Bassin Artois-Picardie

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Le Bassin Artois-Picardie est le bassin hydrographique le plus septentrional de France.

Il fait partie du district hydrographique international Escaut-Meuse (il est donc à cheval sur deux districts hydrographiques) et correspond au territoire de compétence de l'Agence de l'eau Artois-Picardie (dont le siège administratif est à Douai).

Description du bassin[modifier | modifier le code]

Ce bassin rassemblant environ 8 000 km de cours d'eau, pour partie canalisés. (C'est la région de France la plus riche en canaux, depuis longtemps puisque le canal de Neufossé, qui relie le bassin de la lys à celui de l'Aa et au bassin minier du Nord-Pas-de-Calais a été creusé il y a environ 1000 ans par Baudouin VI).

Grâce à son substrat souvent calcaire, ce bassin recèle d'importantes nappes souterraines (plus de 95 % de la ressource en eau des 4 millions d'habitants du Nord-Pas-de-Calais). On y trouve des puits artésiens utilisés depuis le Moyen Âge notamment pour alimenter des cressonnières.

Sa partie nord compte parmi les zones les plus densément peuplées et urbanisées d'Europe. L'agriculture intensive y est partout présente et s'est fortement développée au XXe siècle, tout particulièrement après les années 1970 (d'où une superficie forestière parmi les plus faibles de France).

La région est plate et les cours d'eau lents, d'où un risque élevé d'inondations pour un grand nombre de communes.

Enjeux environnementaux[modifier | modifier le code]

Selon le rapport environnemental du projets de SDAGE (2008/2009), ce bassin est touchée par d'importantes séquelles (industrielles (600 sites pollués répertoriés par BASOL), agricoles, minières et de guerre) qui expliquent la pollution élevée de nombreux cours d'eau, sédiments et dépôt de boues de dragage. Le SDAGE y a identifié 7 enjeux environnementaux (santé, eau, biodiversité et paysages, risques naturels et technologiques, gestion de l'espace, sols et sous-sols, déchets, Air-Énergie-Effet de serre) et 3 enjeux transversaux qui sont l'aménagement du territoire, les changements climatiques et l'écocitoyenneté pour les acteurs du bassin.

Agence de bassin[modifier | modifier le code]

L'Agence de l'eau Artois-Picardie, basée à Douai Elle est notamment chargée, dans ce bassin transfrontalier d'aider les acteurs de l'eau (en particulier agriculteurs et industriels) à appliquer la directive-cadre sur l'eau et la Loi sur l'eau et les milieux aquatiques[notes 1]. Son objectif et celui du comité de bassin doit être d'atteindre le bon état des eaux en 2015, en lien avec les services centraux et déconcentrés du Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement Durable et de la Mer (MEEDDM) et avec l'appui de l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (ONEMA).

Parmi les 6 bassins hydrographiques français (Adour-Garonne, Artois-Picardie, Loire-Bretagne, Rhin-Meuse, Seine-Normandie et Rhône-Méditerranée + Corse), cette agence couvre un territoire qui est le plus petit en superficie, mais il est caractérisé par un haut niveau de risque et de pollution, liée à un passé historique (séquelles de guerre, région d'agriculture intensive, région minière et d'industries lourdes et polluantes (métallurgie, carbochimie, papeteries, cristallerie, nombreuses usines Sévéso, plus haut taux de friches industrielles de France, plus grosse centrale nucléaire d'Europe…), avec une densité moyenne de population qui est le double de la moyenne nationale, et un taux d'enherbement et d'enforestation parmi les plus bas de France et d'Europe.

État des lieux[modifier | modifier le code]

La qualité bactériologique et la qualité des eaux de baignade des zones côtières se sont fortement améliorées depuis les années 1990 grâce aux équipements en stations d'épuration.
Mais dans le bassin, les pollutions d'origine urbaine (les stations d'épuration relarguaient encore en 2008 une pollution équivalent à 600 000 équivalent-habitants[1] et industrielle (rejet dans le milieu naturel équivalent à environ 300 000 équivalent-habitants en 2008. Les HAP sont partout présents, et les métaux fortement présents dans les zones portuaires et dans l'Escaut, la Scarpe-Aval, la Somme-Amont, la Deûle et les canaux[1]. ) ont fortement régressé avec le développement des réseaux d'assainissement et des stations d'épuration, mais l'intensification des pratiques agricoles (recul des herbages, et labour des pentes en particulier) et les rejets des élevage (1 200 000 UGB (Unité gros bétail, soit environ 350 000 équivalent-habitants) est à l'origine - de même que l'artificialisation des lits mineurs - d'une forme nouvelle (et en augmentation depuis une trentaine d'années) de dégradation des cours d'eau, notamment en raison de l'augmentation de leur turbidité et de leur eutrophisation (80 % environ du bassin est classé en zone vulnérable (en application de la Directive Nitrates), et sensible à l'eutrophisation). Les pertes d'azote vers les nappes ont été estimées à 140 t/jour pour le bassin (dont 16 seulement pour la partie du bassin située dans le district de la Meuse). Les mesures agro-environnementales, les bandes enherbées et les CIPAN (cultures intermédiaires pièges à nitrates) ou le programme fertimieux ont localement permis des améliorations, mais selon le Rapport environnemental du SDAGE p. 19/133, dans les années 2000-2005, environ 50 % des points de mesures en eaux de surface présentent encore une qualité très mauvaise à passable, et 50 % des points de mesure des nappes présentent des eaux contenant de 25 à plus de 40 mg/l, dépassant localement (région lilloise ou du bassin minier les 50 mg/l). Nombre de champs captant et de périmètres de captages ne sont pas encore suffisamment protégés.

la nappe de la craie assure une grande partie des besoins en eau, mais la nappe du calcaire carbonifère (classée ZRE, c'est-à-dire zone de répartition des eaux, car partagée par la France et la Belgique) est surexploitée. Elle a fortement baissé depuis un siècle mais semble légèrement remonter ces dernières années[2].

La Flandre belge voisine est concernée par des problèmes similaires avec des transferts de pollution de part et d'autre de la frontière.

Personnalités liées à l'Agence et au Bassin[modifier | modifier le code]

  • Jean-René Lecerf, administrateur de l'Agence (1995-2001), président de la commission des programmes (1998-2001)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. LEMA : Loi du 30 décembre 2006 sur l’Eau et les Milieux Aquatiques, succédant aux lois sur l’eau du 16 décembre 1964 et du 3 janvier 1992
Références
  1. a et b page 18/122 du rapport environnemental qui accompagne le SDAGE, Agence de l'eau.
  2. p. 22/122 du rapport environnemental du SDAGE