Arthur Kleinclausz

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Arthur Kleinclausz
Biographie
Naissance
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Voir et modifier les données sur Wikidata (à 78 ans)
LyonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Arthur Jean KleinclauszVoir et modifier les données sur Wikidata
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Arthur Kleinclausz, né le 8 avril 1869 à Auxonne[1], mort le 30 novembre 1947 à Lyon[2], est un médiéviste français, spécialiste de la période carolingienne, professeur aux universités de Dijon (1897-1904), puis de Lyon, qui s'est aussi intéressé à l'histoire de la Bourgogne et à l'histoire de Lyon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine, formation et débuts professionnels[modifier | modifier le code]

Quoique né en Bourgogne, Arthur Kleinclausz est issu du côté paternel d'une famille alsacienne, de rang social modeste[3].

Il est le fils d'Ignace Kleinclausz, né vers 1828 à Dauendorf (Bas-Rhin)[4], et d'Anne Zélie Bergé, née vers 1846 à Saint-Seine-en-Bâche (Côte-d'Or)[5]. En 1868-69, Ignace Kleinclausz est sergent maître cordonnier[6] au 12e Bataillon de Chasseurs à pied, en garnison à Auxonne. Arthur naît au domicile familial, situé dans la caserne.

Après son baccalauréat[7], il étudie à la faculté des Lettres de Lyon à partir de 1888. En 1891, il est reçu troisième (sur 15) à l’agrégation d’histoire et géographie[8].

Il est d'abord nommé professeur d’histoire au lycée de Belfort[9].

L'université de Dijon et la thèse de doctorat[modifier | modifier le code]

En 1897, Arthur Kleinclausz est nommé à Dijon, où il est chargé de cours[10] à l’université. Le thème de son cours, « l'histoire de la Bourgogne et de l'art bourguignon », lui permet des incursions dans le monde médiéval.

En 1898, il épouse[11] à Paris la fille de Charles Bayet[12], lui aussi spécialiste du monde carolingien.

Aux côtés d'Henri Hauser, professeur titulaire, il renforce, conformément aux préceptes de leurs collègues Charles-Victor Langlois et Charles Seignobos, l'utilisation par les étudiants du riche fonds d’archives de l’université de Bourgogne.

En 1902, il soutient à l'université de Dijon sa thèse sur L'Empire carolingien, ses origines et ses transformations, associée à une thèse complémentaire en latin sur les débuts de la Bourgogne capétienne.

Il est alors un des principaux spécialistes français de la période carolingienne. Très tôt, il est invité à participer à l’entreprise collective dirigée par Ernest Lavisse, L'Histoire de France depuis les origines jusqu'à la Révolution. Il est sollicité par Charles Bayet, et avec celui-ci et Christian Pfister, il contribue au tome II Le Christianisme, les Barbares ; Mérovingiens et Carolingiens, publié en 1903.

Il publie aussi, dès 1902, un premier ouvrage concernant l'histoire de la Bourgogne : Claus Sluter et la sculpture bourguignonne au XVe siècle[13]

L'université de Lyon et les travaux ultérieurs[modifier | modifier le code]

En 1904, Arthur Kleinclausz est nommé professeur à l’université de Lyon. Il y retrouve le seiziémiste Jean Hippolyte Mariéjol dont il a été l’élève et dont il restera très proche. Il y exerce un long professorat jusqu’à sa retraite[réf. nécessaire][14].

Durant les années 1900, il écrit deux autres ouvrages concernant l'histoire de la Bourgogne : Dijon et Beaune (1907), et surtout son Histoire de la Bourgogne (1909). Ce dernier livre donne lieu à une controverse avec Henri Hauser, qui dans une note critique, reproche à Arthur Kleinclausz de s'être servi sans précaution de travaux de Dom Merle, un de ses prédécesseurs sur le sujet ; celui-ci n’avait pas hésité à réécrire, sinon inventer, la perception locale des effets du traité de Madrid qui, en 1526, à la suite de la défaite de Pavie cédait la province aux Habsbourg.

