Assassinat de scientifiques nucléaires iraniens

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Quatre scientifiques nucléaires iraniens Massoud Ali Mohammadi, Majid Shahriari, Darioush Rezaeinejad et Mostafa Ahmadi Roshan ont été assassinés entre 2010 et 2012. Un autre scientifique, Fereydoon Abbasi, a été blessé dans une tentative de meurtre[1]. Le 12 janvier 2010, le physicien nucléaire Massoud Ali Mohammadi décédait après l'explosion d'une moto piégée devant son domicile à Téhéran. Le 29 novembre de la même année, Majid Shahriari, fondateur de la Société nucléaire d'Iran et chargé d'"un des grands projets de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique", était tué à Téhéran par l'explosion d'une bombe placée contre sa voiture à l'aide d'un aimant. Le 11 janvier 2012, le scientifique Mostafa Ahmadi Roshan, travaillant sur le site de Natanz, dont il était le vice-directeur pour les affaires commerciales, est tué lors de l'explosion d'une bombe magnétique placée sur sa voiture, près de l'université Allameh Tabatabai, dans l'est de Téhéran.

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Le Musée de la Saint défense et de la Promotion de la Culture de la Résistance à Téhéran abrite un mémorial dédié à ces scientifiques et, selon The Guardian, des voitures endommagées par des bombes ou criblées de balles sont exposées dans des linceuls ensanglantés[2]. Israël n'a jamais ni assumé ni nié être derrière ces opérations[3].

12 janvier 2010[modifier | modifier le code]

Massoud Ali Mohammadi, un professeur d’université en physique des particules, a été assassiné en 2010 par une moto piégée qui a explosé devant sa maison alors qu’il partait à son travail. Les autorités iraniennes ont arrêté un homme nommé Majid Jamali, dont les aveux enregistrés ont été diffusés à la télévision iranienne après son exécution, selon Human Rights Watch. Jamali a déclaré dans sa confession qu’il avait été embauché par le Mossad pour mener à bien l’attaque[4]. Bien que Human Rights Watch n’ait trouvé aucune preuve suggérant que Jamali ait été torturé alors qu’il était détenu en garde à vue, l’organisation a cependant estimé qu’il avait été privé d’un procès équitable et que sa confession télévisée était en soi dégradante. Les noms de ces quatre scientifiques apparaissent sur un hologramme du musée intitulé "Les victimes de la terreur", et qui recense les noms de tous ceux qui ont été ciblés par des éliminations avant et après la révolution de 1979[2].

29 novembre 2010[modifier | modifier le code]

Majid Shahriari, un ingénieur nucléaire et gestionnaire du programme nucléaire de l’Iran a été assassiné dans un attentat à la bombe en novembre 2010. Le Président d’alors, Mahmoud Ahmadinejad, avait accusé l’Occident et Israël d’être responsables de sa mort.

Fereydoun Abbassi Davani, ancien responsable du secteur de l’Organisation iranienne pour l’énergie atomique, a été visé par une bombe en même temps que Shahriari mais Fereydoun Abbasi, réchappe de justesse à un attentat similaire, alors qu’il se garait devant l’université Shahid Beheshti à Téhéran, où les deux hommes enseignaient. Il a eu le réflexe de sortir de sa voiture après qu’un homme en moto y a collé une bombe[2].

23 juillet 2011[modifier | modifier le code]

Le 23 juillet 2011, le scientifique Darioush Rezaeinejad, travaillant sur des projets du ministère de la Défense, est tué par balles par des inconnus à moto à Téhéran.

11 janvier 2012[modifier | modifier le code]

Le 11 janvier 2012, l'ingénieur en chimie Mostafa Ahmadi Roshan, directeur adjoint pour les affaires commerciales de la centrale nucléaire de Natanz (centre), principal site d'enrichissement d'uranium du pays, a péri dans l'explosion d'une bombe magnétique placée par un motard sur sa voiture, alors qu'il circulait dans l'est de Téhéran. Moins de deux heures après l'annonce de l'attentat, le vice-président iranien Mohammad Reza Rahimi a accusé Israël et les États-Unis

Israël accusé[modifier | modifier le code]

L'Iran soupçonne fortement Israël d’avoir assassiné quatre de ses scientifiques nucléaires au cours des dernières années[5] ,[4].

documentaire[modifier | modifier le code]

La télévision iranienne a diffusé un documentaire sur les dangers encourus par ses scientifiques nucléaires et qui impliquait un agent présumé de la CIA, Matti Waluk, qui a reconnu avoir recueilli des informations sur les scientifiques iraniens pour le compte de la CIA[4]. La télévision iranienne a diffusé, dimanche 5 août, les « aveux » d’Iraniens qui affirment avoir assassiné cinq scientifiques liés aux recherches nucléaires du pays, depuis 2010. Ce documentaire, intitulé « Le club des assassins« , semble être une réponse à l’ouvrage de deux journalistes israélien et américain, Spies Against Armageddon: Inside Israel’s Secret Wars (« Des espions face à l’Armageddon : plongée dans les guerres secrètes d’Israël »), paru en juillet aux États-Unis. Ces auteurs affirment qu’Israël a mené seul ces assassinats, sans l’aide d’agents iraniens dans le pays. Une humiliation pour les services de sécurité iraniens[6].

Réactions[modifier | modifier le code]

  • Dans une note écrite reprise par le website d’information « iricenter », Phil Giraldi a révélé que le Mossad israelien et la CIA américaine ont assassiné, en collaboration avec l’organisation Moujahidine du peuple, le savant atomiste iranien, Majid Shahriari, le 28 novembre 2010, à Téhéran, la capitale iranienne[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Armin Arefi, « Iran : qui tue les scientifiques iraniens ? », Le Point,‎ (lire en ligne)
  2. a, b et c « Iran: un mémorial pour rendre hommage aux "martyrs du nucléaire" », i24NEWS,‎ (lire en ligne)
  3. Hélène Sallon, « Les scientifiques iraniens du nucléaire, cibles d'une guerre de l'ombre », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  4. a, b et c « L’Iran accuse Israël d’assassiner ses physiciens nucléaires », sur www.info-palestine.eu (consulté le 14 décembre 2017)
  5. « Un scientifique iranien lié au nucléaire tué à Téhéran », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  6. « L’Iran diffuse les aveux d’un « club des assassins » de ses scientifiques nucléaires », Nouvelles d'Iran,‎ (lire en ligne)
  7. « Un ancien de la CIA révèle qui a tué les scientifiques nucléaires iraniens », Site de la chaîne AlManar-Liban,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]