Asphodèle

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Asphodelus

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Les asphodèles sont des plantes vivaces monocotylédones qui appartiennent à la famille des Liliacées selon la classification classique de Cronquist (1981) et forment le genre Asphodelus. La plupart des espèces poussent autour du bassin méditerranéen et ont une prédilection pour les sols calcaires. À noter cependant une espèce alpine, A. albus, et sa sous-espèce A. delphinensis que l'on trouve aussi dans les Cévennes et les Pyrénées[1], ainsi qu'une espèce poussant à la fois en Bretagne et en Galice, A. arrondeaui ou asphodèle d'Arrondeau.

Dans l'Antiquité, l'asphodèle, appelé encore aujourd'hui poireau du diable, était souvent utilisé pour fleurir la tombe des morts, d'où la légende du Pré de l'Asphodèle, lieu des Enfers dans la mythologie grecque.

Description[modifier | modifier le code]

La fleur de l'asphodèle avec ses six tépales blancs rayés et six longues étamines.

Le feuillage des asphodèles se présente sous la forme d'une rosette de feuilles étroites et linéaires, à extrémité pointue. De cette rosette émerge une tige nue portant une hampe florale plus ou moins ramifiée selon les espèces.

Les fleurs sont groupées en grappes fleurissant du bas vers le haut. On trouve sur la même grappe les fruits en bas, les fleurs épanouies au centre et les « boutons » en haut. Les fleurs sont formées de six tépales, soit trois sépales et trois pétales ayant la même forme et la même couleur. Elles sont en général blanches, chaque tépale portant une strie centrale rose ou brune. Les six longues étamines, à filet blanc, portent des anthères orange ou brunes. Les fruits sont des capsules rondes, vertes ou brun-orange, qui ressemblent à des petites cerises.

La racine, tubéreuse, est comestible.

Classification[modifier | modifier le code]

La classification phylogénétique place ce genre dans la famille des Asphodelaceae, classification qui était déjà celle de Jussieu, et dans l'ordre des Asparagales. La classification phylogénétique APG II (2003) propose, de façon optionnelle, de l'inclure dans la famille des Xanthorrhoeaceae, la classification phylogénétique APG III (2009) confirme ce choix.

Certaines variétés régionales sont parfois considérées comme des espèces mais la classification n'est pas fixée.

Principales espèces[modifier | modifier le code]

  • Asphodelus albus : asphodèle blanc. Synonymes, sous-espèces ou espèces voisines : A. delphinensis, A. macrocarpus, A. sphaerocarpus. Hampe florale non ramifiée, fleurs en grappe très serrée.
  • Asphodelus arrondeaui : asphodèle d'Arrondeau. Considéré généralement comme une sous-espèce de A. albus ou de A. macrocarpus, s'en distingue surtout par sa répartition géographique (Bretagne, nord-ouest de l'Espagne).
  • Asphodelus cerasiferus : asphodèle-cerise. Espèce méditerranéenne. Hampe florale faiblement ramifiée. Caractéristique par ses fruits globuleux, plus gros que dans les autres espèces. Fleurs nombreuses mais moins serrées que celles de l'asphodèle blanc.
  • Asphodelus fistulosus : asphodèle fistuleux. Espèce méditerranéenne. Tige étroite et creuse (les autres espèces ont une tige pleine). Les fleurs sont très espacées, formant une grappe lâche. Fruits brun-rouge très gros par rapport à la tige.
  • Asphodelus ramosus : asphodèle ramifié. Espèce méditerranéenne. Souvent considéré comme synonyme de A. cerasiferus, il s'en distingue par une hampe florale plus ramifiée à la base et par des fruits plus petits.
  • Asphodelus macrocarpus

Protection[modifier | modifier le code]

Asphodèle d'Arrondeau, dit bâton blanc.

En France, seul le bâton blanc, Asphodelus arrondeaui, est une espèce protégée[3]. Elle a été découverte en 1862 par un botaniste Vannetais.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Plante dont les tiges, assemblées en gerbes, et les racines, comparées à des testicules[4], étaient consommées avec ses graines grillées[5] en un plat raffiné qu'accommodent les figues[6], l'asphodèle a joué depuis l'Antiquité, peut-être parce que le bétail pâturant la néglige et qu'elle ne dégage pas de parfum, un rôle notoire dans la cuisine, la médecine[6], la magie[4], la mythologie, la poésie, mais son étymologie[6], inexplicable en grec, laisse supposer que son nom, άσφοδελός, qui est un adjectif oxyton substantivé en paroxyton[7] selon une règle grammaticale d'alternance des accents typiques des langues indo-européennes[8], a une origine égéenne[9], c'est-à-dire dans une langue non indo-européenne dont le mystérieux linéaire A serait l'écriture.

Asphodèle est un doublet savant de l'ancien français affodil, lui-même issu du bas latin affodilus et passé par l'anglo-normand dans l'anglais moderne sous la forme daffodil[10], c'est-à-dire fleur d'affodil. Fleurs d'asphodèle, ou Pauvres filles de Sainte Claire, ne désigne cependant pas l'asphodèle mais le narcisse[11].

