Assassinat de Theo van Gogh

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Assassinat de Theo van Gogh

Localisation Amsterdam (Pays-Bas)
Cible Theo van Gogh
Coordonnées 52° 22′ 01″ nord, 4° 54′ 00″ est
Date
9 h (CET)
Type Assassinat
Armes Armes à feu et blanches
Morts 1
Auteurs Mohammed Bouyeri
Organisations Réseau Hofstad
Mouvance Terrorisme islamiste

Géolocalisation sur la carte : Amsterdam

(Voir situation sur carte : Amsterdam)
Assassinat de Theo van Gogh

L'assassinat de Theo van Gogh est l'assassinat du réalisateur néerlandais Theo van Gogh (arrière-petit-neveu du peintre Vincent van Gogh) le par Mohammed Bouyeri à la suite d'un court-métrage critiquant l'islam.

Contexte[modifier | modifier le code]

Theo van Gogh[modifier | modifier le code]

Theo van Gogh est l'arrière-petit-fils de Théodore van Gogh, le frère du peintre Vincent van Gogh. Son père, Johan van Gogh, faisait partie des services secrets néerlandais. Theo van Gogh est un réalisateur et polémiste néerlandais controversé pour ses propos sur la société, les juif et les musulmans. Il tient des propos critiques à l'égard de l'islam, qualifiant, après les attentats du 11 septembre, le prophète Mahomet « d'oncle obscène » et de « violeur de petites filles » et déclarant que « les musulmans sont des enculeurs de chèvres ». Il réalisa par la suite un court-métrage dénonçant les abus commis au nom du Coran, Submission, en collaboration avec Ayaan Hirsi Ali, elle-même issu de l'islam[1].

Mohammed Bouyeri[modifier | modifier le code]

Mohammed Bouyeri est né aux Pays-Bas de parents marocains[2] Il est considéré comme bon élève et bien intégré, ayant passé un diplôme de technicien supérieur et étant animateur bénévole dans une association de quartier[3]. Au moment des faits, il est âgé de 26 ans. Il fait partie du réseau Hofstad, une organisation islamiste terroriste composée principalement de jeunes Néerlandais d'origine maghrébine[4],[5].

Faits[modifier | modifier le code]

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Le 2 novembre 2004, vers 9 heures du matin, Mohammed Bouyeri tire à huit reprises sur Theo van Gogh qui se déplace à vélo. Selon des témoins, Theo van Gogh, blessé et gisant sur le bitume, aurait supplié son assaillant de l'épargner en lâchant ces quelques mots : « Pitié! Pitié! Est-ce qu'on peut parler? ». En guise de réponse, Bouyeri lui tire plusieurs balles en pleine tête, l'égorge en le décapitant presque, puis plante le couteau dans la poitrine de la victime. Il plante ensuite un second couteau, plus petit, accompagné d'une note de menace de mort contre Ayaan Hirsi Ali, dans la poitrine de Theo van Gogh, qui est mort sur le coup. En plus de menaces contre les pays occidentaux et les juifs, la note comprenait des références à une mouvance islamiste égyptien, le takfirisme.

Bouyeri est arrêté au cours d'une chasse à l'homme durant laquelle la police le blesse par balle à la jambe.

Funéraille[modifier | modifier le code]

La crémation eu lieu le 9 novembre 2004. Craignant de ne pas pouvoir survivre à un vol prévu pour New York, Van Gogh avait parlé de ses souhaits de funérailles avec des amis peu de temps avant sa mort[6].

Les parents de Van Gogh ont demandé à Maarten van Rossem de parler, ce qu'il a trouvé difficile en ce sens qu'il voulait éviter de paraître apocalyptique[7].

Procès[modifier | modifier le code]

Au cours de son procès, Mohammed Bouyeri choisit de ne pas être défendu et de rester silencieux. Il déclare cependant vouloir « être tenu responsable de ses actes »[8].

Il ne présente pas de remords et déclare qu'il recommencerait s'il était libéré un jour[9]. Au moment où il est arrêté, Bouyeri porte sur lui un poème d'adieu avec le titre Baptisé dans le sang[10].

Le 12 juillet 2005, il justifie son acte en déclarant : « Il y a une loi qui m'oblige à couper la tête à celui qui insulte le Prophète »[2], « J'ai agi par conviction, pas par haine »[3].

Le meurtrier est condamné le 26 juillet 2005 à perpétuité, sans possibilité de libération[11]. Mohammed Bouyeri est condamné par le tribunal d'Amsterdam à la prison à vie, peine rarement prononcée et appliquée aux Pays-Bas. Bouyeri déclara qu'il aurait demandé la peine de mort si cette dernière n'était pas bannie par la Constitution du royaume[3].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Aux Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Cet événement a eu une grande répercussion sur la politique et la vie de société aux Pays-Bas. Les Néerlandais y voient une attaque contre la liberté d'expression et se posent la question du multiculturalisme et de l'immigration aux Pays-Bas[12].

