Asra Nomani

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Asra Nomani
Description de l'image Asra Nomani at Women and Terrorism Roundtable.jpg.
Naissance
Bombay
Nationalité américaine
Diplôme
Bachelor of Arts, Ph.D
Activité principale
journaliste, esayiste
Formation
Université de Virginie Occidentale, American University
Distinctions

"Woman of Distinction" par l'American Association of University Women,

Récipiendaire du Journalism Awards, catégorie "Presse d'opinion" décerné par l'American Academy of Religion

Asra Quratulain Nomani (née en 1965) est une essayiste, journaliste, activiste, auteure américaine et ancien professeur de l'Université de Georgetown. Elle est connue pour son militantisme pour une réforme de l'islam et du féminisme, pour avoir fondé et animé un cycle de conférences ayant pour thème La liberté des femmes musulmanes (le Muslim Women's Freedom Tour), pour être l'un des membres fondateurs du Muslim Reform Movement (en) et avoir rédigé l'Islamic Bill of Rights for Women in the Mosque (en) / Charte musulmane des Droits des femmes dans les mosquées.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Asra Nomani est née à Bombay[1] (aujourd'hui Mumbai) en Inde dans une famille musulmane sunnite[2]. À l'âge de quatre ans, elle emménage aux États-Unis avec son frère aîné afin de rejoindre leurs parents au New Brunswick, dans le New Jersey[3]. Son père, Zafar Nomani, était titulaire d'un Ph.D de l'Université Rutgers. Puis, à l'age de dix ans, sa famille s'installe à Morgantown, en Virginie-Occidentale[4], où son père est devenu Maître assistant en science de la nutrition. Celui-ci (cité sous le nom de M.Z.A Nomani) a publié des études sur les effets du jeûne sur la santé pendant le ramadan et a également aidé à organiser des mosquées dans le New Jersey et en Virginie-Occidentale.

Formation[modifier | modifier le code]

Après ses études secondaires à la Morgantown High School (en)[3], [5], Asra Nomani est reçue à la West Virginia University, elle y obtient en 1986 un Bachelor of Arts interdisiciplinaire (Bachelor of Liberal Studies (en)), puis elle est acceptée à l'American University (Washington D.C.) où elle réussit un Master of Arts en communications internationales en 1990.

Début dans le journalisme[modifier | modifier le code]

Dès son adolescence Asra Nomani se fait remarquer pour ses compétences de journaliste en participant à la rédaction du journal de son lycée (la Morgantown High School), puis comme rédactrice au sein du Daily Athenaeum (en), journal des étudiants de l'Université de Virginie-Occidentale. Pendant ses études elle travaille pour le magazine universitaire Newsweek OnCampus, puis pour l'agence de presse Reuters.

Asra Nomani commence sa carrière de journaliste professionnelle comme correspondante du Wall Street Journal[3] et comme rédactrice pour le Washington Post, le New York Times, le Slate, l'American Prospect et le Time. Elle sera également correspondante du webzine Salon.com au Pakistan après les attentats du 11 septembre 2001[6], et ses travaux ont paru dans de nombreuses publications, notamment People, Sports Illustrated for Women (en), Cosmopolitan et Women's Health (magazine) (en). Elle a été plusieurs fois interviewée par la NPR[7], notamment par les médiatiques Michel Martin[8] et Ari Shapiro[9].

Asra Nomani est invitée à donner des conférences au Schuster Institute for Investigative Journalism[10] (école de journalisme d'investigation) de l'Université Brandeis, et y a animé des prières œcuméniques[11]. Elle était une collaboratrice et correspondante du Poynter Institute (en)[12],[13] auprès de l'Université Yale.

Le Pearl Project[modifier | modifier le code]

De 2007 à 2011, elle fonde et codirige avec Barbara Feinman Todd[14] le Pearl Project[15],[16],[17], séminaire à destination des étudiants de la School of Continuing Studies[18] et la School of Foreign Service[19] de l'Université de Georgetown, ayant pour thème l'enlèvement et le meurtre de Daniel Pearl[20], journaliste du Wall Street Journal, en 2002, et de façon plus générale, le cas de personnes décédées sur le front du journalisme, les relations entre le monde musulman et la presse. Les différents travaux ont abouti à un rapport remis au Center for Public Integrity[21] en 2011, qui a donné la création du Prix Daniel Pearl[22].