À l'université de Lyon, Arthur Kleinclausz devient successivement assesseur, puis, en 1911, doyen de la faculté des Lettres. En tant que doyen, il sait conseiller et soutenir plusieurs promotions d’agrégatifs, dont certains deviendront à leur tour des universitaires de premier plan. En 1929, il pousse ainsi André Allix à choisir, pour sa thèse de géographie sur l’Oisans[15], un mémoire complémentaire d’histoire médiévale[16] sur cette région, étude dont l’originalité est saluée par les spécialistes.

Parallèlement, jusque dans les années 1940, il poursuit ses propres recherches sur le monde carolingien, publiant plusieurs ouvrages : en 1934, son œuvre majeure, Charlemagne, encore rééditée en 2005 ; puis les biographies de deux contemporains de l’empereur, Eginhard (1942) et Alcuin (1948).

Il se consacre aussi à l'histoire lyonnaise, avec, à partir de 1939, la publication des deux premiers tomes d'une monumentale Histoire de Lyon[17].

Une personnalité lyonnaise de premier plan[modifier | modifier le code]

Dans l'entre-deux-guerres, Arthur Kleinclausz est une personnalité lyonnaise de premier plan qui ne refuse ni les honneurs, ni les responsabilités, à une époque où le maire de la ville est Édouard Herriot, normalien et agrégé de lettres.

Il devient membre de l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon en 1928.

Il prend de multiples initiatives dans la cité : président de la Commission des musées de la ville ainsi que de la Société des études locales de l’enseignement public, il participe par ailleurs, avec le soutien du conseil général du Rhône, à la création en 1923 de la Commission des études rhodaniennes, qui donne à la géographie, alors discipline supplétive de l’histoire, un statut de science à part entière.

Il participe aussi à la création de l’association des anciens élèves de la faculté des Lettres de Lyon dont il devient président.

Après son décès le 30 novembre 1947, la personnalité et l'œuvre d'Arthur Kleinclausz sont saluées par le monde universitaire[18].

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Rue Arthur-Kleinclausz : Dijon et Lyon.

Ouvrages publiés par Arthur Kleinclausz[19][modifier | modifier le code]

Histoire de la Bourgogne
  • Leçon d'ouverture du cours d'histoire de la Bourgogne, université de Dijon, 9 février 1897, Imprimerie Darantière, Dijon, 1897, 26 p.
  • Claus Sluter et la sculpture bourguignonne au XVème siècle, Librairie de l'Art ancien et moderne, Paris, 1902, 180 p. (réédition vers 1905[20].
  • Quomodo primi duces capetaniae stirpis Burgundiae res gesserint, 1032-1162[21], Barbier-Marilier, Dijon, 1902. Thèse complémentaire en latin.
  • La Bourgogne, Editions du Cerf, Paris, 1905, 83 p.
  • Histoire de Bourgogne, Hachette, Paris, 1909, VII+453 p.
  • Dijon et Beaune, Editions Laurens, coll. "Les villes d'art célèbres", Paris, 1907, 164 p.
Le monde carolingien
  • L'Empire carolingien : ses origines et ses transformations, Ray (Dijon), Rousseau (Paris), Hachette (Paris), 1902, XVI+611 p. (réimpression de l'édition Hachette : Megariotis Reprints, Genève, 1979). Thèse de doctorat.
  • Le Christianisme, les Barbares, Mérovingiens et Carolingiens, en collaboration avec Charles Bayet et Christian Pfister, dans : Ernest Lavisse, Histoire de France des origines à la Révolution, tome II, 1re partie, coll. "Monumenta historiae", Paris, 1903 (réimpression : Tallandier, Paris, 1981, 466 p.)
  • Charlemagne, Hachette, Paris, 1934, XXXIV+404 p. (réédition : Tallandier, Paris, 1977, 2005)
  • Eginhard, Les Belles Lettres, Paris, 1942, 278 p.
  • Alcuin, Les Belles Lettres, Paris, 1948, 318 p.
Histoire de Lyon
  • Lyon des origines à nos jours. Les origines de la cité, Arthur Kleinclausz directeur, Masson, Lyon, 1925, XII+429 p.
  • Histoire de Lyon, Arthur Kleinclausz (directeur), Masson, Lyon, 1939-1952, 3 volumes (réédition : Laffitte, Marseille, 1978).
Divers
  • La Provence, Hachette, coll. "Les pays d'art", Paris, 1930
  • Discours prononcé à la séance de clôture du Congrès des Sociétés savantes de Lyon le 27 avril 1935, Imprimerie nationale, Paris, 1935, 42 p.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur Arthur Kleinclausz
  • Article "Arthur Kleinclausz", dans Qui êtes-vous ? Annuaire des contemporains. Notices biographiques, G. Duffy Editeur, Paris, 1924[22]
  • André Allix, "Nécrologie d'Arthur Kleinclausz", dans Les Etudes rhodaniennes, 1948, n° 23-1, pages 80-82, disponible en ligne sur le site Persée
Sur des sujets annexes
  • Raoul Blanchard, "La Commission des études rhodaniennes", dans La Revue de géographie alpine, 1924, n° 12-2, pages 339-342, disponible en ligne sur le site Persée

