Asparagopsis taxiformis

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Asparagopsis taxiformis est une espèce d’algues rouges de la famille des Bonnemaisoniaceae. L’espèce est cosmopolite des zones tropicales à tempérées chaudes et possède comme de nombreuses Rhodophyceae un cycle haplodiplophasique dont les deux phases sont morphologiquement différentes. La phase haploïde également appelée Falkenbergia hillebrandii (Bornet) Falkenberg 1901[2] avait tout d’abord été décrite comme une espèce à part du fait de sa grande différence morphologique. Asparagopsis taxiformis représente avec Asparagopsis armata les deux seules espèces du genre retenues à ce jour comme taxonomiquement différentes[3]au sein du genre Asparagopsis[4].

Description et cycle de vie[modifier | modifier le code]

Asparagopsis taxiformis possède un cycle de vie dimorphique comprenant :

- une phase haploïde (gamétophyte) sexuée sous forme d’un thalle érigé plumeux de couleur rosée à marron. Le thalle peut mesurer entre 0,5 cm à une vingtaine de centimètres. Les différents plumeaux constituant un individu sont reliés par un stolon de quelques millimètres de diamètre. L’aspect général de l’algue est une touffe pouvant s’étendre sur une surface de plusieurs dizaines de cm²[2].

- une phase diploïde (tetrasporophyte appelé également Falkenbergia) constitué d’un amas de filaments roses très fins formant des petits pompons duveteux.

Habitat et répartition[modifier | modifier le code]

L’espèce a une répartition cosmopolite tropicale à tempérée chaude[5]. Elle a été décrite pour la première fois en Méditerranée (Alexandrie, Égypte)[6] mais son aire d’origine reste inconnue à ce jour. L’espèce est aujourd’hui largement distribuée au niveau mondial dans les eaux tropicales à tempérées chaudes[7],[8],[9],[10], et sa présence actuelle en Méditerranée pourrait être expliquée par des introductions d’autres régions ou d’un mélange entre des sources naturelles et des processus d’introduction[11].

Le stade gamétophytique se développe sur les substrats durs alors que le stade sporophytique peut également être épiphyte. Elle est retrouvée entre 0 et 40 m de profondeur[réf. nécessaire].

Écologie et dynamique de population[modifier | modifier le code]

L’espèce peut se reproduire de façon sexuée avec production de gamètes mâles et femelles lors de la phase gamétophytique, mais aussi de façon asexuée par fragmentation du stolon des gamétophytes ou de la phase tetrasporophyte[réf. nécessaire].

En milieu tropical, l’algue est observée toute l’année même si elle semble présenter des phases de croissance plus importante entre la saison fraîche et le début de l’été[réf. nécessaire].

L’algue est évitée par la plupart des herbivores car elle produit des métabolites secondaires toxiques[12]. Elle est cependant consommée à Hawaii comme condiment (« limu kohu »[13]).

Dans une étude[14] publiée en 2016, des scientifiques australiens démontrent que l’algue permet de réduire les émissions de méthane produits par un élevage bovin. D'après cette étude, intégrer 2 à 5 % d'algue Asparagopsis taxiformis dans la nourriture contribue à éradiquer plus de 90 % des émissions de méthane, et ce sans affecter négativement la digestion des bovins.

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. AlgaeBase, consulté le 11 juin 2014
  2. a et b Falkenberg, P., Die Rhodomelaceen des Golfes von Neapel und der angrenzenden Meeres-Abschnitte. Fauna und Flora des Golfes von Neapel, Monographie 26, Berlin, , 754 p.
  3. Appeltans, W. et al., « The magnitude of global marine species diversity. », Current Biology, no 22(23),‎ , p. 2189–202
  4. « World Register of Marine Species (WORMS) », (consulté le 28 août 2014)
  5. Dijoux L., Viard F. et Payri C., « The more we search, the more we find: Discovery of a new lineage and a new species complex in the genus Asparagopsis », Plos One,‎
  6. Trevisan, V.B.A., Nomenclator algarum, ou collection des noms imposées aux plantes de la famille des algues., Padoue, Imprimerie du Seminaire., , 80 p.
  7. Price, JH, John, DM et Lawson, GM, « Seaweeds of the western coast of tropical Africa and adjacent islands: a critical assessment IV. Rhodophyta (Florideae) 1. Genera A–F. », Bulletin of the British Museum of Natural History Botany Series, no 15,‎ , p. 1-122
  8. Bonin, DR et Hawkes, Michael W MW, « Systematics and life histories of New Zealand Bonnemaisoniaceae (Bonnemaisoniales, Rhodo phyta): I. The genus Asparagopsis. », New Zealand Journal of Botany, no 25,‎ , p. 577-590
  9. Silva, PC, Basson, PW et Moe, RL, Catalogue of the Benthic Marine Algae of the Indian Ocean, Berkeley and Los Angeles, California, University of California Press, , 1280 p.
  10. Boudouresque, Charles Francois et Verlaque, Marc, « Biological pollution in the Mediterranean Sea: invasive versus introduced macrophytes », Marine Pollution Bulletin, no 44,‎ , p. 32-38
  11. Andreakis, Nikos, Procaccini, Gabriele et Kooistra, Wiebe H C F, « Asparagopsis taxiformis and Asparagopsis armata (Bonnemaisoniales, Rhodophyta): genetic and morphological identification of Mediterranean populations », European Journal of Phycology, no 39,‎ , p. 273-283
  12. Zemke-White, W Lindsey et Clements, K D, « Chlorophyte and rhodophyte starches as factors in diet choice by marine herbivorous fish », Journal of Experimental Marine Biology and Ecology, no 240,‎ , p. 137–149
  13. « Edible Limu... Gifts from the Sea », (consulté le 8 septembre 2014)
  14. (en) « The red macroalgae Asparagopsis taxiformis is a potent natural antimethanogenic that reduces methane production during in vitro fermentation with rumen fluid », sur CSIRO PUBLISHING, (consulté le 20 novembre 2016)