Assassinat d'Alexandre Ier et meurtre de Louis Barthou

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Le roi Alexandre Ier.

L'assassinat du roi Alexandre Ier et le meurtre de Louis Barthou eurent lieu le à Marseille. Le roi de Yougoslavie Alexandre Ier et le ministre français des Affaires étrangères, Louis Barthou, furent victimes d'un attentat commis par un nationaliste bulgare, Vlado Černozemski (alias Veličko Dimitrov Kerin).

Les deux hommes succombèrent le même jour. Quatre autres personnes furent mortellement atteintes.

La visite du roi[modifier | modifier le code]

Les raisons de la visite du roi[modifier | modifier le code]

Répondant à une invitation officielle de Paris, cette visite avait pour but de renforcer l'amitié entre la France et le Royaume de Yougoslavie face à la montée en puissance de l'Allemagne hitlérienne[1] et de l'Italie mussolinienne qui créaient un état permanent de tension, source de nouveaux conflits potentiels.

Louis Barthou.

La Yougoslavie avait déjà dû faire face aux visées expansionnistes de l'Italie sur la zone nord de ses frontières. De son côté, Louis Barthou, le ministre français des Affaires étrangères, espérait, par une chaîne d'accords entourant les deux États totalitaires, empêcher le rapprochement de l'Italie et de l'Allemagne.

L’organisation du voyage[modifier | modifier le code]

Le gouvernement français dépêcha deux de ses ministres les plus importants à Marseille pour accueillir le roi Alexandre Ier : le ministre des Affaires étrangères, Louis Barthou, et le ministre de la Marine, François Piétri. La réception fut organisée depuis Paris par le contrôleur général Sisteron, qui avait les pleins pouvoirs, épaulé par le directeur de la Sûreté nationale, Jean Berthoin.

Pour assurer la protection du souverain, 1 500 gardiens de la paix, plusieurs compagnies de gendarmes à pied et 200 inspecteurs en civil furent envoyés à Marseille. La police avait aussi placé sous contrôle deux cents ressortissants d’Europe centrale et en avait arrêté une vingtaine d’autres, ceux jugés les plus dangereux. Le roi avait échappé à un attentat meurtrier en Yougoslavie quelques mois auparavant et les organisations révolutionnaires se montraient de plus en plus menaçantes à l'égard du souverain. Quelques jours auparavant, le bruit avait même couru dans le port de Marseille qu'un attentat se préparait. Le général Béthouart, conseiller militaire en Yougoslavie, persuadé qu’un attentat se préparait dans l’hexagone contre Alexandre Ier, avait d'ailleurs alerté les autorités à ce sujet.

Pour se rendre à la préfecture où le roi devait participer à un goûter organisé par l'épouse du préfet, Mme Jouhannaud, les organisateurs avaient prévu un large périple à travers la ville : Canebière, rue Saint-Ferréol, rue Armény, cours Pierre Puget, Corderie, dépôt de gerbe aux monuments consacrés aux morts d'Orient, corniche et enfin retour vers la préfecture par les deux branches du Prado et la rue de Rome. Une foule impressionnante se pressait pour voir le souverain. La Canebière et la rue Saint-Ferréol, trajet que devait emprunter le cortège officiel, étaient noires de monde.

Le roi devait se rendre le soir même à la gare Saint-Charles où l'attendait le train spécial qui devait l'amener dans la nuit à Paris. Il devait y rencontrer le Président du Conseil, Gaston Doumergue, ainsi que le Président de la République, Albert Lebrun[1].

Le départ de Yougoslavie[modifier | modifier le code]

Le roi Alexandre Ier s'embarqua à Zelenika, un petit port du Monténégro, le , à bord du croiseur Dubrovnik. La reine Marie de Roumanie, souffrant d'une lithiase biliaire, craignit que le mal de mer ne déclenchât une nouvelle crise. Au dernier moment, elle décida de gagner la France par le train. Au moment de l'appareillage, le chargé d'affaire français en Yougoslavie, M. Knobel monta à bord pour souhaiter une bonne mer au roi et lui déclara :

« - Vous allez trouver en France quarante millions d'amis ! »

« - Et peut-être aussi quelques-uns de mes ennemis les plus acharnés ! », répliqua le roi.

Lorsque le Dubrovnik franchît les Bouches de Bonifacio, l'escadre française l'escorta jusqu'à Marseille.