La militante féministe[modifier | modifier le code]

Ne pouvant plus supporter la condition de la femme sous le régime de l'islam traditionnel, Asra Nomani écrit deux essais militants ayant pour thématique une nécessaire réforme de l'islam qui prendrait en compte les droits de la femme[23] : Standing Alone: An American Woman's Struggle for the Soul of Islam et Tantrika: Traveling the Road of Divine Love, et publie divers articles dans différents journaux et magazines ayant pour objet les droits des femmes, la tolérance, la lutte contre toutes les formes de discrimination (race, couleurs, religions, genre, etc.). Elle lance le cycle de conférences Muslim Women's Freedom Tour[24], affirmant que Mohammed était un féministe[25], et participe comme membre fondateur à la création du Muslim Reform Movement (en)[26] avec Tahir Aslam Gora (en), Tawfik Hamid, Arif Humayn (en), Usama Hasan (en), Farahnaz Ispahani (en), Zuhdi Jasser (en), Naser Khader, Courtney Lonergan (en), Hasan Mahmud (en), Raheel Raza (en), Sohail Raza (en) et Salma Siddiqui (en).

L'année 2005[modifier | modifier le code]

Le à New York, Asra Nomani participe à l'organisation d'une prière musulmane dirigée par une femme, événement décrit comme « la première prière mixte de tous les temps jamais dirigée par une femme musulmane depuis 1400 ans ».

Certes, diverses prières mixtes avaient été conduites, mais en privé, comme par exemple une oraison funèbre de 1997 dirigée par une féministe sud-africaine, Shamima Shaikh[27].

En 2015, un groupe d'activistes, de politiciens et d'écrivains musulmans publie une Déclaration des musulmans réformistes (Declaration for Muslim Reform[28]) qui soutient entre autres les droits des femmes, notamment dans son article B-3 : "Nous soutenons l'égalité des droits des femmes, y compris l'égalité des droits en matière d'héritage, de témoignage, de travail et de mobilité, droit des personnes, éducation et emploi. Les hommes et les femmes ont des droits égaux dans les mosquées, les conseils d'administration, les dirigeants et toutes les sphères de la société. Nous rejetons le sexisme et la misogynie. / We support equal rights for women, including equal rights to inheritance, witness, work, mobility, personal law, education, and employment. Men and women have equal rights in mosques, boards, leadership and all spheres of society. We reject sexism and misogyny."[28],[29] La Déclaration annonçait également la création d'une organisation internationale le Muslim Reform Movement (en) / Mouvement de la réforme musulmane pour réaliser une renaissance de l'islam conforme à la DUDH de l'ONU, un islam inclusif trouvant sa place dans la démocratie et luttant contre toutes formes d'intégrismes, de totalitarisme, de violences, de discriminations telles que celles prônées par les groupes djihadistes[28],[30].

En 2015, Asra Nomani et d'autres placardent la Déclaration sur la porte du Centre islamique de Washington[30].

2017 au Sénat[modifier | modifier le code]

Avec Ayaan Hirsi Ali, Asra Nomani est invitée à témoigner devant une commission du Sénat pour évaluer les menaces de l'islamisme et les avancée de l'islam réformiste, audition qui fut sujet à polémique[31],[32],[33],[34], [35],[36].

Les activités de Conseil[modifier | modifier le code]

Son expérience de journaliste d'opinion et d'activiste politique lui permettre de rejoindre des cabinets de conseil en stratégie politique[37],[38].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Mère célibataire, Asra Nomani vit à Morgantown, en Virginie-Occidentale, avec son fils Shibli[3].

Regards sur son œuvre et son action[modifier | modifier le code]

Repenser les représentations de l'Islam[modifier | modifier le code]

Asra Nomani a plaidé en faveur de programmes gouvernementaux de surveillance dans la lutte contre le terrorisme islamique[39], affirmant que "le politiquement correct qui régnait dans la société nous a empêchés de mener des stratégies judicieuses d'application de la loi visant les musulmans, les mosquées et les organisations islamiques"[40]. Elle affirme que la communauté musulmane ne fait pas un bon travail de maintien de l'ordre et que les lieux publics étaient "un lieu de rencontre naturel pour les criminels". Le dirigeant de l'AIFD (American Islamic Forum for Democracy (en)), Zuhdi Jasser (en) a soutenu l'argument de Nomani selon lequel une telle tactique de surveillance était justifiée[41]. Nomani a également plaidé en faveur du "profilage racial et religieux"[42],[43] expliquant que le "dénominateur commun" de nombreux terroristes aux vues anti-américaines est qu'ils sont musulmans[44],[45]. Elle a répété que "la communauté musulmane [n'a] pas réussi à se contrôler" et qu'un tel profilage fondé sur "la religion, la race et l'ethnicité" est un "élément nécessaire pour assurer la sécurité de nos cieux"[44].

Sa vision critique pour un islam réformé la font soupçonner par certains d'être une islamophobe cachée, voire perverse, entre autres pour ses positions envers le hijab[46],[47],[48], [49],[50].

