Artek (camp)

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Place de l'Amitié
Film de propagande soviétique sur le camp Artek (1940).

Le Centre international pour enfants Artek (en russe : Международный детский центр «Aртек», Mejdounarodny detski tsentr « Artek ») est un complexe de neuf camps de vacances situé en Crimée, près des villes d'Aloupka, de Gourzouf et de Yalta.

Historique[modifier | modifier le code]

Le premier camp d'Artek fut inauguré le . À l'époque soviétique, c'était la colonie de vacances des pionniers la plus prestigieuse de l'Union soviétique. La plupart des camps d'Artek fonctionnaient toute l'année ayant une école secondaire pour que les enfants puissent y séjourner et étudier en dehors de la période estivale. La Crimée bénéficie d'un micro-climat subtropical à la fois maritime et de montagne, propice à la santé.

Quelques années après la Révolution d'Octobre, Lénine avait décidé que la Crimée serait désormais « un lieu de repos pour les travailleurs ». Ce devait être une réaction bolchevique au fait que depuis la fin du XIXe siècle, la péninsule était devenue un lieu de villégiature et avait vu se multiplier les villas luxueuses. Lénine mourut le , mais dès l'année suivante, un de ses amis, le docteur Simoniev Solokiov engagea la construction du camp d'Artek, dans le but d'accueillir de jeunes Moscovites malades.

Situé à quelques kilomètres de Yalta, à la limite est de la côte sud de la Crimée, ce camp fut établi entre la petite cité balnéaire de Gourzouf et le mont d'Aïou-Dag, autrement appelé « la Montagne de l'Ours ».

Le , les premiers enfants hébergés dans ces lieux hissèrent le premier drapeau de l'histoire d'Artek. À cette époque, il s'agissait seulement de quelques tentes mais, à partir de 1928, celles-ci furent remplacées par des baraquements militaires. En été 1936, l'écrivain français André Gide et ses accompagnateurs visitèrent le camp, épisode dont Gide fait état dans Retour de l'U.R.S.S.[1], non sans noter le caractère « aristocratique[2] » du camp.

Pendant l'occupation de la Crimée par l'Allemagne nazie, Artek fut utilisé par la Wehrmacht.

À partir de 1957, le camp prit une allure résolument moderne. À l'instigation de Nikita Khrouchtchev, avec un mélange de béton, de métal et de verre, les bâtiments étaient le résultat d'une architecture d'avant-garde. La place était considérable puisque les constructions s'étalaient sur une zone de 230 hectares. Dans l'idée du leader soviétique de l'époque, la finalité d'Artek devait être multiple :« former des hommes nouveaux », en récompensant par ces vacances les jeunes pionniers, les familiariser à un mode de vie quasi militaire et enfin, accueillir des enfants étrangers pour montrer au monde ce qu'étaient des « enfants libres et heureux ». En quelque sorte, Artek devait servir de vitrine à l'URSS.

Puis Léonid Brejnev dirigea le pays et le petit réchauffement perçu à un moment avait fait place au recul glacial de la guerre froide. Les travaux dirigés par l'équipe d'Anatoli Polianski s'achevèrent un peu avant 1965, c'est-à-dire pour le quarantième anniversaire du camp.

Après la dislocation de l'URSS[modifier | modifier le code]

Après la dislocation de l'Union soviétique, en 1991, le camp des pionniers Artek devenu le Centre international pour enfants, se retrouve sous l’autorité du gouvernement ukrainien. Sa vocation de colonie de vacances reste la même, mais son fonctionnement devient commercial. Depuis le début de 2009, Artek connaît de graves problèmes de financement et risque d'être fermé. Le 22 janvier 2009, l'agence d'information russe RIA Novosti relate la déclaration du directeur général Boris Novojilov selon laquelle les employés ne reçoivent pas leur salaire depuis trois mois et l’électricité manque d'être coupée pour impayés. Novojilov menace également d'entamer une grève de la faim, si les autorités continuent d'ignorer la situation catastrophique du camp[3],[4]. Le 15 février 2009, une manifestation d'enfants et d'anciens d'Artek est organisée en faveur du maintien de l'infrastructure[5].

Après l'annexion de la Crimée par la Russie, le 16 juin 2014, le Centre international pour enfants Artek est placé sous l’égide du Ministère de l'Éducation et de la Science qui établit le nouveau projet de développement du centre de loisirs[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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