L’arrivée à Marseille[modifier | modifier le code]

Le mardi , à seize heures, les navires d'escorte du Dubrovnik, en l'occurrence le Colbert et le Duquesne, entrèrent dans le port en tirant plusieurs salves d'honneur tandis que les cloches de la ville, dominées par le bourdon de Notre-Dame-de-la-Garde, se mirent à sonner.

Une vedette blanche, avec à son bord le ministre de la marine, François Piétri, accompagné du consul général de Yougoslavie, gagna le croiseur yougoslave. Le consul, inquiet pour la sécurité du roi et trouvant le programme marseillais trop chargé, tenta de décourager le roi de descendre à terre. Mais le roi resta intraitable, déclarant : « La population m'attend. Barthou m'attend. Un Karageorgévitch ne doit pas reculer. »

La délégation, menée par le roi Alexandre Ier et le ministre yougoslave des Affaires étrangères, M. Jevtitch, embarqua à bord de la vedette royale, qui accosta au quai des Belges, au fond du Vieux-Port de Marseille.

Le roi portait l'uniforme d'amiral de la marine yougoslave, barré du ruban rouge de la Légion d'honneur, une épée à garde d'or et un bicorne à aigrettes blanches. Il avait refusé de porter son gilet pare-balle en acier sous l'uniforme, arguant que celui-ci gênait ses mouvements. Âgé de quarante-six ans il était grand, mince, les yeux vifs derrière des lunettes de type binocle.

Sur le quai, Louis Barthou les attendait en compagnie de la délégation française composée du vice-amiral Charles Alain Marie Berthelot et du général Georges, chargé d'accompagner le souverain durant son séjour sur le territoire français. Un peu à l'écart se tenait une délégation des anciens combattants. Après avoir débarqué, la délégation écouta la musique militaire qui joua tout d'abord l'hymne yougoslave puis enchaîna par La Marseillaise.

L'assassinat[modifier | modifier le code]

Film d'Universal Newsreel (en) sur l'assassinat.

Les derniers instants du roi[modifier | modifier le code]

Pour le départ vers la préfecture, les autorités organisatrices avaient décidé de placer le roi dans un Delage DM noir, immatriculé 6068 CA 6, découvert et sans protection, le toit abaissé au-dessus des sièges arrière, au mépris de toute prudence. La voiture resta immobilisée de longues minutes, probablement pour permettre aux photographes et aux cameramen de prendre quelques plans supplémentaires. Les images tournées à ce moment-là pour les actualités montrent l'expression préoccupée du roi.

Le roi Alexandre Ier s'assit à droite, Louis Barthou à gauche, et le général Georges s'installa dos à la marche, sur le strapontin. La voiture, quant à elle, était conduite par le chauffeur Froissac.

La route était ouverte par une voiture de police dans laquelle avaient pris place le directeur de la Sûreté nationale Jean Berthoin et le contrôleur général Sisteron. Les deux hommes contrôlaient ainsi au plus près la sécurité du roi. Elle était suivie d'un peloton de dix-huit gardes mobiles à cheval, en grande tenue. Venait ensuite la voiture royale, escortée par un rempart symbolique de deux officiers à cheval, le lieutenant-colonel Piollet, du 14e RI à droite, et le commandant Vigouroux de la Garde mobile à gauche. Le convoi officiel était fermé par un peloton d'agents cyclistes. Cette disposition avait été décidée par les autorités pour permettre aux curieux de voir le roi. La préoccupation essentielle de la France était de faire de ce voyage un succès. Par conséquent, seuls ces deux cavaliers protégeaient les flancs de la voiture.

À la vitesse de huit kilomètres par heure, le convoi s'engagea sur la Canebière[1] où la foule débordait des trottoirs, mal contenue par un service d'ordre soudain défaillant. Les autorités avaient certes prévu de placer un agent tous les deux mètres mais c'est seulement tous les cinq mètres qu'ils furent disposés.

Seize heures quinze[modifier | modifier le code]

Vlado Tchernozemski l'assassin du roi

À seize heures quinze précises, le cortège passa devant la Chambre de commerce, le palais de la Bourse. Le petit kiosque des services de police qui s'élevait face au palais, dans un coin du square Puget (maintenant Place du Général De Gaulle), servait de piédestal aux curieux juchés sur son toit. Appuyé au mur de ce poste, Vlado Tchernozemski attendait. Il s'élança quand la voiture royale passa à sa hauteur. De forte corpulence, il courut sur la chaussée vers la voiture royale tout en criant : « Vive le roi ! »[1].