Le 11 novembre 2016, sur CNN[51], Asra Nomani a révélé qu'elle avait voté pour le candidat républicain Donald Trump[52],[53] non sans provoquer des polémiques[54], ajoutant que "les libéraux et la gauche ont vraiment trahi l'Amérique"[55], [56],[57]. Après que Donald Trump eut passé le décret controversé 13769, Nomani appuya la décision et déclara que qualifier cet ordre d'interdiction de "Muslim Ban" était une "campagne de propagande" visant à susciter la peur dans le public[58].

Elle s'est rapprochée d'un autre grande figure du féminisme issue de l'Islam Ayaan Hirsi Ali[59] et se dit proche des idées de Wafa Sultan autre figure de la critique de l'Islam[60].

Influence[modifier | modifier le code]

En novembre 2003, Nomani est devenue la première femme de sa mosquée de Virginie-Occidentale à exiger le droit de prier dans la salle de prière principale réservée aux hommes. Ses efforts ont fait la une des journaux dans un article du New York Times intitulé « Muslim Women Seeking a Place in the Mosque[61] ».

Inspirée du roman punk de Michael Muhammad Knight (en)[62], Les Taqwacores[63],[64] elle organise la première prière publique du vendredi dirigée par une femme, Amina Wadud, dans la Synod House de l'église épiscopalienne la Cathédrale Saint-Jean le Théologien de New York[65]. Ce jour-là, le 18 mars 2005, elle a déclaré :

Nous défendons nos droits en tant que femmes de l'Islam. Nous ne n'accepterons plus d'attendre dans l'ombre de la porte de service jusqu'à la fin de la journée, nous serons des leaders du monde musulman. Nous introduisons l'Islam dans le 21ème siècle en reprenant la voix que le Prophète nous avait donnée il y a 1400 ans.

Dans son livre Blue-Eyed Devil (p. 209), Knight[66] rappelle l'événement comme suit :

À l'intérieur de la chapelle, il y aurait peut-être eu autant de journalistes et d'équipes de caméras que de musulmans en prière. L’imam de la journée, Amina Wadud, était tellement distraite par les longues rangées de flash qu’au milieu de la prière, elle avait oublié ses mots. Lors de la première réunion du conseil d'administration du Progressive Muslim Union (en), Ahmed Nassef nous lisait un courrier électronique du Dr Amina Wadud qui s'est dégagé de toute responsabilité. Même si elle croyait toujours en une prière dirigée par une femme, elle ne voulait rien avoir à faire avec la Progressive Muslim Union ou Asra Nomani. Wadud avait tracé une ligne de démarcation nette entre la vérité et les harpies des médias, et nous savions que la Progressive Muslim Union était du mauvais côté. Pour éviter les critiques du public, le site web de la Progressive Muslim Union n'a fait aucune mention du rôle d'Asra dans l'organisation de la prière. Cette dernière s'est plainte de l'exclusion provoquée par la Progressive Muslim Union.

En plus de ses livres, Nomani a écrit sur ses expériences et ses idées de réforme dans des éditoriaux du New York Times et dans plusieurs autres publications et émissions. Elle était une amie et collègue du journaliste du Wall Street Journal, Daniel Pearl, qui l'accompagnait à Karachi avec sa femme, Mariane Pearl, lorsqu'il a été enlevé puis assassiné par des militants islamistes en janvier 2002[67].

Nomani est représentée par l'actrice britannique Archie Panjabi dans l'adaptation cinématographique du livre de Mariane Pearl, A Mighty Heart. Le Washington Post a publié une critique du film dans laquelle il affirmait que "Danny lui-même avait été coupé de sa propre histoire".

Nomani est interviewée par Zarqa Nawaz dans le cadre d'un documentaire publié en 2005 par l'Office national du film du Canada au sujet des efforts des femmes musulmanes nord-américaines pour être acceptés dans les mosquées, intitulé Me and the Mosque[68].

Impact et réception du documentaire La Mosquée de Morgantown[modifier | modifier le code]

En 2009, elle collabore avec Brittany Huckabee[69] pour tourner La mosquée de Morgantown[70], [71] documentaire sur son combat pour faire évoluer les mœurs de la communauté musulmane de Morgantown, produit par le Women Makes Movies (WMM[72]) documentaire qui après sa diffusion sur la chaine Public Broadcasting Service, le 15 juin 2009[73], recevra le Prix du jury décerné par le San Francisco International Asian American Film Festival de 2009.

