Arthur Nicolaier

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Arthur Nicolaier, né le à Cosel / Koźle et mort le à Berlin est un médecin interniste et microbiologiste juif allemand. On lui doit la description du bacille tétanique responsable du tétanos, (encore appelé en son honneur bacille de Nicolaier).

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille juive de haute-Silésie, elle-même immigrée de Russie, il est le beau-frère de Wilhelm Ebstein, lui-même médecin, qui avait épousé sa sœur Elfriede (1851-1926)[1] et qui aura sur lui une grande influence[2]. Il fait ses études de médecine à Heidelberg, Berlin et Göttingen où il se voit décerner son diplôme avec une thèse intitulée : Beiträge zur Aetiologie des Wundstarrkrampfes (Contributions à l'étiologie du tétanos). Il est ensuite médecin senior à l'hôpital universitaire de Göttingen de 1897 à 1900 puis transféré à Berlin où, en 1921, il est nommé professeur extraordinaire de médecine interne à l'hôpital de la Charité. Il est destitué de sa charge en 1933 lorsque les nazis font voter une loi interdisant aux Juifs les emplois de la fonction publique.

Il se suicide en 1942 à l'âge de 80 ans par injection de morphine, en apprenant qu'il est sur le point d'être déporté au camp de concentration de Theresienstadt.

Contributions scientifiques[modifier | modifier le code]

représentation très schématisée de bacilles tétaniques sous forme de bâtonnets renflés à une de leur extrémité
Une image simplifiée d'une culture de bacilles de Nicolaier montrant leur morphologie caractéristique en « baguettes de tambour ». Wellcome Library, London, 1928

C'est à l'hôpital de à Göttingen alors qu'il est assistant de l'hygiéniste Carl Flügge, que Nicolaier parvient, en 1884 à isoler Clostridium tetani, le bacille gram positif anaérobie qui cause le tétanos.

Il est aussi le premier à utiliser l'hexaméthylène tétramine (Urotropine) pour traiter les infections urinaires[3].

Mémoire[modifier | modifier le code]

photographie en couleurs d'un pavé doré gravé au nom de Nicolaier
Stolperstein à la mémoire d'Arthur Nicolaier, à Berlin.

Le , une stolperstein est posée en sa mémoire devant son ancien domicile, Grainauer Straße 2 à Berlin-Wilmersdorf

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Cäcilie Bley: Arthur Nicolaier 1862–1942. Ein Bild seines Wirkens. Diss. Göttingen 1946.
  • (es) Juan Alberto Galán Torres: Arthur Nicolaier (1862-1942). Descubridor del bacilo del tétanos. Dykinson, Madrid 2009, (ISBN 978-84-9849-463-1). Ouvrage biographique faisant l'objet d'une analyse en français dans le Bulletin de l'Académie vétérinaire (2010)[2].
  • (de) Volkmar Felsch: Arthur Nicolaier (Onkel Arthur). In: Volkmar Felsch: Otto Blumenthals Tagebücher. Ein Aachener Mathematikprofessor erleidet die NS-Diktatur in Deutschland, den Niederlanden und Theresienstadt. Herausgegeben von Erhard Roy Wiehn, Hartung-Gorre Verlag, Konstanz 2011, (ISBN 978-3-86628-384-8), S. 504–510.
  • (de) M. Frink, C. W. Muller, S. Ziesing, C. Krettek: Tetanusprophylaxe in der Notaufnahme. Unfallchirurg. 2006 Nov;109(11):977-83 PMID 17021900
  • (de) Tim Ohnhäuser: Der Arzt und Hochschullehrer Arthur Nicolaier (1862–1942) - Eine Annäherung an die Suizide der als "nicht arisch" verfolgten Ärzte im Nationalsozialismus. In: Richard Kühl, Tim Ohnhäuser und Gereon Schäfer (Hrsg.): Verfolger und Verfolgte. Bilder ärztlichen Handelns im Nationalsozialismus. (= Medizin und Nationalsozialismus, 2). Münster 2010, S. 15–38.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Ulrich Joost, « Aus des Frühzeit der Lichtenberg-Forschung - II Erich Ebstein und Erich Mühsam », sur lichtenberg-gesellschaft.de
  2. a et b Claude Milhaud, « Arthur Nicolaier (1862-1942). Descubridor del bacilo del tétanos. Bull. Acad. Vét. France - Tome 163 - N°2 p. 67 »,
  3. (de) Dr. Wilhelm Foerst (Hrsg.): Ullmanns Encyklopädie der technischen Chemie. Urban & Schwarzberg München-Berlin 1954, 3. Aufl. Bd. 5 S.229.

Lien externe[modifier | modifier le code]