Le lieutenant-colonel Piollet, surpris, ne put rien faire pour chasser l'importun, qu'il prit de surcroît pour un photographe. C'était un des ennemis d'Alexandre Ier. Contrairement à ce qui est souvent écrit, Vlado Tchernozemski n'était pas membre de l'association terroriste des Oustachis (les insurgés) et n'avait aucun lien de parenté avec la Croatie ; c'était un nationaliste bulgare, membre de l'Organisation révolutionnaire intérieure macédonienne.

Au moment même où le militaire faisait virevolter son cheval pour le chasser, le général Georges, tête baissée, notait la direction que prenait le convoi. Il ne vit donc pas l'homme bondir sur le marchepied de la Delage. De la main gauche, il s'agrippa au montant de la portière tandis que de la droite, il tira de sa ceinture un pistolet automatique, un parabellum Mauser de calibre 7.65 avec un chargeur garni de dix cartouches. Cachée sur lui, il portait une deuxième arme, un Walter également de calibre 7.65, dont il ne se servit pas. Il ouvrit calmement le feu, tirant par deux fois sur le roi qui n'esquissa aucun geste de défense. Le roi s'affaissa sur la droite du coupé, grièvement blessé à la poitrine.

Mais l'assassin continua. Le général Georges fut à son tour atteint par deux balles alors qu'il tentait de s'interposer. Le lieutenant-colonel Piollet avait enfin réussi à faire tourner sa monture. Il sabra l'agresseur, toujours cramponné à la voiture et qui continuait à vider son chargeur dans l'habitacle. Froissac, de son côté, après avoir arrêté la voiture, saisit l'homme par son veston, tentant, tant bien que mal, de le maintenir. Mais rien ne semblait pouvoir arrêter l'assassin qui abattit un agent qui accourait.

De partout, la police, la troupe, les membres du cortège se précipitèrent dans un désordre indescriptible. On aperçut, courant dans la mêlée, son chapeau haut-de-forme vissé sur la tête, le ministre Jevtitch.

Pris de panique, le service d'ordre ouvrit le feu, dans tous les sens, de manière la plus désordonnée qui soit, transformant le désordre en panique. La foule reflua pour se mettre à l’abri de la fusillade. Des corps tombèrent. Une femme fut mortellement blessée, de même que Louis Barthou[1]. D'autres personnes furent moins gravement atteintes. Le colonel Piollet tenta de faire revenir l'ordre.

Assommé, criblé de balles, plusieurs fois sabré, piétiné, Vlado Tchernozemski s'écroula sans connaissance. Il fut immédiatement traîné, agonisant, dans le petit poste de police du Square de la Bourse avant d'être transféré dans les locaux de la Sûreté où il mourut vers dix-neuf heures.

Le ministre Jevitch sauta dans la Delage. Il dégrafa l'uniforme du roi pour tenter d’évaluer la gravité des blessures, découvrant sa poitrine ensanglantée. Il dira, plus tard, avoir entendu de la bouche d'Alexandre : « Gardez-moi la Yougoslavie ! »

La mort de Louis Barthou[modifier | modifier le code]

Autour de la voiture, on s'agitait pour essayer de porter secours aux blessés. Le général Georges fut transporté à l'hôpital militaire. Un gendarme souleva Louis Barthou, le hissant dans une des voitures maintenant vide du cortège, ordonnant à son chauffeur de l'amener d'urgence à l'Hôtel-Dieu, l'hôpital le plus proche des lieux du crime. Le Ministre gardait encore un peu de lucidité, s'inquiétant du sort de son illustre passager : « Pour moi, ce n'est rien, mais le Roi ! Comment est le Roi ? » avant de soudain se rappeler l'existence… de son portefeuille et de ses lorgnons : « Et mon portefeuille et mon lorgnon ? Ah sapristi, où est mon lorgnon ? ». Puis il perdit connaissance, inondé de son sang. Lorsqu'il arriva à l'Hôtel-Dieu, il était à l'agonie. Une des balles avait sectionné son artère humérale et il s'était vidé de son sang. Les médecins décidèrent d'intervenir chirurgicalement en liant l'artère sectionnée puis en lui faisant une transfusion mais Louis Barthou s'éteignit quelques secondes plus tard, avant même que les médecins aient pu tenter le moindre geste pour le sauver[1].