Des manifestations ainsi que des actes xénophobes se multiplient[13].

La Fondation Anne-Frank note dans un rapport de décembre 2004 que « le problème de l'extrême-droite et de la culture raciste parmi les jeunes n'a jamais jusqu'à aujourd'hui atteint de telles proportions aux Pays-Bas »[14].

Les élections de novembre 2006 voient la montée des partis hostiles à l'islam, d'abord le WD, qui dépasse le seuil des 5 % pour la première fois après l'assassinat, ensuite du Parti pour la liberté (Partij voor de Vrijheid, PVV) fondé en 2006 par le politicien Geert Wilders[15]. Ce dernier compare l'idéologie islamique au fascisme, et le Coran à Mein Kampf[16].

Dans le monde de la presse[modifier | modifier le code]

D'aucuns prétendent qu'une auto-censure est apparue dans le monde de la presse et de l'édition à la suite de l'assassinat. Ainsi, l'écrivain Kåre Bluitgen se plaint que nul ne veut illustrer son nouvel ouvrage sur Mahomet. C'est en réponse à cette réflexion de Kåre que seront publiées en septembre 2005 les caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten[17].

Hommage[modifier | modifier le code]

De Schreeuw, statue érigée en la mémoire de l'assassinat.

L'assassinat de Theo van Gogh est commémoré par une statue, intitulée De Schreeuw (littéralement le cri), érigée dans l'Oosterpark à Amsterdam, non loin du lieu de l'assassinat[18]. Elle est inaugurée le 18 mars 2007 par le bourgmestre d'Amsterdam, Job Cohen.

Celle-ci est réalisée par Jeroen Henneman (nl), en acier inoxydable, d'une hauteur de 4,6 m[19], et montre de façon stylisée Theo van Gogh de profil, d'un côté pleurant la bouche grande ouverte, de l'autre la bouche fermée[19].

Elle est financée par l'Amsterdams Fonds voor de Kunst (littéralement le fonds d'Amsterdam pour l'art) et la ville d'Amsterdam[19].

L'ancien conseiller municipal d'Amsterdam Martin Verbeet décrit l'œuvre comme « un puissant symbole de la liberté d'expression »[19].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Pierre Stroobants, « En 2004, Theo Van Gogh assassiné à Amsterdam pour ses provocations antimusulmanes », sur Le Monde, .
  2. a et b « Theo van Gogh : perpétuité pour Bouyeri », sur l'OBS,
  3. a b et c « Le djihadiste d'Amsterdam », lexpress.fr,
  4. « Hoofdofficier: Mohammed Bouyeri handelde niet alleen », sur Dossier EenVandaag, (consulté le 30 septembre 2014)
  5. « Mohammed Bouyeri was leider Hofstadgroep », sur Elsevier, (consulté le 30 septembre 2014)
  6. (nl) « De crematie van Theo van Gogh », .
  7. (nl) « Biografie Maarten van Rossem », .
  8. }« L'assassin présumé de Theo Van Gogh refuse d'être défendu », lemonde.fr,
  9. « Mohammed Bouyeri condamné à la perpétuité », afrik.com,
  10. De tekst van Mohammed B. sur indymedia.nl.
  11. « L’assassin de Theo Van Gogh condamné à la perpétuité », sur La Libre Belgique, (consulté le 30 septembre 2014)
  12. « Les Pays-Bas sont choqués par l'assassinat du cinéaste Theo Van Gogh » (consulté le 3 novembre 2004)
  13. « Après l'assassinat de Theo Van Gogh, les incidents xénophobes se multiplient aux Pays-Bas », Le Monde,‎
  14. Ine Koevoet, « LONSDALE Gone, Racism Solved? LONSDALE Youth and the Police. » (consulté le 30 septembre 2014)
  15. « Partij voor de Vrijheid (PVV) », sur Parlement & Politiek (consulté le 30 septembre 2014)
  16. Thierry Portes, « Geert Wilders : «L'idéologie islamique est fasciste» », sur Le Figaro, (consulté le 30 septembre 2014)
  17. (de) Jörg Lau, « Islam: Allah und der Humor », sur Zeit, (consulté le 30 septembre 2014)
  18. « Monument Theo van Gogh onthuld (video) »
  19. a b c et d « Monument Theo van Gogh onthuld », sur Trouw, (consulté le 15 octobre 2014)

Lien externe[modifier | modifier le code]

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