Asmahan

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Asmahan
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Asmahan.
Informations générales
Surnom Asmahan
Nom de naissance Amal El Atrach
Naissance
Vilayet de Syrie
Décès (à 31 ans)
Égypte
Activité principale Chanteuse, actrice
Genre musical Musique arabe
Années actives 1931 - 1944

Asmahan (en arabe : اسمهان), de son vrai nom Amal El Atrache (en arabe : آمال الأطرش), née le 25 novembre 1912 et morte le en Égypte, est une chanteuse, et actrice syrienne[1],[2]. Elle est la sœur de Farid El Atrache.

Biographie[modifier | modifier le code]

Asmahan naît d'un père syrien, le prince Fahd El Atrach issu du clan druze Al-Atrash Djébel el-Druze syrien, et d'une mère libanaise, la princesse et accessoirement musicienne Alia[3],[1], à bord d'un paquebot grec reliant Athènes à Beyrouth, alors que sa famille, son père Fahd, sa mère Alia et ses deux frères Fouad et Farid, fuit la Turquie. Son prénom Amal (espoirs) lui est donné en raison des circonstances lors de sa naissance, le bateau ayant failli couler[4].

En 1924, la mort prématurée de son père et la révolution contre les troupes ottomanes conduisent sa famille à émigrer en Égypte. Sa mère Alia inculque à ses enfants les vertus de la musique[5].

À l'image de son frère Farid, Asmahan devient rapidement un prodige. Plus tard, alors que la carrière de Farid est en plein essor, le producteur-compositeur Mohamad El Qasabji se penche sur le cas d'Amal, et c'est le compositeur Daoud Hosni qui lui trouve son nom de scène d'Asmahan (« la Sublime », en Perse). Son frère aîné Fouad refuse de la voir verser dans le monde du spectacle et offre la main de sa sœur à son cousin Hassan Al-Atrash en 1933. Amal doit abandonner sa carrière musicale : femme au foyer rangée en Syrie, elle donne naissance à une fille, Camellia, mais divorce quatre ans plus tard. De retour au Caire, Amal El Atrach, qui a, par son mariage, perdu la nationalité égyptienne, y mène la vie d'une femme libre et mondaine, entre parties de poker, nuits blanches et flirts sans lendemain[5].

Asmahan se rend célèbre par sa participation à de nombreuses comédies musicales cinématographiques telles qu’Intisar El-Shabab et Gharam Wa Intiqam (dont est tiré le tube Layali El Ounsi Fi Vienna). Une carrière à Hollywood s'ouvre à elle, ce qui lui vaudra, a posteriori, le surnom de « Marilyn du Moyen-Orient ». Malgré l’amitié trouble et indéfectible du journaliste et critique musical Mohamed al-Taba'i[6], Asmahan est constamment menacée d'expulsion, d'autant plus qu'elle est jalousée par la reine veuve Nazli Sabri, dont l'amant (secrètement marié), le chambellan Mohamad Hassanein pacha et le propre fils (le futur roi Farouk Ier d'Égypte) portent un grand intérêt à la chanteuse[5]. Pour se protéger, elle épouse le réalisateur égyptien Ahmed Baderkhan puis le séducteur et réalisateur Ahmed Salem[4].

Pendant la seconde Guerre mondiale, les Britanniques lui offrent 40 000 £ pour espionner et convaincre son premier mari et les Druzes de ne pas intervenir contre les Alliés lors de l'opération Exporter[7].

Elle meurt noyée avec son amie et confidente, Mary Baines, enseignante universitaire, après que sa voiture, pour une raison inconnue, sombre dans les eaux du Nil, le [8]. Sa mort très suspecte — le conducteur de sa Rolls-Royce Silver Ghost, un mystérieux remplaçant de son chauffeur habituel, ayant disparu sans laisser de trace — donne naissance à de nombreuses rumeurs. Les services de renseignement britanniques ont été accusés de s'être débarrassés d'elle après qu'elle a tenté de rencontrer des agents allemands. La Gestapo allemande a également été accusée, du fait de l'aide qu'Asmahan avait donnée aux forces britanniques et à celles de la France libre. Le roi Farouk Ier d'Égypte a été aussi soupçonné, car elle avait repoussé ses avances, son frère Fouad de même, pour l'avoir déshonoré, ou encore son premier mari pour l'avoir humiliée[5]. La mort de la chanteuse reste jusqu'à nos jours une énigme. Il semble que le silence sur la disparition de la chanteuse ait arrangé toutes les parties ainsi soupçonnées, sauf son public, qui, génération après génération, continue à vénérer son art.