Le rapport balistique Mondanel fait sur la balle trouvée dans le dossier de la voiture, à l'emplacement où se trouvait Louis Barthou, rédigé en 1935 mais qui ne fut accessible au public qu'en 1974 et publié pour la première fois par l'historien belge Jacques de Launay[2] , révéla que le ministre avait bien été touché par une balle blindée en cuivre, de calibre 8 mm, modèle 1892, calibre et modèle utilisés par la police française, et de calibre différent des deux armes du nationaliste macédonien.

La mort du roi[modifier | modifier le code]

Masque funéraire du roi Alexandre Ier et de Louis Barthou
Musée d'histoire de Marseille

La Delage amena le roi à vive allure non à l'hôpital, mais à la préfecture, passant par la rue Saint-Ferréol, ignorant la foule qui ne soupçonnait pas le drame qui se jouait, évitant sans le savoir le second terroriste qui attendait, une bombe cachée sur lui. Un officier serbe en tenue, debout sur le marchepied de la Delage, soutenait la tête du roi.

La voiture s'engouffra dans la préfecture dont on ferma la porte à double battant. Dans les salons de la préfecture un petit canapé accueillit le roi agonisant. Mais un problème se posait, on manquait de médecins. Parmi la foule qui se presse place Saint-Ferréol se trouvait le médecin commandant Herivaux qui tenta, avec deux autres confrères, dont le Docteur Marcel Coste, de sauver le roi, sans succès. Moins d'une heure après son arrivée triomphale sur le quai des Belges, Alexandre Ier expirait.

L’arrivée de la reine Marie[modifier | modifier le code]

Le matin du 10 octobre 1934, le train spécial de la reine Marie de Yougoslavie entre en gare Saint-Charles. Elle devait rejoindre son mari directement à Paris. Il avait été détourné la veille au soir, lors de son passage de la frontière française, dans la région de Besançon.

Le préfet du Doubs, M. Louis de Peretti della Rocca, s'était présenté devant la reine, porteur du message funeste. En proie à une vive agitation (qui nécessita l'intervention d'un médecin à Lons-le-Saunier), elle eut cette phrase :

« Ma seule consolation est de penser que mon mari est mort sur cette terre de France, le pays qu'il aimait le plus après le sien ! »

Un nouveau cortège officiel transféra la reine de la gare à la Préfecture. Le grand salon avait été transformé en chapelle ardente, le roi et Louis Barthou reposant côte à côte. Peu après l'arrivée de la reine, ce fut le tour du Président de la République Française, Albert Lebrun accompagné de plusieurs membres du gouvernement dont Édouard Herriot et André Tardieu. Ils étaient partis la veille au soir de la capitale par train spécial.

Après l'assassinat[modifier | modifier le code]

Sanctions et conséquences politiques[modifier | modifier le code]

Alors que le Petit Marseillais paraît, un large filet noir entourant sa une, et avant même l'arrivée à Marseille des représentants de l'État, des sanctions ont été prises dont la démission d'Albert Sarraut, l'un des plus impopulaires ministres de l'Intérieur de la IIIe République, et celle de M. Berthoin, directeur de la Sécurité Nationale, la mise à la retraite de plusieurs dirigeants et la suspension du Préfet.

Ces sanctions auront aussi une conséquence inattendue puisque le Gouvernement Doumergue, privé de ses deux fortes personnalités (Barthou assassiné et Sarraut démissionnaire) dérivera vers la droite tandis que dans les rues les ligues factieuses s'agitent. Gaston Doumergue fera appel à Pierre Laval comme ministre des Affaires étrangères et à Paul Marchandeau pour remplacer Sarraut à l'Intérieur, deux personnalités qui renforceront la dérive gouvernementale. Cette dérive entraînera la démission de Gaston Doumergue, le 8 novembre 1934, un mois à un jour près après l'assassinat.

Le président Albert Lebrun fera appel à Pierre Flandin, chef de l'Alliance Démocratique, un parti de droite, pour former le nouveau gouvernement composé de radicaux et de modérés.

Un deuil national d'un mois est décrété par le gouvernement. Les obsèques nationales de Barthou ont lieu le samedi 13 octobre.

Du côté de la Yougoslavie, le fils d'Alexandre, Pierre II, devient roi, mais, âgé de 11 ans, est trop jeune pour régner. Un conseil de régence présidé par le prince Paul, cousin germain du roi défunt, se met en place. Ce dernier tentera d'apaiser pacifiquement les tensions en Yougoslavie en faisant revenir le pays vers un régime plus démocratique, puis en accordant leur autonomie aux croates (1939) et aux Slovènes (1940), avant que le pays ne soit disloqué pendant la deuxième guerre mondiale.