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de naissance d'Arthur Jean Kleinclausz : site des Archives départementales Auxonne 1867-1869, vue 372 (acte daté du 10 avril).
  2. Date à vérifier. L'acte de naissance porte la mention : décédé le 2 12 47 à Lyon 3°. La date du 30 novembre est donnée par la nécrologie d'André Allix.
  3. Acte de mariage 1868.
  4. Acte de mariage du 9 juillet 1868 à Saint-Seine-en-Bâche : AD 21 Saint-Seine 1867-70, vues 27-28. Les parents d'Ignace, défunts en 1868, étaient « laboureurs » à Dauendorf, soit : paysans aisés.
  5. Les parents de Zélie sont qualifiés comme « propriétaires », soit un niveau un peu plus élevé que ceux d'Ignace.
  6. Acte de mariage 1868. Ignace est donc bien dans l'armée, mais la qualification "militaire de carrière" n'est pas tout à fait appropriée.
  7. Il fait des études classiques (latin) pour lesquelles il a peut-être bénéficié du statut militaire de son père.
  8. Après Georges Goyau et André Lichtenberger, voir André Chervel, « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1950 », sur Ressources numériques en histoire de l'éducation (consulté le 19 juin 2014).
  9. Sans doute après une année de service militaire en 1891-1892 (à vérifier)
  10. Un point à éclaircir : est-il à la fois professeur au lycée de Dijon et chargé de cours à l'université, ou nommé à l'université à part entière. Dans ce cas : avec quel statut ?
  11. Acte de naissance d'Arthur Kleinclausz : une mention ajoutée indique qu'il se marie le 14 mars 1898 avec Paule Marie Bayet à Paris (5e arrondissement).
  12. Père de l'historien Albert Bayet
  13. Cf. SUDOC, notice 106784765, qui donne la date de 1902 pour la plus ancienne édition.
  14. Date à préciser (surtout quand on parle d'un historien).
  15. *André Allix, L'Oisans. Etude géographique : un pays de haute montagne, Armand Colin, Paris, 1929.
  16. *L'Oisans au Moyen Âge : étude de géographie historique en haute montagne d'après des documents inédits, Honoré Champion, Paris, 1929.
  17. Les trois volumes sont publiés intégralement chez Masson (Lyon) entre 1939 et 1952.
  18. André Allix dans sa nécrologie publiée dans le bulletin de la Commission des études rhodanienne se remémore avec émotion de « cette haute et mince stature restée jusqu’à la fin si droite, ce regard lumineux, cette voix nette et claire, ces leçons dont l’ordonnance est toujours un modèle et fit tant de succès aux grands concours de l’enseignement public. »
  19. Cf. catalogue SUDOC
  20. Cf. SUDOC.
  21. Soit : Comment les premiers duc de Bourgogne de la famille capétienne ont mené leurs affaires (traduction à vérifier)
  22. Cf. Google Books ("Aperçu du livre", vue 417-418. La notice indique qu'Arthur Kleinclausz est professeur au lycée de Berlfort en 1892, au lycée de Dijon en 1897 et professeur à l'université de Dijon en 1902 ; que de son mariage est née une fille.