Toponymie[modifier | modifier le code]

La commune de Berrouaghia en Algérie, alias "le Village des Asphodeles", tient son nom du mot arabe « Al Berrouagh » désignant l'Asphodèle, qui est lui-même une arabisation du mot amazigh «Avarwaq». Il y aurait eu, en effet, au fond de la vallée de Berrouaghia, une fontaine entourée de champs d'asphodèles.

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

  • Le Champ de l'Asphodèle désigne une région des Enfers grecs.
  • Victor Hugo fait également référence à l'asphodèle, dans Booz endormi :
    Booz ne savait point qu'une femme était là,
    Et Ruth ne savait point ce que Dieu voulait d'elle.
    Un frais parfum sortait des touffes d'asphodèle,
    Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala.
  • Verlaine, dans Les Amies (Parallèlement) :
    Et toutes deux, avec des langueurs d'asphodèles,
    Tandis qu'au ciel montait la lune molle et ronde,
    Savouraient à longs traits l'émotion profonde
    Du soir et le bonheur triste des cœurs fidèles.
  • Jean-Guy Soumy écrit dans son livre Un feu brûlait en elles que durant la grande famine de 1709 en France, « une recette venue de Bordeaux et approuvée par les jurats, parvint en Marche, décrivant les moyens de faire du pain à l'aide de racines d'asphodèles. On vit partout hommes et femmes courir la campagne à la recherche de la verge de jacob ».
  • L'asphodèle donne son nom à un personnage secondaire du feuilleton radiophonique Bons baisers de partout, Moïse Asphodèle, alias Sphodella, le photographe-philosophe.
  • Mes bouquets d'asphodèles (1969) est le titre d'une chanson de Marie Laforêt.
  • "Un Asphodèle" est un poème d'Allen Ginsberg, vraisemblablement inspiré de l'œuvre homonyme de William Carlos Williams (1954).
  • Asphodèle est une série de bande dessinée.
  • Dans Harry Potter à l'Ecole des Sorciers de J.K. Rowling, le professeur Severus Rogue demande à Harry Potter, lors de leur première rencontre, ce que l'on obtient "lorsque l'on ajoute de la racine d'asphodèle en poudre à une infusion d'armoise". Il s'agit d'une référence directe à Lily Potter, la mère de Harry, qui mourut en sauvant la vie de son fils et envers laquelle Rogue éprouvait un amour sans faille (d'où l'emploi étymologique rappelant son prénom)[12].

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. G. Senn, ill. C. Kaftner, Alpen-Flora : Westalpen., p. 132, C. Winter, Heidelberg, 1906.
  2. Kew Garden « World Checklist », consulté le 10 juil. 2010
  3. « Arrêté du 20 janvier 1982 fixant la liste des espèces végétales protégées sur l'ensemble du territoire - Version consolidée au 23 juin 2016 » (consulté le 23 juin 2016)
  4. a et b J. M. Verpoorten, « Les noms grecs et latins de l'asphodèle », in L'antiquité classique, vol. XXXI, no 1, p. 121, Bruxelles, 1962 (ISSN 0770-2817).
  5. J. M. Verpoorten, « Les noms grecs et latins de l'asphodèle », in L'antiquité classique, vol. XXXI, no 1, p. 111, Bruxelles, 1962 (ISSN 0770-2817).
  6. a, b et c J. M. Verpoorten, « Les noms grecs et latins de l'asphodèle », in L'antiquité classique, vol. XXXI, no 1, p. 112, Bruxelles, 1962 (ISSN 0770-2817).
  7. J. M. Verpoorten, « Les noms grecs et latins de l'asphodèle », in L'antiquité classique, vol. XXXI, no 1, p. 115, Bruxelles, 1962 (ISSN 0770-2817).
  8. K. Brugmann & A. Thumb, Griechische Grammatik, ^p. 179, Munich.
  9. J. M. Verpoorten, « Les noms grecs et latins de l'asphodèle », in L'antiquité classique, vol. XXXI, no 1, p. 118, Bruxelles, 1962 (ISSN 0770-2817).
  10. A. C. Dweck, « The folklore of "Narcissus" », in Gordon R. Hanks, Narcissus and Daffodil: The Genus Narcissus, p. 20, Taylor & Francis, Londres, 2002 (ISBN 0415273447).
  11. A. C. Dweck, « The folklore of "Narcissus" », in Gordon R. Hanks, Narcissus and Daffodil: The Genus Narcissus, p. 22, Taylor & Francis, Londres, 2002 (ISBN 0415273447).
  12. J.K. Rowling, Harry Potter à l'Ecole des Sorcier, Folio Junior, , 311 p., chap. 8 (« Le Maître des Potions »), p. 145
    Révélé par Ludo, sorcier désespéré qui attend sa lettre de Poudlard depuis près d'une décennie maintenant (Dumbledore, pourquoi tu me fais ça?).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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