Assemblée citoyenne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

L'assemblée citoyenne est une institution qui a pour objectif de permettre aux individus qui composent le peuple [1] d'exprimer et d'exercer directement son pouvoir politique.

Composition de l'assemblée[modifier | modifier le code]

2017-fr.wp-orange-source.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (avril 2019)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

Sur le modèle des assemblées de village ou de lutte[précision nécessaire], l'assemblée est ouverte à tous les citoyens hommes et femmes. Au sein d'une assemblée citoyenne nationale représentant plusieurs millions d'habitants ce sont des citoyens mandatés par les assemblées populaires et choisis en fonction de leur appartenance à une catégorie sociale qui représentent le peuple (employés - ouvriers - cadres - professions libérales - fonctionnaires - agriculteurs - commerçants - entrepreneurs - étudiants - inactifs). Le choix de ces représentants s'effectue de plusieurs manières (vote - consensus, etc) et pour un mandat impératif et limité. De nombreux pays dans le monde possèdent des mécanismes (référendum, assemblées populaires, initiative populaire) qui relèvent de la démocratie directe ou semi-directe.

Rôle de l'assemblée[modifier | modifier le code]

Le rôle de cette assemblée est de proposer et de voter les lois et si nécessaire de nommer un gouvernement capable d'administrer et de gérer la politique du pays en respectant la volonté et les décisions du peuple réuni en assemblée.

Exemples récents[modifier | modifier le code]

Parmi les exemples importants et récents de fonctionnement en assemblée citoyenne (ou assemblée générale) aux XXe et XXIe siècles, on peut citer :

  • le mouvement de mai 1968 en France ;
  • les plenum en Bosnie vers 1968
  • les assemblées ouvrières de 1969 et le mouvement autonome des années 1970 en Italie.
  • le mouvement des indignés de la Puerta del Sol le 15 mai 2011 (en Espagne en Europe et dans les pays hispaniques), s'inscrivant dans la continuité temporelle du printemps arabe et sa volonté de démocratie générale
  • l'espoir d'expérimenter la démocratie directe s'est ensuite propagé en septembre 2011 sur le continent nord-américain par le mouvement Occupy Wall Street qui se propagea dans la plupart des états américains ainsi que dans de nombreuses capitales mondiales, sous le nom d'Occupy et dans environ 1 500 villes de 82 pays.
  • Les connexions entre anonymes, printemps arabe, indignés ("15M") et occupy sont fortes, ainsi qu'avec de nombreux combats mondiaux (globaux). En 2015, la transformation de certains groupes en unités politiques, comme Podemos, a débouché sur la prise politique de certaines municipalités espagnoles, dont Barcelone et Madrid [2],[3].
  • Créé en mars 2016, le mouvement Nuit debout veut promouvoir la démocratie directe, au moyen d'assemblées générales et de commissions[4].

Philosophes et courants de pensée proches de l'assemblée citoyenne[modifier | modifier le code]

Le siècle des Lumières[modifier | modifier le code]

Au XVIIIe siècle, l'Europe redécouvre l'idéal démocratique avec Jean-Jacques Rousseau, théoricien de la souveraineté populaire, et les encyclopédistes qui sont les Lumières. L'auteur Du contrat social (1762) préconise un régime représentatif dans lequel le peuple souverain délègue son pouvoir aux élus avec des limites importantes. Critique envers un système représentatif sans conditions, il mentionne avec ironie les Anglais se croyant libres alors qu'ils ne l'étaient que le jour des élections, redevenant ensuite esclaves [5]. Il élabora un Projet de constitution pour la Corse en 1765. Certains économistes ou moralistes[6] considèrent comme impossible la mise en place d'un tel système à l'échelle nationale. Certains semblent penser que les petites organisations telles que les écoles, les entreprises, les associations libres, les coopératives, les groupes d'action politique, les microsociétés, peuvent plus facilement réaliser la démocratie directe que les gros groupes organisationnels et institutionnels similaires à des états. Rousseau pense peut-être à ces difficultés lorsqu'il écrit: Du Contrat social : « S'il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un régime si parfait ne convient à des hommes. ».

Les régimes modernes, qui se mettent progressivement en place dans le sillage de la Révolution française et de la Constitution américaine de 1787 sont principalement fondés sur la représentation et l'élection. C'est la principale critique qui leur est faite, mise en avant du "peuple", mais gouvernement d'une nouvelle oligarchie qui se fera "élire".

En 1792, Maximilien de Robespierre, Jean-François Varlet et le Marquis de Sade. Ce dernier écrit Idée sur le mode de la sanction des Lois et défend dans une assemblée primaire la démocratie directe.

Ultérieurement d'autres philosophes, tels Proudhon ou Kropotkine, fonderont ou affirmeront le courant politique anarchiste dont une des bases est la démocratie directe.

Cornelius Castoriadis est l'un derniers philosophes à avoir consacré une large part de sa réflexion à l'idée de démocratie directe, qu'il défendit comme composante centrale du « projet d'autonomie » qu'il développa, celui-ci se donnant pour ambition d'établir une autonomie (liberté) aussi bien collective qu'individuelle. Il était ainsi vivement critique envers les systèmes représentatifs, qu'il considérait non pas comme des démocraties mais telles des « oligarchies libérales », en ce que, loin de permettre à tous les citoyens d'exercer le pouvoir politique, elles impliquent la constitution d'une classe de politiciens, qui une fois élus, ne peuvent être révoqués en dehors des élections périodiques.

Anarchistes et conseillistes[modifier | modifier le code]

Les conseillistes, certains syndicalistes-révolutionnaires et certains anarchistes sont partisans de la démocratie directe en assemblée citoyenne ou communale.

Le choix du vote (élection) et/ou du consensus pour les prises de décisions reste un sujet de discussions parmi toutes ces tendances ! A contrario, on peut qualifier d'autres formes de démocratie comme partielles ou incomplètes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le peuple n'est pas un agrégat d'individus définis par un territoire, Il est "lié" par un processus de domination (pouvoir d’État) et de résistance (ceux qui subissent cette domination). C'est la définition qu'en donne l'historien Gérard Noiriel (dans son ouvrage à paraître en mars 2017 aux éditions Agone Une histoire populaire de la France).
  2. https://www.lemonde.fr/europe/article/2015/06/11/la-juge-et-l-activiste_4651518_3214.html?xtmc=indignes&xtcr=6
  3. https://www.lemonde.fr/europe/article/2015/06/12/ada-colau-l-indignee-sera-investie-maire-de-barcelone-avec-une-majorite-absolue_4653347_3214.html?xtmc=indignes&xtcr=6
  4. « Liste des commissions et des villes organisant assemblées générales avec Nuit debout », sur Nuit debout (wiki), (consulté le 8 mai 2016).
  5. J.J. Rousseau, Contrat social, livre III, chapitre XV : « Le peuple anglais pense être libre, il se trompe fort ; il ne l'est que durant l'élection des membres du parlement : sitôt qu'ils sont élus, il est esclave, il n'est rien. »
  6. Henri Lepage & James Meade : http://www.institut-entreprise.fr/fileadmin/Docs_PDF/travaux_reflexions/Archives/TheoriesEco/L_autogestion1.pdf

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]