Le départ des dépouilles[modifier | modifier le code]

Lorsqu'en début d'après-midi, un fourgon funèbre amenait au Dubrovnik la dépouille royale et qu'un nouveau cortège parcourut en sens inverse le trajet de la veille, nombreux furent ceux qui raillèrent le déploiement exagéré des forces de police. Parvenu au ponton, le cercueil fut solennellement remis par les officiers français aux officiers yougoslaves, puis hissé à bord du croiseur. Après avoir pris congé du président Lebrun, la reine regagna avec sa suite le Dubrovnik qui reprit bientôt la mer, encadré par les croiseurs Colbert et Duquesne.

Lorsque le croiseur se présenta dans les eaux italiennes pour franchir le détroit de Messine, il fut escorté cérémonieusement par la flotte italienne. Mais, à ce moment-là, l'implication italienne n'était pas encore soupçonnée. Ce geste fut toutefois apprécié par les Britanniques qui virent là le désir du Duce d'éviter une rupture des relations entre la Yougoslavie et l'Italie.

Au même moment, à la gare Saint-Charles, le cercueil drapé de tricolore où reposait Louis Barthou fut déposé dans une voiture à destination de la capitale tandis que dans les locaux, le corps disloqué et criblé de balles de Vlado Tchernozemski gisait.

Le 17 octobre 1934 furent célébrées à Belgrade les obsèques solennelles d'Alexandre Ier de Yougoslavie, en présence du président Albert Lebrun. Sur le parcours du cortège funèbre se pressait une foule immense.

Les autres victimes[modifier | modifier le code]

Après la fusillade, on dénombra dix victimes dans le cortège royal. Dans la foule qui se pressait sur les trottoirs, neuf autres personnes furent atteintes par des balles perdues. Quatre d’entre elles succombèrent à leurs blessures dans les jours suivant l’attentat dont Yolande Farris, âgée de 20 ans à peine, serveuse dans une brasserie de la place Castellane, venue devant le palais de la Bourse pour voir le roi. Elle fut atteinte par une balle perdue et décéda à l’Hôtel-Dieu le 11 octobre 1934. Mmes Dumazet et Durbec, venues elles aussi pour voir le roi, trouvèrent aussi la mort.

Procès[modifier | modifier le code]

Le cadre diplomatique du procès est complexe, amenant le successeur de Barthou Pierre Laval à souhaiter la mise en place d'une cour pénale internationale[3]. Finalement, la France tient un procès où comparaissent trois des six accusés : Zvonimir Pospišil, Moi Kralj et Ivan Rajk. En effet, les trois leaders des Oustachis sont protégés par d'autres pays qui refusent de les extrader, l'Italie pour Ante Pavelić et Dido Kvaternik et l'Autriche pour Ivo Perčević[3].

Monument commémoratif[modifier | modifier le code]

En 1938 a été érigé à Marseille le monument commémoratif au roi Alexandre Ier de Yougoslavie et à Louis Barthou, dans le 6e arrondissement. Il se trouve à l'angle de la place de la Préfecture et de la rue de Rome. Il est encore utilisé pour la commémoration du 80e anniversaire de l'attentat en 2014[4].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f André Larané, « 9 octobre 1934 - Le roi de Yougoslavie est assassiné », sur herodote.net, (consulté le 23 mars 2016).
  2. Jacques de Launay, Les grandes controverses de l'histoire contemporaine 1914-1945, Suisse, Édito-Service Histoire Secrète de Notre Temps, , 568 p.
  3. a et b Frédéric Monier, « Défendre des « terroristes » dans la France de 1935. L'avocat des « oustachis croates ». », Le Mouvement Social, vol. 3, no 240,‎ , p. 105-120 (DOI 10.3917/lms.240.0105, lire en ligne).
  4. « Commémoration de l’assassinat du Roi Alexandre Ier à Marseille », sur Ambassade de France à Belgrade, (consulté le 23 mars 2016).

Sources[modifier | modifier le code]

  • Assassinat d'Alexandre Ier et Louis Barthou : Marseille, le 9 octobre 1934, François Broche, Balland, 1977, coll. "Les grands crimes politiques"
  • 1934. Assassinat du roi de Yougoslavie, Mystères d'archives, France, 2007, film de 26 min.
  • Philippe Pivion, Le complot de l'ordre noir, Paris, Cherche-midi éditeur.