La particularité d'Asmahan est son chant mélancolique inspiré par la musique européenne comme sur Ya Touyour (composé par Mohamed El Qasabgi) ou encore Layta Lil Barraq.

Discographie[modifier | modifier le code]

Principaux titres[9] :

  • Eedy fi Eedak
  • Shorouq we Ghoroub
  • al-Khitam Operette (pour le film Intisar Al Shabab)
  • al-Layl
  • as-Shams Ghabat Anwarha
  • ad-Denya fi Eedy
  • al-Osra al-Alaweyya Anthem (pour le film Gharam wa Intiqam)
  • Aamel Eah Ashan Ansak?
  • Ana Bent al-Layl
  • Ghayra Magd Poem
  • Hadaytak Alby
  • Adhaby fi Hawak Ardaah
  • Hal Tayyem al-Ban
  • Isqineeha bi Aby Anta wa Ommy
  • Ahwa
  • Emta Hatearaf?
  • Ana elly Astahel
  • Ayna al-Layaly?
  • Ayyuha Anna'em
  • Hadeath Aynayn
  • Dakhalt Marra fi Genenah
  • Regeaat Lak
  • Aahedny ya Alby
  • Alek Salat Allah we Salamoh
  • Farraq ma Benna az-Zamaan
  • Fi yom Mashoofak
  • Magnoon Layla
  • Kan li Amal
  • Kelma ya Nour al-Ain
  • Konty al-Amany
  • Layaly al-Ons fi Vienna
  • Layta lel-Bouraq Ayna
  • Mahlaha Eishet al-Fallah
  • Nawayt Adary Aalaamy
  • al-Ward
  • Ya Habibi Allah
  • Ya Dirati
  • Ya Toyour (or Taghreed al-Balabel)
  • Yally Hawak
  • Ya Layali al-Bishr
  • Ya Naar Fouadi

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Images of enchantment: visual and performing arts of the Middle East, par Sherifa Zuhur », sur Google (consulté le 10 février 2010), p. 81
  2. Newspaper Article by Abdel-Fadil Taha 2008-05-23 Al-Quds Al-Arabi, "وحصلت الأسرة علي الجنسية المصرية وظلت تنعم بها ومنهم اسمهان بالطبع"
  3. Professeur de chant et de luth oriental.
  4. a et b Asmahane ou أسمهان
  5. a b c et d Patrick Liegibel, « Asmahane, idole et espionne », émission Au fil de l'histoire sur France Inter, 1er mai 2012
  6. (en) Sheriva Zumir, Colors of Enchantment : Theater, Dance, Music and the Visual Arts of the Middle East, American Univ in Cairo Press, , p. 280
  7. (en) Muhammad al-Taba'i, Asmahan Tells Her Story, Dar al-Shorouk Press, , p. 142-146
  8. Marie Seurat, Le destin brisé d'Asmahane, Paris, Éditions Grasset & Fasquelle,
  9. « Asmahan », sur Discogs (consulté le 19 juillet 2020)
  10. Intisar al-chabab (lire en ligne)
  11. « L'Egypte en film: Premier site francophone sur le cinéma et acteurs égyptiens », sur egyptefilm.fr (consulté le 1er juillet 2019)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Muhammad al-Taba'i, (2008), Asmahan Tells Her Story, Dar al-Shorouk Press
  • Sherifa Zuhur, (1998), Images of Enchantment: Visual and Performing Arts of the Middle East, American University in Cairo Press, (ISBN 977-424-467-2)
  • Sherifa Zuhur, (2000), Asmahan's Secrets: Woman, War, and Song, University of Texas Press, (ISBN 978-0-292-79807-6)
  • Sherifa Zuhur, (2001), Colors of Enchantment: Theater, Dance, Music and the Visual Arts of the Middle East, American University in Cairo Press, (ISBN 977-424-607-1)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]