En ce qui concerne la question du documentaire La Mosquée de Morgantown[74],[75],[76], [77], la juriste américano-pakistanaise Asma Gull Hasan (en), auteur de Why I Am a Muslim: An American Odyssey, a exprimé son admiration pour Asra Nomani, tandis que Gamal Fahmy, professeur à la West Virginia University, ou la libérale turque Jane Louise Kandur[78] la critiquaient et remettaient en question ses motivations. D'autres suggèrent que la prière dirigée par une femme en 2005 avait conduit à une discussion et à un débat ouverts sur le rôle des femmes dans la société musulmane. Des représentants de certaines organisations islamiques ont critiqué Asra Nomani pour ses positions exprimées[79] dans le documentaire La Mosquée de Morgantown, en partie parce qu'elle a ouvertement critiqué les pratiques communément acceptées dans la communauté américano-musulmane, mais aussi pour ne pas avoir suffisamment interagi avec les communautés musulmanes déjà implantées de longue date.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Articles (sélection)[modifier | modifier le code]

  • Return to Pakistan, article rédigé pour le webzine Salon.com[6], le 29 septembre 2001
  • A Gender Jihad For Islam's Future, article rédigé pour le Washington Post du 6 novembre 2005[83]
  • The Woman Who Went To the Front of the Mosque, article rédigé pour le Washington Post du 5 juin 2005[84]
  • Muslims -- India's new 'untouchables', article rédigé pour le Los Angeles Times du 1 décembre 2008[85]
  • This is Danny Pearl's final Story, chronique rédigée pour le Washingtonian daté du 5 mai 2012[86]
  • Why NYPD Monitoring Should Be Welcome News to U.S. Muslims, article rédigé pour le Daily Beast le 5 mars 2012[43]
  • Muslims have a problem. Uncle Ruslan may have the answer, article rédigé pour le Washington Post du 23 avril 2013[87]
  • Boycott the Hajj, article rédigé pour le magazine Politico, daté du 28 septembre 2015[88]
  • Duke Students Tried To Cancel My Speech, article rédigé pour le magazine Time du 13 avril 2015[89]
  • As muslim women we actually ask you not to wear the hijab in the name of interfaith solidarity, article rédigé pour le Washington Post du 21 décembre 2015[90]
  • Meet the honor brigade, an organized campaign to silence debate on Islam, article rédigé pour le Washington Post du 16 janvier 2015[91]
  • Asra Nomani explores a hostile phenomenon she calls “hijab shaming”, article rédigé pour le magazine Women in the World (en) du 18 mai 2016[92]
  • I'm a muslim a woman and an immigrant I voted for Trump, article rédigé pour le Washington Post du 10 novembre 2016[56]
  • They Brushed Off Kamala Harris. Then She Brushed Us Off, article co-rédigé avec Ayaan Hirsi Ali pour le New York Times du 22 juin 2017[34]
  • The alt-left’s cyber jihad against Trump and his supporters, rédigé pour The Hill, le 2 février 2017
  • Ayaan Hirsi Ali and Asra Q. Nomani Respond to Readers, article co-rédigé pour le New York Times du 23 juin 2017[93]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie et interviews (sélection)[modifier | modifier le code]

  • Mohammed was a Feminist, interview animée par Mother Jones sur son site, publié le 19 décembre 2005[25]
  • "Good" and "Bad" Muslim Citizens: Feminists, Terrorists, and U. S. Orientalisms, par Sunaina Maira, article rédigé pour la revue Feminist Studies (en) Volume 35, n°. 3, pp 631-56, 2009[96].
  • Dschihad im Dienste der Frauenrechte, interview sur le site Qantara (Allemagne) publié le 16 janvier 2010[97]
  • Citizenship, Faith, and Feminism, par Jan Feldman, éd. Brandeis University Press, 2011,
  • Is ISIS a faith-based terrorist group ? article rédigé par Christopher Massie pour la revue Columbia Journalisme Review, le 17 septembre 2014[40]
  • The Case Against Wearing Hijab To Support Muslim Women, interview animée par Ari Shapiro pour la NPR, diffusée le 22 décembre 2015[9]
  • Ayaan to Liberals: Get Your Priorities Straight, interview d'Ayaan Hirsi Ali, animée par Cathy Young pour The Daily Beast, publiée le 5 avril 2015[59]
  • How Ayaan Hirsi Ali and Asra Nomani embrace the soft Islamophobia of Western expectations, article de Nathan Lean rédigé pour le webzine salon.com, publié le 13 juillet 2015[98]
  • Islam And Liberalism, interview pour la revue Democracy (journal) (en), N°41, 2016[99]
  • A rebel with a cause, interview parue sur le site The Chicago Ambassador le 3 mai 2016[100]
  • An Open letter to Asra Nomani, the Liberal Muslim Woman Who Voted For Trump, article de Raza Habib Raja, rédigé pour le HuffPost le 16 nov. 2017

Références[modifier | modifier le code]

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