980, reste entravé par de nombreux obstacles. Les dirigeants de l'association ont notamment l'idée de fin à l'absence de liberté dans les versements en s'opposant aux contrats dits « périodiques », et de mettre fin également à l'absence de liberté dans les retraits. L'Afer renonce par ailleurs aux précomptes de commission versées aux intermédiaires d’assurance. Enfin elle fixe des frais de gestion parmi les plus bas du marché. Ces choix sont déterminants et constituent la base du succès de l'association[3]. L'Afer passe de 300 adhérents en 1977 à des dizaine de milliers au début des années 1980, et le mouvement continue à s'accélérer dans les décennies suivantes. Au début des années 1980, deux des fondateurs de l'Afer, Pierre Charpenel et Jean-Claude Lasserre, quittent l'Afer. Quelques temps plus tard, Claude Gallet part à son tour[2].

A la fin des années 1980, le contrat de l'Afer est une référence du marché, et contraint la concurrence à adopter les mêmes principes de souplesse et de rentabilité. Gérard Athias et André Le Saux entrent désormais dans une logique de prise de bénéfices. Fin 1986, en accord avec la compagnie L'Abeille, ils créent une société de courtage, la SNC Sinafer, à laquelle est adossée une autre société en participation, la SEP Sinafer, qu'ils détiennent à 90 % et par laquelle transite un pourcentage des frais d'entrée prélevés sur les contrats, reversé aux deux fondateurs. Mais aucune information n'est donnée aux adhérents de ce montage financier qui va permettre à Gérard Athias et André Le Saux d'engranger à titre personnel plusieurs centaines de millions de francs [2]. La découverte de montage et de ces versements, plus de dix ans plus tard, en 1998, fait scandale[1].

Des adhérents constituent une autre association, SOS-Principes AFER, pour défendre leurs droits et porter plainte, pour détournement de fonds, contre les deux fondateurs. En 2000, Gérard Athias et André Le Saux sont mis en examen. Gérard Athias démissionne de la présidence de l'Afer un an plus tard[4]. L'équipe dirigeante de l'Afer est renouvelée et met quelques années à se stabiliser. Son actuel président, Gérard Bekerman, y parvient toutefois[5]. Il en est le président depuis novembre 2007 et a créé à son arrivée une charte de transparence, et un comité de sages, pour veiller au respect de la déontologie. Il s'efforce de revenir aux valeurs initiales de l'association, et de mettre en avant les résultats de l'association, en faisant oublier les dérives passées de sa gouvernance[6].

Après de multiples épisodes juridiques, les anciens dirigeants et fondateurs, Gérard Athias et André Le Saux sont condamnés en 2006, une condamnation confirmée par un arrêt de la Cour de cassation en 2009[7],[8].

Organisation[modifier | modifier le code]

Le contrat Afer est distribué par des agents d'assurance, mandataires de la Compagnie Aviva, une compagnie britannique qui a absorbé la compagnie française Abeille Assurances , et par des courtiers, mandataires de leurs clients. Le contrat est géré par le GIE Afer de façon paritaire entre Aviva et l'Association Afer. Ce GIE (groupement d’intérêt économique) est présidé par le président de l'association, Gérard Bekerman, depuis 2007. Sans présenter d'intermédiation d'assurance, le GIE Afer assure les missions de gestion courante : juridique, décès, clauses bénéficiaires, marketing, communication, presse, audit, comptabilité, recevabilité, informatique, actuariat. Il est le soutien logistique de l'Association.

La gouvernance de l'Association s'articule autour de plusieurs organes principaux :

  • Le Conseil d’Administration, constitué de 10 administrateurs élus par les adhérents qui peuvent se prononcer lors des l’assemblées générales, des assemblées quelquefois plus agitées depuis les épisodes judiciaires des années 1990 et 2000[9],
  • Le Comité des Sages, structure mise en place en 2008[6], composé de personnalités indépendantes et sollicité par le conseil d’administration afin de l'éclairer, par ses avis, sur tout sujet de gouvernance de l'Association.
  • Le Comité Consultatif, un trait d'union entre la base des adhérents et le conseil d'administration; il est constitué d'une vingtaine d'adhérents bénévoles et a pour vocation d’éclairer le conseil d’administration sur ses choix.
  • Le Comité de contrôle et de surveillance de la gestion des fonds (CCSGF), présidé par le président de l’Association.
  • Le Comité de contrôle des votes en assemblée générale (CCVAG), composé de quatre adhérents et chargé de la régularité des convocations en Assemblée Générale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Gilles Lockhart, « Les dessous d'une drôle d'Afer », L’Expansion,‎ (lire en ligne)
  2. a, b, c, d et e Laurence Delain, « L’homme de l’Afer », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. « Analyse du contrat d’assurance-vie Afer », sur News Assurances
  4. « Les fondateurs de l'Afer devant la justice. Chronologie », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  5. Géraldine Bruguière-Fontenille, « 40 ans de l'Afer », Argus de l'assurance,‎ (lire en ligne)
  6. a et b Jean-Claude Bourbonn, « Gérard Bekerman poursuit sa mission à la tête de l'Afer. Gérard Bekerman, président de l'Afer », La Croix,‎ (lire en ligne)
  7. G. M., « Gérard Athias et André Le Saux n'ont pas trouvé grâce aux yeux du tribunal », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  8. Anne Michel, « La justice confirme la condamnation des deux ex-dirigeants de l'Afer », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  9. Eric Leroux, « Du rififi à l'association d'épargnants Afer », Le Monde,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]